Un espace de communication... Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, l’avis des lecteurs, c’est au quotidien..., la “Lettre” mensuelle...
Accueil du site > ÉDITORIAL> Une caution majoritaire pour un pouvoir minoritaire

ÉDITORIAL

Une caution majoritaire pour un pouvoir minoritaire

Vers un inexorable découpage en morceaux...

juin 2022


Après les élections présidentielles, une minorité devient la majorité. C’est nouveau parait-il. L’Exécutif, le gouvernement et les parlementaires en place promettent de s’attacher à rassembler les Français. En dehors des élus de l’assemblée nationale qui bénéficient du vote « contre » et de l’abstention, la non-représentativité d’une majorité des citoyens parachève le tableau. C’est un système électoral dépassé qui le veut. C’est la caution majoritaire pour un pouvoir minoritaire qui néanmoins bénéficie de la puissance des institutions.

La « non-représentativité » du corps électoral ne dérange pas la majorité ! – Clubespace21


En accentuant les divisions, ce système entretient les conflits. Est-ce que l’opinion s’en rend compte ? Elle s’en contente avec un « chacun pour soi », qui prend le dessus sur toute idée de rassemblement. Parler de « France », c’est délicat. Oser parler de Nation, c’est passible de sanction ! Dans tous les cas les politiques, majorité et opposition, s’en accommodent, protégés par l’idée européenne.

Le contexte actuel confirme ces fractures

Dans cette France divisée, en près d’un demi-siècle, la métamorphose est complète. La désindustrialisation liée à la globalisation de l’économie et à un libéralisme sans frontières a changé les références au passé. Qui s’en est réellement rendu compte ? Personne. Ou on a fait mine de l’ignorer. Gilets jaunes, Covid-19, reprise difficile, guerre en Ukraine, crise de l’énergie et des matières premières vont remettre ces souhaits qui en ignorant le passé, se permettent de parler d’avenir avec une Europe qui emprunte le même chemin de la division. La non-maîtrise d’une immigration, inévitable et mal contrôlée, aggrave la situation.

Le refus d’agir est caractérisé par une dernière intervention ministérielle, non contredite par le pouvoir : « des ressortissants britanniques (35000) sont seuls responsables de la pagaille et des violences au Stade de France, à cause d’une fabrication industrielle de faux billets ! » Il est vrai que le pouvoir exécutif n’a que faire du Royaume-Uni qui n’est plus membre de l’Union européenne ! Encore une fracture à entretenir…

L’Union européenne ce n’est pas l’Europe, les Etats-Unis sont là pour le rappeler… - clubespace21


Comprendre l’origine de cette détérioration ?

Sans remonter trop loin, il y a plus de 30 ans, à la fin des années 80, le véritable début de la mondialisation (réunification de l’Allemagne, chute du mur de Berlin, traité de Maastricht et naissance de l’Union européenne vont entraîner et confirmer une forte désindustrialisation qui va être pénalisante. Elle sera progressive jusqu’à l’arrivée en 2000 de l’euro, puis deviendra irréversible.

La France a dû s’accommoder d’un découpage prononcé lié au changement de la nature de l’activité et aux revenus sous contrôle. On distingue une classe populaire (en hausse), une classe moyenne (en baisse) et une classe supérieure (qui augmente). Une politique générale d’adaptabilité des responsabilités en fonction de la demande s’est mise en place progressivement. Si on écarte simplement le problème pour les indépendants et les professions libérales, pour les « grands ensembles », la qualification de cadre et de cadre supérieur s’impose jusqu’à un certain niveau. Le nombre de cadres ou assimilés a augmenté de 10 à 15% en 20 ans, alors que celui des cadres supérieurs a plus que doublé pour atteindre près de 18% en quelques années. Le classement pyramidal reprend le dessus.

Des repères de qualité pour mieux prendre conscience de la réalité du terrain – clubespace21.fr


Un résultat prévisible

La « France est coupée en deux… ». Une affirmation ? Une réalité ? De nombreux éléments confirment ce constat qui est repris en toute occasion par des géographes, des démographes, des philosophes, des sociologues, des économistes et certains politiques . La vision ne se limite pas à celle de la fracture du niveau de vie, représentée par la rupture entre les métropoles, les villes moyennes et les zones rurales. « Coupée en deux » ne suffit pas pour comprendre l’état de notre société.

La France est divisée en morceaux. Nord/Sud – Est/Ouest, des villes ou des champs, soi-disant considérée comme multiculturelle et non communautaire, jusqu’à quand ? C’est un pas vers une « France des minorités ». Les divergences des partis politiques et de leurs partisans à tendances, exclusive et manichéenne, accentuent les fractures.

Jacques Martineau

Retour
Contact / Plan du site / Mentions légales    © P.RO COM - 2012