Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, c’est au quotidien..., la “Lettre” est bimensuelle...
Accueil du site > Thèmes > Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

« Paradise papers » : à chacun son interprétation ! (2ème partie)

Une enquête mondiale révélatrice de nombreuses faiblesses...


A chacun son interprétation face à ces révélations

Cette enquête à l’échelle mondiale a pour but de remettre à l’ordre du jour l’incapacité pour les Etats membres de l’OCDE de contrôler aujourd’hui les mouvements de fonds à l’étranger de sociétés multinationales, de grands groupes internationaux, tout comme ceux de grandes fortunes. Il y a différentes façons d’appréhender le problème :

- Ces opérations sont d’abord et avant tout légales. C’est une des façons d’appréhender la critique. Elle est la plus simple et elle est optimiste. Et à partir du moment où ces opérations ne portent pas préjudice au pays d’origine des bénéficiaires de ces règles, il n’y a aucune raison de les remettre en cause. Dans ce cas, le problème soulevé n’en est plus un…

- Un autre regard, c’est un manque à percevoir qu’il faudra compenser et difficile à comprendre par le contribuable. Ces mécanismes, véritables « usines à gaz » et leur complexité cachée ont pour but de s’affranchir de l’impôt dans le pays d’origine (> 350 Md€ pour l’ensemble de l’OCDE, > 85 Md€ pour l’UE, > 20 Md€ pour la France). Certains commentateurs n’hésitent pas à parler d’un « vol fiscal », légalement autorisé. A titre d’exemple, le simple fait de ne plus payer de TVA en toutes circonstances ne dérange personne. Des avantages fiscaux offshore incontestables, mais au bout du compte qui paiera ? Bien entendu, le citoyen. Ce sont les contribuables et les PME qui serviront de variables d’ajustement. Ils et elles devront se serrer la ceinture ! C’est profondément injuste !

« Usine à gaz » pour s’affranchir légalement de payer l’impôt ! – source : La Nouvelle République


- Mais, ces montages financiers ne sont pas des « effets du hasard » occasionnels. Il y a aussi une autre façon d’interpréter toutes ces révélations. Face aux montants affichés, compte tenu de l’implication de la quasi totalité des multinationales, il est nécessaire d’en parler. Il faudra combattre en priorité l’opacité, développer la transparence et trouver les moyens d’agir !

- A l’origine de ces montages, destinés à favoriser le profit des actionnaires, on doit prendre en compte le taux trop élevé des impôts et taxes sur les sociétés. En France, c’est un vrai souci. Mais les coûts salariaux et sociaux sont autant de paramètres libres d’un pays à l’autre. Même dans l’Union européenne, le handicap est concret pour la majorité des salariés, il dépasse largement celui des seuls travailleurs détachés. Cela soulève un point essentiel, celui d’une harmonisation fiscale au niveau international, autrement dit impossible.

- En termes de concurrence, la situation actuelle en France est inquiétante. Cependant, la période de croissance annoncée pour 2018 est plus favorable pour agir et faire évoluer les règles fiscales. A condition de savoir ce que l’on veut faire ! Mais attention, tous, salariés, entrepreneurs et actionnaires doivent pouvoir profiter des réformes. C’est fondamental. Chez nous, les retraités ne peuvent pas continuer être la solution facile pour pallier en continu à tous ces manques ! C’est pourquoi encore une fois, dans chaque pays, pour les gouvernements, c’est le retour au chacun pour soi qui va prédominer…

Quel sens donner à une liste noire ? Que fait l’Union européenne dans tout ça ?

La notion de liste noire se précise. Au niveau de l’UE. Il faudra éviter de se précipiter. On peut toujours établir une liste de pays qui abrite ces multiples agences, trusts, sociétés écrans, cabinets conseils tels qu’Appleby et ces kyrielles d’avocats prêts à proposer toutes sortes de solutions. On les retrouve facilement dans la presse. L’Union européenne s’est prononcée. Elle dénombre au minimum 12 paradis fiscaux. Parmi les plus mis en cause, on relève, l’Ile de Man et les Iles Caïman. Elles sont sommées de modifier leur politique fiscale d’ici un mois, sous peine de sanctions ! Lesquelles ? D’illusion en illusion…

Le Conseil européen devra se mettre d’accord à l’unanimité ! – source : ec.europa.eu


Quant à l’Union européenne, il est important de réaffirmer qu’elle est très en retard. Elle ferait bien avant de vouloir donner des « leçons » d’apprendre à balayer devant sa porte. Sans entrer à nouveau dans les détails, on sait que l’Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas sont déjà, à une autre échelle, aussi des paradis fiscaux, sans oublier Malte… Quant à l’Ile de Man, déjà mentionnée, comme Jersey, Guernesey, etc., toutes bénéficient de régimes spéciaux ! Tous ces pays particuliers n’ont aucun souci à se faire puisque l’Union européenne a décidé de n’en mettre aucun sur cette liste noire !

Chaque pays ayant la maîtrise légale de sa législation fiscale, il n’y a aucune harmonisation possible actuellement. L’unanimité est requise pour adopter une règle fiscale commune. Autant dire que ce n’est pas demain la veille que nous parviendrons à un accord. Alors pour ce qui concerne les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), ils ont l’avenir devant eux, malgré les propos directs de Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence. Quant aux réactions en France, elles sont restées très discrètes. Ni le chef de l’Etat, ni son premier ministre n’ont éprouvé le besoin de s’exprimer officiellement, laissant sur le bas-côté la question de l’optimisation fiscale !

Jacques Martineau

Retour à la 1ère partie


Retour

Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

« Paradise papers » : un avantage légal contestable ? (1ère partie)

Entre la contestation et le consentement subi…


Depuis le 5 novembre, la « finance mondiale » est perturbée. Pour le moins, elle observe de manière attentive les différents soubresauts liés aux révélations communiquées dans le cadre des « Paradise papers ». Nous avons reçu progressivement le « dévoilé » du contenu d’une enquête mondiale d’exception menée par Le Monde et 95 médias dont Radio France pendant plus d’un an.

L’ensemble a été coordonné par l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation), soit plus de 400 journalistes de 67 pays. A noter pour notre information que plus de 13 millions de documents avaient été communiqués au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung par une source anonyme.

Evasion fiscale : fraude ou optimisation ne pas confondre

La fraude fiscale a toujours existé. Elle prend une dimension très particulière quand elle est reconnue à l’international et que sont mises en question des sociétés, des multinationales et des grandes fortunes (particuliers, artistes, etc.)

A la Une de la presse depuis 2008 avec UBS, les scandales financiers se sont multipliés : les Offshores Leaks (2013) ; les China Leaks et les Luxembourg Leaks (2014) ; Swiss Leaks, les listings HSBC (2015) ; les « Panama Papers » et les Bahamas Leaks (2016) ; Money Island et les Malta Files (2017). Le journal Le Monde a très bien résumé l’ensemble de ces évènements. Club Espace 21 avait eu l’occasion d’intervenir déjà sur le sujet. Mais ce n’est pas l’objet des révélations d’aujourd’hui.

Une gigantesque révélation publique à l’échelle mondiale – source : revealnews.org


La donne des « Paradise papers » est ici totalement différente.

On ne parle pas de fraude ou de blanchiment de fonds. Mais là, il s’agit d’opérations tout à fait légales qui ont d’abord pour objet l’évasion fiscale pour échapper par définition à l’impôt. Le tout est qualifié d’optimisation fiscale, particulièrement complexe à mettre en œuvre. Son impact est mondial. Les plus concernés sont les Caraïbes en tête, l’Afrique, l’Amérique, l’Asie, la Chine et l’Europe. Là encore, ce sont les multinationales et des grandes fortunes qui sont les plus impliquées.

Devant l’opacité des opérations et l’absence de transparence, la découverte est totale pour le grand public. Cette surprise ne laisse pas indifférent. Comment vont réagir dans leur ensemble les différents gouvernements des pays qui étaient au courant, mais fermaient les yeux ? Déjà ceux du G20 et de l’OCDE ? Plus encore les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne ?

Premières évolutions de l’identification des paradis fiscaux – source : La Découverte


Parmi les organismes financiers, le FMI, la BM et la BCE auront fort à faire, ainsi que des dizaines d’autres organisations mondiales qui ne pourront s’empêcher aussi de donner leur avis (ONU, OUA, OCDE, ONG, etc.). Les traités comme le CETA ou l’APEC seront perturbés. Et là, c’est sans évoquer toutes les réactions au fur et à mesure des particuliers concernés à propos des découvertes qui ne manqueront pas d’intérêts.

En revanche, on peut constater si peu de réactions à l’échelle de la France, politiques, économistes et experts financiers en tous genres. Où se trouvent leurs intérêts et pourquoi ? Il y aurait cependant tant d’interprétations et d’explications possibles qu’il est préférable de s’en tenir là pour l’instant. Nous aurons l’occasion dans la deuxième partie de mettre en exergue l’ampleur du phénomène au plan mondial et d’en préciser les différentes interprétations…

Jacques Martineau

2ème partie à suivre


Retour

Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

Du libre échange aux prémices de la mondialisation…

Plus d’un siècle pour l’appréhender à l’échelle mondiale


Avant d’aborder un problème aussi complexe et aussi confus que celui de la mondialisation, il apparaît nécessaire de rappeler quelques faits importants qui ont caractérisé les échanges internationaux. Cela concerne à la fois des échanges financiers, économiques et humains. Il faudra plus d’un siècle pour que ceux-ci s’organisent à l’échelle mondiale.

Quelques rappels pour mieux comprendre…

L’équilibre mondial par essence-même s’est toujours trouvé en mutation permanente. A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, les principaux flux d’échanges se font entre l’Europe et les Etats-Unis. L’ensemble a été ralenti, voire interrompu avec les deux guerres mondiales et bien entendu la crise financière de 1929 !

Les 44 pays alliés à Bretton Woods (EU) en juillet 1944 – source : AP Photo


Les accords de Bretton Woods (1944), avec la création du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour la reconstruction et le développement (BIRD), permettent la mise en place d’un nouveau système monétaire international. Ils relancent le commerce. Une multitude d’organisations, de clubs ou de signatures de traités de 1947 à 1960 verront le jour, parallèlement à la fin progressive des conflits coloniaux.

C’est ainsi qu’en 1957 le traité de Rome va fonder la Communauté économique européenne (CEE). A noter, en 1960, l’apparition de l’Association internationale de développement (AID) pour les pays « pauvres » et parallèlement de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) pour promouvoir l’économie de marché pour les pays « riches ».

En plein « trente glorieuses », tout s’accélère…

Après 1971, les « dés » sont jetés pour aller vers une évolution particulière des relations et des échanges internationaux quand les Etats-Unis laissent « flotter » le dollar…

Dès 1975, c’est la création du G6 lors de la conférence de Rambouillet. Il rassemble les pays les plus industrialisés (Allemagne, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), afin de « discuter des affaires du monde ». Le Canada les rejoindra l’année suivante (G7).

Du G6 au G20 au début des années 2000 – source : archives.gouvernement.fr


Après la crise financière de 1987, on assiste successivement à la naissance de l’Apec, Coopération économique Asie-Pacifique (1989) ; à la mise en route du traité sur l’Union européenne (1993), puis de l’Alena, Association de libre-échange nord américain (1994) ; la Russie rejoindra les autres partenaires en 1998 (G8), l’apparition de l’euro (1999), etc.

Au début des années 2000, les rencontres à tous les niveaux, comme les montages politiques, économiques et financiers, vont se succéder à un rythme élevé, soulignant leurs limites, leurs réussites et leurs échecs. Mais elles n’empêcheront pas les crises financières et économiques ni l’accroissement des écarts entre les pays « riches » et les pays « pauvres ». La mondialisation est entrée dans les mœurs mais elle n’a pas la même signification pour les « uns » et les « autres ».

La mondialisation confirme le clivage pays « riches »/pays « pauvres »

Pendant plus de 40 ans, au travers des crises et des conflits, beaucoup d’accords vont intervenir impliquant la plupart des pays « développés » au plan géographique local, continental et intercontinental. Le monde change. La mondialisation se concrétise au travers de nombreux accords politiques, financiers, économiques et culturels. Nouvelles structures et organisations se multiplient.

Le clivage pays « riches »/pays « pauvres » s’accentue - source : wordpress.com


Le clivage pays « riches »/pays « pauvres », s’accentue quoi qu’on en pense. Les pays en progrès sont désormais qualifiés d’« émergents ». Toutes ces nuances verront le jour au début des années 2000, toujours dans un contexte de recherche d’un avenir de libre-échange à travers la planète le plus équilibré possible. L’Union européenne y croit avec l’apparition de l’euro. Mais l’enjeu est mondial. On est loin des « trente glorieuses ». Evidemment, le contexte a profondément changé. Les conflits se sont multipliés. Immigration et terrorisme en sont devenus les dénominateurs communs.

Quels que soient les sujets, les qualificatifs pour les caractériser n’ont plus le même sens. Derrière les mots mondialisation et/ou globalization (en anglais), chacun y voit des nuances différentes qui entretiennent la confusion. Ceci se ressent d’autant plus, au niveau des instances internationales et politiques en charge de traiter le problème. Nous aurons l’occasion d’en expliquer les nuances dans un prochain article à suivre.

Jacques Martineau


Retour

L’Union européenne et la zone euro

Les prévisions de croissance mondiale en 2016

Le paradoxe d’une inconnue non maîtrisable…


En ce milieu d’année, le FMI et d’autres institutions et organismes éprouvent de sérieuses difficultés à maintenir leurs prévisions initiales en termes de croissance mondiale (3% au lieu de 3,3%). Il est vrai que si quelques pays ont la chance ou le privilège de maintenir une économie à la hauteur de leurs attentes, en général la situation est plutôt pessimiste pour la plupart des pays qualifiés de développés. C’est ce qui ressort de nombreuses analyses.

Qui sont concernés par ces prévisions ?

Essentiellement sont concernés dans ces études prévisionnelles, les membres de l’OCDE. A ce jour, l’Organisation compte 34 pays à travers le monde, de l’Amérique du Nord et du Sud à l’Europe et l’Asie-Pacifique. En font partie les pays les plus avancés, mais aussi des pays émergents comme le Mexique, le Chili et la Turquie.

Ecarts des prévisions de croissance - source : BSI economics.org


Sont également à prendre en considération les économies de grands pays de la BRICS, comme celles du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de l’Afrique du Sud. Il ne faut pas oublier non plus la Chine. A cet ensemble de pays qui représente l’essentiel du PIB mondial, s’ajoutent une multitude de pays « pauvres » en Afrique, en Asie et au Proche Orient.

L’état relatif des économies mondiales

Sur les derniers six mois, les Etats-Unis ont eu une croissance trimestrielle de l’ordre du 1%. Le Japon en difficulté depuis la fin 2015, est jugé au bord de la récession. Si la baisse de l’euro a contribué à aider la zone euro à un léger redressement, le taux de croissance correspondant reste bien inférieur au pour cent. A titre d’exemple, la Commission européenne a repoussé au mois de juillet d’éventuelles sanctions à l’égard de l’Espagne et du Portugal malgré leurs dérapages budgétaires. La croissance serait considérée comme une priorité ! Bruxelles préfèrerait-elle une lecture souple du pacte de stabilité ?

Le Royaume-Uni, parmi les autres membres de l’UE, est en pleine incertitude avec l’arrivée du référendum de juin à propos de son maintien dans l’Union. La Norvège de son côté subit la baisse du prix des matières. L’Australie et le Canada sont dans le même cas. Les pays émergents sont dans des situations peu encourageantes. Le Brésil et la Russie sont en récession. Si l’Inde s’en sort, la Chine a un fort ralentissement. Quant à l’Afrique du Sud la croissance est étale.

Le G20 finances sur la croissance et l’évasion fiscale à Washington – source : l’Express


L’état économique de très nombreux pays « pauvres » n’est pas brillant. L’instabilité politique est en général inquiétante. Elle est à l’origine ou la conséquence de forts mouvements conflictuels. Les implantations locales terroristes, agressions et attentats, se multiplient. Les conflits au Moyen et au Proche Orient contribuent à ce profond affaiblissement. L’immigration vers l’Europe devient une donnée essentielle à prendre en considération. Son impact économique et social est fondamental. L’année 2015 a été marquée par une arrivée massive en Europe (> 1,5 millions de réfugiés), principalement en Allemagne, par la route de l’Est via la Turquie. L’accord signé avec l’UE a un coût (6 Md€) et ne fait que déplacer le problème, mettant à nouveau à la une, la route du Sud (migrants et réfugiés) via la Lybie, ajoutant le risque accru de la traversée de la Méditerranée…

Quelles perspectives à venir ?

Les perspectives et prévisions sont pessimistes au regard des indicateurs mondiaux en terme de croissance actuelle et à court terme. Pour la plupart des pays de l’OCDE, leur taux de croissance potentielle annuelle en perspective est estimé à la baisse. Les institutions et organismes internationaux s’affairent à rechercher les raisons de ces forts ralentissements de croissance. La baisse constante des matières premières ne fait qu’accentuer le recul de la croissance, affectant en particulier, sur l’ensemble de la planète, tous les pays producteurs de pétrole.

Ministres des finances et Gouverneurs des Banques Centrales – source : La Tribune de Genève


Dans un premier temps, sont toujours évoquées les situations budgétaires, dettes et déficits massifs, à redresser. C’est pourquoi, les niveaux des dépenses publiques et des apports privés à des fins d’investissements lourds restent très faibles. Ces derniers n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant la crise financière et d’autant moins que l’ensemble se place sur fond d’immigration.

Depuis la crise, les conséquences, quelles qu’en soient les origines et les causes, se sont traduites dans les faits par un chômage croissant et de longue durée qui affecte des classes de travailleurs et un potentiel humain important. A ces raisons « classiques » s’ajoutent des réactions sociales et syndicales avec de nombreuses contestations, manifestations et grèves sporadiques qui perturbent l’économie et fragilisent la confiance. La France n’en a pas l’exclusivité, mais elle est très représentative du phénomène.

Le dogme de « l’austérité » au service de l’inactivité

Depuis 2008, la crise de la dette est à la « Une » de tous les agendas politiques et économiques. Le G7, le G20 et ses dérivés au travers des multiples instances qu’ils rassemblent montrent leurs contradictions et leur incapacité d’agir face au problème de la dette. Les politiques budgétaires ont tendance au blocage de l’économie, alors que seule la consolidation de l’offre et de la demande serait suffisante pour favoriser la reprise.

Sans volonté et sans imagination, le FMI et la Commission européenne, dérangés par la BCE et ses mesures monétaires, s’égosillent pour essayer de convaincre les membres de l’UE et plus particulièrement de la zone euro que la croissance passe toujours par un préalable absolu inchangé : l’austérité et la rigueur. Ce qui correspond au paradoxe d’une inconnue non maitrisable…

Jacques Martineau


Retour

L’Union européenne et la zone euro

Un regard prévisible sur une Chine perturbée et perturbante…

Le besoin d’un retour à l’économie réelle


La Chine, considérée comme un moteur de l’économie mondiale, se retrouve au pied du mur des marchés internationaux. Depuis près d’un mois, une véritable crise financière occupe l’actualité, sans parler de la catastrophe chimique à Tianjin... La débâcle boursière de la Chine perturbe les marchés mondiaux après une progression excessive et artificielle de plus de 150% sur un an à la bourse de Shanghai ! L’Etat chinois est en difficulté. Les dévaluations successives et la baisse des taux d’emprunts ne suffisent pas à calmer le jeu.

Une prévision de croissance réelle en forte baisse

La banque centrale chinoise n’avait pas cessé d’inonder les places financières et les banques de liquidités encourageant les placements en tous genres. La bourse de Shanghai a dégringolé. Les « petits » porteurs s’affolent. La bourse n’est pas un jeu. Beaucoup le découvrent. Si cette correction était prévisible, elle dérange. Le gouvernement chinois vit l’éclatement de sa « première » crise financière.

Source : Slate.fr


La prévision de croissance annuelle pour 2015 aujourd’hui de 6,8%, n’est plus crédible. Certains experts parlent d’une croissance réelle à venir autour de 3,5%. Une classe moyenne de 250 millions de personnes avec des salaires plus élevés ce qui rend les productions moins compétitives. La Chine délocalise pour trouver des coûts de main d’œuvre plus faibles. Son économie se ralentissant, ses demandes en matières premières diminuent fortement entraînant une chute des cours en moyenne de l’ordre de 33%. Le prix du baril de pétrole est au plus bas à 44 $ US.

Source : LCI


Les conséquences vers les pays émergents sont évidentes. Le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud sont déjà en difficulté en début de récession, pour certains. Ils vont le ressentir encore plus. Seule l’Inde prétend pouvoir éventuellement en tirer profit, grâce aux faibles coûts des matières premières dont ellle a un grand besoin. Si les BRICS sont en danger, l’économie mondiale va en souffrir. Dans l’immédiat, ce sont les acteurs du marché asiatique et pacifique qui sont aussi perturbés. La Corée du Sud, le Japon, la Malaisie et l’Indonésie ne sont pas à l’abri de cet ensemble de secousses pour ne citer qu’eux. L’UE et la zone euro ne doivent pas oublier que cette situation économique délicate, accompagnée des mesures protectionnistes directes et indirectes, sera un lourd handicap pour l’exportation.

Une situation perturbée qui ne sera pas sans conséquences

Dans les chiffres à garder présents à l’esprit : la consommation en Chine a baissé. Les exportations ont diminué de 8,3%, tandis que les importations ont baissé de 8,1% quant à l’investissement immobilier, il a lui même ralenti de 10%. Près d’un logement sur cinq est inoccupé. C’est la concrétisation de la fin de l’hyper-croissance et le retour à l’économie réelle.

Source : french-daily.com


Cette baisse des importations chinoises affectera les marchés mondiaux et européens. Prenons l’exemple de l’Allemagne dont la richesse est basée d’abord sur son exportation. La Chine est un client important avec un chiffre d’affaires de plus de 74 Md€ par an. Une baisse sensible affectera sa balance commerciale. La France pour sa part fait un chiffre d‘affaires à l’export de 16 Md€ surtout dans les hautes technologies, l’industrie automobile et les produits de luxe. Tous ces secteurs seront probablement touchées. Le pouvoir d’achat du consommateur sera impacté. Cette rupture prévisible de ce que l’on peut appeler une « bulle financière » à caractère économique peut devenir perturbante. Le gouvernement chinois veut anticiper la remontée des taux d’intérêt.

Comment imaginer la suite ?

La volatilité des marchés va se poursuivre comme l’ont confirmé les experts de Goldmann Sachs, le rappelle Paolo Garoscio. Mais au delà, les bourses seront sensées retrouver une stabilité à terme, alors comment réagiront les Etats-Unis ? L’UE et la zone euro, si l’Union dans ce secteur a encore un sens ? L’euro qui retourne à la hausse par rapport au dollar US ? Sans parler des milieux financiers, en matière d’investissements et de placements ? Et pour leur part que diront les organismes de tutelle, les banques centrales, la FED, la BCE, le FMI, la BM, l’OMC, etc. ? Sans parler du TTIP (TAFTA) !

N’oublions pas que depuis 2011, les politiques des banques centrales ont inondé le marché de liquidités, la Chine a suivi. Quels seront les moyens à disposition des politiques et des banques centrales pour anticiper une crise financière mondiale, toujours trop éloignée de l’économie réelle ?

Jacques Martineau


Retour

L’Union européenne et la zone euro

A la recherche d’une gouvernance mondiale ?

Un nouveau Bretton Woods n’est pas pour demain…


Que de nouveaux paramètres à gérer ! Devant un endettement colossal des principaux pays de l’OCDE, la baisse des prix du pétrole, la chute de l’euro face au dollar et les faibles taux d’intérêt se propagent dans des environnements disparates qui dépendent de contextes politiques et de situations financières, économiques et sociales différentes, propres à chacun d’entre eux.

Avec un taux de croissance mondial, révisé à la baisse, le FMI se cherche, hésitant dans ses prévisions, ses recommandations et ses attitudes à tenir. Le FMI a compris que c’est le retour à l’activité à l’échelle mondiale et en particulier en Europe qui permettra de sortir de cette crise. Il hésite encore. L’Europe et surtout la zone euro sont quasi-atones, sous couvert d’une reprise annoncée timide pour 2015, plus consolidée pour 2016.

Les pays émergents de la BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ne sont pas non plus au mieux pour des raisons différentes. Mais le contexte n’est pas favorable, même si les pays du Golfe continuent à s’afficher. Si les Etats-Unis tirent leur épingle du jeu, leur progrès n’a de sens et ne sera pérenne que dans la mesure où leurs interlocuteurs sont eux aussi en « bonne santé ».

Au delà de l’aspect économique et financier qui concerne l’ensemble des pays développés et émergents de la planète, les multiples conflits armés et la « guerre déclarée » au terrorisme compliquent l’approche du problème. D’autres priorités se font jour.

Une multitude d’organisations mondiales interconnectées

Les « grandes puissances » dans le cadre de l’ONU, du G7, G8 ou G20 tentent de progresser sur le sujet, tout en privilégiant pour « les plus forts » leurs avantages. De nombreuses institutions, dépendantes ou non de l’ONU, comme des organisations intergouvernementales à vocation planétaire complètent la panoplie. Elles couvrent l’ensemble des champs d’activité dans le monde politique, financier, économique, social, culturel ou humain.

Source : Club Espace 21



Les institutions officielles, mondiales et européennes, leurs sous-ensembles et leurs dérivations tentaculaires ne cessent de croître tant par leur nombre que par leur taille. L’interférence est généralisée. Plus personne n’est en mesure de savoir qui fait quoi, qui est responsable de quoi et qui finance quoi ? Des kyrielles de dirigeants, de hauts fonctionnaires, de responsables, d’experts en tout et de personnel de soutien, opèrent dans des multitudes de structures figées qui se veulent aussi importantes les unes que les autres.

Au cours du temps et des circonstances, tous ces acteurs ont été choisis par leur pays ou l’institution pour être là. Ils ont été nommés, placés ou déplacés. Certains sont reconnus par leurs pairs pour leur compétence et leur expérience, d’autres appartiennent à une catégorie identifiée, celles des pistonnés. Qu’ils soient actifs ou mis au placard, utiles ou non, ils participent au système. Par manque de réactivité contrôlée, de cohérence et de dynamique prévisionnelle, caractéristiques de tout ensemble vivant, tous ces acteurs, affublés de leurs compétences par attribution, ne font que rajouter à la lourdeur, à l’opacité et à la complexité de cet ensemble de systèmes interconnectés.

Un nouveau Bretton Woods n’est pas pour demain…

Rappelons que les accords de Bretton Woods sont des accords économiques qui ont permis de décrire les grandes lignes du système financier international en 1944, destiné à la mise en place d’une organisation monétaire mondiale pour favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre. Ils ont rassemblé 730 délégués représentant 44 nations alliées. C’est la proposition américaine qui l’emporte, organisant le système monétaire mondial autour du dollar américain, avec un rattachement nominal à l’or.

FMI - source : Reuters



En 2015, plus de 70 ans après ces accords, comment remettre le système à plat, lui-même ayant été modifié à plusieurs reprises. On comprend mieux pourquoi la route est encore très longue pour parvenir à l’esquisse de ce que chacun qualifie et appelle de ses propres vœux : une gouvernance mondiale. Depuis des années, Jacques Attali se fait l’avocat de cette thèse. Comme un véritable credo, il insiste avec conviction sur l’absolue nécessité de sa mise en place à l’échelle planétaire. L’époque du chacun pour soi, avec un appétit glouton, dans lequel l’autre est ignoré, doit s’achever. Rêve ou utopie ? Il est conscient que la composante temps est déterminante et qu’elle ne joue pas à ce jour en notre faveur.

Autre intervenant, reconnu et apprécié au plan mondial, véritable poids lourd, le Prix Nobel d’économie, l’Américain Joseph E. Stiglitz, n’est pas tendre non plus dans son appréciation. Depuis plus de dix ans, il s’acharne à convaincre que l’Occident fait fausse route. Joseph E. Stiglitz parle d’une société nouvelle, de vivre avec ses moyens, de partage, d’humain et de collectif. Il dérange. Il est précis. Il est clair. Mais il demeure sans grande illusion sur l’inertie du système. Ces mises en garde ne sont pas les seules.

Des dizaines de livres et d’interventions, quelles que soient la qualité et la notoriété de leurs auteurs, interpellent sans pour autant parvenir à convaincre ces multiples oligarchies politiques et financières. Aucun n’est en mesure de fixer d’échéance pour le début du moindre changement. Pessimisme et réalisme ne sont pas du tout incompatibles. Ce n’est pas une raison pour renoncer à réaffirmer ce besoin indispensable de gouvernance mondiale.

Les dirigeants sont trop préoccupés par leur quotidien et leur devenir politique. Pavées de bonnes intentions, leurs promesses restent en général sans effet. C’est mou et indécis. Pourquoi un second Bretton Wood ne serait-il pas possible pour mettre en place une organisation monétaire mondiale, favorisant la résorption de dette et le retour de la croissance économique dans l’ensemble des pays touchés par la guerre des marchés financiers ? Faudrait-il encore le vouloir vraiment ? L’Union européenne n’est pas prête à cette remise en cause. Beaucoup trop divisée, pas suffisamment solidaire, elle se cherche elle-même et n’est pas encore parvenue à un tel niveau de réflexion.

JM


Retour

La Mondialisation : face aux nouveaux enjeux !

Les agences de notation en haut de l’affiche

Mais qui fait monter la température ?


Les faux-semblants ne suffisent plus à masquer aux opinions publiques nationales et internationales les profondes divergences d’appréciation et le manque de cohésion de l’Union européenne. La crise monétaire de l’euro renforce les doutes. Les politiques se figent.

Les agences de notation entrent enjeu. Celles-ci sont par définition, au service de leurs clients privés ou publics, principalement des grands groupes internationaux, économiques et financiers. Depuis quelque temps, ces agences ont trouvé un nouveau marché. Elles s’interrogent sur la crédibilité des États souverains et leur capacité d’emprunt. Leur influence sur les marchés grandit et leur crédibilité auprès des États et des grands organismes de contrôle s’accroît. La planète est sous surveillance !

Source : Euro

 
Non seulement la Commission européenne n’a rien dit, mais mieux, elle n’a cessé de s’y référer et de les solliciter. Surveiller la santé des finances des États européens est devenu une fin en soi. Ces maîtres de l’audit financier mondial sont censés, après analyse des comptes, apporter par des notations subtiles un justificatif précis du niveau des garanties nécessaires aux prêteurs privés, autres que la Banque Mondiale, le FMI, la BCE, etc... Les banques, les États souverains en dehors du besoin ou autres spéculateurs en tout genre les utilisent pour prêter et fixer ainsi leur taux de créance. Ce sont les États clients qui en font les frais !

Source : Wikipédia

 
Les agences de notation ne sont que quelques-unes en haut de l’affiche. Il faut savoir que 94% du marché mondial de notation est partagé entre trois agences. Deux d’entre elles sont américaines, Standard & Poor’s et Moody’s (avec une part de 80%). La troisième agence, Fitch Ratings, est majoritairement à capitaux français (avec 14% du marché). Pour information, la brillante agence Standard & Poor’s, qui a dégradé la France, a déjà trouvé le moyen de se tromper par deux fois. D’un montant supérieur à 2000 Md$, lors d’une évaluation au détriment des Etats-Unis. Au piquet ! C’est l’agence Standard & Poor’s qui devrait être dégradée ! Depuis ce manquement et cette dégradation, la France a été mise en garde par les agences Moody’s et Fitch Ratings sur un risque de dégradation de sa note si sa situation économique ne s’améliorait pas.

En dehors de ces prestigieuses agences, depuis 1994, il existe une nouvelle agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating (sur le reste du marché) qui dérange le monde occidental, en basant son diagnostic sur d’autres critères. Moins indulgente sur l’aspect libéral des mesures suggérées par ses concurrentes, l’agence chinoise est plus préoccupée par la capacité d’un pays à créer de la valeur que par les tendances marchés. En 2011, tous les pays de la zone euro ont été dégradés, hormis le Luxembourg. Dagong est évidemment plus à même de juger le marché asiatique et celui des pays émergents que celui des pays développés.

L’idée de la création d’une agence publique européenne de notation, constructive au service des pays, agissant en concertation, ne séduit pas et n’est pas prête à voir le jour. La Commission européenne préfère s’en tenir à la solution banale en se référant à ces agences prestigieuses qui sèment le trouble. Ce pilotage à vue est inquiétant quand on en mesure les conséquences au quotidien. Qualifiées de thermomètre, ce sont donc ces trois plus grosses agences privées, toutes-puissantes, sans souci financier, qui font la loi dans le monde entier, au nom d’intérêts masqués, loin du terrain, en dehors de tout contexte démocratique et social. Entre les marchés et les agences, qui fait monter la température ?

J.M.


Retour
Contact / Plan du site / Mentions légales    © P.RO COM - 2012