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PROPOS DE PRESSE


Au quotidien, un grand nombre d’informations, dans la presse et au travers des médias, peut nous interpeller.

Une actualité "commentée"

Un titre peut être factuel sur un événement, des données, des statistiques ou sur un sondage. Un avis ou une interprétation peut nous inciter à réagir et faire l’objet d’un commentaire de CE21.

Janvier 2020


    Macron déroule le tapis rouge aux patrons à Versailles... pour des résultats trompeurs

    Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les investisseurs internationaux sont un peu plus nombreux qu’avant à investir en France, mais les résultats en termes d’emplois laissent encore à désirer, malgré des cadeaux fiscaux significatifs.

    A chaque mois de janvier depuis son élection, Emmanuel Macron profite du rassemblement des plus grands patrons internationaux au "World Economic Forum" de Davos en Suisse - qui débute ce mardi 21 janvier - pour les convier la veille sous les ors du Château de Versailles. Aux décideurs économiques, il vante les mérites de sa politique économique, aux premiers rangs desquels ses réformes du marché du travail et de la fiscalité du capital afin d’attirer des investissements étrangers. "Choose France !", martèle-t-il chaque année, en anglais dans le texte, à un parterre de patrons ravis. Pour ce cru 2020, l’Élysée assure qu’on lui a promis près de quatre milliards d’euros d’investissements provenant des multinationales, dont un milliard de Coca-Cola et deux milliards de l’armateur italo-suisse MSC pour les chantiers navals de Saint-Nazaire.

    Autre annonce dont s’est félicité le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire : le transfert lié au Brexit de 100 à 150 banquiers de JP Morgan de Londres vers Paris. Chic, plus de traders dans la capitale ! Ces arrivées massives seraient, en premier lieu, la conséquence des réformes de la fiscalité du capital, estime le ministre. Pour rappel, l’exécutif a cantonné l’ISF aux seuls biens immobiliers et instauré un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% sur les revenus des valeurs mobilières. En 2018, cela équivalait à une baisse cumulée d’environ 4,5 milliards d’euros de taxes.

    Toujours attractive malgré les gilets jaunes !

    Avec toutes ses réformes, la France deviendrait donc une nouvelle terre d’accueil pour les multinationales étrangères, à en croire le gouvernement. Ce, nonobstant la crise des gilets jaunes et les révoltes sociales liées au projet de réforme des retraites. "Les investisseurs internationaux posent un regard sur la France qui nous rassure après les gilets jaunes et les grèves contre la réforme des retraites", souffle aux Echos Christophe Lecourtier, directeur général de Business France, l’agence chargée de promouvoir la France auprès des investisseurs internationaux.

    Il ajoute : "pour eux, s’il y a des mouvements, c’est bien qu’il y a des réformes". C’était donc ça ! Les investisseurs récompensent en fait le courage du gouvernement de mener les réformes structurelles, douloureuses, mais nécessaires. Mais il lui faudra tout de même aller au bout. "Si, comme c’est le cas depuis vingt ans, le gouvernement renonçait à la réforme, les entreprises nous en voudront. Mais s’il montre qu’un compromis est envisageable et qu’il est possible de maintenir le cours des réformes, cela change tout pour l’attractivité", assume Christophe Lecourtier. Il ne faudrait tout de même pas aller jusqu’à donner raison à la rue…

    Moins d’emplois par projet d’investissement dans l’industrie

    Du reste, derrière le discours idyllique du gouvernement sur le retour des investisseurs étrangers en France, il se cache une réalité plus complexe. En 2018, malgré les milliards d’euros de nouveaux avantages fiscaux accordés, les "décisions d’investissement" venant de l’étranger n’ont augmenté que de 2 % par rapport à 2017, selon un rapport sur les investissements internationaux de Business France. Plus problématique encore, le nombre d’emplois "créés ou sauvegardés" par ces mêmes décisions d’investissement a reculé de 9 % en 2018 par rapport à 2017. Soit environ 3.000 de moins. Les projets ont notamment été moins intenses en emplois dans l’industrie (30 % d’emplois créés en moins qu’en 2017), dans l’ingénierie (-32 %) et dans la logistique (-15%).

    Pas de consensus économique sur les bienfaits des investissements étrangers

    En fait, le discours économique dominant qui assure "qu’attirer les firmes internationales créera automatiquement des effets de ruissellement sur l’emploi n’est basé sur rien", explique Frédéric Farah, enseignant chercheur en Économie à Paris 1. En effet, il n’y a "aucun consensus économique qui dit qu’une hausse des investissements directs étrangers (IDE) génère une hausse de la croissance", rappelle-t-il. D’ailleurs, la dynamique récente de la croissance en France est due "aux mesures "gilets jaunes" qui ont relancé la consommation, et pas du tout au PFU ou à l’IFI", constate-t-il.

    Enfin, sans une "bonne articulation entre les politiques industrielle, concurrentielle, commerciale et de change", il paraît d’autant plus risqué de "mener une course à l’échalote" pour séduire les grandes entreprises internationales, pense l’économiste. Car, sans qu’elle ne puisse rien y faire, la France s’expose alors à des décisions stratégiques qui peuvent être contraires à ses intérêts et à ceux de ses territoires. En effet, les multinationales ne sont pas réputées pour leur engagement humaniste chevillé au corps. Il n’y a qu’à voir la réalité des IDE dans le monde : comme le rappelle le Fonds monétaire international dans une étude de septembre 2019, 38 % des investissements directs à l’étranger sont des capitaux "fantômes" qui circulent à travers des sociétés n’ayant pas de réelle activité commerciale, et dont le but est de "minimiser la facture fiscale des multinationales".

    à suivre dans Marianne

    Les Etats-Unis et la Chine signent un accord commercial "historique"

    "Etape historique" : Donald Trump s’est félicité mercredi de l’accord commercial signé avec le vice-Premier ministre chinois Liu He qui met un terme provisoire à un bras de fer inédit entre les deux premières puissances économiques du monde.

    "Etape historique" : Donald Trump s’est félicité mercredi de l’accord commercial signé avec le vice-Premier ministre chinois Liu He qui met un terme provisoire à un bras de fer inédit entre les deux premières puissances économiques du monde.

    "Aujourd’hui marque une étape historique (...) qui n’avait jamais été franchie (...) vers un accord commercial juste et réciproque entre les Etats-Unis et la Chine", a déclaré le président américain.

    Face à l’enthousiasme du président, la Fédération nationale des détaillants (NRF) et le principal syndicat agricole, l’American Farm Bureau Federation, se sont montrés plus mesurés. Ils ont salué ce traité tout en soulignant que du "travail rest(ait) à faire".

    Pour l’heure, ce traité, qui entrera en vigueur dans 30 jours, profitera aux agriculteurs et industriels, durement affectés par la guerre commerciale.

    La Chine s’est en effet engagée à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires au cours des deux prochaines années. Ces achats ont pour but de réduire le déficit commercial américain, grande revendication de la Maison Blanche.

    L’accord contient également des dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle et aux conditions de transfert de technologies, autres grandes exigences des Etats-Unis.

    Déclenché au printemps 2018 pour mettre fin aux pratiques commerciales chinoises jugées "déloyales", ce conflit s’est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises.

    Tarifs douaniers pour négocier

    Mais Donald Trump a indiqué que les droits de douane punitifs frappant actuellement plus de 370 milliards de dollars de produits chinois seraient maintenus tant que la phase 2 de l’accord ne serait pas signée.

    "Nous gardons les tarifs douaniers, mais j’accepterai de les supprimer si nous arrivons à conclure la phase 2", a déclaré le locataire de la Maison Blanche. "Je vais les garder, sinon nous n’aurons aucune carte en mains pour négocier".

    Et c’est là que le bât blesse pour nombre d’acteurs économiques. "La guerre commerciale ne sera terminée que lorsque tous les tarifs douaniers auront disparu", a ainsi estimé Mathew Shay, président de la NRF.

    Si l’administration prétend mordicus que c’est la Chine qui paie, une grande majorité d’économistes soulignent que de fait ce sont les importateurs américains et peut-être bientôt le consommateur qui font les frais de ces taxes.

    L’administration prédit que cet accord dopera la croissance de la première économie du monde d’un demi point de pourcentage.

    Ce conflit a pourtant durement affecté le monde agricole et l’industrie manufacturière aux Etats-Unis, ceux-là mêmes qui avaient porté le président républicain au pouvoir en 2016.

    Donald Trump a parié sur leur patriotisme, leur demandant de la patience avant des lendemains meilleurs.

    Clamant que les guerres commerciales étaient faciles à gagner, il a aussi constamment répété que l’économie américaine n’était pas affectée par les droits de douane quand la croissance chinoise ralentissait.

    Pourtant, ce conflit, inédit par son intensité et sa durée, a freiné l’appétit des investisseurs et ralenti la croissance mondiale, comme la croissance chinoise et américaine.

    Qui plus est, l’essentiel du coût des tarifs douaniers a été supporté par les importateurs américains.

    Cérémonie éclipsée par les démocrates

    "Nous savons qu’il y aura encore des différends entre nos deux pays mais ce jour marque le début d’un nouveau chapitre dans les relations commerciales entre les deux plus importantes économies du monde", a renchéri le vice-président américain Mike Pence.

    Aussi historique soit-elle, la cérémonie de signature retransmise en direct par toutes les grandes chaînes de télévision américaines a été brutalement interrompue pour donner la parole aux démocrates de la Chambre des représentants.

    Ces derniers vont transmettre au Sénat l’acte d’accusation retenu contre Donald Trump avant un procès qui doit démarrer mardi.

    Joe Biden, candidat favori de la primaire démocrate, a jugé que la Chine était la grande gagnante de cet accord.

    "Pour la première fois, nous avons un accord complet" avec un "vrai mécanisme pour faire appliquer" l’accord, a fait fait valoir le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

    "La Chine reconnaît l’importance d’établir et de mettre en oeuvre un système juridique complet de protection (...) de la propriété intellectuelle", est-il notamment stipulé dans le texte.

    En outre, tout transfert ou licence de technologie doit être basé sur la base du volontariat et "reflétant un accord mutuel", est-il dit alors que la Chine imposait jusqu’alors aux entreprises américaines le transfert forcé de leur savoir-faire pour faire affaire en Chine.

    Un chapitre entier est consacré à l’ouverture du marché chinois aux services financiers.

    Donald Trump compte se rendre bientôt en Chine alors que les négociations pour une seconde phase de l’accord doivent commencer "immédiatement" pour aborder des sujets plus sensibles tels que la cybersécurité.

    à suivre dans Challenges.fr

    Retraites : les détails de l’âge pivot inscrits dans le projet de loi

    Dans la version transmise jeudi soir pour avis aux différentes caisses de retraites, le gouvernement reprend en détail le dispositif décrit par Edouard Philippe il y a... un mois.

    Inflexible. N’en déplaise à Laurent Berger, « l’âge d’équilibre » reste écrit noir sur blanc dans le projet de loi de réforme des retraites. Le numéro un de la CFDT a beau répéter que le « retrait » de cette mesure d’âge du texte est un préalable à la « conférence de financement » qu’il a proposée dimanche soir − qui sera l’objet de rencontres bilatérales ce vendredi entre Edouard Philippe et les partenaires sociaux − la version envoyée jeudi soir aux caisses de retraite pour qu’elles rendent rapidement un avis, contient bien le dispositif : un nouvel âge pivot entrant en vigueur dès 2022, fixé au départ à 62 ans et 4 mois et qui, chaque année, augmentera de 4 mois pour atteindre 64 ans en 2027.

    Même s’ils ont validé leurs trimestres de cotisations, les actifs devront donc atteindre cette nouvelle borne d’âge pour bénéficier de leur pension à taux plein. Sinon, un « malus » s’appliquera. Pour les bénéficiaires du dispositif « carrières longues », il faudra donc atteindre 62 ans pour bénéficier d’une retraite complète alors qu’aujourd’hui certains peuvent partir à 60 ans.

    L’article en question rappellera toutefois que cette solution s’appliquera « sauf présentation » par les partenaires sociaux « d’une proposition alternative permettant le retour à l’équilibre ». Réunis au sein de la nouvelle « gouvernance » du futur système universel installée au plus tard au 1er janvier 2021, les organisations syndicales et patronales auront jusqu’au 1er septembre 2021 pour se mettre d’accord sur un autre système. « Il s’agit tout simplement de la traduction de ce qu’a dit le Premier ministre le 11 décembre dans son discours au conseil économique social et environnemental (Cese) », explique une source gouvernementale.

    Comme prévu, l’exécutif ne compte donc pas laisser en suspens les détails du retour (puis du maintien) à l’équilibre des caisses de l’Assurance vieillesse pour démarrer le futur système sans le moindre déficit. Système qui devra par ailleurs rester équilibré sur cinq ans. Sur cette période, précise-t-on également au sein du gouvernement, « la somme des soldes annuelles ne (pourra) pas être négative ». Une « règle d’or » elle aussi inscrite dans la loi.

    Voilà qui n’est pas de nature à détendre l’atmosphère des rencontres de Matignon. Notamment celle, en début d’après-midi, entre Laurent Berger et Edouard Philippe. Le secrétaire général de la CFDT a redit jeudi qu’il « ne serait pas compris que le gouvernement n’enlève pas du projet de loi l’âge pivot » alors qu’il a « ouvert une porte avec cette conférence de financement ». « Il faut maintenant, en face, que ça réponde autour de la sortie de l’âge pivot du projet », a-t-il réclamé.

    En coulisses, on explique que la version actuelle du texte n’est pas « la version finale » et que « toutes les concertations en cours […] ont vocation à faire évoluer le texte, soit avant le conseil des ministres, soit - ce qui est le plus probable - durant le débat parlementaire ». En attendant, ce que constatent les syndicats, c’est qu’entre le discours du Premier ministre il y a un mois au Cese et ces nouvelles rencontres de ce vendredi à Matignon, la position du gouvernement n’a concrètement, sur ce sujet, pas bougé.

    à suivre dans Libération

    Donald Trump promet des sanctions contre l’Irak et des représailles contre l’Iran

    Macron, Merkel et Boris Johnson, eux, appellent et demandent à l’Iran de respecter les engagements pris en matière de nucléaire en 2005.

    Donald Trump a menacé dimanche l’Irak de « très fortes » sanctions si les troupes américaines étaient contraintes de quitter le pays, après le vote dimanche du Parlement irakien pour réclamer leur expulsion. « S’ils nous demandent effectivement de partir, si nous ne le faisons pas sur une base très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme ils n’en ont jamais vu auparavant », a déclaré le président américain à bord d’Air Force One, de retour de Floride où il était en vacances. « Elles feront apparaître les sanctions contre l’Iran comme presque faibles », a-t-il ajouté. « Nous avons une base aérienne extraordinairement chère là-bas. Elle a coûté des milliards de dollars à construire. Nous ne partirons pas s’ils ne nous remboursent pas », a-t-il encore dit.

    Le Parlement irakien a demandé dimanche au gouvernement de « mettre fin à la présence des troupes étrangères » en Irak, lors d’une séance extraordinaire en présence du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel-Mehdi.

    Le président américain a par ailleurs une nouvelle fois menacé Téhéran de « représailles majeures » en cas d’attaque iranienne contre des installations américaines au Moyen-Orient en réponse à l’élimination par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani. « S’ils font quoi que ce soit, il y aura des représailles majeures », a-t-il déclaré. La réponse de l’Iran à l’assassinat du général Qassem Soleimani « sera assurément militaire et contre des sites militaires », a affirmé un conseiller du guide suprême iranien, le général de brigade Hossein Dehghan, dans une interview accordée dimanche à CNN.

    Donald Trump a également une nouvelle fois menacé de frapper des sites culturels iraniens. « Ils ont le droit de tuer nos ressortissants […] et nous n’avons pas le droit de toucher leurs sites culturels ? Cela ne marche pas comme ça », a-t-il dit.

    L’appel des puissances européennes

    D’une seule voix, un peu plus tôt, les puissances européennes ont lancé un appel à l’Iran. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont appelé dimanche l’Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l’accord nucléaire de 2005, alors que Téhéran venait d’annoncer qu’il s’affranchissait de toute limite sur l’enrichissement d’uranium. « Nous appelons l’Iran à retirer toutes les mesures qui ne sont pas conformes à l’accord nucléaire », ont déclaré dans un communiqué commun la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

    L’accord a été conclu à Vienne en 2015 après douze ans de crise et d’intenses négociations entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l’Allemagne. L’Iran s’y engage à réduire ses capacités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales. Mais en 2018, le président Donald Trump a décidé le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord et le rétablissement de sanctions. Depuis, l’Iran s’est progressivement affranchi d’engagements figurant dans l’accord.

    « Retenue et responsabilité »

    Les trois responsables européens ont par ailleurs évoqué dans leur communiqué les tensions croissantes consécutives à la frappe aérienne américaine qui a tué vendredi à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani et un important responsable irakien pro-iranien, Abou Mehdi al-Mouhandis. Ils appellent dans ce contexte l’Iran, qui a promis des représailles, à s’abstenir de mener « de nouvelles actions violentes ou d’apporter son soutien à de telles actions ». « Il est à présent crucial d’opérer une désescalade. Nous appelons tous les acteurs à montrer le maximum de retenue et de responsabilité », déclarent Merkel, Macron et Johnson. Leur communiqué commun a été publié quelques heures après qu’ils se sont entretenus au téléphone.

    Plus tôt dimanche, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que les trois dirigeants s’étaient mis d’accord pour coopérer à une réduction des tensions dans la région.

    à suivre dans Le Point

    Violences urbaines, ce vieux fléau du Nouvel An

    Des centaines de voitures brûlées, des forces de l’ordre et des pompiers agressés… Ce sinistre rituel de la nuit de la Saint-Sylvestre a touché tout le territoire.

    Une nouvelle décennie, mais un vieux fléau. Comme chaque année depuis les premières émeutes urbaines des années 1980, la nuit de la Saint-Sylvestre a connu son lot de voitures brûlées et d’agressions contre les pompiers ou les forces de l’ordre.

    Depuis 2019, le ministère de l’Intérieur ne communique plus le nombre de voitures brûlées. Mais le phénomène est plus que jamais présent, et des centaines de véhicules sont partis en fumée dans la nuit de mardi à mercredi. Il y en avait eu au moins 600 l’an dernier, selon des estimations partielles et non officielles, 1 031 en 2018, 945 en 2017, 804 en 2016, 940 en 2015 et plus de 1 000 en 2014, en 2013 et en 2012.

    À lire aussi : Strasbourg : nouvel an agité, plus de voitures brûlées qu’en 2018

    À l’heure du tout-info et des réseaux sociaux, briser le thermomètre ne sert de toute façon à rien : les vidéos, souvent impressionnantes par leur violence, sont à disposition, certains vidéastes souhaitant même une bonne année à leur audience sur fond de rires d’habitants hilares devant des véhicules en feu et des policiers agressés.

    L’Alsace s’est tristement distinguée avec un mort et onze blessés dans un jardin privé de Haguenau (Bas-Rhin) lors de l’explosion d’un « mortier » (gros pétard). Par ailleurs, plus de 200 véhicules (deux fois plus que l’an dernier) ont été incendiés à Strasbourg, une quarantaine de personnes ont été interpellées et plusieurs policiers et gendarmes ont été blessés par des jets de projectile. Les images tournées par des habitants montrent des scènes d’émeute, avec notamment des tirs de pétards dangereux directement lancés sur les forces de l’ordre. Dans le Bas-Rhin, 50 personnes, dont 20 mineurs, ont par ailleurs été blessées aux mains, aux yeux, etc. par des pétards. Un phénomène que connaît aussi le Haut-Rhin (Colmar, Mulhouse).

    Les grandes agglomérations ont également été touchées partout en France : au moins 18 voitures brûlées à Toulouse (moins qu’en 2018), plus d’une dizaine à Vénissieux et Villeurbanne, en banlieue de Lyon. En région parisienne, un commissariat a été visé par un tir de « mortier », dans le Val-de-Marne, et 31 véhicules ont été incendiés dans les seules Yvelines. Par ailleurs, un homme âgé de 25 ans est mort à Paris après avoir chuté du haut du pont Royal sur le quai en contrebas. Ces violences touchent l’ensemble du pays et non les seules « très grandes villes »

    À noter que le vandalisme et les violences urbaines sont également connus outre-Quiévrain avec plus de 200 interpellations et une vingtaine de véhicules détruits à Bruxelles.

    Mais le plus accablant dans ce bilan est de constater que ces violences touchent l’ensemble du pays et non les seules « très grandes villes ». À Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), une douzaine de voitures sont parties en fumée. À Soyaux, dans la banlieue d’Angoulême (Charente), plusieurs bennes à ordures et des voitures ont été incendiées. Au moins 36 autres ont subi le même sort à Limoges (Haute-Vienne) avec des jets de projectiles contre des policiers venus protéger les pompiers. Et la liste est loin d’être complète : deux voitures brûlées à Montélimar (l’incendie s’étant propagé à des coffrets de compteurs de gaz, entraînant des coupures pour des dizaines d’habitants) ou encore deux voitures à Annemasse (Haute-Savoie). Enfin, un événement plus inquiétant encore a eu lieu dans le quartier de la Mosson, à Montpellier, avec le signalement de tirs d’arme automatique vers 23 heures. Une balle perdue aurait même fini dans un appartement voisin sans faire de victimes. En espérant que l’incident ne fera pas école et que les armes à feu, qui circulent dans les quartiers sensibles, resteront au râtelier.

    Chaque année depuis plus de trente ans, les violences « festives » du 31 décembre rappellent la persistance de la crise des quartiers sensibles et des violences urbaines. Et le phénomène ne se limite pas aux moments de fête (14 Juillet, Nouvel An…). En début d’année (lire nos éditions du 14 février 2019), une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) concluait que, en moyenne, 110 voitures étaient brûlées chaque jour en France.

    à suivre dans le Figaro

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