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ARTICLES DE PRESSE


L’actualité, accessible à tous, envahit la toile et les médias dans leur ensemble, Radio, TV et Net confondus. Hebdomadaires et magazines offrent de leur côté des synthèses orientées, destinées à interpeller.

Club Espace 21 pour sa part n’intervient qu’occasionnellement en proposant une revue de presse "choisie et parfois commentée", en lien avec les sujets et les thèmes abordés par Club Espace 21, présentée dans cette rubrique.

Une actualité "commentée"

Un titre peut être factuel sur un événement, des données, des statistiques ou sur un sondage. Un avis ou une interprétation peut alors nous inciter à réagir et faire l’objet d’un commentaire de CE21 dans la rubrique « les avis des lecteurs ».

Juillet 2021


    Classes fermées, cours à distance... Les annonces de Blanquer sur la rentrée scolaire

    Dans les collèges et les lycées, seuls les élèves non vaccinés auront cours à distance si un cas de Covid-19 a été détecté dans la classe, a notamment annoncé le ministre de l’Education ce mercredi.

    En pleines vacances scolaires, le gouvernement prépare déjà la rentrée. Le protocole sanitaire pour 2021-2022 a été publié ce mercredi matin sur le site de l’Education nationale. Il comprend "quatre scénarios en fonction de quatre degrés de circulation du virus", a précisé Jean-Michel Blanquer sur Franceinfo. "Dans le scénario le plus léger vous n’avez plus de masque à l’école primaire, je crains que ce ne soit pas ce scénario-là à la rentrée", s’est avancé le ministre, précisant que "cela reste notre boussole de maintenir ouvert le système scolaire".

    Au collège et au lycée, des règles différentes pour les non vaccinés

    Seuls les collégiens et lycéens non vaccinés devront suivre les cours à distance si un cas de Covid est détecté dans leur classe à partir de la rentrée, a annoncé Jean-Michel Blanquer. "Dans le secondaire, seuls les élèves non vaccinés seront évincés et devront suivre l’enseignement à distance", a déclaré le ministre de l’Education nationale, les autres pouvant poursuivre en présentiel. Le non vacciné reste à la maison, le vacciné reste en cours ? L’a-t-on interrogé. "Exactement", a-t-il répondu, alors que la France fait face à une quatrième vague épidémique.

    Pour tendre vers un taux de vaccination maximal dans le secondaire, "6000 à 7000 centres de vaccination" seront déployés à partir de la rentrée "dedans ou à côté" des établissements scolaires.

    En primaire, les classes fermées dès le premier cas

    Le ministre de l’Education a par ailleurs de nouveau refusé l’idée d’imposer un passe sanitaire pour entrer à l’école et la vaccination obligatoire pour les enseignants, comme elle l’est pour certaines professions. "A ce stade ça ne nous paraît pas indispensable. Le pourcentage de professeurs se vaccinant est très important, je pense que ça a dépassé les 80%", a-t-il souligné. "Il faut que ce chiffre aille le plus possible vers 100% pour que nous ne devions pas aller vers l’obligation vaccinale, c’est le dernier recours. Si le pourcentage est trop faible de professeurs vaccinés, on devrait aller vers cela", a-t-il toutefois poursuivi.

    à suivre dans L’EXPRESS.fr

    "On cavale vers la vaccination obligatoire" : sueurs froides au sommet de l’Etat, dépassé par la quatrième vague

    Alors que le gouvernement pensait enfin voir le bout du tunnel, la flambée du variant Delta le fait replonger dans les affres sanitaires. Et la déprime gagne sérieusement la Macronie, qui se projette dans les pires scénarios.

    « L’avenir est sombre », maugrée un parlementaire proche d’Emmanuel Macron. Ces derniers jours, les responsables de la majorité grimaçaient devant les courbes de contamination au Covid-19. Le seuil des 20.000 cas par jour a été dépassé cette semaine. « Il faut hystériser le débat. Que les gens comprennent qu’en août, ce sera 85.000 cas par jour », reprend notre interlocuteur, un peu paniqué. A l’image d’une Macronie où l’alarmisme et la déprime sont de retour.

    Il suffisait de voir Olivier Véran ronger son frein, sur le banc du gouvernement à l’Assemblée nationale, qui a voté ce vendredi matin, aux alentours de 5h30, le projet de loi sur le passe sanitaire, avant son passage au Sénat. Dès mardi, le ministre de la Santé avait tiré la sonnette d’alarme dans l’hémicycle : « Nous avons une augmentation de la circulation du virus de l’ordre de 150 % sur une semaine. Nous n’avons jamais connu cela. »

    "On n’arrive pas à lire cette épidémie"

    En quelques semaines, l’ambiance a complètement changé au sommet de l’Etat. A la fin du printemps, un parfum d’optimisme gagnait le gouvernement, grisé par la réussite du plan de réouverture. « Nous sommes enfin en train de sortir durablement de cette crise sanitaire », claironnait même Jean Castex dans le Parisien le 10 mai. Patatras... Le plus grand symbole du retour de la chape de plomb est sans doute le rétablissement du masque obligatoire à l’extérieur dans des communes de plusieurs départements, comme les Pyrénées-Orientales, le Var ou la Meurthe-et-Moselle.

    Les premiers signaux d’inquiétude sont pourtant venus assez vite, à mesure de la propagation du variant indien (dit Delta) à l’étranger. « Si les gens ne vont pas se faire vacciner, à la rentrée, c’est fini », prévenait déjà fin juin un conseiller élyséen, un peu dérouté : « On n’arrive pas à lire cette épidémie. Les scientifiques ne comprennent pas pourquoi ça a baissé aussi vite, et maintenant, ça pète chez les Britanniques. C’est flippant. »

    "Fête du slip"

    Pourtant, l’explosion des contaminations ne se traduit pas par une pression accrue sur l’hôpital : les hospitalisations sont même au plus bas depuis octobre 2020, et le nombre de personnes en réanimation est stable. Question de jours, rétorque-t-on dans la majorité. « Notre crainte, c’est le volume. Si on suit la même courbe exponentielle, il y a un moment où ça va dérailler, assure un cadre. Les jeunes sont en train de se contaminer massivement. Ensuite, ils vont rentrer à la maison, contaminer papa et maman qui ne sont pas tous vaccinés, et surtout les 15 à 20% de seniors non vaccinés. Ce sont eux qui finiront à l’hosto. » Et de poursuivre : « Là, c’est un peu la fête du slip. Les gens ont vraiment envie de décompresser, d’autant qu’ils se disent que ça va être la guerre en septembre ! Mais si vous ne prenez pas de mesures restrictives, ils ne se disent pas que la situation est grave. »

    Il n’empêche, le passe sanitaire et ses modalités ont fait l’objet de contestations jusqu’au sein de la majorité. La présidente LREM de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, n’y était pas favorable, et a bataillé pour obtenir des assouplissements tels que le report à la fin septembre de son application aux 12-17 ans. Pacôme Rupin, autre député LREM, s’est lui tout simplement opposé à l’extension du passe, qui « va fracturer notre pays ». « Je suis assez effaré qu’aujourd’hui, on nous demande de l’élargir, après les engagements qui avaient été pris de ne pas le faire », déclarait-il mardi en commission des lois. Une référence aux propos d’Emmanuel Macron qui assurait, fin avril, que « le passe sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français ».

    "Chaos mondial"

    « Oui, on avait dit qu’on ne le ferait pas, mais on n’avait pas le Delta, s’agace un ministre. De même qu’on avait dit qu’il n’y aurait pas de vaccination obligatoire, alors qu’à mon avis, on y cavale. » Et de redouter : « Un quatrième confinement, on aurait vraiment du mal... » Quant à confiner uniquement les non-vaccinés, « je pense que ça ne passe pas, on se ferait shooter par le Conseil constitutionnel ».

    Côté politique, une certitude s’installe : le quinquennat semble bel et bien terminé, tant le Covid absorbe l’attention. Emmanuel Macron a repoussé sa réforme des retraites « tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle », autrement dit à une date qui s’annonce lointaine. La Macronie, qui pensait enfin tourner la page, rumine désormais de sombres scénarios. « L’autre problème qui se pose, c’est la vaccination dans le monde entier. Des pays risquent de devenir des usines à variants », observe un cadre de la majorité, qui songe à la situation dramatique de la Tunisie. Un ami du chef de l’Etat se fait encore plus pessimiste : « On fait un pari massif sur la vaccination, mais le prochain variant passera outre le vaccin... » « De toute façon, ce virus est un chaos, et un chaos mondial. C’est Un jour sans fin », conclut notre ministre cité plus haut, fataliste. En rappelant au passage que « la variole, on a mis cent ans à l’éradiquer ». Encourageant !

    à suivre dans Marianne

    Coronavirus : Les restaurateurs devront demander le pass sanitaire des clients mais ne vérifieront pas l’identité, confirme Jean Castex

    Le Premier Min istre Jean Castex au journal de 13h00 de TF1 - Récapitulatif

    L’ESSENTIEL

    Ces dernières 24 heures, plus de 18.000 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés, selon les dernières données publiées par Santé publique France, mardi. Face à la hausse des contaminations, notamment en raison de la propagation du variant Delta du coronavirus, le Premier ministre, Jean Castex, a pris la parole, ce mercredi au 13 Heures de TF1.

    Une prise de parole qui intervient alors que l’extension du pass sanitaire, à tous les lieux de culture et de loisirs rassemblant plus de 50 personnes, entre en vigueur, ce mercredi.

    Le chef du gouvernement a annoncé que le pass sanitaire ne sera pas obligatoire pour les élèves à la rentrée. Les contrôles des pass sanitaires dans les cafés ou restaurants ne seront pas effectués par les gérants, a également annoncé Jean Castex.

    Le chef du gouvernement a également fait savoir que l’objectif était « d’atteindre 50 millions de primo-vaccinés fin août ». De plus, les personnes vaccinées ne seront plus considérées comme cas contact.

    à suivre sur 20 Minutes.fr

    Fin du masque, vaccination des ados, des salariés... Olivier Véran détaille la mise en place du pass sanitaire

    Les ados seront finalement exemptés de pass sanitaire jusqu’au 30 août. Dans les lieux qui exigeront le pass sanitaire, le masque ne sera plus obligatoire.

    Les annonces, lundi soir, d’Emmanuel Macron, avaient fait l’effet d’une bombe mais aussi amené de nombreuses questions. Ce mardi soir, Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, était invité du 20 Heures de France 2.

    Il a pu donner plus de détails et précisions concernant les mesures qui vont entrer en vigueur dans les prochaines semaines. Si des secteurs restent encore dans l’attente, comme les centres commerciaux, les parents et patrons vont notamment y voir plus clair. Les vacances devraient être sauvées.

    Un délai pour la vaccination des ados

    Les parents qui avaient prévu d’aller au parc d’attractions ou au restaurant avec leurs adolescents de 12 à 17 ans ne seront finalement pas obligés de se soumettre au pass sanitaire. Une mesure qui était jugée trop rapide alors que la vaccination n’est ouverte à cette tranche d’âge que depuis peu.

    Les ados n’auront pas à se priver ou se soumettre à des tests récurrents. Ils sont toutefois invités à se faire « vacciner rapidement » mais seront exemptés de pass sanitaire jusqu’au 30 août dans les lieux où il sera exigé à partir du 21 juillet, a annoncé mardi soir le ministre de la Santé.

    _ Cette dérogation a été décidée pour « ne pas gâcher les vacances des familles », a indiqué le ministre sur France 2. « Pour eux le pass sanitaire s’appliquera dans tous les endroits où il s’applique, à compter du 30 août ». Avant cela, les adolescents devront « toujours conserver le port du masque là où ce sera nécessaire », a souligné Olivier Véran.

    Plus de masque dans les lieux soumis au pass sanitaire

    Pour rappel, le pass sanitaire (vaccination complète, test négatif) va prochainement être étendu à la plupart des lieux publics : il sera obligatoire dès le 21 juillet pour les lieux de « loisirs et de culture » rassemblant plus de 50 personnes, puis dans les restaurants et transports longue distance à partir d’août.

    « Nous pourrons lever la contrainte du masque à terme » dans tous les endroits concernés, a indiqué le ministre, sans donner de date. « Nous sommes partis pour pouvoir lever l’obligation du port du masque là où le pass sanitaire s’applique ».

    Les salariés ont jusqu’au 1er août pour la première injection

    Une autre catégorie de la population va bénéficier d’une dérogation mais ne devra pas tarder. « Les salariés des établissements qui reçoivent du public, là aussi nous les enjoignons à se vacciner très vite mais là aussi nous donnons un petit délai », a dévoilé Olivier Véran face à Anne-Sophie Lapix. Ils « devront avoir reçu leur première dose de vaccination au plus tard le 1er août, sans quoi à compter du 30 août ça sera un test tous les deux jours s’ils veulent continuer à travailler », prévient-il.

    Des aménagements qui ont été pris en concertations avec les « parties prenantes » et qui font suite à des contestations, ce mardi, de la part des responsables de branches concernées comme celles des bars et restaurants. « Le but étant d’un avoir un été sécurisé qui ne pénalise pas le tourisme et la vie des familles », justifiait le ministre.

    En France, le pass vaccinal valide une semaine (seulement) après la 2e dose

    Autre changement de poids annoncé par le ministre : la vaccination sera reconnue comme complète en France, dans le cadre du pass sanitaire, une semaine après l’injection de la deuxième dose, et non plus 14 jours. Une adaptation qui a été prise après avoir consulté le Pr Delfraissy, président du conseil scientifique, chargé de conseiller l’Exécutif, et le Pr Alain Fischer, le « Monsieur Vaccin » du gouvernement.

    Tous ceux qui recevront leur seconde injection jusqu’à ce mercredi 14 juillet auront donc déjà un pass vaccinal pour les premières restrictions du 21 juillet. « Attention, au niveau de l’harmonisation européenne le travail reste à faire, donc actuellement pour voyager au sein de l’Union européenne il faut être vacciné depuis deux semaines », a toutefois prévenu Olivier Véran.

    Un grand nombre de français pourraient être concernés, surtout si l’on en croit la ruée sur les rendez-vous de vaccination observée ces dernières 24 heures. Plus de 1,7 million de rendez-vous ont été pris sur Doctolib depuis hier soir, plus de 100 000 sur la plateforme KelDoc et 150 000 sur Maiia avaient été réservés uniquement dans la nuit de lundi à mardi. Dès ce soir, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé un nouveau record journalier du nombre d’injections déclarées à 792 339.

    Enfin, le ministre de la Santé a révélé une donnée très attendue mais jusqu’alors gardée secrète en France : celle du profil des patients désormais hospitalisés. « J’ai demandé à une trentaine de gros hôpitaux français de me donner le statut vaccinal d’une grosse centaine de patients hospitalisés pour Covid dans notre pays. 100 % des patients admis en réanimation ne sont pas vaccinés. 93 % des hospitalisés ne sont pas vaccinés », dévoile-t-il. Ce qui tend à confirmer ce qui est observé au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.

    à suivre dans LE PARISIEN.fr

    Nouvel état d’urgence sanitaire à Tokyo en amont des Jeux olympiques

    La capitale japonaise Tokyo est de nouveau entrée lundi en état d’urgence face à l’épidémie de coronavirus, à moins de deux semaines du début des Jeux olympiques dont elle est l’hôte.

    TOKYO (Reuters) - La capitale japonaise Tokyo est de nouveau entrée lundi en état d’urgence face à l’épidémie de coronavirus, à moins de deux semaines du début des Jeux olympiques dont elle est l’hôte, sur fond d’inquiétudes sur l’efficacité des restrictions sanitaires face à la résurgence des contaminations.

    Les organisateurs ont annoncé la semaine dernière que l’événement aurait lieu sans spectateurs, et le gouvernement appelle désormais la population japonaise à regarder les épreuves à la télévision.

    Prévus initialement l’an dernier mais reportés à cause de la crise sanitaire, les JO auront lieu du 23 juillet au 8 août. L’état d’urgence à Tokyo - le quatrième dans la capitale et ses environs depuis le début de l’épidémie - doit être maintenu jusqu’au 22 août.

    Si le Japon n’a pas connu de vague épidémique aussi foudroyante que dans d’autres pays, plus de 815.400 contaminations et près de 15.000 décès ont été recensés au total jusqu’à présent.

    La récente flambée des infections à Tokyo a alimenté les inquiétudes alors que la campagne de vaccination a connu des lenteurs et des contretemps. Seule 28% de la population a reçu au moins une dose de vaccin contre le COVID-19.

    Parmi les mesures entrant en vigueur lundi, les restaurants ont reçu ordre de ne pas servir d’alcool et de fermer leurs portes plus tôt.

    à suivre dans CHALLENGES ;fr

    Club de l’économie : « L’humanité a vécu quelque chose d’extraordinaire »

    La gestion collaborative de la pandémie marquera en profondeur nos sociétés, estiment le sociologue Jean Viard, le politologue Brice Teinturier et l’économiste Nicolas Bouzou.

    « Une abstention sans culpabilité »

    Brice Teinturier : 66 % d’abstention, c’est un phénomène historique colossal. On y retrouve bien sûr une forme de désenchantement démocratique nourri par les nouvelles générations, qui prennent énormément de recul vis-à-vis de l’acte de voter. Mais cela n’explique pas l’ampleur du mouvement. Dimanche 27 juin [second tour des élections régionales et départementales], nous avons eu une abstention sans culpabilité. Le pays n’est pas en colère, parce qu’il n’y a plus de réformes, ni en tension comme il l’était en 2015 après les attentats terroristes, ou en en 2018 avec les « gilets jaunes ».

    Nous sommes dans un contexte de sortie de pandémie et d’euphorie retrouvée après des mois de pessimisme où les jeunes avaient le sentiment qu’on leur volait leur génération. Entre retrouver une vie privée et aller participer à une scène collective comme l’acte de voter pour les élections régionales, ils ont massivement choisi. D’autant que les Français ne connaissaient pas les acteurs, ce qui n’aide pas à la mobilisation autour d’un scrutin non décisif.

    Jean Viard : Le rôle de la politique pour construire les liens sociaux a changé. Les sociétés se sont construites à l’intérieur du champ religieux pendant très longtemps. Elles se sont ensuite construites à l’intérieur du champ politique, avec un affrontement de classes qui renvoyaient à la révolution industrielle. On allait voter pour affirmer son appartenance. Aujourd’hui, la politique n’est plus le lieu central du lien social.

    Ce monde très conservateur des élus a empilé les communes, les communautés de communes, les départements, les régions. Il y en a qui font les murs des lycées. Les autres font les murs des collèges, les troisièmes s’occupent des cours des écoles communales. En revanche, si on faisait un vote sur la politique éducative, sur la politique de sécurité, sur la politique de santé, les gens iraient voter, il y aurait des propositions. Mais là, franchement, ça n’a aucun intérêt. Je crois qu’il faut dire à la classe politique : « Vous avez collectivement une responsabilité de vous adapter à cette société numérique. »

    Nicolas Bouzou : Ce qui traverse un peu toutes ces élections, c’est ce sentiment de dépossession démocratique. Les gens ont l’impression que la politique n’a plus d’impact, qu’elle n’est plus en capacité de changer la vie. Je pense que c’est un immense problème qui doit nous amener à avoir une réflexion institutionnelle sur quels sont les modes d’organisation qui sont les plus les plus efficaces.

    « On est encore dans la tragédie »

    Jean Viard : Nous allons en sortir, mais nous sommes encore dans la tragédie. Il va falloir deux ou trois ans pour qu’on voie les suicides, les faillites, les divorces. Après viendra le temps du récit. L’humanité a vécu quelque chose d’extraordinaire : cinq milliards d’individus se sont confinés de la même manière pour protéger les plus improductifs d’entre eux, les anciens, les malades… Ils se sont protégés sur toute la planète de la même manière et avec le même objectif, alors qu’on nous disait : « C’est une société qui ne pense qu’à l’argent. » On a vu que ce n’était pas vrai, que nous étions profondément altruistes et cela restera dans l’histoire de l’humanité. Il faut d’abord chanter cette gloire qui a été cet amour de la vie.

    On observera qu’aucun régime populiste n’a été efficace. Par contre, nous nous trouvons face à un nouveau monde où la Chine et les démocraties ont été performantes toutes les deux, avec des modèles qui ne sont pas du tout les mêmes. Cela nous pose aussi un autre problème : la France est le seul pays du Conseil de sécurité qui a été incapable d’inventer un vaccin.

    Face à la fierté nationale, face à notre discours « on a la meilleure santé du monde », un autre nous dit : « Attendez, les Français, vous avez arrêté d’investir dans la science, vous ne croyez plus dans l’entreprise, vous êtes dans un rapport de société extrêmement bureaucratisé et public. Vous êtes passés à côté du film. » Si on ne l’entend pas, il n’y aura pas de nouvelle alerte. Il faudra enfin le temps, peut être dix ans, que les artistes, les romanciers créent l’œuvre d’art, indispensable pour saisir le réel.

    Nicolas Bouzou : Quand les historiens regarderont cette période dans plusieurs siècles, ils considéreront que la gestion mondiale de l’épidémie a été exceptionnelle. Dès le début, on a essayé de comprendre les mécanismes de transmission. On s’est dit : « Est-ce qu’il faut mettre des masques, du gel hydroalcoolique, etc. ? » Dans un second temps sont arrivés les vaccins et tout ça s’est joué en un an. Si cette épidémie avait eu lieu ne serait-ce qu’il y a cent cinquante ans, les conséquences auraient été abominablement dramatiques. Les mécanismes de transmission des microbes, en règle générale, ont été compris il y a un peu plus de cent ans. Le gel hydroalcoolique a été inventé dans les années 1960 et les vaccins à ARN messager sont une innovation du moment. Et dans la plupart des pays, ces vaccins sont proposés gratuitement aux populations (...)

    « La société du local et du livré »

    Jean Viard : Avant la pandémie, nous vivions, depuis Reagan, dans l’idée que les chaînes de valeur étaient la seule régulation de la planète, mise en place pour faire tomber le communisme. Cela a marché, mais on n’a pas su s’arrêter et les nationalistes ont dit : « frontière, nationalisme ». Cette fois, on a coopéré, on s’est observés, on s’est concurrencés. Coopération et frontières, c’est une structure culturelle qui peut se déployer dans les années qui viennent dans l’agriculture, l’industrie, etc. Les pandémies sont des accélérateurs de tendance extraordinaires : #metoo en beaucoup plus fort, Greta Thunberg en beaucoup plus fort.

    Depuis 1945, le pétrole a pris le pouvoir sur le monde. Je veux voir quelqu’un, je dépense du pétrole : avion, train, voiture, etc. Maintenant, le lien numérique a pris le pas sur le lien pétrolier. Parce que, au fond, qu’est-ce que le télétravail ? C’est la livraison du travail à domicile, exactement comme Amazon et ses 21 millions de Français approvisionnés. On va vers une société du local et du livré. Nous sommes là face à une rupture de la culture du travail qui a une conséquence énorme sur la culture du territoire.

    Brice Teinturier : Les gens qui ont télétravaillé ont trouvé ça extrêmement positif à 79 %-80 % et ça ne s’est pas démenti. Il y a un décalage entre la perception des dirigeants et chefs d’entreprise qui s’inquiètent du non-retour potentiel d’une partie de leurs collaborateurs sur des sites, et le vécu des collaborateurs eux-mêmes qui ont télétravaillé, qui nous disent qu’ils ont retrouvé de l’autonomie, du pouvoir. Cela fait partie des ruptures et des accélérations majeures de cette crise. Si l’on revient au monde d’avant, on aura tout raté et on aura notamment raté une aspiration fondamentale des collaborateurs.

    à suivre dans LE MONDE.fr

    Le gouvernement craint la quatrième vague : la vaccination obligatoire ?

    L’inquiétude concernant le variant Delta, qui a causé la réinstauration de mesures sanitaires dans divers pays dont certains européens, monte. Le gouvernement lui-même, désormais, estime possible une quatrième vague pandémique à la Rentrée 2021. Et, de fait, il se pose la question de rendre la vaccination obligatoire, au moins pour certaines professions.

    Vacciner les soignants, voire « plus » ?

    Dès le départ, le gouvernement l’avait dit : la vaccination ne serait pas obligatoire en France. « Mais en même temps », selon l’expression consacrée, le variant Delta se propage : en France, il a déjà conduit le département des Landes à repousser d’une semaine la dernière phase du déconfinement. S’il n’est toujours pas question d’obliger tous les Français à se faire vacciner, la mesure aurait une impopularité majeure à moins d’un an de la Présidentielle 2022, certaines professions pourraient y être contraintes.

    C’est en tout cas l’hypothèse émise par Jean Castex, Premier ministre, dans un courrier adressé aux associations d’élus locaux et aux présidents de groupe, dont BFMTV se fait l’écho. Il souhaite que « le débat sur l’obligation vaccinale puisse être posé », initialement concernant les soignants dont la couverture vaccinale, écrit le chef du gouvernement, « reste globalement insuffisante pour apporter toutes les protections nécessaires à nos concitoyens ».

    L’objectif d’une telle mesure est clair : « préparer le pays à la possibilité d’un rebond épidémique à la Rentrée », précise Jean Castex.

    Pass sanitaire étendu et obligation d’isolement sous peine d’amende ?

    Rien n’est décidé, et il resterait la question des autres professions stratégiques, comme les pompiers ou encore la police et la gendarmerie, ainsi que les manières d’inciter plus amplement les Français les plus réticents à se faire vacciner. Autrement, la quatrième vague risque de devenir réalité dès septembre 2021, selon les épidémiologistes.

    Pour ce faire, Jean Castex, dans sa note, veut « réfléchir aux mécanismes d’incitation à la vaccination ». Et une mesure pourrait bien être utile, à ce sujet : étendre le « champ d’application du Pass sanitaire » : en empêchant les Français de faire certaines activités, ils se verraient contraints de se faire vacciner. Car si cette extension est couplée avec la fin de la gratuité des tests de dépistage dits « de confort », alors le choix deviendrait très limité : renoncer aux activités, se faire vacciner, ou dépenser une fortune en tests réguliers.

    Autre hypothèse : obliger sous peine d’amende ou de sanctions, les malades à rester chez eux. Une option pour laquelle avaient déjà opté de nombreux pays durant la crise sanitaire, mais qui n’a jamais été instaurée en France.

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