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ARTICLES DE PRESSE


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Une actualité "commentée"

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Juillet 2022


    "L’Otan ne doit pas oublier les conflits au Sahel et au Moyen-Orient"

    Le conflit en Ukraine a forcé l’Otan à sortir de sa torpeur. Mais pour le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l’ONU, l’Alliance devrait se concentrer sur la lutte contre les groupes islamistes radicaux en Afrique et au Moyen-Orient qui menacent directement la France et l’Europe plutôt que de se focaliser sur la Chine – une priorité américaine.

    Les dirigeants des trente pays membres de l’Otan se sont réunis ces deux derniers jours à Madrid pour un sommet stratégique. Sortie de sa « mort cérébrale » par l’invasion russe de l’Ukraine, l’Alliance organise son éveil en revenant à sa raison d’être  : contenir Moscou. Au programme, la ratification d’un nouveau concept stratégique, définissant les priorités de l’Otan pour la décennie à venir et identifiant clairement la Russie comme la menace la plus importante.

    Après des discussions et après avoir posé ses conditions, le président turc Erdogan a finalement accepté la candidature de la Suède et la Finlande. L’Alliance renforce donc ses positions à l’est mais Moscou ne reste pas sans rien faire. Les frappes russes se sont multipliées ces derniers jours sur le sol ukrainien, touchant indistinctement cibles civiles et militaires. Le front se concentre dans le Donbass mais toute l’Ukraine est aujourd’hui une zone de guerre, où tous sont visés pour affaiblir le potentiel militaire ukrainien mais aussi toucher au moral de la population. C’est là le langage de Poutine qui intime clairement qu’il ira jusqu’au bout.

    Cette escalade rend toute possibilité de négociation extrêmement difficile. Les Ukrainiens n’amorceront le dialogue que quand ils penseront pouvoir récupérer le Donbass, ainsi que le contour de la mer d’Azov. Un scenario peu probable car la progression russe, bien que lente et coûteuse, continue, et parce que la conquête du Donbass reste précisément la seule manière pour Moscou de sauver la face. Il s’agit d’un bras de fer qui, jumelé à la prise de position de l’Alliance, rend une solution politique au conflit difficilement envisageable aujourd’hui. La guerre risque donc de durer en Ukraine, avec des coûts sérieux tant sur le plan humain que matériel.

    Et « l’étranger proche » de l’Europe  ?

    Le sommet de l’Otan apporte un soutien sans faille à l’Ukraine en même temps qu’un renforcement de la posture de défense de l’Alliance. Toutefois cette crise n’est pas seulement militaire mais aussi énergétique et alimentaire. La crise énergétique née des sanctions contre Moscou frappe l’Europe de plein fouet, alors que la crise alimentaire frappera l’Afrique, après avoir déjà meurtri des régions et pays en difficulté, le Yémen notamment.

    Il est donc regrettable de constater que la deuxième priorité annoncée du sommet de l’Otan est d’aborder la question de la Chine et le défi qu’elle représente pour l’Alliance alors qu’il s’agit avant tout d’une priorité américaine. En revanche, dans « l’étranger proche » de l’Europe, des conflits « oubliés » ne sont pas évoqués. Le cessez-le-feu au Yémen négocié par les Nations-Unies, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis tient encore, mais résistera-t-il à l’inflation alimentaire qui a monté en flèche depuis l’invasion russe ?

    Les dirigeants géorgiens, australiens, néo-zélandais, japonais et sud-coréens ont été conviés à participer au sommet de l’Alliance, mais pas les pays de l’OPEP [Organisation des pays exportateurs de pétrole], sur lesquels l’Europe aimerait s’appuyer pour répondre à ses besoins énergétiques, et notamment les Émirats arabes unis, proches alliés de la France qui, en plus de leur action stabilisatrice au Yémen, œuvre avec le Maroc pour un projet de résolution de la crise au Sahel. Dans les deux cas, il s’agit de contrer le développement inquiétant de groupes islamistes radicaux qui menacent directement la France et l’Europe.

    Il est donc essentiel que l’Alliance n’oublie pas ces conflits et le travail de ses partenaires aussi bien dans sa réflexion stratégique que dans sa réponse à la crise ukrainienne. Leur escalade pourrait avoir des conséquences directes pour l’Europe, qu’elle se doit d’anticiper. Dans la zone d’influence de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, le Moyen-Orient et l’Afrique sont des voisins où la menace armée est réelle et présente alors que la Chine plus éloignée est un partenaire certes difficile mais avec lequel il faut traiter.

    Dominique Trinquant

    à suivre dans Marianne.fr

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