Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, c’est au quotidien..., la “Lettre” est bimensuelle...
Accueil du site > PROPOS DE PRESSE

PROPOS DE PRESSE


Au quotidien, un grand nombre d’informations, dans la presse et au travers des médias, peut nous interpeller.

Une actualité "commentée"

Un titre peut être factuel sur un événement, des données, des statistiques ou sur un sondage. Un avis ou une interprétation peut nous inciter à réagir et faire l’objet d’un commentaire de CE21.

Octobre 2018


    Brexit : « Les citoyens ne sont pas des pions dans la négociation »

    Réunion des six ministres de l’intérieur invités à Lyon dans le cadre du G6 (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne), lundi 8 et mardi 9 octobre.

    Sajid Javid, le home secretary britannique, a répondu aux questions du Monde sur la sécurité, l’immigration et les conséquences du Brexit.

    Quelle est la conclusion de ces deux jours de discussion en matière de sécurité ?

    Nous travaillons de manière très proche, avec efficacité. Nous avions besoin de passer en revue les principales menaces, comme le terrorisme, le crime organisé ou les actions hostiles de la part d’Etats extérieurs. Le message de ce G6 est que nous voulons poursuivre ce travail, même quand la Grande-Bretagne aura quitté l’Union européenne.

    Quel est, selon vous, le niveau de la menace terroriste ?

    Il est toujours élevé. En Grande-Bretagne, en 2017, nous avons eu cinq attaques terroristes, ce qui n’était jamais arrivé. Depuis avril, les services de contre-terrorisme ont déjoué dix-sept attaques potentielles. Cela vous montre l’étendue de la menace.

    En cas d’absence d’accord sur le Brexit, y a-t-il un risque sur la sécurité ?

    En matière de sécurité, nous avons proposé un traité complet, entre l’UE et le Royaume-Uni, pour continuer à coopérer de la même façon qu’aujourd’hui. Il y a clairement beaucoup de choses à discuter, mais la sécurité devrait faire partie des sujets inconditionnels. Les autres ministres de l’intérieur savent que la contribution du Royaume-Uni à la sécurité de l’Europe est absolument vitale. Imaginez qu’il y ait une attaque terroriste dans un pays et que ça aurait pu être empêché par les services britanniques, comment pourraient-ils justifier ça devant les citoyens ? (...)

    à suivre dans Le Monde

    Chute des Bourses européennes dans le sillage de Wall Street

    Les investisseurs s’inquiètent d’une remontée des taux d’intérêt américains. Et les gesticulations de Donald Trump les déstabilisent.

    Les Bourses asiatiques ont plongé jeudi et les places européennes ont ouvert en net recul, emboîtant le pas à Wall Street qui a connu un mercredi noir le 10 octobre. Le relèvement des taux d’intérêt américains et les critiques du président Donald Trump contre cette politique ont semé la panique. La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 3,89 %, et celle de Shanghai a plongé de plus de 5 %. Les Bourses chinoises avaient ouvert jeudi matin sur un recul marqué, de plus de 3 %. La Bourse de Hong Kong était également en forte baisse de près de 4 % à moins d’une heure de la clôture.

    Le recul a gagné l’Europe jeudi matin : Paris a ouvert à - 1,50 %, Londres - 1,35 % et Francfort - 1,31 %. À 9 heures (7 heures GMT), l’indice CAC 40 perdait 78 points à 5 128,22 points. La veille, il avait déjà fini en fort recul de 2,11 %.

    Les marchés sont « menacés », analyse Stephen Innes, responsable des échanges Asie-Pacifique chez Oanda, pour qui « les paris sont ouverts » sur la suite du scénario. « C’est un cumul de raisons : la chute à Wall Street, le bond des taux d’intérêt à long terme, des inquiétudes renouvelées sur les relations commerciales entre la Chine et les États-Unis, et une attitude prudente en amont des annonces de résultats d’entreprises », a expliqué à l’agence Bloomberg Juichi Wako, de Nomura Securities à Tokyo.

    Le président Donald Trump a affirmé mercredi, après une journée noire à Wall Street, que « la Fed était tombée sur la tête », dans une nouvelle critique vis-à-vis de la banque centrale américaine, engagée dans une politique de relèvement des taux. « En fait, c’est la correction que nous attendions depuis longtemps », a poursuivi le président, qui s’exprimait à Erie en Pennsylvanie (Nord-Est) peu avant la tenue d’un meeting. « Mais je ne suis vraiment pas d’accord avec ce que la Fed est en train de faire, okay ! » a encore lancé Donald Trump.

    Hausses de taux justifiées

    La directrice du FMI Christine Lagarde a justifié jeudi ces hausses de taux au vu du contexte économique actuel. De tels relèvements « sont un développement nécessaire » et « inévitable » pour les économies comme les États-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage « extrêmement bas », a-t-elle insisté lors d’une conférence dans l’île indonésienne de Bali.

    Pour éviter la surchauffe d’une économie en pleine forme et une éventuelle résurgence de l’inflation, la banque centrale américaine a relevé les taux d’un quart de point de pourcentage par trois fois cette année. Elle compte le faire encore en décembre. Ces taux au jour le jour, qui conditionnent les crédits à la consommation et les crédits immobiliers notamment, se situent désormais entre 2 % et 2,25 %.

    Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a estimé jeudi que la Réserve fédérale américaine (Fed) n’était pas responsable de la forte chute des marchés américains mercredi, dans une interview à CNN. « Je ne pense pas qu’il y ait eu des nouvelles de la Fed aujourd’hui qui n’aient pas été connues avant », a-t-il observé depuis l’île de Bali où il participe à la réunion du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Wall Street a connu une journée noire mercredi alors que les investisseurs, inquiets de la remontée des taux d’intérêt, ont fait chuter l’indice Dow Jones à son plus bas niveau depuis février. « Les marchés montent et descendent », a-t-il, noté, estimant qu’il s’agissait d’« une correction normale ».

    Dégringolade des valeurs technologiques

    Mercredi à New York, l’indice Dow Jones était tombé mercredi à son plus bas niveau depuis février, dégringolant de 3,15 %, alors qu’il avait atteint un sommet historique il y a huit jours. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a quant à lui accusé son plus fort recul depuis plus de deux ans, perdant 4,08 %. La chute de Wall Street découle surtout d’une dégringolade des valeurs technologiques, traditionnels moteurs de la hausse des indices, mais particulièrement malmenées depuis une semaine. Elles souffrent, car « les gérants de portefeuille se détournent de ce secteur de croissance pour aller vers des entreprises qui présentent davantage de sécurité », voire vers d’autres produits financiers, a réagi Tom Cahill de Ventura Wealth Management.

    à suivre dans le Point

    Changer rapidement de modèle pour limiter le réchauffement à 1,5°C

    Pour freiner la hausse du mercure, les émissions de CO2 doivent commencer à reculer dès 2020.

    Vers 2040, la température moyenne de la planète atteindra ou dépassera 1,5°C par rapport au début de l’ère industrielle, si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel. Cela représente une hausse de 50% par rapport au réchauffement enregistré jusqu’en 2017, où le mercure marquait déjà 1°C d’augmentation, selon le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques), approuvé à Incheon (Corée du Sud) samedi et présenté lundi matin (à 3 heures, à Paris). Les représentants de tous les pays l’ont approuvé, assure Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) au Laboratoire des sciences du climat, et coprésidente de la première partie du rapport du GIEC, « même les États-Unis, qui ont fait des remarques sur des formulations ». Mais selon les scénarios étudiés, cette hausse de la température pourrait être atteinte entre 2030 et 2052, précise le résumé pour les décideurs politiques. Bref, le réchauffement s’accélère, comme le redoutait récemment Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies.

    Le « résumé pour décideurs », qui doit guider les actions des gouvernements du monde entier, a été rédigé par environ 90 chercheurs internationaux, dont un quart on fait le déplacement en Corée. Le texte final a été peaufiné à l’aide des représentants des gouvernements et des représentants de l’Union européenne. « Les remarques et commentaires ont été conservés ou rejetés sur la base du compromis et des fondements scientifiques présentés dans le rapport », indique Henri Waisman, chercheur à l’Iddri et coordinateur de la partie consacrée au développement durable de ce rapport (...)

    C’est la première fois qu’il y a une commande politique de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) d’un rapport spécifique au GIEC. Lors de la COP21, en décembre 2015, l’accord de Paris approuvé par 195 pays, avait fixé l’objectif de réduire le réchauffement climatique « bien au-dessous de 2°C » et viser 1,5°C. Mais les publications scientifiques étaient à l’époque presque inexistantes sur cette question. Or « des effets fondamentalement différents sont envisagés entre 1,5°C et 2°C, en particulier pour les pays les plus vulnérables qui ont porté la demande de ce rapport, puisqu’ils subissent déjà durement le changement climatique », ajoute l’expert de l’Iddri.

    Moins de conséquences à 1,5°C par rapport à 2°C

    Avec une augmentation de « seulement » 1,5°C, la hausse du niveau de la mer d’ici 2100 serait moindre (dix centimètres) alors que certains pays en subissent déjà les premiers effets, près de dix millions de personnes ne seraient pas contraintes de déménager et la fonte des glaces en été, autour de l’Arctique, se produirait une fois par siècle au lieu d’une fois tous les 10 ans à 2°C.

    D’autres conséquences ont été estimées : sur 105.000 espèces étudiées, 6% d’insectes perdraient leurs habitats, 8% des plantes et 4% des vertébrés, tandis qu’à 2°C, cela concernerait 18% d’insectes, 16% des plantes et 8% des vertébrés. Par ailleurs il en ira de même pour la durée des canicules dans les villes ou le nombre d’événements climatiques extrêmes (sécheresse, pluies diluviennes, baisse du rendement des cultures, etc.). Mieux vaut donc viser la température la plus basse possible.

    Le méthane et les autres gaz à effet de serre pris en compte

    Le scénario le plus optimiste pour atteindre 1,5°C suppose que « le pic des émissions de gaz à effet de serre soit atteint dès 2020. Et qu’en 2030, les émissions qui sont aujourd’hui autour de 40 milliards de tonnes de CO2 par an, diminue de 45% à 50% par rapport à ce niveau », ajoute Roland Séférian. À 2°C, la baisse des émissions est limitée à 20% vers 2030. De plus, la « neutralité carbone », qui consiste à piéger autant de carbone que ce qui est émis, devrait être atteinte dès 2050 à 1,5°C et non au cours de la moitié du siècle prochain pour l’hypothèse à 2°C. Les chercheurs ont amélioré leurs modèles. Ils ont tenu compte des autres gaz à effet de serre, comme le méthane, les oxydes nitreux et les aérosols tels le carbone-suie et les sulfates. Car le rôle de ces autres composés atmosphériques augmente quand les émissions de CO2 diminuent.

    « La quantité de CO2 qu’il reste à émettre, pour ne pas dépasser le seuil de 1,5°C, est plus importante que celle proposée dans le 5ème rapport du GIEC (publié en 2014 NDLR). Car nous avons utilisé une méthodologie différente, notamment pour la mesure de la température, et pour l’inertie du système climatique au gaz à effet de serre. Par ailleurs, ce dernier rapport indique que les risques climatiques sont en augmentation », ajoute Roland Séférian. Enfin, le document précise que deux millions de km² de permafrost en moins ne dégèleront pas à 1,5°C par rapport à une hausse à 2°C.

    Investir 2,5% du PIB mondial dans le système énergétique d’ici à 2035

    On peut tirer de ce rapport plusieurs conclusions. Il faut tout d’abord que les engagements des pays à réduire leurs émissions s’accélèrent et débutent immédiatement. Ce n’est hélas pas la tendance suivie actuellement parmi les principaux pays émetteurs (Chine, Inde, États-Unis et Europe). Les efforts pour diminuer les émissions devront ensuite concerner tous les secteurs d’activité, en commençant par le système énergétique, où il faudrait investir 2,5% du PIB mondial jusqu’en 2035. Il faudra enfin recourir à des techniques de stockage du CO2 dans tous les scénarios envisagés. Or certaines méthodes sont encore des sujets de recherche, y compris les techniques les mieux connues, comme planter de nouveaux arbres ou stocker du carbone dans les sols, au moyen d’une agriculture moins intensive.

    à suivre dans le Figaro

    Standard & Poor’s défend les départements contre le gouvernement

    Le montage envisagé par le gouvernement pour compenser la suppression de la taxe d’habitation va fragiliser les départements, souligne l’agence de notation.

    Un point pour les départements ! Dans leur passe d’armes avec l’exécutif sur la façon dont elles sont traitées financièrement, ces collectivités vont pouvoir brandir un rapport de l’agence de notation américaine Standard & Poor’s. Que dit ce travail daté du 3 octobre ? Que les départements vont être les grands perdants de la grande réforme de la fiscalité locale rendue indispensable par la suppression totale de la taxe d’habitation sur les résidences principales et que cela pourrait dégrader leur notation.

    Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron avait promis de faire disparaître la taxe d’habitation, dont les recettes vont aux communes et intercommunalités, pour 80 % des Français d’ici à 2020. Jusque-là, pas trop de problèmes. Comme il le fait déjà pour les plus modestes exonérés de taxe d’habitation, l’État s’est en effet engagé à compenser le manque à gagner pour les communes à l’euro près, par la voie d’un dégrèvement. Cette technique lui permet de se substituer au contribuable pour acquitter à sa place exactement ce que ce dernier aurait dû payer.

    Perte du pouvoir de fixer les taux

    Mais sous la pression du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron s’est ensuite engagé à supprimer la taxe d’habitation sur les résidences principales de tous les Français. Un geste qui n’était pas prévu et qui va coûter cher à la puissance publique. Cette annonce empêche de continuer à compenser la taxe d’habitation pour les communes par la voie du dégrèvement puisque cet impôt est amené à disparaître. Elle oblige le gouvernement à mettre sur pied une grande réforme de la fiscalité locale, qui devrait être présentée au premier trimestre 2019, afin, notamment, de compenser le manque à gagner pour les communes.

    À la suite d’un rapport des parlementaires Dominique Bur et Alain Richard, l’exécutif a décidé, début juillet, d’attribuer une partie de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) aux communes et intercommunalités. Celles-ci vont aussi récupérer la taxe foncière sur les propriétés bâties, une fiscalité dynamique et en lien direct avec leur territoire. Sauf que la taxe foncière abonde aujourd’hui les caisses des… départements.

    Et c’est là que les choses se corsent. L’État prévoit de compenser ce manque à gagner pour les départements en leur transférant une partie des recettes de TVA ou de CSG, mais sans leur donner la capacité d’augmenter leur taux. Selon Standard & Poor’s, une telle substitution entre la taxe foncière et un impôt national risque d’affaiblir cet échelon de collectivités déjà fragilisées par le poids des allocations individuelles de solidarité (le RSA, la prestation de compensation du handicap et l’allocation personnelle d’autonomie). « Cette réforme de la fiscalité locale conduirait les départements à perdre leur seule ressource fiscale associée à un pouvoir de taux significatif. Le poids de leurs recettes fiscales modifiables passerait de 23 % des recettes de fonctionnement en 2017 à environ 2 % après réforme, autour des seules taxes d’aménagement et taxe sur la consommation finale d’électricité », écrivent les analystes de l’agence de notation américaine.

    L’investissement menacé en cas de crise

    Ces dernières années, rappelle S&P, les départements ont encaissé le choc de la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales imposée par François Hollande en augmentant les taux de la taxe foncière. De 2011 à 2017, leurs recettes liées à ce prélèvement ont ainsi augmenté de 4,4 %, beaucoup plus vite que la CSG ou la TVA (+ 2,4 % en moyenne). Même en retirant l’effet des hausses des taux, l’augmentation des recettes de taxe foncière s’est révélée plus dynamique (+ 2,6 %) que celles de la TVA ou de la CSG (+ 2,4 %). Les départements y perdraient donc au change.

    La note financière attribuée à certains d’entre eux pourrait donc, à terme, en souffrir, prévient Standard & Poor’s. Particulièrement en cas de retournement de la situation économique, comme après la crise de 2008-2009 quand les départements avaient vu leurs dépenses sociales exploser alors que leurs recettes fiscales, telles que les frais de notaires, s’étaient effondrées. « Si un tel contexte venait à se reproduire, et sans possibilité de recourir au levier fiscal, les départements ne disposeraient pas d’autre variable d’ajustement budgétaire que l’investissement, a fortiori après avoir déjà réalisé d’importantes économies sur leurs dépenses de fonctionnement durant la période de contraction des dotations d’État (2014-2017) », prévient S&P.

    Une recentralisation du financement du RSA nécessaire

    L’agence de notation considère que la réforme du financement des allocations individuelles de solidarité (AIS), évoquée fin 2017, mais qui a été stoppée à la suite d’un différend entre l’exécutif et les départements, pourrait contribuer à préserver la note financière des départements. « Les trois principales dépenses constituant les AIS (l’allocation personnalisée d’autonomie, la prestation de compensation du handicap et le RSA) restent structurellement sous-compensées. La question d’une recentralisation du financement du RSA continue de se poser [...] et pourrait, selon les modalités arrêtées, atténuer la vulnérabilité des budgets départementaux aux cycles économiques », écrit S&P.

    C’est ce vers quoi le gouvernement semble s’acheminer. Dans le cadre de son plan de lutte contre la pauvreté, Emmanuel Macron a en effet annoncé la création d’un revenu universel d’existence, qui rassemblera notamment le RSA et la prime d’activité. L’État devrait en être « entièrement responsable », a promis le président de la République.

    à suivre dans Le Point.fr

    Pourquoi la croissance ne devrait pas dépasser 1,2 % cette année

    LE CERCLE/ECLAIRAGE - Guerre commerciale, Brexit, hausse des taux d’intérêt... La croissance du PIB en 2018 ne devrait pas dépasser 1,2 %.

    Contrairement à l’an dernier où elle avait le vent dans le dos, l’économie française l’a désormais de face. Plus question d’espérer un taux de croissance comme celui qui prévalait alors (+ 2,2 %). Le gouvernement l’a bien compris, lui qui a déjà ramené une première fois sa prévision pour 2018 de + 2 % en début d’année à + 1,7 % il y a quelques jours par la bouche de Bruno Le Maire.

    Sauf que ces prévisions sont encore bien trop optimistes. Elles ignorent ou sous-estiment tous les nuages qui se sont accumulés au-dessus de notre ciel ces dernières semaines.

    Dégradation de l’environnement mondial

    La croissance mondiale est d’abord plombée par les surenchères permanentes du président Donald Trump. Après les premières mesures s’appliquant depuis début juillet, de nouvelles taxes douanières américaines de 10 % sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises sont officiellement entrées en vigueur lundi 24 septembre. De quoi accélérer encore le ralentissement de la seconde économie mondiale, dont le taux de croissance au second trimestre (+ 6,7 %) a déjà dévissé, pour retrouver son niveau le plus bas depuis juin 2016.

    Le pyromane Trump a allumé d’autres feux encore. Ainsi, l’entrée en vigueur, le 4 novembre prochain, de l’embargo américain contre l’Iran va exercer dans les prochains mois une pression à la hausse sur le prix du baril de pétrole. Il provoque déjà le retrait en chaîne des entreprises européennes et françaises de Téhéran.

    La croissance française au second semestre va également pâtir de la dégradation de l’environnement européen, tout particulièrement plombé par les négociations interminables sur le Brexit, auxquelles s’ajoutent les incertitudes de la politique italienne.

    Moteurs en panne

    Aucun des trois moteurs de la croissance hexagonale n’échappera aux conséquences de ces dérèglements internationaux, alors que se profile déjà, par ailleurs, la perspective de remontée prochaine des taux d’intérêt à l’initiative de la Banque centrale européenne (BCE).

    Il y a, d’abord, peu d’espoir pour que la consommation soutienne la croissance au second semestre. Le coup de pouce du gouvernement au pouvoir d’achat (suppression des cotisations maladie et chômage de salariés et baisse de 30 % de la taxe d’habitation en octobre) ne compensera pas les fortes pressions inflationnistes que subissent déjà les consommateurs depuis le début de l’année sous l’effet de la remontée des prix du pétrole et, dans une moindre mesure, de l’énergie.

    La consommation risque aussi d’être pénalisée par les mesures de rigueur prévues dans le collectif budgétaire en préparation : faible revalorisation des retraites, des APL et des allocations familiales. Enfin, le prélèvement à la source pourrait créer un choc psychologique chez les salariés, qui vont découvrir leurs premières fiches de paye nettes d’impôt...

    Ce n’est probablement pas l’investissement des entreprises qui viendra prendre le relais de la consommation en seconde partie d’année. Car sa reprise observée l’an dernier (+ 4,8 %) sera plombée jusqu’à la fin de l’année par l’affaiblissement de la demande mondiale et l’érosion des marges des entreprises (que l’Insee annonce à seulement 31,7 % pour 2018 contre 32,5 % l’an dernier). Pire encore : pour se protéger d’une remontée prochaine des taux, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a donné instruction aux banques, à compter du 1er juillet dernier, de limiter leur exposition vis-à-vis des entreprises résidentes les plus endettées.

    Pour le reste, il faut s’attendre à ce que la balance commerciale française, constamment en déficit depuis 2003, continue de se dégrader. Et ce d’autant que la compétitivité de nos entreprises reste durablement dégradée.

    Avec ses trois moteurs en panne - consommation, investissement et export - on voit mal comment la croissance pourrait se situer au-dessus de 1,2 % cette année.

    paru dans LES ECHOS

Retour
Contact / Plan du site / Mentions légales    © P.RO COM - 2012