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ÉDITORIAL

France-Allemagne : du « couple » au « duo de façade » aux intérêts divergents…

La poursuite d’une illusion autour d’un scénario bien entretenu

novembre 2022


C’est le rapport entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer qui conduit au traité de l’Élysée le 22 janvier 1963, scellant l’amitié entre la France et l’Allemagne (de l’Ouest). Après Georges Pompidou et Willy Brant, Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand et Helmut Kohl, partagent ou confrontent leurs points de vue. Avec le traité de Maastricht, Allemagne réunifiée sous la pression des Etats-Unis, c’est le tour de Jacques Chirac avec successivement, Gerhardt Schroeder et Angela Merkel qui aura aussi comme interlocuteurs Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. Fin 2021, c’est Olaf Scholz qui devient chancelier fédéral. Le Royaume-Uni, autre partenaire majeur, s’est toujours tenu à l’écart de ce jeu politique continental avant la décision du Brexit.

60 ans d’alliance de fait et de concurrence permanente ? – montage : CE21


Depuis mai 2017, la chancelière Angela Merkel a changé de partenaire avec Emmanuel Macron, mais fondamentalement rien de nouveau. L’apparence ne suffit plus. Très vite, c’est la fin de l’émotion dans la relation. Chaque pays est avant tout préoccupé par ses propres intérêts sur fond de construction européenne. La page d’un relationnel d’exception s’estompe pour se banaliser. Toujours rien de nouveau avec l’arrivée d’Olaf Scholz, dans un contexte général, Covid-19, guerre en Ukraine aux lourdes conséquences : crise de l’énergie, crise économique, inflation accélérée, le réchauffement climatique, etc…, les intérêts divergent avec la complicité de l’Union européenne, de la Commission de Bruxelles et de l’OTAN. Le chacun pour soi se résume à un « tous pour l’Allemagne », sous couvert de l’influence américaine. La France est réduite à un rôle masqué de « suiveur ». Même le nucléaire en pâtît et notre indépendance aussi

Les conséquences de la guerre en Ukraine révèlent les véritables soutiens de l’Allemagne…, sans oublier la Chine – montage : CE21


Placées sous l’égide d’une communication à tout prix, ces rencontres à deux s’assimilent à des élucubrations politiques sans effet, quels qu’en soient le prétexte, la raison, la forme ou le faste. La répétition de conseils des ministres franco-allemand ne pallie pas le manque de décisions. Dans tous les domaines, ils affichent une grande solidarité sur la plupart des sujets sur la « table ». On ne compte plus le nombre de sommets franco-allemand, à tout propos et en toutes circonstances, affichant toujours une certaine concomitance dans l’interprétation du contenu, même en cas d’intérêts divergents. Le communiqué final se doit d’être toujours positif autour de décisions ou d’orientations communes minimales. Seule la presse est toujours à l’affût de toute information d’exception. Souvent déçue, elle parvient à en tirer quelques « Une » vides d’intérêt.

La France affiche ses atouts et ses ambitions – montage : CE21


Le souci permanent, lors de ces rencontres, est de sauver la face en tentant d’apparaître en plein accord pour agir, étant entendu que chaque interlocuteur doit avoir le sentiment qu’il reste libre de ses choix. L’illusion persiste, sachant que c’est l’Allemagne qui tire la ficelle ! Comment oser parler de « couple » de notre côté du Rhin ?

La plupart des opinions publiques, française et allemande, ignorent l’objet et le contenu de ces rencontres régulières. Quant aux autres partenaires européens, ils s’en sentent exclus, sans pour autant y percevoir le moindre préjudice puisqu’ils demeurent sans suite.

Jacques Martineau et Georges Seguin

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