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Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

La mondialisation : échec et... mat !

De l’intention à l’action, les Etats-Unis bouleversent le « système »...


La mondialisation n’est pas un rêve, c’est un fait. Club Espace 21 a déjà eu l’occasion de l’évoquer depuis ses prémices, sa réalité (côté « Pile ») et ses limites (côté « Face »). Partisans ou opposants de ce type de commerce mondial sont dépassés. Les marchés sont sans limites. Le trafic et les échanges inondent la planète. Tous les moyens sont mobilisés pour passer à l’acte et satisfaire la demande. Ce sont les lobbies des grands groupes internationaux et des milieux financiers qui gèrent cet ensemble. Les Etats-Unis ont décidé de bouleverser l’« échiquier »…

Les Etats-Unis mettent un frein à un système « libertaire »…

La politique actuelle des Etats-Unis, « America first », n’en finit pas de perturber le « jeu » en remettant en cause ce commerce mondial « libertaire » avec un sévère vent de protectionnisme inattendu. A l’Est comme à l’Ouest et au Moyen Orient, l’Union européenne, la Chine, l’Iran comme la Turquie au premier chef sont concernés par les menaces des taxes et des sanctions américaines, sans parler de la Russie pénalisée et avec laquelle il faudra néanmoins composer. Sans oublier outre-Atlantique, le Canada et le Mexique...

Ce sont au départ de véritables conflits commerciaux psychologiques qui sont suivis d’embargos sur le « terrain » et d’actions économiques et financières concrètes. Quels sont les véritables enjeux politiques masqués des Etats-Unis « maîtres du monde », devant tous ces bouleversements ? La mondialisation a-t-elle deviendrait-elle « liberticide » avec la situation de l’Iran face aux intentions américaines qui ne seront pas sans conséquences pour l’Union européenne et en particulier pour la France ?

La Chine trouve son compte dans la mondialisation – source : lefigaro.fr


Les pays européens étaient déjà plutôt mal préparés à une évolution grandissante, inattendue et rapide des marchés économiques. De son côté, l’Union européenne ne l’était pas du tout, bien qu’elle soit politiquement complice de cette atrophie qui s’est développée dans la plus grande confusion et injustice fiscale et sociale.

A l’inverse, dans le « monde du numérique », un simple exemple illustre la prédominance des « géants » américains avec la domination mondiale des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Avec le développement de l’Intelligence Artificielle (IA), leur domination sera totale. Rappelons que la société Apple, est capitalisée aujourd’hui à hauteur de plus d’un milliard de dollars ! Ce montant est déjà supérieur au PIB de nombreux pays de l’Union européenne ! Dans ce même domaine, la Chine très attentive, toujours à l’affût et anticipatrice s’est fortement mobilisée. Elle souhaite très vite pouvoir jouer son rôle et concurrencer à terme les « géants » américains du numérique. Un défi qui ne laisse pas indifférent…

L’Union européenne favorise un « surplace » préjudiciable !

Depuis des années, il est clair que les plans de rigueur et d’austérité, alambiqués et plus ou moins sophistiqués se sont développés en référence aux consignes de Bruxelles avec la complicité de l’Allemagne qui soutient cette politique qui lui est favorable. La France continue à voir son déficit du commerce extérieur s’accroître à hauteur de 33 milliards d’euros fin juin. Avec la plupart des pays de l’Union européenne, elle est toujours « hors-jeu » des importants marchés innovants quoiqu’on puisse espérer. A noter que l’Allemagne de son côté affiche un excédent sur la même période de 19 milliards d’euros, malgré la hausse de la facture énergétique. On est loin d’en mesurer encore aujourd’hui les conséquences de ce déséquilibre dans la zone euro. Il suffit pour cela de constater les forts taux de chômage dans l’Union européenne, non encore résorbés dans la majorité des pays, pour s’en rendre compte.

Une bataille monétaire : une conséquence des enjeux – source : clubespace21.fr


Sous les yeux de la Commission et du Conseil européen, cette période a néanmoins été très favorable aux lobbies industriels, aux milieux bancaires, aux spéculateurs, à l’évasion fiscale tous azimuts, au développement des pays émergents et à un libre-échange sans souci, derrière un euro protecteur fort avec la garantie d’une inflation maîtrisée. Ce ne sont pas les pays profiteurs qui ont jugé qu’il soit utile de s’en préoccuper jusqu’à présent. Cet espace libertaire, avec la complicité de l’OMC qui devrait revoir ses règles, a aussi accentué les différences entre pays riches et pays pauvres. Partout, l’actuel problème des migrants ne fait que confirmer cette instabilité permanente, non prête d’être maîtrisée...

La recherche de la croissance : à chacun son style ?

Le retour de la croissance, après une période de récession en référence aux prévisions de l’OCDE, devrait relancer l’économie et les ressources fiscales correspondantes. Les Etats-Unis ont fait leur choix : United States « great-again ». Le repli sur soi au service de ses propres intérêts est la réponse proposée face au « monde ». Un taux de croissance supérieure à 4%, un taux de chômage de l’ordre de 3,5% confortent cette politique devant un déficit du commerce extérieur en hausse. Face à un dollar d’autant plus ajustable, la politique d’un euro fort a eu et continuera à avoir de lourdes conséquences au nom d’une inflation contenue, grâce à une BCE muselée, et ce, indépendamment du problème de régulation des marchés et d’une politique monétaire au plan mondial. L’inflation de retour et l’augmentation conséquente des taux seront là pour compliquer la « donne ».

Le Conseil européen en séance à Bruxelles – source : vleva.eu


Un commerce européen essentiellement replié sur lui-même…

Dans l’Union européenne et en particulier dans la zone euro, l’essentiel du commerce extérieur se fait entre partenaires. Seuls les pays producteurs à balance commerciale positive s’en sortent et principalement sur le marché européen qui est leur premier client. Une très faible partie du commerce européen se fait hors de l’Union. La Chine comme certains pays émergents sont en quête de savoir faire et de transfert de technologies. Ils ont un libre accès au marché européen. Le protectionniste ciblé, en cas d’absence d’accord de réciprocité d’accès à leur marché, reste une incantation sans suite. L’Allemagne y est opposée. Les sanctions économiques contre la Russie sont en pleine contradiction avec l’esprit d’ouverture et les tendances actuelles.

La disparité économique et fiscale, du niveau de vie et des règles sociales, dans l’ensemble de l’Union et de la zone euro s’ajoute à cette brillante « cacophonie ». Cette disparité n’a pas cessé d’entraîner de nombreux dysfonctionnements et elle continue à favoriser un grand nombre de délocalisations qui se multiplient vers les pays émergents, avec ou sans retour pour ces derniers. Si les politiques parlent occasionnellement de la mondialisation et de ses limites, ils se gardent bien de la critiquer. Ils en craignent les conséquences électorales ou partisanes de leurs propos. Quoiqu’il en soit, nul n’est en mesure d’appréhender la suite.

Vers un échec et... mat ?

Avec leurs résultats au plan intérieur, le repli sur soi économique des Etats-Unis s’est concrétisé, par une violente guerre des taxes, handicape le commerce mondial. Les « maîtres du monde » ne seraient-ils pas en train de réaliser un « échec et… mat » sans retour, dans la forme et sur le fond, contre la mondialisation « libertaire » ? Bien entendu, les échanges et le commerce international existeront toujours mais la « donne » ne sera plus jamais la même…

Jacques Martineau


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Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

Globalisation : la mondialisation côté « face »…

A la recherche d’un équilibre planétaire avec des règles communes


L’équilibre mondial par essence-même se trouve toujours en mutation permanente par l’évolution des sociétés, les progrès techniques et scientifiques et l’environnement, comme nous l’avons rappelé dans un précédent article. Parler de mondialisation au sens large, c’est-à-dire de « globalisation » pour nos amis « anglophones » ne peut avoir de sens que dans un contexte de sécurité et de paix. Cela est d’autant plus vrai pour la globalisation telle que nous la concevons. Il va de soi qu’après la sortie de conflits de toutes sortes, la soif d’évolution vers le progrès au sens large est manifeste. Et ce, quels que soient les régimes politiques. Au-delà des pays « riches », sur fond de stabilité, les pays qualifiés d’« émergents » ont aussi à admettre et à comprendre cette évolution en s’appropriant la démarche adéquate pour parvenir à la mettre en place eux-mêmes. Un lourd labeur avec de lourds enjeux…

La globalisation ou l’« universalisation planétaires des enjeux »…

Il s’agit d’aller vers une évolution particulière des relations internationales. Celle-ci évoque de fait « l’universalisation des enjeux » au travers des nombreux échanges nécessaires pour aider à faire sortir de la pauvreté des pays sous-développés, désormais qualifiés d’« émergents ». Mais elle a eu quelques conséquences pour les pays industrialisés. Il s’agit là d’un principe plus subtil qui introduit une notion de partage dans la mondialisation. Les milieux financiers spéculatifs n’avaient pas eu jusqu’à présent à faire ce discernement. Ils ne se sont d’ailleurs pas mobilisés.

Containers à l’export dans le port chinois de Qingdao – source : lefigaro.fr


Synonyme d’accroissement de la compétitivité à tous les niveaux, la mondialisation, stricto sensu, est devenue un facteur clivant et complexe suivant les secteurs d’activité et la structure de l’entreprise tandis que la globalisation va trouver des adeptes stimulant la responsabilité de la communauté internationale. Si certaines entreprises, mieux adaptées en tirent un avantage, d’autres n’ont pas eu cette chance.

La réalité du problème ne se limite pas à de simples considérations. Les interlocuteurs ne sont plus les mêmes. Dans l’ensemble les pays « émergents » ne sont pas prêts à ces transformations. Comment développer ses relations économiques tout en gardant sa dignité et en prenant ses responsabilités ? Les exemples les plus parlants concernent l’Afrique avec ses 54 pays assimilés à un énorme « patchwork » qui compose l’Union africaine (UA).

Le phénomène démographique, déjà signalé en Chine et en Inde, se confirme sur le continent africain. Les prévisions sont formelles avec plus de 2,4 milliards d’habitants dont plus de la moitié auront 25 ans. Là encore c’est l’activité et l’emploi qui seront avant tout des éléments clés pour pallier à la réussite de ces enjeux, aujourd’hui inaccessibles.

Des changements qui entraineront des mutations progressives

Des changements à terme sont inévitables quelles que puissent être les nuances à apporter. Ces modifications essentielles vont se faire, mais toutes ces mutations ne verront le jour que progressivement. Le temps pour comprendre, admettre et interpréter, est un facteur fondamental avant le passage à l’action. Mais ces mutations ne se feront qu’avec de nombreux changements sociaux, adaptatifs, partagés ou forcés. Il ne faut pas oublier de comprendre que toutes ces nouvelles ouvertures et contraintes, perçues souvent comme des bouleversements, ne seront admises que lorsque chacun les aura faites siennes.

Processus systémiques d’une spirale économique non maitrisable – source : France-Durable.fr


Toutes ces notions ont été associées à de multiples opérations financières spéculatives avant d’être économiques. Ce n’est pas fini ! Dans le concret, ces opérations ont fortement perturbé le commerce et surtout la production dans le monde des pays développés. L’extension permanente de la mondialisation l’a faite passer d’un concept économique et culturel à une réalité concrète, basée sur le profit, en conséquence en priorité celle du « libéralisme » des marchés.

Quelle attitude faut-il avoir pour établir des relations partenaires ?

Attention pour les pays « émergents », les enjeux ne sont pas les mêmes. C’est du « cas par cas » et du « sur mesure ». L’investissement profitable est essentiel pour séduire les pays « riches » ou jugés comme tels. La Chine s’est imposée dans des relations bilatérales. Elle progresse significativement. L’Union européenne n’est pas impliquée et c’est du coup par coup pour le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France est impliquée aujourd’hui pour moins de 0,5% de son PIB. Au delà des sous-entendus coloniaux et persistants, il n’existe pas de cohésion dans les actions engagées en Afrique. L’UA comme le G5 sont insuffisants pour pallier les carences du système d’aide au développement.

Le président Xi Jinping lors d’un forum Chine-Afrique – source : latribune.fr


Pour réussir à faire évoluer les comportements, il importe que les pays « riches » cessent d’avoir des relations condescendantes vis à vis des pays « émergents ». Il est essentiel de parvenir à créer des relations d’« égal à égal », comme Etats partenaires « à la hauteur ». En préalable à ces souhaits, il faudra, d’abord et avant tout, parvenir à améliorer en continu leurs conditions de vie et d’environnement, encourager les formations à tous les niveaux, et, favoriser les progrès techniques et les investissements « in situ ». Ces éléments de base sont les seuls moyens qui pourraient permettre à terme de freiner significativement la vague migratoire « économique ». D’aucuns évoquent même sous réserve d’accords particuliers et de suivis personnalisés, des formations spécifiques (« expat ») avec contrats de retour (« repat »).

Qu’il s’agisse des pays « développés » ou « émergents » si leurs objectifs ne sont pas les mêmes, il appartient néanmoins que les « uns » et les « autres » en connaissent les enjeux et les fassent partager. Mais attention, parmi les plus gros obstacles, il faut relever : pour la mondialisation, la standardisation à outrance et la domination des pays les plus puissants ; pour la globalisation, la différence des langues et des cultures, sans oublier les problèmes de localisation, inévitables. Des enjeux de taille qui mériteraient d’être relevés prioritairement, mais on n’en est pas encore là…

Jacques Martineau

Club Espace 21 vous invite à lire aussi du libre échange aux prémices de la mondialisation


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Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

La mondialisation et quelles conséquences, côté « Pile » ?

Des réalités économiques et culturelles difficiles à faire partager...


La mondialisation découle du libre échange comme nous l’avons déjà expliqué dans un précédent article. De base, cela correspond à un système qui favorise l’échange de biens et de marchandises, de capitaux et de main d’œuvre. En priorité, la mondialisation ne va bénéficier quasiment qu’aux pays riches. Bien entendu, ce sera d’abord aux multinationales et à ceux qui ont délocalisé les moyens de production, sans oublier les banques et les particuliers fortunés.

Parler de mondialisation n’est pas original, mais de quoi s’agit-il ?

La notion de mondialisation est censée correspondre à une notion d’uniformisation et d’accélération de l’évolution des relations internationales, en particulier économique et financier. Malheureusement, elles sont souvent non maîtrisables. A priori la mondialisation soutient la démocratie, les droits de l’homme et favorise l’économie de marché. A cela, s’ajoutent l’aspect culturel et l’aspect protection de l’environnement. Elle est caractérisée avant tout par le commerce international en particulier celui des marchandises. Dans le cadre d’accords multiples, on retrouve l’Union européenne, l’ALENA, l’ASEAN et L’APEC pour ne citer qu’elles. Les échanges financiers et spéculatifs, ventes, achats ou forts investissements n’apparaissent pas au premier degré. OMC, FMI, Banque mondiale, etc. ont très souvent un rôle difficile à jouer. L’Union européenne se limite pour sa part à un important marché économique de libre-échange, avec très une légère connotation culturelle pour certaines actions…

Image du commerce international avant la crise de 2008 – source : OMC, statistiques


La mondialisation : à qui profite-t-elle en priorité ?

Rappelons que les Etats nations souverains génèrent leurs propres contraintes au travers de taxes, d’impôts et de frais de douane. Par ailleurs, ils doivent en redistribuer socialement la majeure partie auprès de leurs concitoyens et ils importent. En plus, tout doit être fait pour assurer la sécurité et maîtriser l’immigration dans le pays. Face à ces multiples obstacles plus ou moins apparents, de très nombreux « grands groupes » profitent, dans le cadre de la mondialisation, des « Paradis fiscaux » qui viennent aussi perturber le « jeu ». L’Europe dans ce domaine n’est pas sans reproche. Si 17 « paradis fiscaux » ont été dénoncés sur une liste « noire », personne ne s’offusque des 4 pays en question dans l’Union européenne comme l’Irlande, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas. Quant aux 47 qui se retrouvent une liste « grise », l’Oxfam ne les aurait pas acceptés !

Une image très répandue y compris dans l’UE ! - source : bourseensemble.com


La Mondialisation, telle qu’elle est ressentie, profite d’abord à ceux qui délocalisent. En priorité, aux multinationales, avec une délocalisation subtile de leurs moyens de production. Tout comme aux banques également qui favorisent les crédits à la consommation. Avec des produits fabriqués à très bas coût et vendus à bas coût, la Chine est l’un des principaux bénéficiaires de la mondialisation. Que ce soient les banques ou les multinationales, elles en profitent aussi. Une partie importante de leurs bénéfices peut se retrouver en toute légalité dans des « paradis fiscaux »…

Une mondialisation côté « pile » génératrice de fractures économiques et sociales

L’inadaptation à la brusque montée de la mondialisation du système économique est sans aucun doute aux origines de cette décomposition qui touche les milieux industriels des pays développés et plus encore comme celui de la France. On finit par parler de la France « mondialisée » et de la France « périphérique », de celle des « riches » et de celle des « pauvres », de celle des « élites » et de celle des « autres », d’une « France à 2 vitesses », etc.

Une fracture entre France « mondialisée » et France « périphérique » – montage : clubespace21.fr


Nous sommes en 2017. Si la France doit prendre ses responsabilités, la plupart de nos partenaires européens sont dans cette même situation de fracture qu’il s’agisse de l’Allemagne ou de la Grande-Bretagne, à l’opposé d’autres comme l’Espagne, l’Italie et la Grèce ont déjà décroché. Si chacun peut prétendre être en mesure d’apprécier l’évolution de nos sociétés, due aux progrès scientifiques et techniques dans un environnement culturel et sociétal en pleine mutation, faudra-t-il encore accepter d’en tirer les conséquences. Cette notion de mutation doit être entretenue progressivement, mais elle n’a de sens que dans un contexte de sécurité et de paix.

A l’échelle de la planète, parler de mondialisation au sens anglophone de globalisation devrait sous-entendre, via l’ONU et ses dérivés, partout dans le monde, une réduction des inégalités entre pays « riches » et pays désormais qualifiés d’« émergents ». Cette élargissement et cette extension ne sont pas évidents. C’est d’abord un souhait et les obstacles sont nombreux. Cela devra nécessiter une réduction importante des conflits armés et du terrorisme sur la scène mondiale. Sur ce point, l’OTAN, l’UA et les « Grandes puissances » doivent jouer pleinement leurs rôles. Il va de soi que la soif d’évolution vers le progrès au « sens large » est manifeste. Et ce, quels que soient les régimes politiques partout dans le monde. C’est alors de globalisation (au sens anglo-saxon) dont il s’agit. La route pour y parvenir est encore longue. Nous verrons cela dans un prochain article...

Jacques Martineau

Club Espace 21 vous invite à lire aussi du libre échange aux prémices de la mondialisation


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Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

« Paradise papers » : à chacun son interprétation ! (2ème partie)

Une enquête mondiale révélatrice de nombreuses faiblesses...


A chacun son interprétation face à ces révélations

Cette enquête à l’échelle mondiale a pour but de remettre à l’ordre du jour l’incapacité pour les Etats membres de l’OCDE de contrôler aujourd’hui les mouvements de fonds à l’étranger de sociétés multinationales, de grands groupes internationaux, tout comme ceux de grandes fortunes. Il y a différentes façons d’appréhender le problème :

- Ces opérations sont d’abord et avant tout légales. C’est une des façons d’appréhender la critique. Elle est la plus simple et elle est optimiste. Et à partir du moment où ces opérations ne portent pas préjudice au pays d’origine des bénéficiaires de ces règles, il n’y a aucune raison de les remettre en cause. Dans ce cas, le problème soulevé n’en est plus un…

- Un autre regard, c’est un manque à percevoir qu’il faudra compenser et difficile à comprendre par le contribuable. Ces mécanismes, véritables « usines à gaz » et leur complexité cachée ont pour but de s’affranchir de l’impôt dans le pays d’origine (> 350 Md€ pour l’ensemble de l’OCDE, > 85 Md€ pour l’UE, > 20 Md€ pour la France). Certains commentateurs n’hésitent pas à parler d’un « vol fiscal », légalement autorisé. A titre d’exemple, le simple fait de ne plus payer de TVA en toutes circonstances ne dérange personne. Des avantages fiscaux offshore incontestables, mais au bout du compte qui paiera ? Bien entendu, le citoyen. Ce sont les contribuables et les PME qui serviront de variables d’ajustement. Ils et elles devront se serrer la ceinture ! C’est profondément injuste !

« Usine à gaz » pour s’affranchir légalement de payer l’impôt ! – source : La Nouvelle République


- Mais, ces montages financiers ne sont pas des « effets du hasard » occasionnels. Il y a aussi une autre façon d’interpréter toutes ces révélations. Face aux montants affichés, compte tenu de l’implication de la quasi totalité des multinationales, il est nécessaire d’en parler. Il faudra combattre en priorité l’opacité, développer la transparence et trouver les moyens d’agir !

- A l’origine de ces montages, destinés à favoriser le profit des actionnaires, on doit prendre en compte le taux trop élevé des impôts et taxes sur les sociétés. En France, c’est un vrai souci. Mais les coûts salariaux et sociaux sont autant de paramètres libres d’un pays à l’autre. Même dans l’Union européenne, le handicap est concret pour la majorité des salariés, il dépasse largement celui des seuls travailleurs détachés. Cela soulève un point essentiel, celui d’une harmonisation fiscale au niveau international, autrement dit impossible.

- En termes de concurrence, la situation actuelle en France est inquiétante. Cependant, la période de croissance annoncée pour 2018 est plus favorable pour agir et faire évoluer les règles fiscales. A condition de savoir ce que l’on veut faire ! Mais attention, tous, salariés, entrepreneurs et actionnaires doivent pouvoir profiter des réformes. C’est fondamental. Chez nous, les retraités ne peuvent pas continuer être la solution facile pour pallier en continu à tous ces manques ! C’est pourquoi encore une fois, dans chaque pays, pour les gouvernements, c’est le retour au chacun pour soi qui va prédominer…

Quel sens donner à une liste noire ? Que fait l’Union européenne dans tout ça ?

La notion de liste noire se précise. Au niveau de l’UE. Il faudra éviter de se précipiter. On peut toujours établir une liste de pays qui abrite ces multiples agences, trusts, sociétés écrans, cabinets conseils tels qu’Appleby et ces kyrielles d’avocats prêts à proposer toutes sortes de solutions. On les retrouve facilement dans la presse. L’Union européenne s’est prononcée. Elle dénombre au minimum 12 paradis fiscaux. Parmi les plus mis en cause, on relève, l’Ile de Man et les Iles Caïman. Elles sont sommées de modifier leur politique fiscale d’ici un mois, sous peine de sanctions ! Lesquelles ? D’illusion en illusion…

Le Conseil européen devra se mettre d’accord à l’unanimité ! – source : ec.europa.eu


Quant à l’Union européenne, il est important de réaffirmer qu’elle est très en retard. Elle ferait bien avant de vouloir donner des « leçons » d’apprendre à balayer devant sa porte. Sans entrer à nouveau dans les détails, on sait que l’Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas sont déjà, à une autre échelle, aussi des paradis fiscaux, sans oublier Malte… Quant à l’Ile de Man, déjà mentionnée, comme Jersey, Guernesey, etc., toutes bénéficient de régimes spéciaux ! Tous ces pays particuliers n’ont aucun souci à se faire puisque l’Union européenne a décidé de n’en mettre aucun sur cette liste noire !

Chaque pays ayant la maîtrise légale de sa législation fiscale, il n’y a aucune harmonisation possible actuellement. L’unanimité est requise pour adopter une règle fiscale commune. Autant dire que ce n’est pas demain la veille que nous parviendrons à un accord. Alors pour ce qui concerne les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), ils ont l’avenir devant eux, malgré les propos directs de Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence. Quant aux réactions en France, elles sont restées très discrètes. Ni le chef de l’Etat, ni son premier ministre n’ont éprouvé le besoin de s’exprimer officiellement, laissant sur le bas-côté la question de l’optimisation fiscale !

Jacques Martineau

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Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

« Paradise papers » : un avantage légal contestable ? (1ère partie)

Entre la contestation et le consentement subi…


Depuis le 5 novembre, la « finance mondiale » est perturbée. Pour le moins, elle observe de manière attentive les différents soubresauts liés aux révélations communiquées dans le cadre des « Paradise papers ». Nous avons reçu progressivement le « dévoilé » du contenu d’une enquête mondiale d’exception menée par Le Monde et 95 médias dont Radio France pendant plus d’un an.

L’ensemble a été coordonné par l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation), soit plus de 400 journalistes de 67 pays. A noter pour notre information que plus de 13 millions de documents avaient été communiqués au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung par une source anonyme.

Evasion fiscale : fraude ou optimisation ne pas confondre

La fraude fiscale a toujours existé. Elle prend une dimension très particulière quand elle est reconnue à l’international et que sont mises en question des sociétés, des multinationales et des grandes fortunes (particuliers, artistes, etc.)

A la Une de la presse depuis 2008 avec UBS, les scandales financiers se sont multipliés : les Offshores Leaks (2013) ; les China Leaks et les Luxembourg Leaks (2014) ; Swiss Leaks, les listings HSBC (2015) ; les « Panama Papers » et les Bahamas Leaks (2016) ; Money Island et les Malta Files (2017). Le journal Le Monde a très bien résumé l’ensemble de ces évènements. Club Espace 21 avait eu l’occasion d’intervenir déjà sur le sujet. Mais ce n’est pas l’objet des révélations d’aujourd’hui.

Une gigantesque révélation publique à l’échelle mondiale – source : revealnews.org


La donne des « Paradise papers » est ici totalement différente.

On ne parle pas de fraude ou de blanchiment de fonds. Mais là, il s’agit d’opérations tout à fait légales qui ont d’abord pour objet l’évasion fiscale pour échapper par définition à l’impôt. Le tout est qualifié d’optimisation fiscale, particulièrement complexe à mettre en œuvre. Son impact est mondial. Les plus concernés sont les Caraïbes en tête, l’Afrique, l’Amérique, l’Asie, la Chine et l’Europe. Là encore, ce sont les multinationales et des grandes fortunes qui sont les plus impliquées.

Devant l’opacité des opérations et l’absence de transparence, la découverte est totale pour le grand public. Cette surprise ne laisse pas indifférent. Comment vont réagir dans leur ensemble les différents gouvernements des pays qui étaient au courant, mais fermaient les yeux ? Déjà ceux du G20 et de l’OCDE ? Plus encore les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne ?

Premières évolutions de l’identification des paradis fiscaux – source : La Découverte


Parmi les organismes financiers, le FMI, la BM et la BCE auront fort à faire, ainsi que des dizaines d’autres organisations mondiales qui ne pourront s’empêcher aussi de donner leur avis (ONU, OUA, OCDE, ONG, etc.). Les traités comme le CETA ou l’APEC seront perturbés. Et là, c’est sans évoquer toutes les réactions au fur et à mesure des particuliers concernés à propos des découvertes qui ne manqueront pas d’intérêts.

En revanche, on peut constater si peu de réactions à l’échelle de la France, politiques, économistes et experts financiers en tous genres. Où se trouvent leurs intérêts et pourquoi ? Il y aurait cependant tant d’interprétations et d’explications possibles qu’il est préférable de s’en tenir là pour l’instant. Nous aurons l’occasion dans la deuxième partie de mettre en exergue l’ampleur du phénomène au plan mondial et d’en préciser les différentes interprétations…

Jacques Martineau

2ème partie à suivre


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Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

Du libre échange aux prémices de la mondialisation…

Plus d’un siècle pour l’appréhender à l’échelle mondiale


Avant d’aborder un problème aussi complexe et aussi confus que celui de la mondialisation, il apparaît nécessaire de rappeler quelques faits importants qui ont caractérisé les échanges internationaux. Cela concerne à la fois des échanges financiers, économiques et humains. Il faudra plus d’un siècle pour que ceux-ci s’organisent à l’échelle mondiale.

Quelques rappels pour mieux comprendre…

L’équilibre mondial par essence-même s’est toujours trouvé en mutation permanente. A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, les principaux flux d’échanges se font entre l’Europe et les Etats-Unis. L’ensemble a été ralenti, voire interrompu avec les deux guerres mondiales et bien entendu la crise financière de 1929 !

Les 44 pays alliés à Bretton Woods (EU) en juillet 1944 – source : AP Photo


Les accords de Bretton Woods (1944), avec la création du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour la reconstruction et le développement (BIRD), permettent la mise en place d’un nouveau système monétaire international. Ils relancent le commerce. Une multitude d’organisations, de clubs ou de signatures de traités de 1947 à 1960 verront le jour, parallèlement à la fin progressive des conflits coloniaux.

C’est ainsi qu’en 1957 le traité de Rome va fonder la Communauté économique européenne (CEE). A noter, en 1960, l’apparition de l’Association internationale de développement (AID) pour les pays « pauvres » et parallèlement de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) pour promouvoir l’économie de marché pour les pays « riches ».

En plein « trente glorieuses », tout s’accélère…

Après 1971, les « dés » sont jetés pour aller vers une évolution particulière des relations et des échanges internationaux quand les Etats-Unis laissent « flotter » le dollar…

Dès 1975, c’est la création du G6 lors de la conférence de Rambouillet. Il rassemble les pays les plus industrialisés (Allemagne, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), afin de « discuter des affaires du monde ». Le Canada les rejoindra l’année suivante (G7).

Du G6 au G20 au début des années 2000 – source : archives.gouvernement.fr


Après la crise financière de 1987, on assiste successivement à la naissance de l’Apec, Coopération économique Asie-Pacifique (1989) ; à la mise en route du traité sur l’Union européenne (1993), puis de l’Alena, Association de libre-échange nord américain (1994) ; la Russie rejoindra les autres partenaires en 1998 (G8), l’apparition de l’euro (1999), etc.

Au début des années 2000, les rencontres à tous les niveaux, comme les montages politiques, économiques et financiers, vont se succéder à un rythme élevé, soulignant leurs limites, leurs réussites et leurs échecs. Mais elles n’empêcheront pas les crises financières et économiques ni l’accroissement des écarts entre les pays « riches » et les pays « pauvres ». La mondialisation est entrée dans les mœurs mais elle n’a pas la même signification pour les « uns » et les « autres ».

La mondialisation confirme le clivage pays « riches »/pays « pauvres »

Pendant plus de 40 ans, au travers des crises et des conflits, beaucoup d’accords vont intervenir impliquant la plupart des pays « développés » au plan géographique local, continental et intercontinental. Le monde change. La mondialisation se concrétise au travers de nombreux accords politiques, financiers, économiques et culturels. Nouvelles structures et organisations se multiplient.

Le clivage pays « riches »/pays « pauvres » s’accentue - source : wordpress.com


Le clivage pays « riches »/pays « pauvres », s’accentue quoi qu’on en pense. Les pays en progrès sont désormais qualifiés d’« émergents ». Toutes ces nuances verront le jour au début des années 2000, toujours dans un contexte de recherche d’un avenir de libre-échange à travers la planète le plus équilibré possible. L’Union européenne y croit avec l’apparition de l’euro. Mais l’enjeu est mondial. On est loin des « trente glorieuses ». Evidemment, le contexte a profondément changé. Les conflits se sont multipliés. Immigration et terrorisme en sont devenus les dénominateurs communs.

Quels que soient les sujets, les qualificatifs pour les caractériser n’ont plus le même sens. Derrière les mots mondialisation et/ou globalization (en anglais), chacun y voit des nuances différentes qui entretiennent la confusion. Ceci se ressent d’autant plus, au niveau des instances internationales et politiques en charge de traiter le problème. Nous aurons l’occasion d’en expliquer les nuances dans un prochain article à suivre.

Jacques Martineau

Comprendre la mondialisation et quelles conséquences, côté « pile » ?


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L’Union européenne et la zone euro

Les prévisions de croissance mondiale en 2016

Le paradoxe d’une inconnue non maîtrisable…


En ce milieu d’année, le FMI et d’autres institutions et organismes éprouvent de sérieuses difficultés à maintenir leurs prévisions initiales en termes de croissance mondiale (3% au lieu de 3,3%). Il est vrai que si quelques pays ont la chance ou le privilège de maintenir une économie à la hauteur de leurs attentes, en général la situation est plutôt pessimiste pour la plupart des pays qualifiés de développés. C’est ce qui ressort de nombreuses analyses.

Qui sont concernés par ces prévisions ?

Essentiellement sont concernés dans ces études prévisionnelles, les membres de l’OCDE. A ce jour, l’Organisation compte 34 pays à travers le monde, de l’Amérique du Nord et du Sud à l’Europe et l’Asie-Pacifique. En font partie les pays les plus avancés, mais aussi des pays émergents comme le Mexique, le Chili et la Turquie.

Ecarts des prévisions de croissance - source : BSI economics.org


Sont également à prendre en considération les économies de grands pays de la BRICS, comme celles du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de l’Afrique du Sud. Il ne faut pas oublier non plus la Chine. A cet ensemble de pays qui représente l’essentiel du PIB mondial, s’ajoutent une multitude de pays « pauvres » en Afrique, en Asie et au Proche Orient.

L’état relatif des économies mondiales

Sur les derniers six mois, les Etats-Unis ont eu une croissance trimestrielle de l’ordre du 1%. Le Japon en difficulté depuis la fin 2015, est jugé au bord de la récession. Si la baisse de l’euro a contribué à aider la zone euro à un léger redressement, le taux de croissance correspondant reste bien inférieur au pour cent. A titre d’exemple, la Commission européenne a repoussé au mois de juillet d’éventuelles sanctions à l’égard de l’Espagne et du Portugal malgré leurs dérapages budgétaires. La croissance serait considérée comme une priorité ! Bruxelles préfèrerait-elle une lecture souple du pacte de stabilité ?

Le Royaume-Uni, parmi les autres membres de l’UE, est en pleine incertitude avec l’arrivée du référendum de juin à propos de son maintien dans l’Union. La Norvège de son côté subit la baisse du prix des matières. L’Australie et le Canada sont dans le même cas. Les pays émergents sont dans des situations peu encourageantes. Le Brésil et la Russie sont en récession. Si l’Inde s’en sort, la Chine a un fort ralentissement. Quant à l’Afrique du Sud la croissance est étale.

Le G20 finances sur la croissance et l’évasion fiscale à Washington – source : l’Express


L’état économique de très nombreux pays « pauvres » n’est pas brillant. L’instabilité politique est en général inquiétante. Elle est à l’origine ou la conséquence de forts mouvements conflictuels. Les implantations locales terroristes, agressions et attentats, se multiplient. Les conflits au Moyen et au Proche Orient contribuent à ce profond affaiblissement. L’immigration vers l’Europe devient une donnée essentielle à prendre en considération. Son impact économique et social est fondamental. L’année 2015 a été marquée par une arrivée massive en Europe (> 1,5 millions de réfugiés), principalement en Allemagne, par la route de l’Est via la Turquie. L’accord signé avec l’UE a un coût (6 Md€) et ne fait que déplacer le problème, mettant à nouveau à la une, la route du Sud (migrants et réfugiés) via la Lybie, ajoutant le risque accru de la traversée de la Méditerranée…

Quelles perspectives à venir ?

Les perspectives et prévisions sont pessimistes au regard des indicateurs mondiaux en terme de croissance actuelle et à court terme. Pour la plupart des pays de l’OCDE, leur taux de croissance potentielle annuelle en perspective est estimé à la baisse. Les institutions et organismes internationaux s’affairent à rechercher les raisons de ces forts ralentissements de croissance. La baisse constante des matières premières ne fait qu’accentuer le recul de la croissance, affectant en particulier, sur l’ensemble de la planète, tous les pays producteurs de pétrole.

Ministres des finances et Gouverneurs des Banques Centrales – source : La Tribune de Genève


Dans un premier temps, sont toujours évoquées les situations budgétaires, dettes et déficits massifs, à redresser. C’est pourquoi, les niveaux des dépenses publiques et des apports privés à des fins d’investissements lourds restent très faibles. Ces derniers n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant la crise financière et d’autant moins que l’ensemble se place sur fond d’immigration.

Depuis la crise, les conséquences, quelles qu’en soient les origines et les causes, se sont traduites dans les faits par un chômage croissant et de longue durée qui affecte des classes de travailleurs et un potentiel humain important. A ces raisons « classiques » s’ajoutent des réactions sociales et syndicales avec de nombreuses contestations, manifestations et grèves sporadiques qui perturbent l’économie et fragilisent la confiance. La France n’en a pas l’exclusivité, mais elle est très représentative du phénomène.

Le dogme de « l’austérité » au service de l’inactivité

Depuis 2008, la crise de la dette est à la « Une » de tous les agendas politiques et économiques. Le G7, le G20 et ses dérivés au travers des multiples instances qu’ils rassemblent montrent leurs contradictions et leur incapacité d’agir face au problème de la dette. Les politiques budgétaires ont tendance au blocage de l’économie, alors que seule la consolidation de l’offre et de la demande serait suffisante pour favoriser la reprise.

Sans volonté et sans imagination, le FMI et la Commission européenne, dérangés par la BCE et ses mesures monétaires, s’égosillent pour essayer de convaincre les membres de l’UE et plus particulièrement de la zone euro que la croissance passe toujours par un préalable absolu inchangé : l’austérité et la rigueur. Ce qui correspond au paradoxe d’une inconnue non maitrisable…

Jacques Martineau


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L’Union européenne et la zone euro

Un regard prévisible sur une Chine perturbée et perturbante…

Le besoin d’un retour à l’économie réelle


La Chine, considérée comme un moteur de l’économie mondiale, se retrouve au pied du mur des marchés internationaux. Depuis près d’un mois, une véritable crise financière occupe l’actualité, sans parler de la catastrophe chimique à Tianjin... La débâcle boursière de la Chine perturbe les marchés mondiaux après une progression excessive et artificielle de plus de 150% sur un an à la bourse de Shanghai ! L’Etat chinois est en difficulté. Les dévaluations successives et la baisse des taux d’emprunts ne suffisent pas à calmer le jeu.

Une prévision de croissance réelle en forte baisse

La banque centrale chinoise n’avait pas cessé d’inonder les places financières et les banques de liquidités encourageant les placements en tous genres. La bourse de Shanghai a dégringolé. Les « petits » porteurs s’affolent. La bourse n’est pas un jeu. Beaucoup le découvrent. Si cette correction était prévisible, elle dérange. Le gouvernement chinois vit l’éclatement de sa « première » crise financière.

Source : Slate.fr


La prévision de croissance annuelle pour 2015 aujourd’hui de 6,8%, n’est plus crédible. Certains experts parlent d’une croissance réelle à venir autour de 3,5%. Une classe moyenne de 250 millions de personnes avec des salaires plus élevés ce qui rend les productions moins compétitives. La Chine délocalise pour trouver des coûts de main d’œuvre plus faibles. Son économie se ralentissant, ses demandes en matières premières diminuent fortement entraînant une chute des cours en moyenne de l’ordre de 33%. Le prix du baril de pétrole est au plus bas à 44 $ US.

Source : LCI


Les conséquences vers les pays émergents sont évidentes. Le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud sont déjà en difficulté en début de récession, pour certains. Ils vont le ressentir encore plus. Seule l’Inde prétend pouvoir éventuellement en tirer profit, grâce aux faibles coûts des matières premières dont ellle a un grand besoin. Si les BRICS sont en danger, l’économie mondiale va en souffrir. Dans l’immédiat, ce sont les acteurs du marché asiatique et pacifique qui sont aussi perturbés. La Corée du Sud, le Japon, la Malaisie et l’Indonésie ne sont pas à l’abri de cet ensemble de secousses pour ne citer qu’eux. L’UE et la zone euro ne doivent pas oublier que cette situation économique délicate, accompagnée des mesures protectionnistes directes et indirectes, sera un lourd handicap pour l’exportation.

Une situation perturbée qui ne sera pas sans conséquences

Dans les chiffres à garder présents à l’esprit : la consommation en Chine a baissé. Les exportations ont diminué de 8,3%, tandis que les importations ont baissé de 8,1% quant à l’investissement immobilier, il a lui même ralenti de 10%. Près d’un logement sur cinq est inoccupé. C’est la concrétisation de la fin de l’hyper-croissance et le retour à l’économie réelle.

Source : french-daily.com


Cette baisse des importations chinoises affectera les marchés mondiaux et européens. Prenons l’exemple de l’Allemagne dont la richesse est basée d’abord sur son exportation. La Chine est un client important avec un chiffre d’affaires de plus de 74 Md€ par an. Une baisse sensible affectera sa balance commerciale. La France pour sa part fait un chiffre d‘affaires à l’export de 16 Md€ surtout dans les hautes technologies, l’industrie automobile et les produits de luxe. Tous ces secteurs seront probablement touchées. Le pouvoir d’achat du consommateur sera impacté. Cette rupture prévisible de ce que l’on peut appeler une « bulle financière » à caractère économique peut devenir perturbante. Le gouvernement chinois veut anticiper la remontée des taux d’intérêt.

Comment imaginer la suite ?

La volatilité des marchés va se poursuivre comme l’ont confirmé les experts de Goldmann Sachs, le rappelle Paolo Garoscio. Mais au delà, les bourses seront sensées retrouver une stabilité à terme, alors comment réagiront les Etats-Unis ? L’UE et la zone euro, si l’Union dans ce secteur a encore un sens ? L’euro qui retourne à la hausse par rapport au dollar US ? Sans parler des milieux financiers, en matière d’investissements et de placements ? Et pour leur part que diront les organismes de tutelle, les banques centrales, la FED, la BCE, le FMI, la BM, l’OMC, etc. ? Sans parler du TTIP (TAFTA) !

N’oublions pas que depuis 2011, les politiques des banques centrales ont inondé le marché de liquidités, la Chine a suivi. Quels seront les moyens à disposition des politiques et des banques centrales pour anticiper une crise financière mondiale, toujours trop éloignée de l’économie réelle ?

Jacques Martineau


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L’Union européenne et la zone euro

A la recherche d’une gouvernance mondiale ?

Un nouveau Bretton Woods n’est pas pour demain…


Que de nouveaux paramètres à gérer ! Devant un endettement colossal des principaux pays de l’OCDE, la baisse des prix du pétrole, la chute de l’euro face au dollar et les faibles taux d’intérêt se propagent dans des environnements disparates qui dépendent de contextes politiques et de situations financières, économiques et sociales différentes, propres à chacun d’entre eux.

Avec un taux de croissance mondial, révisé à la baisse, le FMI se cherche, hésitant dans ses prévisions, ses recommandations et ses attitudes à tenir. Le FMI a compris que c’est le retour à l’activité à l’échelle mondiale et en particulier en Europe qui permettra de sortir de cette crise. Il hésite encore. L’Europe et surtout la zone euro sont quasi-atones, sous couvert d’une reprise annoncée timide pour 2015, plus consolidée pour 2016.

Les pays émergents de la BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ne sont pas non plus au mieux pour des raisons différentes. Mais le contexte n’est pas favorable, même si les pays du Golfe continuent à s’afficher. Si les Etats-Unis tirent leur épingle du jeu, leur progrès n’a de sens et ne sera pérenne que dans la mesure où leurs interlocuteurs sont eux aussi en « bonne santé ».

Au delà de l’aspect économique et financier qui concerne l’ensemble des pays développés et émergents de la planète, les multiples conflits armés et la « guerre déclarée » au terrorisme compliquent l’approche du problème. D’autres priorités se font jour.

Une multitude d’organisations mondiales interconnectées

Les « grandes puissances » dans le cadre de l’ONU, du G7, G8 ou G20 tentent de progresser sur le sujet, tout en privilégiant pour « les plus forts » leurs avantages. De nombreuses institutions, dépendantes ou non de l’ONU, comme des organisations intergouvernementales à vocation planétaire complètent la panoplie. Elles couvrent l’ensemble des champs d’activité dans le monde politique, financier, économique, social, culturel ou humain.

Source : Club Espace 21



Les institutions officielles, mondiales et européennes, leurs sous-ensembles et leurs dérivations tentaculaires ne cessent de croître tant par leur nombre que par leur taille. L’interférence est généralisée. Plus personne n’est en mesure de savoir qui fait quoi, qui est responsable de quoi et qui finance quoi ? Des kyrielles de dirigeants, de hauts fonctionnaires, de responsables, d’experts en tout et de personnel de soutien, opèrent dans des multitudes de structures figées qui se veulent aussi importantes les unes que les autres.

Au cours du temps et des circonstances, tous ces acteurs ont été choisis par leur pays ou l’institution pour être là. Ils ont été nommés, placés ou déplacés. Certains sont reconnus par leurs pairs pour leur compétence et leur expérience, d’autres appartiennent à une catégorie identifiée, celles des pistonnés. Qu’ils soient actifs ou mis au placard, utiles ou non, ils participent au système. Par manque de réactivité contrôlée, de cohérence et de dynamique prévisionnelle, caractéristiques de tout ensemble vivant, tous ces acteurs, affublés de leurs compétences par attribution, ne font que rajouter à la lourdeur, à l’opacité et à la complexité de cet ensemble de systèmes interconnectés.

Un nouveau Bretton Woods n’est pas pour demain…

Rappelons que les accords de Bretton Woods sont des accords économiques qui ont permis de décrire les grandes lignes du système financier international en 1944, destiné à la mise en place d’une organisation monétaire mondiale pour favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre. Ils ont rassemblé 730 délégués représentant 44 nations alliées. C’est la proposition américaine qui l’emporte, organisant le système monétaire mondial autour du dollar américain, avec un rattachement nominal à l’or.

FMI - source : Reuters



En 2015, plus de 70 ans après ces accords, comment remettre le système à plat, lui-même ayant été modifié à plusieurs reprises. On comprend mieux pourquoi la route est encore très longue pour parvenir à l’esquisse de ce que chacun qualifie et appelle de ses propres vœux : une gouvernance mondiale. Depuis des années, Jacques Attali se fait l’avocat de cette thèse. Comme un véritable credo, il insiste avec conviction sur l’absolue nécessité de sa mise en place à l’échelle planétaire. L’époque du chacun pour soi, avec un appétit glouton, dans lequel l’autre est ignoré, doit s’achever. Rêve ou utopie ? Il est conscient que la composante temps est déterminante et qu’elle ne joue pas à ce jour en notre faveur.

Autre intervenant, reconnu et apprécié au plan mondial, véritable poids lourd, le Prix Nobel d’économie, l’Américain Joseph E. Stiglitz, n’est pas tendre non plus dans son appréciation. Depuis plus de dix ans, il s’acharne à convaincre que l’Occident fait fausse route. Joseph E. Stiglitz parle d’une société nouvelle, de vivre avec ses moyens, de partage, d’humain et de collectif. Il dérange. Il est précis. Il est clair. Mais il demeure sans grande illusion sur l’inertie du système. Ces mises en garde ne sont pas les seules.

Des dizaines de livres et d’interventions, quelles que soient la qualité et la notoriété de leurs auteurs, interpellent sans pour autant parvenir à convaincre ces multiples oligarchies politiques et financières. Aucun n’est en mesure de fixer d’échéance pour le début du moindre changement. Pessimisme et réalisme ne sont pas du tout incompatibles. Ce n’est pas une raison pour renoncer à réaffirmer ce besoin indispensable de gouvernance mondiale.

Les dirigeants sont trop préoccupés par leur quotidien et leur devenir politique. Pavées de bonnes intentions, leurs promesses restent en général sans effet. C’est mou et indécis. Pourquoi un second Bretton Wood ne serait-il pas possible pour mettre en place une organisation monétaire mondiale, favorisant la résorption de dette et le retour de la croissance économique dans l’ensemble des pays touchés par la guerre des marchés financiers ? Faudrait-il encore le vouloir vraiment ? L’Union européenne n’est pas prête à cette remise en cause. Beaucoup trop divisée, pas suffisamment solidaire, elle se cherche elle-même et n’est pas encore parvenue à un tel niveau de réflexion.

JM


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La Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

Les agences de notation en haut de l’affiche

Mais qui fait monter la température ?


Les faux-semblants ne suffisent plus à masquer aux opinions publiques nationales et internationales les profondes divergences d’appréciation et le manque de cohésion de l’Union européenne. La crise monétaire de l’euro renforce les doutes. Les politiques se figent.

Les agences de notation entrent enjeu. Celles-ci sont par définition, au service de leurs clients privés ou publics, principalement des grands groupes internationaux, économiques et financiers. Depuis quelque temps, ces agences ont trouvé un nouveau marché. Elles s’interrogent sur la crédibilité des États souverains et leur capacité d’emprunt. Leur influence sur les marchés grandit et leur crédibilité auprès des États et des grands organismes de contrôle s’accroît. La planète est sous surveillance !

Source : Euro

 
Non seulement la Commission européenne n’a rien dit, mais mieux, elle n’a cessé de s’y référer et de les solliciter. Surveiller la santé des finances des États européens est devenu une fin en soi. Ces maîtres de l’audit financier mondial sont censés, après analyse des comptes, apporter par des notations subtiles un justificatif précis du niveau des garanties nécessaires aux prêteurs privés, autres que la Banque Mondiale, le FMI, la BCE, etc... Les banques, les États souverains en dehors du besoin ou autres spéculateurs en tout genre les utilisent pour prêter et fixer ainsi leur taux de créance. Ce sont les États clients qui en font les frais !

Source : Wikipédia

 
Les agences de notation ne sont que quelques-unes en haut de l’affiche. Il faut savoir que 94% du marché mondial de notation est partagé entre trois agences. Deux d’entre elles sont américaines, Standard & Poor’s et Moody’s (avec une part de 80%). La troisième agence, Fitch Ratings, est majoritairement à capitaux français (avec 14% du marché). Pour information, la brillante agence Standard & Poor’s, qui a dégradé la France, a déjà trouvé le moyen de se tromper par deux fois. D’un montant supérieur à 2000 Md$, lors d’une évaluation au détriment des Etats-Unis. Au piquet ! C’est l’agence Standard & Poor’s qui devrait être dégradée ! Depuis ce manquement et cette dégradation, la France a été mise en garde par les agences Moody’s et Fitch Ratings sur un risque de dégradation de sa note si sa situation économique ne s’améliorait pas.

En dehors de ces prestigieuses agences, depuis 1994, il existe une nouvelle agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating (sur le reste du marché) qui dérange le monde occidental, en basant son diagnostic sur d’autres critères. Moins indulgente sur l’aspect libéral des mesures suggérées par ses concurrentes, l’agence chinoise est plus préoccupée par la capacité d’un pays à créer de la valeur que par les tendances marchés. En 2011, tous les pays de la zone euro ont été dégradés, hormis le Luxembourg. Dagong est évidemment plus à même de juger le marché asiatique et celui des pays émergents que celui des pays développés.

L’idée de la création d’une agence publique européenne de notation, constructive au service des pays, agissant en concertation, ne séduit pas et n’est pas prête à voir le jour. La Commission européenne préfère s’en tenir à la solution banale en se référant à ces agences prestigieuses qui sèment le trouble. Ce pilotage à vue est inquiétant quand on en mesure les conséquences au quotidien. Qualifiées de thermomètre, ce sont donc ces trois plus grosses agences privées, toutes-puissantes, sans souci financier, qui font la loi dans le monde entier, au nom d’intérêts masqués, loin du terrain, en dehors de tout contexte démocratique et social. Entre les marchés et les agences, qui fait monter la température ?

J.M.


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