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PROPOS DE PRESSE


Au quotidien, un grand nombre d’informations, dans la presse et au travers des médias, peut nous interpeller.

Une actualité "commentée"

Un titre peut être factuel sur un événement, des données, des statistiques ou sur un sondage. Un avis ou une interprétation peut nous inciter à réagir et faire l’objet d’un commentaire de CE21.

Septembre 2020


    Covid-19 : le spectre de nouvelles restrictions fait plonger les Bourses européennes

    À Paris, l’indice CAC 40 a chuté de 3,74%, sa pire séance depuis le 11 juin, tandis qu’à Londres, le FTSE 100 a plongé de 3,38%.

    Les places boursières européennes ont renoué ce lundi avec leurs périodes sombres du printemps, ébranlées par la résurgence de la pandémie de Covid-19 à travers l’Europe et les potentielles conséquences économiques de restrictions de mouvements.

    À Paris, l’indice CAC 40 a chuté de 3,74%, sa pire séance depuis le 11 juin. À Francfort, le Dax a plongé de 4,37% et à Londres, le FTSE 100 de 3,38%. « Les malheurs sanitaires ébranlent l’humeur ambiante », constate David Madden, analyste marchés pour CMC Markets UK. Au moment où les États-Unis vont passer la barre des 200.000 décès, les Madrilènes renouent avec les contrôles stricts de déplacements lundi et le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe, craint un nouveau « décollage » de la pandémie. « Il y a là à la fois les craintes liées au Covid-19, la contagion des marchés américains sur l’Europe via les valeurs technologiques, et les tensions entre les États-Unis et la Chine », résume Alexandre Baradez, analyste pour IG France, pour expliquer le recul des indices.

    Très sensible à l’humeur de Wall Street, la place parisienne a creusé ses pertes à l’ouverture de la Bourse de New York, elle-même fragilisée par la chute de ses stars technologiques lundi. À mi-séance, les trois principaux indices new-yorkais perdaient entre 1,2 et 2,7%. À la clôture, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average a reculé de 1,84% à 27.147,70 points et l’indice élargi S&P 500 de 1,16% à 3.281,06 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a limité ses pertes en fin de séance, mais a tout de même cédé 0,13% à 10.778,80 points. Un résultat provoqué par les inquiétudes sanitaires mais aussi par le décès vendredi de la doyenne de la Cour Suprême des Etats-Unis Ruth Bader Ginsburg laisse envisager une âpre bataille politique et de vives tensions pour son remplacement.

    Révélations sur les banques

    Également source de stress sur les marchés ce lundi, la chute des valeurs bancaires à travers l’Europe après la révélation d’un consortium de journalistes qui accusent ces géants bancaires d’avoir permis le blanchiment d’argent sale à grande échelle. Visé par l’enquête sur son prétendu manque de transparence vis-à-vis de certains clients de sa filiale suisse SGPB, Société Générale a perdu 7,66% à 11,66 euros. Deutsche Bank a terminé en baisse de 8,76% à 7,00 euros et ING a dégringolé de 9,27% à 8,99 euros à Amsterdam.

    Ces valeurs ont aussi été affectées par le recul des taux d’intérêt sur les dettes des principaux États de la zone euro, recherchées par des investisseurs échaudés par le marché des actions. La dette à dix ans reculait d’entre trois et cinq points de base pour l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne.

    à suivre dans LE FIGARO

    LE GOUVERNEMENT QUI N’AUGMENTE PAS LES IMPÔTS PENSE À TAXER PLUS LES RETRAITÉS

    « Nous n’augmenterons pas les impôts » : c’est le leitmotiv déclamé et répété par l’ensemble du gouvernement alors que se pose la question du financement du plan Relance France. Une manière de rassurer les Français alors que ce plan se compose de dette et que les dettes devront, un jour, être remboursées. Mais en réalité des augmentations sont bel et bien prévues…

    Le financement de la dépendance se fera-t-il par une hausse des taxes ?

    Le gouvernement n’a rien décidé et ces pistes ne concernent pas le plan Relance France et son financement, donc en un sens il sera vrai qu’il ne sera pas financé par une hausse d’impôts. Mais le gouvernement doit également trouver quelque 6 milliards d’euros pour financer la cinquième branche de la Sécurité sociale dédiée à la dépendance et qu’il est en train de mettre en place.

    Du coup, Laurent Vachey, inspecteur général des Finances, a fait ses calculs et proposé des solutions pour trouver ces sommes conséquentes. Parmi celles-ci, une pourrait bien créer quelques conflits… surtout que la réforme des retraites reste encore source de tensions et d’oppositions : augmenter les taxes sur les retraites.

    Augmenter la CSG sur toutes les retraites…

    Le document, qui sera étudié, prévoit plusieurs pistes : une augmentation de la CSG sur toutes les retraites pour la faire passer de 8,3% à 9,2% (le taux payé par les actifs) afin de récupérer 780 millions d’euros.

    Le gouvernement pourrait aussi augmenter la part de CSG non déductible dans les pensions (donc là aussi il s’agirait d’une augmentation d’impôts sur les retraites) ou encore réduire le plafond d’abattement sur les revenus des retraités.

    D’autres impôts sur les entreprises ou les salariés

    Laurent Vachey n’épargne pas non plus les entreprises et les salariés pour ce qui est de chercher des pistes pour dégager des sommes : une idée émise dans son rapport est celle d’une hausse de la CSA (Contribution de solidarité de l’autonomie) payée par l’entreprise ou encore la suppression de certains allègements sur les hauts salaires.

    Et les salariés ? Ils ne sont pas oubliés : Laurent Vachey propose d’instaurer une deuxième journée de solidarité, ce qui revient à taxer tous les salariés de France de l’équivalent d’une journée de salaire.

    à suivre dans Economie Matin

    Crise économique : cette deuxième vague qui guette

    Affaissement de la demande, risque d’explosion des liquidations judiciaires, entreprises zombies surendettées… Les dégâts économiques causés par la crise du coronavirus laissent présager une nouvelle chute de l’activité dans les prochains mois.

    Dans l’œil du cyclone. L’économie française aurait fonctionné en août à environ 95 % de son niveau d’avant-crise, estime l’Insee dans une note de conjoncture du 8 septembre. De quoi laisser penser que la croissance sera miraculeusement de retour dans les prochaines semaines après un second trimestre noir pour de nombreux secteurs, aux premiers rangs desquels le tourisme, la restauration, l’aéronautique ou l’automobile. Mais gare à l’emballement. Ce n’est un secret pour personne : les mois à venir seront durs et éprouvants pour de nombreux métiers. Pour preuve, Pôle emploi compte embaucher entre 3.000 et 5.000 personnes en CDD pour faire face à la vague attendue de nouveaux chômeurs.

    Les dernières analyses de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques sur la situation du marché du travail sont aussi alarmantes : "en cumul depuis le 1er mars, environ 51.000 ruptures de contrats de travail ont été envisagées" dans le cadre de plans sociaux (PSE). "C’est près de trois fois plus que sur la même période en 2019, l’essentiel de la hausse étant survenue avec les PSE enregistrés en juin et juillet", rappelle le service de statistiques ministériel.

    CERCLE VICIEUX

    Mais ce n’est pas tout. L’Insee insiste : "depuis l’été, les enquêtes de conjoncture pointent par ailleurs le risque d’un choc significatif de demande" qui s’affaisserait. En effet, "la confiance des ménages dans la situation économique reste inférieure à son niveau d’avant crise". Or, il y a un lien direct entre l’investissement des entreprises et le niveau de demande des ménages : selon un sondage annuel ciblé sur les PME de BPI France, la faiblesse de la demande est même le principal frein à l’investissement cité par les patrons. C’est pourquoi "les entreprises sont nombreuses à craindre des pertes de débouchés", explique l’Insee. Pour ne rien arranger, le commerce international est en mode ralenti, donc "dans l’industrie, les carnets de commandes – en particulier venant de l’étranger – ne se regarnissent que lentement".

    On peut ici noter une erreur de diagnostic du gouvernement dans l’élaboration de son plan de relance, qui donne la priorité à la politique de l’offre, notamment les 20 milliards de baisses d’impôts de production. Matignon pense que la seule création d’un "climat de confiance" où les ménages, enjoués par les baisses d’impôts aux entreprises, consommeraient toutes leurs économies, suffira à enclencher un cercle vertueux. Mais c’est plutôt l’inverse qui risque de se passer. Comme l’expliquait dans les Echos Xavier Ragot, le président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le plan de relance pourrait "se révéler insuffisant dans trois mois, notamment en ce qui concerne les dépenses sociales".

    BLACK WEDNESDAY

    Le gouvernement a bien sûr déjà mis 25 milliards d’euros sur la table pour soutenir le chômage partiel – des montants très significatifs. Mais les soutiens d’urgence à la demande vont être amenés à se réduire dans les prochains mois. Sans que la peur d’une deuxième vague de l’épidémie ne se dissipe, ni que l’horizon économique ne s’éclaircisse. Dès lors, le bond de l’épargne des ménages enregistré pendant le confinement "peut certes contribuer à soutenir la demande dans les prochains trimestres, mais son utilisation reste incertaine à ce stade : il provient en effet non pas d’un surcroît de revenu, mais d’une consommation ponctuellement entravée, et peut se transformer en épargne de précaution", s’inquiète l’Insee.

    Au-delà des prévisions macroéconomiques, d’autres éléments sur le plan microéconomique laissent songeur. On apprend par exemple dans Challenges que les statistiques de défaillances d’entreprises risquent d’être sérieusement gonflées au mois d’octobre. Plus précisément le mercredi 7 du mois. Le magazine économique cite Arnaud Marion, "spécialiste reconnu de la gestion de crise et du redressement des entreprises", qui rappelle que celles en état de cessation de paiement ont 45 jours pour demander l’ouverture d’une conciliation, d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire. Or, en raison de l’état d’urgence sanitaire, tous les établissements qui se sont retrouvés en cessation de paiement entre le 13 mars et le 23 août dernier ont obtenu un sursis : le délai de 45 jours ne commence à courir qu’à compter du 23 août. Et expire donc le 7 octobre prochain. Un Black Wednesday en perspective...

    ENTREPRISES ZOMBIES

    Autre risque, celui-ci pour 2021 : que nos entreprises, gavées par les prêts garantis par l’État (PGE) durant la crise pour maintenir leur trésorerie à flot, ne se retrouvent en situation de surendettement, et donc dans l’incapacité de rembourser leurs prêts. Dans nos colonnes cette semaine, l’ancien ministre de l’Économie et du redressement productif Arnaud Montebourg, désormais dirigeant de l’entreprise Bleu Blanc Ruche, prévoit un "carnage économique et social lié aux 120 milliards d’euros de PGE accordés aux entreprises. Ce sont de nouvelles dettes que certaines sociétés ne pourront pas rembourser. Des entreprises zombies, en somme, qu’on aura fabriquées et qui seront, au moment du remboursement, en 2021, en faillite". Il donne des chiffres : "environ 25 % des chefs des entreprises de taille intermédiaire, c’est-à-dire nos plus grosses PME, déclarent aujourd’hui anticiper des difficultés à rembourser le prêt garanti d’État qu’elles ont contracté  ! On va se retrouver face au mur de la dette des entreprises".

    Dans une chronique publiée il y a quelques jours, l’économiste Olivier Passet fustige également cette "liquidité oisive" injectée aveuglément dans l’économie, "symptôme de notre glissement vers une économie zombie, qui ne se maintient que par des artifices financiers et qui entretient de façon pernicieuse l’évaporation des débouchés et la dépendance au soutien de l’État". À son sens, la multiplication des soutiens de l’État pour soutenir la trésorerie des entreprises depuis le confinement entretient la survie apparente "d’une armée des morts-vivants". Ce qui "est aussi la manifestation (...) de l’absence d’un véritable engagement des entreprises dans un mouvement de reprise au-delà du rebond technique que nous avons observé avant l’été". Rien qui n’inspire à l’optimisme... La vigilance est de mise.

    à suivre dans Marianne

    « En France, il y a 5 millions d’assurés sociaux de plus que de résidents »

    ENTRETIEN. Rapporteur de la commission d’enquête sur la fraude sociale, le député Pascal Brindeau (UDI) tire la sonnette d’alarme. Les montants en jeu sont colossaux.

    Trop, c’est trop. Après des années de rapports pointant tous les errements de la lutte contre la fraude sociale en France, les députés de la commission d’enquête « relative à la lutte contre les fraudes aux prestations sociales », qui ont adopté à l’unanimité le 8 septembre le rapport issu de leurs travaux, somment le gouvernement de passer enfin à l’action. Présidée par le député LR Patrick Hetzel et ayant pour rapporteur le député UDI Pascal Brindeau, la commission d’enquête, au travail depuis février, met au jour de multiples zones d’ombre et d’incohérences qui favorisent une fraude qu’ils se disent incapables d’évaluer avec précision, tant les outils manquent pour distinguer ce qui relève de simples erreurs, de laxisme, de désorganisation des services ou de manipulation délibérée de documents. Le député Pascal Brindeau appelle à numériser d’urgence les relations entre usagers et organismes de protection sociale, afin d’attaquer le mal à la source. Entretien.

    Le Point : Votre groupe avait voulu cette commission d’enquête pour mettre fin aux fantasmes, des estimations spectaculaires de la fraude aux prestations sociales étant régulièrement avancées. Sans succès ?

    Pascal Brindeau : Nous faisons le constat qu’on ne peut pas savoir. Même si les progrès des différents organismes dans leur lutte contre la fraude sont incontestables, les stratégies diffèrent selon qu’on se trouve à la Cnaf, à la Cnam, à Pôle Emploi… Et aucune administration n’est vraiment réactive. Face à elles, les fraudeurs s’adaptent en permanence. Nous avons voulu poursuivre les travaux entamés il y a un an par la députée LREM Carole Grandjean et la sénatrice UDI Nathalie Goulet, qui nous ont expliqué qu’elles n’avaient pas eu les moyens d’aller au bout de leurs investigations, les administrations refusant de leur répondre. Face aux polémiques sur le nombre de cartes vitales en circulation et le montant évalué de la fraude, nous voulions trancher la question.

    Vous établissez qu’il n’y a pas 5 millions de cartes vitales en surnombre, mais 573 000.

    Effectivement, c’est une polémique qui prend fin. Ces fameux 5 millions de cartes vitales en trop ont existé, le chiffre s’expliquait par le fait que la Cnam était en train de reprendre des régimes spéciaux. Il a fallu du temps pour homogénéiser la gestion des différentes cartes vitales. Une carte vitale seule, même frauduleusement obtenue, ne permet d’ailleurs pas de frauder quoi que ce soit, il vous faut par exemple une ordonnance médicale. Nos travaux établissent qu’en réalité, le nombre de cartes vitales encore en surnombre aujourd’hui est de 573 000. Cela ne veut pas dire qu’il y a 573 000 fraudeurs, mais des cas de double détention, des doubles affiliations… Si vous êtes salarié et que vous achetez des moutons, par exemple, vous devez vous inscrire à la MSA (Mutuelle sociale agricole), qui va vous immatriculer, et vous aurez deux cartes.

    Le problème, et ce qui pollue le débat, est qu’on est incapable de dire s’il y a eu fraude ou non. On ne peut pas démontrer qu’il y a eu fraude, et on ne peut pas démontrer qu’il n’y en a pas eu ! Ma conviction est qu’il existe forcément un chiffre noir de cette fraude. Il est à peu près certain que des personnes, par fraude à l’identité, ont récupéré une carte vitale de manière indue. Mais combien ?

    Vous avez aussi découvert 2,4 millions de bénéficiaires « fantômes ».

    En comparant les chiffres de l’Insee et le nombre d’assurés sociaux des différents régimes, nous avons découvert environ 5 millions d’assurés sociaux de plus que de résidents en France. C’est un chiffre d’autant plus fort qu’il y a des expatriés, des retraités partis à l’étranger… On peut dire de manière certaine que pour le seul régime de l’assurance maladie, il y a 2,4 millions d’assurés supplémentaires au nombre de résidents qu’on ne sait pas expliquer. En estimant la part liée aux autres régimes, on peut évaluer ce nombre autour de 3 millions. C’est ahurissant.

    Ces bénéficiaires fantômes touchent-ils des prestations ?

    On l’ignore, mais pas forcément. Un assuré peut figurer dans le répertoire national des prestations sociales, c’est-à-dire avoir des droits ouverts, mais ne pas en appeler. Ces 2,4 millions d’assurés dits fantômes ont bien des droits ouverts, mais on ne sait pas s’ils touchent la prestation ! La Caisse est incapable de vous dire qui ils sont, d’où ils viennent, comment expliquer cet écart. Cela nous dit que le système est très faillible, parce qu’il fonctionne en silo entre les différents organismes, sur la base du déclaratoire. Vous pouvez toucher des prestations parce que vous avez simplement déclaré que vous pouviez y prétendre. Les contrôles se font souvent a posteriori. Et ce fichier, le RNCPS, dont le législateur avait voulu qu’il soit un véritable outil, fonctionne juste comme une boîte aux lettres, incapable de vous donner l’historique d’un numéro ! Il n’y a pas de volonté, pas les moyens, comme si personne n’avait pris conscience que ce sujet est extrêmement sensible dans l’esprit de nos concitoyens.

    Vous pointez un problème de culture.

    C’est frappant : on est encore beaucoup sur la culture du versement. Nous avons senti, dans les réponses des organismes à nos questions, qu’ils étaient d’abord là pour verser des aides, pas pour exercer un contrôle, comme si le fait même de contrôler pouvait être assimilé à de la suspicion. C’était particulièrement frappant avec l’Assurance maladie (Cnam) et l’assurance vieillesse (Cnav). Les caisses d’allocations familiales ont une approche différente, beaucoup plus axée sur la lutte. La Cnaf est la seule, par exemple, qui procède à une évaluation du taux de fraude de sa branche.

    Elle estime d’ailleurs que la fraude sociale lui coûte quelque 2 milliards par an. Si l’on appliquait aux mêmes organismes le même taux de fraude que celui estimé par la Cnaf, cela représenterait chaque année une trentaine de milliards… Ce chiffre vous semble-t-il aberrant ?

    D’un point de vue méthodologique, il est évidemment contestable. Mais d’un point de vue politique, avancer de tels chiffres par extrapolation a valeur d’exemple. Je ne vois pas pourquoi les branches vieillesse et maladie seraient plus épargnées par la fraude que la branche famille ! Il est possible, et même probable, que l’ensemble de la fraude aux prestations sociales atteigne ces montants.

    Vous appelez les pouvoirs publics au sursaut.

    Parmi les 50 préconisations que nous avançons, certaines sont plus urgentes. Il faut à tout prix adapter notre arsenal opérationnel de lutte contre la fraude, et cela passe par des recrutements, des formations. La fraude à l’identité est de plus en plus créative, évoluée, structurée ! La police aux frontières est très mobilisée, mais seule, elle ne peut pas tout. Cet aspect est crucial, car de cette délinquance découle la fraude sociale, et aussi d’autres types de criminalité organisée. Ensuite, nous avons besoin d’une révolution culturelle. Et pour y arriver, il faut absolument intensifier la formation des agents. Il est enfin vital de moderniser notre dispositif. Quand vous pensez qu’en Espagne, les ordonnances médicales sont dématérialisées depuis 2007 alors qu’on ne les a toujours pas en France ! Mais le papier, c’est la porte ouverte à la fraude massive, au trafic de médicaments ! Des professionnels de santé peu scrupuleux (l’essentiel de la fraude à l’assurance maladie est le fait des professionnels) pratiquent la surprescription… En outre, nos fichiers sont cloisonnés, et les personnes qui peuvent prétendre à des droits multiplient les déclarations : à la CAF, à l’assurance maladie, à l’assurance vieillesse. Les informations ne se recoupent pas ! Nous pouvons nous inspirer de pays qui appliquent le « dites-le une fois » : la déclaration vaut pour tous les organismes qui interviennent. Ce sont des choses simples, finalement.

    La fraude a changé d’échelle, avez-vous été surpris par vos rencontres ?

    Je reste estomaqué que la direction de la Sécurité sociale ne soit pas capable d’expliquer 2,4 millions de bénéficiaires potentiels de prestations qui, physiquement, n’existent pas, et vous dise cela sans sourciller. Je ne comprends pas comment il est possible, comme nous l’avons démontré, que le RNCPS contienne des identités dont on sait qu’elles sont frauduleuses, et que ces identités touchent des droits ! 800 euros par mois en moyenne, sur les quelques dossiers que nous avons testés. Il est très perturbant de se dire que nous avons les moyens d’agir (des sociétés privées sont mandatées pour faire des contrôles de l’effectivité des droits), et qu’on ne le fait pas, qu’on ne supprime pas ces identités. Au bout de la chaîne, il y a une inertie du système qui fait qu’on ne va pas au bout. La caisse complémentaire Agirc-Arrco a mandaté une société pour aller contrôler la réalité de la vie de retraités en Algérie. Sur un panel ciblé de 1 000 personnes âgées de plus de 85 ans, cette société a trouvé 40 % de fraudes ! Et qu’ont fait les organismes ? Ils se sont arrêtés là, refusant d’aller voir plus loin. Il y a peut-être des enjeux diplomatiques… Mais je crois que c’est d’abord un problème de culture.

    Le système peut-il encore se le permettre ?

    La fraude a changé d’échelle. Si nous avions eu plus de temps, nous aurions investigué la problématique du trafic de documents d’identité. On recense en France 200 000 usurpations d’identité par an ! On peut se procurer de faux papiers sur le Darknet. En Grèce, on peut facilement acheter un passeport, français ou autre, qui a été volé ou dont l’identité a été falsifiée. On n’a pas idée de l’ampleur des conséquences de tout cela. Car ces fausses identités sont une clé d’entrée vers des activités criminelles qui ne sont pas seulement de la fraude. L’ONU a révélé que la fraude aux prestations intervient pour 6 % dans le financement du terrorisme. Traiter 6 % du problème, c’est déjà énorme !

    à suivre dans Le Point

    Plan de relance : l’exécutif abat ses cartes

    Le Premier ministre, Jean Castex, dévoile ce jeudi les détails de son plan de relance de 100 milliards d’euros. Celui-ci est censé ramener l’économie française à son niveau d’avant crise d’ici à 2022 et favoriser la création de 200.000 emplois l’an prochain.

    Pour 100 briques, t’as plus rien ? Avec la présentation ce jeudi du très attendu plan de relance de 100 milliards d’euros, le Premier ministre, Jean Castex, va tenter de démentir cet adage cinématographique et surtout les critiques qui émergent sur sa stratégie économique post-Covid. Même si le voisin allemand a dégainé plus vite et plus fort (130 milliards d’euros mis sur la table il y a 3 mois), l’exécutif défend « un plan d’une ampleur historique ».

    « Cela représente deux fois plus que ce qui a été engagé après la crise de 2008. Et il n’a pas d’équivalent actuellement en Europe si l’on rapporte notre effort à la richesse nationale (4 à 4,5 points de PIB), contre 3,7 % pour l’Allemagne », avance-t-on à Matignon. De quoi faire espérer au gouvernement un retour du PIB à son niveau d’avant crise en 2022 et surtout la création directe de 200.000 emplois l’an prochain.

    « France Relance »

    Il faut donc s’attendre à voir fleurir dans les prochaines semaines le label « France Relance », l’intitulé officiel d’un plan « censé préparer la France à l’horizon 2030 », selon l’élément de langage répété par les têtes pensantes de l’exécutif depuis quelques jours. « Nous avons fait le choix stratégique que ce plan soit avant tout un plan d’investissement. Il aurait été beaucoup plus facile politiquement de faire du soutien à la demande, de promettre une baisse du taux de TVA au coût exorbitant. Mais nous n’aurions pas préparé la France aux défis du XXIe siècle », justifie le ministre des Finances, Bruno Le Maire, à la manoeuvre de ce plan depuis le printemps.

    Autant dire que Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, ne devrait pas voir son voeu d’un « chèque relance » exaucé pour le moment, les coups de pouce sur la demande restant concentrés sur des dispositifs plus ciblés (comme la prime pour l’achat d’un véhicule électrique).

    Retournement sémantique

    Pour le reste, dans un curieux retournement sémantique, le traditionnel temple de l’orthodoxie budgétaire qu’est Bercy promet que « le temps de la dépense publique est venu ». Celui-ci va se déverser à part quasi égales dans trois directions différentes . Il y aura d’abord 30 milliards d’euros pour la transition énergétique. Une partie de cette somme (7 milliards) ira à la rénovation énergétique des bâtiments. Le gouvernement promet également 4,7 milliards pour la SNCF (petites lignes, fret, trains de nuit) et 1,2 milliard pour les transports du quotidien (notamment le vélo).

    Deuxième poste de dépenses, il est prévu environ 35 milliards pour la compétitivité des entreprises et la relocalisation industrielle. La baisse des impôts de production (20 milliards sur deux ans) concentre une grosse part de l’enveloppe. Sont aussi prévus 3 milliards pour renforcer les fonds propres des entreprises fragilisées par la crise et 1 milliard pour des investissements liés à l’innovation ou la relocalisation. L’exécutif prévoit également d’y affecter 11 milliards d’euros du Programme d’investissements d’avenir (PIA) déjà lancé.

    Plan jeunes

    Enfin, la troisième catégorie de dépenses aura trait aux compétences et à la solidarité. On y retrouvera les 6,5 milliards du plan jeunes pour l’emploi , les 6,6 milliards budgétés pour le chômage partiel, les 5,2 milliards d’aides aux collectivités locales et 6 milliards d’investissement pour les hôpitaux liés au « Ségur de la santé » .

    Cette nouvelle corne d’abondance budgétaire vise à remettre sur pied une économie terrassée par le coronavirus. L’exécutif juge que la crise sanitaire va faire perdre au final 4 points de PIB à la France et le plan de relance est censé effacer cette perte d’ici à 2022. Mieux, le potentiel de croissance du pays - hors effets de la conjoncture - doit sortir musclé par ce remède « France Relance » : Bercy a calculé un impact de 1 point de croissance potentielle en plus à l’horizon de dix ans. Cela devrait permettre de contenir la dette à 120 % du PIB jusqu’en 2025, avant une éventuelle décrue.

    Hémorragie sur l’emploi

    Avec ce coup de fouet à l’activité, l’exécutif cherche également à juguler l’hémorragie sur l’emploi. Environ 800.000 postes devraient être supprimés cette année, et il est fait l’hypothèse que la moitié de cette perte sera effacée l’an prochain (200.000 emplois grâce au rebond de croissance, 200.000 grâce au plan de relance).

    « Le taux de chômage devrait dépasser le seuil de 10 % dans les mois à venir. Revenir sous ce seuil à l’horizon 2022 est l’objectif », avance-t-on à Bercy. Une promesse qui devrait nourrir la future campagne présidentielle.

    à suivre dans les Echos

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