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Activité et emploi

Rentrée 2017 : « l’activité et l’emploi » ne sont toujours pas prioritaires ?

Modifier le code du travail n’est pas suffisant...


Depuis la prise de fonction de l’exécutif, les discussions (consultations) avec les partenaires sociaux se sont succédées durant plus de 3 semaines à l’Elysée et avec le gouvernement. A l’ordre du jour, à propos de la loi de modification du code du travail, l’Assemblée nationale et le Sénat ont donné leur accord à la loi d’habilitation autorisant l’Exécutif à légiférer par ordonnances.

Après la mise en scène, le passage à l’énoncé des propositions…

La communication et la publication des divers contenus des ordonnances ne vont pas manquer de relancer, de stimuler, voire de perturber le dialogue entre partenaires sociaux, salariés et patronat, avec un gouvernement déjà sur la défensive.

Un travail de simplification nécessaire mais pas suffisant - source : cfjab.fr


Quelques points essentiels discutables seront mis en exergue. Ils pourront servir de tremplin à des manifestations syndicales et à des rassemblements politiques. Le gouvernement fait son apprentissage sur cette loi fondamentale sur le code du travail. Quel en sera l’accueil ? Comment vont réagir les salariés, les petits entrepreneurs et les créateurs de projet ? Nous en saurons plus après la fin septembre.

A quoi doivent s’attendre les salariés ?

Les premières réactions, atténuées par la période estivale, laissent penser malgré tout que les réactions seront au départ dispersées mais néanmoins pertinentes de la part de l’ensemble des syndicats. A la fois dans leur rôle, mais aussi sensibles à certaines mesures qu’ils vont considérées comme difficilement acceptables. Parmi les plus remarquées, il faut admettre qu’un certain nombre suscite le mécontentement.

Indemnisations dans ce secteur avec le nouveau projet de loi – source : actu-transport-logistique.fr


A noter pour les syndicats, la nouvelle importance relative de l’entreprise par rapport à la branche dont il va falloir préciser la limite des interférences. Pour ne citer que quelques voies envisagées : les salariés pourraient voir du changement en particulier en ce qui concerne le licenciement. Les indemnités au prud’homme seront plafonnées, pas toujours de minimum ; les délais de contestation raccourcis ; des licenciements collectifs facilités ; etc.

Autres nouveautés envisagées qui peuvent interpeller…

L’accès aux indemnités de chômage pourrait concerner d’une part les créateurs de projet ou les indépendants, en difficulté et d’autre part les salariés qui souhaitent démissionner. Les uns et les autres pourront bénéficier du chômage pendant 24 à 36 mois, en principe, une fois tous les 5 ans !

Une suppression partielle du nombre d’emplois aidés est envisagée. Significative, elle toucherait majoritairement les emplois aidés du secteur « privé » sans oublier ceux du secteur « public » indispensables au niveau des communes. Plus d’1 million de personnes sont concernées. Ils sont jugés dans l’ensemble couteux, non efficaces, pas de tremplin pour l’insertion par l’OCDE, la Dares et la Cour des comptes. Des points de vue peut-être aussi discutables…

Bienvenue au CDI de « projet » ? - source : insolentiae.com


Enfin une autre décision sur les contrats de travail : Elle touche à la fois les CDD de courte durée, les CI (Intérim), la baisse du nombre de CDI et l’arrivée sur le marché de l’emploi d’une notion de CDP (CDI de projet). La confusion risque de s’emparer librement des employeurs et des salariés pour leurs mises en œuvre. La comparaison permanente avec les autres partenaires étrangers n’est surtout pas une référence.

Ce n’est pas « qu’en facilitant » le licenciement qu’on crée de l’emploi !

En conclusion de ces premières réflexions qui ne manqueront pas, espérons-le, d’être précisées durant le mois de septembre, le doute gagne du terrain aussi pour les 6 millions de chômeurs et de « sans-emploi ». Les « patrons » et « chefs d’entreprise » peuvent y voir quelques avantages à court terme, mais sur le fond les réactions ne sont pas toutes encourageantes. La tâche va être difficile pour trouver des accords. Trop de confusion est entretenue dans les propos officiels, dans les annonces et les communications gouvernementales.

N’oublions pas que pour l’immense majorité des responsables de TPE, ME et MI, leur première priorité, c’est avant tout le carnet de commandes et pas nécessairement l’accès facile au licenciement…

Jacques Martineau


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Activité et emploi

L’emploi : la priorité des priorités, un défi possible ?

Entre l’intention et l’action, c’est le résultat qui compte…


Il n’est jamais du meilleur goût de faire un comparatif permanent dans le domaine de l’emploi avec les pays de l’Union européenne et en particulier de la zone euro. Dans un marché libre et concurrentiel, on ne peut pas ignorer les préjudices causés par des conditions différentes d’accès à l’embauche et des divergences en termes de couverture sociale. Si on ajoute à cela les différentes conditions d’accès à l’emploi dans chaque pays de l’Union, on est face à un vrai problème avec les travailleurs détachés européens…

Dans un désordre social et fiscal reconnu, comparaison n’est pas raison au niveau européen… La tâche est difficile. Mais pour autant cela n’excuse en rien la permanente passivité de nos gouvernants en la matière à Bruxelles. Affirmer sa position est une chose, la confirmer dans l’action en est une autre…

Gérer l’inactivité un « non sens » coûteux

Gérer socialement le chômage (c’est-à-dire l’inactivité) en attendant uniquement les effets d’une reprise économique chez les « autres » est tout simplement utopique, quels que soient les efforts engagés. Entretenir l’inactivité génère le désespoir et la misère dans la précarité sans proposer aux chômeurs et sans emploi des solutions d’espérance et surtout concrètes.

La France ne peut pas continuer à assister dans la durée ses chômeurs, ses quinquas en préretraite forcée, ses jeunes, qualifiés ou non, en recherche d’emploi. Elle les humilie et les met à bas de la société. La France n’a plus les moyens financiers de pallier cette misère croissante. Faire semblant de l’ignorer n’est plus crédible.

Croissance (Insee) et taux de chômage (BIT) - source : lepoint.fr


Il est illusoire de se référer uniquement au « mieux-être » du contexte économique européen et mondial pour parler du retour de l’emploi en France. Alors, il faut arrêter de se cacher la vérité et d’entretenir l’inactivité pour sortir de ce mal français !

En France, face aux priorités, le problème du chômage reste entier et déterminant. Le nouveau gouvernement, une fois en « état de marche », n’aura d’autre choix que de s’atteler le plus rapidement possible à tenter de le résoudre de façon durable. Vaincre le problème du chômage est un enjeu ambitieux qui doit s’appuyer sur des bases solides mises en place pour offrir aux chômeurs et aux sans-emploi les chances d’un avenir réel et concret au travail.

A ne rien faire concrètement, la France a créé progressivement à une échelle différente une sorte de lutte des classes que l’on pourrait aussi qualifier de lutte des « castes ». Les citoyens n’ont aucune raison de l’accepter sans pouvoir réagir. Il faut les aider. La patience a aussi ses limites.

Stimuler l’activité, une réponse efficace

A l’inverse, parler d’activité en la stimulant est loin d’être un non-sens. L’activité, synonyme de travail induit, est au contraire une des clés de la réussite pour un retour progressif à l’emploi. Gardons présent à l’esprit que : « C’est l’activité qui génère la croissance et non l’inverse », comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire et de l’écrire. Oui, il est possible de recréer de la richesse grâce à cette activité utile que nos inactifs contraints seraient capables d’induire. L’idée a fait son chemin, peut-être maladroitement, mais la porte s’est entrouverte...

Emmanuel Macron et son projet de loi en 2014 – source : croissanceplus.com


L’objectif majeur prioritaire est d’abord de satisfaire en matière d’emploi les besoins affichés des microstructures artisanales, commerciales et techniques, des très petites, petites et moyennes entreprises. D’autres besoins plus spécifiques s’ajoutent, ils concernent en priorité la consolidation des créations de « start-up » de développement, de recherche appliquée et d’innovation numérique et technologique.

Au total, cela représente plus de 3,2 millions d’entités et de sociétés privées susceptibles de procurer du travail à plus d’un million de personnes qualifiés, chômeurs ou sans-emploi (cf. « L’emploi… C’est tout de suite ! »). Le tout devra s’inscrire sur un vaste fond de formations, permanentes et choisies, adaptées à tous acteurs qu’ils soient actifs, chômeurs et sans-emploi et ce, à tous les niveaux.

Au gouvernement : la responsabilité de la mise en œuvre…

Pour ce retour à l’activité, il appartiendra aux dirigeants politiques d’une part de veiller aux conditions d’attribution de l’assurance chômage, et d’autre part de réduire les charges sociales auprès des très petites, petites et moyennes entreprises mais qu’en relation avec des emplois créés.

Un regard différent mais pour quels résultats ? - source : smic-net.fr


Le gouvernement aura la responsabilité de la mise en œuvre. Il se devra d’aménager dans le détail des propositions, de les rendre applicables, tout en préservant l’essentiel, en négociation avec les partenaires sociaux patrons et syndicats.

La France devra aussi faire le nécessaire pour inciter les partenaires européens à une harmonisation minimale sociale au niveau de l’Union européenne et de la zone euro. Un projet ambitieux, mais déjà faut-il en avoir la volonté… Faute de s’attaquer en priorité au problème du chômage, toute tentative de gouvernance dans d’autres domaines avec l’assentiment des Français sera voué à l’échec…

Jacques Martineau


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Activité et emploi

L’accès des jeunes à l’emploi : l’impossible montage actuel !

Et pourtant des solutions existent…


Au delà du rapport annuel de la Cour des comptes et de ses remarques sur la formation professionnelle, le dernier rapport rendu public à la fin de l’an dernier par les « sages » de la Cour des comptes est accablant pour les résultats de la politique menée pour l’accès à l’emploi en ce qui concerne les jeunes de 16-25 ans non qualifiés ou peu qualifiés. Plus de trente dispositifs mêlant plus ou moins aide directe à l’embauche, accompagnement personnel ou formation, coûtent aux alentours de 10,5 milliards d’euros par an, seuls « ceux qui sont ramassés dans le temps et qui mettent le paquet sur les relations entre conseiller et jeune affichent un taux d’accès à l’emploi de plus de 50 % ». La Cour des comptes dénoncent un empilement des mesures, un manque de coordination et la dispersion des crédits. C’est un signal d’alarme !

Didier Migaud, lors de la présentation du rapport annuel – source : Le Monde


Avec la crise, surtout depuis 2008 et sans progrès, l’offre d’embauche a fortement reculé. L’entreprise s’est coupée de la jeunesse et du monde de l’éducation. La chasse aux élites reste la règle. En référence au passé et à ses habitudes, elle a continué à privilégier le diplôme et rarement le jeune diplômé. Pendant des années aucun dialogue sérieux entre les entreprises et les responsables de notre système éducatif n’a d’ailleurs eu lieu sur le fond. Les salons spécialisés par définition ignorent une partie importante de la jeunesse sans expérience. Associé à la rigidité socioculturelle de notre système éducatif, notre mode de sélection, élitiste et prématuré, a trop longtemps favorisé l’échec et engendré le rejet. Le résultat est clair : le taux de chômage des jeunes en France n’a cessé de croître. Il dépasse le cas des non diplômés et touche de plus en plus les diplômés de l’enseignement supérieur. Il est désormais supérieur aux 23% de la moyenne européenne !

La première période de notre vie correspond au temps consacré à notre éducation et à notre formation de base, la seconde est liée à notre parcours professionnel, et la troisième suit notre retrait du monde du travail. Cette première période est de loin la plus déterminante. C’est elle qui va influer sur la suite de notre vie active. L’évolution des techniques et des métiers a conduit inévitablement à plus de formation, à plus de diplômes et à des études plus longues pour l’élite. Le délai reconnu pour les diplômés, les plus qualifiés, pour qu’ils obtiennent un contrat à durée indéterminée (CDI) dépasse les 24 mois pour les plus chanceux, va quelquefois au-delà des 36 à 48 mois pour les autres. Pour les non diplômés et non qualifiés, c’est un problème souvent sans solution. Les responsabilités de cette insuffisance sont partagées. Le marché de l’emploi est une épreuve à laquelle nos jeunes ne sont pas préparés. C’est à ce niveau que doivent porter les efforts. L’insertion dans la vie professionnelle par l’activité en entreprise est indispensable « formation, alternance ou apprentissage ».

A la recherche d’un emploi pour entrer dans la vie active – source : cereq.fr


Alors que l’emploi demeure l’un des enjeux prioritaires de la prochaine échéance électorale, surtout en ce qui concerne les jeunes, il est facile de constater que la carence actuelle sur ce point particulier est flagrant. D’aucuns proposent de payer les jeunes « à ne rien faire » en cas d’impossibilité, tout en fumant un « joint » à leur gré ! D’autres oublient d’en parler en demandant à tous de se serrer la ceinture pour remonter la « pente », sachant qu’ils ne sont pas concernés par ces efforts ! Quant aux derniers candidats, ils n’en font pas toujours mention. Peut-être ont-ils oublié qu’il y a des centaines de milliers de jeunes sans emploi, qualifiés ou non qui se retrouvent en situation de « recherche d’emploi » chaque année ?

C’est pourquoi, à Club Espace 21, nous avons jugé utile de rappeler les propositions qui avaient été faites, concernant les jeunes, l’activité et l’emploi. Cela avait l’objet d’un article paru sur ce site en mai 2015. « Jeunes » : privilégier l’accès à l’activité marchande. Nous vous invitons à le consulter, il interpelle et reste entièrement d’actualité. Il est vrai que dans le contexte actuel de la campagne présidentielle en parlant d’emploi, on peut avoir l’impression d’être « hors sujet »…

Jacques Martineau


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Activité et emploi

Loi « Travail » : un surplace prévisible pour l’« emploi » !

Tous les partenaires sociaux jouent « perso » sur fond de violences


Ce projet de loi « Travail » est censé apporter des éléments pour améliorer la situation de l’emploi. Pour satisfaire le patronat, on n’a rien trouvé de mieux que de parler de faciliter le licenciement pour favoriser l’embauche ! Un titre et un slogan de non sens qui choquent alors que c’est le chômage qui est à l’ordre du jour. Avant même d’embaucher, communiquer sur la meilleure façon de se séparer d’un salarié est « explosive ». Le côté provocateur de cette démarche fait les « titres ». Très vite, les réactions dans la rue ont pris le dessus sur ce qui allait s’apparenter à un simulacre de négociations sans objet.

Une formation toujours sans réponse – source : Chaunu (Ouest-France)


C’est toujours le « chacun pour soi » qui prédomine

En termes de création d’emploi, principalement le Medef, la CGPME et la plupart des syndicats de salariés (CGT, FO, Sud) font du surplace ou s’initient occasionnellement en tentant de soutenir (CFDT, CFTC et CGC) avec réserve l’action du gouvernement avant de se rétracter. Les syndicats étudiants (essentiellement l’UNEF) manifestent et leurs représentants (principalement FAGE) dérangent. Ils ne peuvent pas partir les mains vides. Les résultats sur le sujet sont loin d’être satisfaisants. Ils sont même inquiétants en référence aux espoirs annoncés tant par le Medef que par le gouvernement. Il est évident qu’aucun de ces partenaires sociaux n’a été en mesure de proposer une « idée » cohérente en la matière qui puissent rassembler. Avec les discussions et les négociations en cours sur le code du travail et sur l’assurance chômage, personne n’est tombé d’accord pour faire un effort dans le sens du progrès pour tous. C’est toujours le « chacun pour soi » qui prédomine.

Ce projet de loi tient le bas du pavé, dans une violence incontrôlée…

Quant au gouvernement, il ne domine pas le sujet. Il veut s’afficher comme un étrange « bienfaiteur », pris entre deux attitudes : l’une sous forme d’un assistanat au bénéfice des « sans emploi » et des chômeurs, et l’autre consistant en un soutien financier au « patronat » au travers du pacte de responsabilité et du Cice.

Manifestants contre la loi « Travail » - source : Le Point


Désormais, c’est la loi « Travail » qui tient le « bas » du pavé avec des manifestations accompagnées de violences incontrôlées. Au milieu de tout cela, c’est l’opération « Nuit debout » qui préoccupe dans l’indifférence ! Ce projet de loi cristallise dans la « rue » dans la presse, dans les médias et au gouvernement comme à l’assemblée, bientôt toutes les contradictions du système. L’énoncé de son contenu, revu et corrigé, toujours indigeste n’a fait que préciser les écarts existant entre les partis en tous genres (politiques, patronaux, syndicaux, salariés et étudiants), favorisant des interventions médiatiques hétéroclites, plus ou moins orientées, mais pour la plupart à la recherche de leur propre raison d’être.

Un retour à la case départ exigé, accompagné d’« ultimatum » !

Syndicats patronaux et salariés manifestent les uns et les autres à leur façon. En posant un ultimatum, le patron du Medef et la CGPME ne se grandissent pas en demandant au gouvernement de revoir sa copie en retournant à sa première version de la loi Travail, pour ne pas accepter la surtaxe sur les CDD. D’accord ou pas avec les propositions du gouvernement, ils se doivent d’insister sur la négociation et de tenter d’influer au niveau parlementaire. Peut-être que l’incapacité du « pouvoir » à reprendre la « main » les incitent à ce type de comportement qui sera sans issue.

François Asselin et Pierre Gattaz, à cours d’arguments ? - source : Le Figaro


La tactique qui consiste à menacer le gouvernement de chantage à la non participation, aux négociations sociales actuelles, en particulier à l’assurance chômage, est indigne de ce que prétendent représenter ces syndicats patronaux ! De leur côté, les syndicats salariés dont les attentes ne sont pas satisfaites appellent aussi à la grève, à des manifestations élargies et des rassemblements insolites quotidiens à tendance « pseudo démocratique ». Ce chantage permanent dont tous les syndicats, patronaux et salariés, font « preuve » très souvent pour des raisons opposées, ne fait que scléroser le système.

Se décider enfin à rapprocher l’offre de la demande

Au cours des prochains débats à l’assemblée, politiques et parlementaires appartenant à la majorité et à l’opposition vont se lancer aussi des vindictes, mais sur le fond, ils ignorent l’essentiel du problème, c’est-à-dire l’impératif besoin d’un retour à l’activité. Nous avons eu l’occasion de nous exprimer sur le sujet et de faire des propositions concrètes pour créer 1 million d’emplois dans des petites structures et entreprises privées et faire 10 milliards d’euros d’économies par an.

Réunion à Matignon – source : gouvernement.fr


Face à une politique de l’offre à sens unique qui n’est pas une solution en France en période de crise, il importe au contraire de rapprocher l’offre de la demande pour satisfaire les besoins réciproques et redonner de la dignité, de la confiance et de la fierté de se sentir utile, à ces jeunes, à ces femmes et à ces hommes, laissés-pour-compte, que les non concernés n’hésiteraient pas à traiter de paresseux ou d’indignes profiteurs d’un système aux abois.

Cela a déjà été dit, expliqué dans des conférences, lors de débats, présenté aux politiques jusqu’au plus haut niveau (Matignon) et écrit à travers de nombreux articles et des ouvrages. Et pourtant « presse » et « médias », toujours plus préoccupés par le quotidien et la « Une » du moment, n’ont pas vraiment servi de relais.

Jacques Martineau


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Activité et emploi

L’Espace-entreprise : un atout maître pour les créateurs

Interview de Robert Depouilly (Sogerode)


Trop souvent on oublie un facteur essentiel de l’échec en entreprise, les mauvaises conditions de travail et les défaillances de l’environnement. C’est pourquoi nous avons décidé aujourd’hui d’aborder le sujet et de donner la parole à Robert Depouilly, qui est un précurseur et innovateur dans l’immobilier d’entreprise à « taille humaine » au service de créateurs, chefs d’entreprises ou responsables d’unités de grands groupes. Nous avons jugé intéressant de l’interroger.

Club Espace 21

Monsieur Depouilly, pouvez-vous nous dire en quelques mots ce qui vous a amené à vous engager dans cette voie ?

Cela a commencé, il y a très longtemps, le contexte était favorable. C’est pourquoi j’ai réagi. Nous étions et sommes toujours situés à Rueil-Malmaison, en limite de Suresnes et de Saint-Cloud où étaient implantés depuis de nombreuses années différents acteurs de l’industrie française. Nous souhaitons d’ailleurs à cet effet remercier la Direction du Développement Economique de la Ville de Rueil-Malmaison et de l’Agglomération du Mont Valérien (CAMV) qui a toujours su et qui sait encore attirer les très grandes entreprises.

Espace-entreprise – source : Sogerode


A l’époque en 1971, cet immeuble aurait pu être des « plus communs ». En fait il n’en a rien été, nous avions l’avantage d’être proche de certaines usines de production de très grands groupes. Ceci nous a permis de travailler avec certains de leurs sous-traitants tels que SM Electronique (pour Dassault, Snecma et CEA), Transel, ETDE, Forclum (pour EDF). Nous avons aussi accueilli Ciba Ceigi, Unilever, Degremont (filiale de Suez) et Renault.

Mais quelles étaient précisément leurs demandes ?

Toutes ces sociétés avaient le souci d’avoir des prestataires de « proximité » et de créer des filiales pour assurer le suivi de leur production et les réponses aux appels d’offres dans leur diversification. Face à cette demande implicite, nous nous sommes adaptés en proposant une offre, immobilière et de services, de locaux industriels et de recherche de pointe. Ces sociétés ont créé plus de 2500 emplois malgré les crises que nous avons traversées en 1973 et 1993.

Depuis ces origines, comment avez-vous vu évolué les besoins ? Par étapes ou en continu ?

Jusqu’au début des années 2000, la France produisait dans la petite, moyenne et très grosse industrie. Les choses ont changé d’une part par la délocalisation et la concurrence des pays émergents, d’autre part par la mondialisation. Cette étape franchie, nous nous sommes retrouvés dans une évolution restrictive importante des besoins qui a entrainé chez nous une baisse d’activité. Il a fallu repartir sur de nouvelles bases, avec un service aux créateurs d’idées et d’entreprises, entrainant désormais une adaptation permanente au changement et aux nouvelles technologies.

Comment percevez-vous les conséquences de ce changement permanent aujourd’hui ?

Il faut offrir aux grands groupes installés dans le département des « Hauts de Seine » la possibilité de disposer de locaux et services de proximité afin de maitriser leurs prestataires et leurs sous-traitants. Cela me semble encore une excellente opportunité.

En conséquence, il a fallu adapter les locaux en permanence au changement en les rendant « upgrade » à la création et à l’innovation en répondant à une demande « sur mesure ». C’est là un des avantages de ce type d’ensemble immobilier.

La Défense – source : webimm.com


Deux mots sur le comparatif entre « petits immeubles » et « grands ensembles » ?

Les petites structures, petites unités ou petites sociétés filiales ont besoin d’une identité propre et équitable. Leur situation dans de « grands ensembles » à l’intérieur de grands groupes contribue au contraire à les étouffer d’emblée. Si ces derniers en prennent conscience, ils se retourneront vers nos offres, car la tendance aujourd’hui est plus tournée vers l’immobilier de proximité, facilement accessible.

Autrement dit, vos cibles, ce sont d’abord les petites et très petites entreprises ?

Non nous ne raisonnons pas de cette façon. Pour nous, il s’agit plus d’une rencontre entre une offre et une demande. Les gérants ou chefs d’entreprise sont à la tête aussi bien de très petites, de petites ou de moyennes entreprises.

Sont aussi intéressés des Directeurs ou des Chefs de projet d’unités autonomes de grands groupes. Comme nous voudrions l’exprimer, la réussite de l’offre et la satisfaction du « Client » viennent surtout de l‘adaptabilité de cette offre. Cette forme de « sur-mesure » est essentielle.

Vous parlez de pépinières d’entreprises ?

Oui, bien sûr. C’est en fait une structure que nous avons toujours favorisée. Elle est destinée à stimuler la création de micro-entreprises, l’encouragement de « start-up », et/ou le développement d’entreprises en leur apportant tout le soutien technique et les services indispensables dans un environnement favorable communicatif toujours à « taille humaine ».

Séance de coworking – source : coworking.com


Dans ce type de structures, c’est aussi le coworking qui prévaut ?

La qualité de l’environnement de travail, matériel et humain, est une composante essentielle du succès. C’est pourquoi, nous avons anticipé pour créer les conditions d’une interactivité entre les personnes et les sociétés présentes.

Avec un espace de travail partagé et un réseau de savoir-faire et de compétences nous parvenons à faciliter l’échange et l’ouverture à l’autre. C’est ceci qui correspond à ce que l’on qualifie maintenant de « coworking » en entreprise.

Avec une adaptation permanente aux progrès informatiques et aux nouvelles technologies, des installations de qualité doivent répondre à tous ces besoins d’exception, sans oublier la sécurité, la confidentialité et la convivialité.

Espace de travail partagé – source : Sogerode


Oui, mais dans le contexte actuel, qu’est-ce qui peut entraîner des créateurs à se tourner vers vous et ce type de structure ?

Aujourd’hui, parler d’entreprendre est beaucoup trop souvent considéré comme une hérésie dans un contexte économique difficile où les mots redressement, liquidation, faillite, licenciement, chômage, cessation d’activité, prud’hommes, etc. sont les plus courants.

Pourtant en France, il existe heureusement encore des dizaines de milliers de femmes ou d’hommes, débutants ou confirmés, passionnés par leur envie d’entreprendre, de créer et de réussir. Leur réussite ne peut tenir qu’à un fil et bien souvent cela ne tient qu’à quelques détails pour les uns mais très importants pour les autres. Mais nombreux sont ceux pour qui chercher des locaux dans un environnement structurel moderne « ad hoc » et de qualité pour s’installer est toujours un problème essentiel dont il faut tenir compte suffisamment en amont et avec le plus grand soin.

Interview réalisée par Club Espace 21


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Activité et emploi

La mobilité dans les « Grandes Entreprises »

Un besoin : du souhait à la réalité...


Pour parvenir à concilier l’ensemble des besoins et des attentes réciproques de l’entreprise et de ses salariés, une évolution s’impose dans la vie professionnelle. L’immobilisme dans la routine ne peut que conduire à des situations conflictuelles. La monotonie, l’insécurité et l’âge sont des facteurs de blocage d’autant plus dans les « grandes entreprises », publiques et privées confondues ! La conjoncture économique et l’insécurité sont aussi des facteurs déterminants. Ils peuvent être des freins surtout dans un contexte de crise persistant avec un taux de chômage élevé. Et ce, malgré le caractère rassurant des « grands ensembles ».

La réalité de la mobilité des « grands ensembles »

N’oublions pas que près des 2/3 de l’activité économique française et de l’emploi salarié sont assurés par 35.000 entreprises de plus de 50 salariés, incluant quelques milliers d’entreprises de taille intermédiaires (ETI) et un peu moins de 200 très grandes entreprises (GE). Des millions de salariés sont concernés par ces « grands ensembles ».

Source : BFM Business


Il faut par conséquent être en mesure d’assurer une certaine dynamique pour optimiser l’état de bien être et de savoir être de tous leurs salariés dans leur travail en développant et en valorisant leur compétence à leur propre bénéfice et à celui de leur entreprise. Et ceci, que d’aucuns pourraient qualifier d’évolution de carrière, est valable pour tous quelle que soit leur qualification, ouvrier, employé, technicien, cadre ou non cadre.

Dans une carrière la mobilité professionnelle est essentielle. Déjà dans une même entreprise, changer de fonction, de responsabilité, de métier après une formation adaptée, sont autant d’occasions d’évoluer, de s’épanouir en changeant d’activités. A cela s’ajoutent les mutations géographiques, les découvertes de nouveaux environnements, la rencontre de nouveaux collaborateurs et responsables.

Il va de soi qu’une mobilité « externe » en changeant d’entreprise, peut aussi être une chance pour faire valoir son expérience et tirer profit d’une opportunité correspondant à un souhait. Pour réussir cette mobilité, il importe qu’elle corresponde d’abord aux besoins du demandeur et qu’elle s’intègre dans une perspective professionnelle à moyen terme (plusieurs années) pour le « mutant ». Cette mobilité « externe » doit être considéré comme une nouvelle « embauche ».

L’expression du besoin de mobilité chez les salariés

De nombreuses enquêtes ont été effectuées sur le sujet de la mobilité et de l’évolution de carrière dans l’entreprise. Nous avons retenu, l’une d’entre elles, une enquête TNS Sofres. Les résultats concernent les GE, les ETI et les ME de plus de 500 personnes. Réalisée, il y a 2 ans, elle reste pertinente. Les résultats sont évocateurs. Plus d’un salarié sur deux (57%) dans ces entreprises (publiques et privées confondues) déclarent avoir envie de changer de métier ou de filière dans leur vie professionnelle. A noter que 73% sont persuadés qu’il faut le faire avant 45 ans.

Source : Net Emploi


Sur les 57% de salariés décidés à évoluer dans leur carrière, le souhait est fort chez les plus jeunes (84% des moins de 25 ans, 72% des moins de 35 ans) et moyennement partagé (58%) pour les 35-49 ans. Les seniors, au delà de 50 ans, sont moins de 30% à souhaiter bouger, sachant qu’ils sont considérés comme trop âgés dans l’entreprise après 52 ans !

L’enquête souligne, ce qui n’est pas une surprise que les salariés du privé sont plus enclins à parler et à envisager un changement de carrière avec réorientation, après formation (60%) que ceux du public (53%), ce qui n’est cependant pas négligeable et encourageant pour ce secteur. Entretiens de carrière (60%), bilans de compétences (64%), formation professionnelle (66%), demeurent les moyens de mises en situation les plus appréciées, avec le souci de changer de carrière, de métier ou de filière quand il en est encore temps (58%).

Au delà du souhait, la mobilité deviendra réalité

En matière d’évolution de carrière, il faut y croire et être déterminé. Dans les « grandes entreprises », cela dépend avant tout, en dehors du besoin, de la femme ou de l’homme qui est concerné. Le pessimisme comme l’attentisme sont fatals. Etre soi, savoir s’affirmer en toutes circonstances, mais dans le respect des règles du « jeu », des « us et coutumes » de l’entreprise. Ceci n’empêche pas d’intervenir, de s’exprimer et savoir se remettre en cause. Le « toujours plus » en la matière n’est pas un handicap. Avoir de l’ambition est aussi un atout.

Source : Le Figaro


Oui, dans l’accès aux niveaux les plus élevés, les « dés » sont souvent « pipés ». Les « fausses règles » font partie du « système », mais lorsque les circonstances s’y prêtent, on est très heureux de trouver les « Montagnards » qui ont gravi dans l’entreprise, pour se sortir de l’embarras. A vous de saisir votre chance, mais sachez que vous ne changerez pas le « système ». Il faudra changer de « système ».

Dès maintenant et encore plus dans les années à venir, il faut se convaincre qu’il ne sera pas possible d’imaginer faire toute sa carrière dans les mêmes conditions, dans la même entreprise, au même endroit, dans la même langue et dans le même pays…

JM

Cet article a été publié dans Economie matin

le 10 septembre 2015


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Activité et emploi

« Jeunes » : privilégier l’accès à l’activité « marchande » !

Des solutions existent... Alors mobilisez-vous !


La patience a des limites. Gérer socialement le chômage en attendant les effets de la reprise ne suffit plus. Ceci est d’autant plus grave quand il s’agit des « Jeunes ». Il est temps d’arrêter de payer l’inactivité. Inversement, on doit stimuler l’activité. Pour créer ou recréer de l’emploi, la clé indispensable, c’est l’activité. Mais il ne faut pas confondre activité et emploi. On doit se mobiliser pour favoriser l’accès à l’activité « marchande » en contribuant à réduire de manière importante toutes les dépenses passives en diminuant au maximum l’assistanat.

La prime d’activité doit remplacer à partir du 1er janvier 2016 le revenu de solidarité active (RSA) activité et la prime pour l’emploi (PPE), incluant désormais les 18-25 ans. C’est une initiative incitative pour aller à l’emploi. Ce qui est proposé ci-dessous est plus direct et complémentaire.

Emploi : pour les jeunes sans qualification et sans diplôme…

Plus de 40.000 élèves sortent chaque année du système éducatif sans aucune qualification. À ces élèves sans aucune qualification s’ajoutent environ 140.000 jeunes qui quittent le système scolaire sans diplôme. Ce sont au total 180.000 jeunes sans diplômes ou sans aucune qualification avec un très lourd handicap. Le contrat d’activité n’est pas une réponse pour ces jeunes puisqu’il s’adresse à des personnes qualifiées ayant une expérience professionnelle. Des solutions existent pour ces jeunes sans qualification et sans diplôme : alternance et apprentissage. Mais quantitativement et structurellement, c’est insuffisant aujourd’hui.

Source : Formation APIQ


La population sinistrée de jeunes sans qualification et sans diplôme, l’absence ou le non accès à l’emploi est synonyme de marginalisation et d’exclusion. Aussi, il n’est pas nécessaire de prolonger inutilement la période d’inactivité. C’est pourquoi, il faut créer des Centres de pré qualification à l’emploi (CPQE).

Les Centres de pré qualification à l’emploi (CPQE)

L’objectif est d’orienter les jeunes pour préparer leur insertion professionnelle et sociale. La durée de cette formation (à caractère obligatoire) est de 3 ans, accessible dès 15 ans et jusqu’à 18 ans au plus tard. Les plus âgés ne dépasseront pas les 21 ans. Il faut leur donner ou leur redonner le goût de l’effort et les aider à reprendre confiance en eux. Il importe qu’ils acquièrent un savoir-faire professionnel, un savoir-être et une notion de savoir-vivre en groupe, utiles. La société a besoin d’eux.

Source : Net Emploi


La première année, la scolarité est placée sous le signe de la découverte des métiers avec une semaine d’ouverture à l’activité. Au fur et à mesure, la seconde année favorise l’orientation avec deux semaines d’activité par mois. La dernière année est celle du choix, avec plus de trois semaines en l’entreprise et une semaine de formation spécialisée. A l’issue de cette formation, les titulaires de ce diplôme pourraient entrer sur le marché du travail ou le cas échéant postuler pour un contrat d’activité « marchande » jeune.

La création des CPQE serait financée par l’Education nationale (40%), les régions (30%), les collectivités locales (20%) et la formation professionnelle (10%). 30% de ce financement servirait à indemniser mensuellement les élèves à hauteur de 20, 30 ou 40% du smic en fonction de l’année de scolarité.

Si l’Etat et les collectivités locales s’investissent dans l’action, le retour sera gagnant pour tous…

Emploi : pour les jeunes diplômés mais sans expérience…

Pour les étudiants, à l’issue de leur formation, les mieux lotis parviennent avec du soutien, de la patience et de la persévérance à obtenir un diplôme, une qualification et à trouver un emploi. De nombreux secteurs de l’économie sont toujours en quête de jeunes qualifiés et ne parviennent pas à satisfaire la demande. Le marché de l’emploi est une épreuve à laquelle nos jeunes diplômés ne sont pas préparés. Pour les jeunes, l’insertion dans la vie professionnelle par l’activité en entreprise est indispensable.

Source : L’Express


L’entreprise s’est coupée de la jeunesse et du monde de l’éducation. La chasse aux élites reste la règle. En référence au passé et à ses habitudes, elle a continué à privilégier le diplôme et rarement le jeune diplômé. Associé à la rigidité socioculturelle de notre système éducatif, notre mode de sélection, élitiste et prématuré, a trop longtemps favorisé l’échec et engendré le rejet. Le résultat est clair : le taux de chômage des jeunes en France n’a cessé de croître. Il est désormais supérieur aux 23% de la moyenne européenne ! En moyenne, le délai reconnu pour qu’ils obtiennent un contrat à durée indéterminée (CDI) dépasse les 24 mois après le diplôme pour les plus chanceux. Aujourd’hui, on note 85% de CDD en général de très courte durée, hors du domaine de qualification.

Le contrat d’activité « marchande » pour les jeunes

Pour les jeunes diplômés avec peu ou pas d’expérience, au-delà du stage, le contrat d’activité marchande est aussi une solution qu’il ne faut pas négliger. Pour ces jeunes en quête d’une première réelle expérience professionnelle, l’accès à l’emploi pourrait se faire via un contrat d’activité jeune d’une durée limitée à 12 mois, renouvelable une fois 6 mois, (à raison d’1 contrat par entreprise, TPE PE ou ME).

Source : @ fotolia.fr


Les conditions de financement pourraient être les suivantes pour les jeunes n’ayant jamais travaillé en entreprise. L’employeur, demandeur et bénéficiaire du contrat, participe à hauteur de 40% du coût salarial, toutes charges patronales incluses. L’assurance chômage (sous cette appellation, sont incluses toutes les autres formes d’aides) en couvre 35% tandis que les 25% restant sont du ressort de la formation. Le jeune serait les trois quarts du temps en entreprise, une semaine par mois en formation ciblée. Il ne s’agit ni d’un stage, ni d’une formation en alternance au sens habituel. Ce contrat d’activité « marchande » jeune est un contrat de travail à part entière. Il doit être rémunéré selon la loi du marché pour un débutant avec peu ou pas d’expérience.

Un solde positif "gagnant-gagnant"

Ces propositions pourraient permettre l’embauche sur le marché du travail actuel de plus de 400.000 jeunes. Potentiellement au-delà des 450.000 emplois non pourvus structurellement pour diverses raisons dans des secteurs "bien connus", la demande des TPE, PE et ME cumulée dépasse le 1,5 million d’emplois "marchands". Compte tenu du coût marginal pour l’Etat et des ressources dans la production active, le solde serait largement positif...

Jacques M.


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Activité et emploi

Compétence et performance

Le sens des mots...


Dans un contexte économique de plus en plus incertain, les entreprises, toutes tailles confondues, doivent faire face à de nombreux défis, devant des évolutions scientifiques, et technologiques qui s’accélèrent, des normes qui se multiplient, sans parler de la législation de plus en plus complexe.

Elles sont confrontées en permanence à des transformations qui les touchent dans tous les domaines qu’ils soient économiques, techniques, humains, sociaux et culturels. Elles s’interrogent sur la validité et la pertinence de leurs valeurs. Leurs organisations doivent s’adapter ou mieux anticiper ces changements indispensables.

A la recherche de l’humain pour la performance…

La priorité donnée à la performance économique suscite de nouvelles pratiques managériales, notamment au niveau des ressources humaines, de la relation à l’autre et du suivi personnalisé dont les maîtres-mots deviennent compétence et efficacité. La performance dans l’action au travail est une référence. Dans l’esprit de beaucoup d’entrepreneurs et de dirigeants, la notion de performance se limite au résultat. Il occupe l’essentiel de leur propos. La performance à tout prix est en général considérée comme une fin en soi. Le schéma pour parvenir au résultat est très souvent flou. Il a tendance à oublier l’essentiel, confondant qualification et compétence.

Source : Entreprise-info.org



Ainsi la qualification, jusqu’à maintenant garante de la place des individus dans l’entreprise n’est plus jugée comme seule pertinente. Au nom de la compétence, les individus sont de plus en plus incités à prendre en charge une part de l’incertitude générale et peut-être même à assumer des responsabilités plus importantes, voire « globales ». La sélection par la compétence crée une exigence supplémentaire pour le salarié, celle d’être responsable de sa productivité et finalement de son emploi. Attention qu’elle soit faite avec discernement et précaution pour ne pas conduire à une forme cachée de discrimination.

Pour réussir l’opération, encore faut-t-il que les conditions soient créées dans l’entreprise. Le salarié doit en prendre conscience et être préparé à ce changement. L’accompagnement par la formation en poste joue un rôle essentiel. Il ne faut surtout pas penser que la référence à la compétence deviendra un remède « miracle » censé résoudre tous les maux.

Un modèle « compétence » à bâtir

Avec ce modèle, il est ainsi admis que tout au long de leur parcours professionnel individuel, les individus, à tous les niveaux, construisent leurs compétences, à partir des résultats de leurs apprentissages et de leurs expériences multiples. Le label de la qualification reconnue a priori devra céder la place à une démarche d’évaluation permanente et de formation continue. Cette évaluation a posteriori devra s’inscrire désormais au cœur d’une gestion dynamique des ressources humaines.

Source : MDR Conseil



La démarche compétence entend ainsi mobiliser les salariés, cadres et dirigeants dans une logique de performance et d’efficacité. Elle va impliquer de gérer autrement le capital humain de l’entreprise en intégrant la complexité des situations professionnelles. Elle aura comme avantage de ne pas opposer les qualifiés et les non-qualifiés. La compétence n’est pas la propriété des plus qualifiés !

Reconnaître les compétences, les « savoir » et l’expérience des individus dans leurs activités professionnelles, c’est leur octroyer la responsabilité de leurs choix et de leurs acquis sur le « terrain » en fonction des besoins de l’entreprise.

Mais en ne visant que la performance, la rentabilité et les résultats mesurables, ne risque-t-on pas paradoxalement d’oublier la part d’intelligence, d’initiative et de « savoir-être », toujours difficile à apprécier et à saisir ? C’est plutôt cette intelligence au sens large qui sera le fondement de ce que l’on appelle le capital immatériel indispensable pour assurer le « plus » nécessaire pour réussir.

Attention de ne pas oublier que les carences en matière d’organisation, de choix des « hommes » responsables, et de stratégie sont fatales. Dans un environnement concurrentiel tendu, tout compte. Seule une approche humaine « globale et partagée » peut entretenir l’espoir de réussite et permettre d’y parvenir. C’est alors que les mots, compétence, performance et productivité prennent tout leur sens…

JM


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Activité et emploi

Les acteurs du dialogue social

Interview de Jacques Martineau réalisée par André Leplus Habeneck (APROPOS)


Les résultats de la troisième conférence sociale qui s’est tenue les 6 et 7 juillet derniers ne sont certes pas à la hauteur des espérances. Mais celle-ci a eu lieu. Indépendamment de l’issue des débats et de la feuille de route fixée par le premier ministre Manuel Valls, c’est surtout sur l’esprit de la conférence et sa participation que se sont fixés les critiques et les commentaires.

Pour dialoguer et parler de conférence sociale faut-il encore que tous les acteurs invités soient convaincus de son intérêt. L’ensemble était très mal engagé. Une menace de boycott du Medef, un pas de recul du chef du gouvernement, pour éviter une « mal donne ». Il est illusoire de croire qu’en deux jours une table ronde va régler tous les problèmes. Il ne faut pas être naïf. Du coup sur deux points sensibles, les syndicats de salariés ne pouvaient qu’être mis devant des orientations et décisions non discutables et a priori. Quatre syndicats ont quitté la conférence sociale : CGT, FO, FSU et Solidaires. Les postures médiatiques sont-elles une réponse adéquate aux problèmes du chômage et de l’emploi ? A l’évidence, non. A l’inverse la CFDT, CFTC, CFE-CGC et l’Unsa sont restés présents pour participer aux discussions. C’est à partir de leur présence active que peuvent s’initier les discussions. Mais que faut-il penser du résultat ? Si l’emploi était en priorité à l’ordre du jour, les résultats ne sont pas encore pour demain. Que doit-on pensez du dialogue social aujourd’hui et de ses acteurs aujourd’hui ? C’est Jacques Martineau que je me propose d’interroger sur le sujet.

André Leplus-Habeneck
Membre fondateur d’APROPOS

Que dire de l’efficacité du dialogue social actuel ?

Surtout lors d’une grande conférence sociale pour l’emploi, il ne peut y avoir de dialogue social efficace que si les différentes parties autour de la table des négociations sont suffisamment fortes et représentatives. Sans en assurer le succès, ce préalable garantit à lui seul l’amorce du processus. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. C’est pourquoi le dialogue social n’est pas prêt à s’engager sur le fond. Ceci ne signifie pas cependant qu’ici ou là, à l’occasion de consultations sur un projet de loi ou en cas de conflit majeur, une forme de dialogue permanent n’ait pas lieu. Mais je reste très sceptique quant au résultat sur les priorités sur l’emploi. A des degrés divers et pour des raisons qui leur sont propres, force est de constater aujourd’hui que ni l’Etat, ni le patronat, ni les syndicats de salariés, ne sont pas en position de force.

Source : AFP

Vous renvoyez tout le monde dos à dos, y compris le gouvernement, pourquoi ?

Il n’est pas inutile de faire un retour en arrière pour expliquer en partie les raisons de cette absence de dialogue et ce jeu entre le patronat et les syndicats de salariés. Depuis plus de deux ans, le nouveau pouvoir politique et sa majorité se trouvent face à une situation sociale et économique dont ils héritent et qu’ils jugent sévèrement en désignant un coupable de choix : la dette due à la crise et le précédent gouvernement. Il faut savoir que c’est la coutume... Les suppressions d’emplois et les plans sociaux continuent à se multiplier. Le nombre de licenciements économiques augmente. Le plafond psychologique des trois millions et demi de chômeurs est bientôt atteint. Malgré la volonté de dialogue social et la mise en place d’une conférence annuelle, la consultation est inefficace et la concertation n’existe pas.

Source : Reuters

Séminaires ministériels, rencontres et réunions à Matignon ou à l’Elysée des partenaires sociaux, ensemble ou à tour de rôle, participent au dialogue social. Mais ceux-ci continuent à se dérouler, au gré des besoins et des revendications, suivant un rite coutumier qui en limite la portée. Le gouvernement analyse l’ensemble de la situation, élabore et adopte des mesures techniques urgentes et des projets de lois, répondant autant aux besoins économiques immédiats du pays qu’au souci de satisfaire en priorité les élus de sa majorité. Le discours officiel se veut réaliste, mesuré et optimiste : le redressement de la France requiert du temps ; le délai nécessaire est fixé à cinq ans, parfois au delà de l’échéance électorale ; l’action s’inscrit dans la durée et la continuité ; le changement et les réformes aussi. Le message politique est toujours le même : il faut faire preuve de patience. L’ensemble des Français est résigné ou se désespère...

Croyez-vous en l’amélioration des perspectives en matière d’emploi ?

Les perspectives d’amélioration de l’emploi sont de plus en plus lointaines au fur et à mesure que le temps passe. Chaque mois voit reculer l’échéance d’inflexion de la courbe du chômage. Le débat parlementaire sur le pacte de responsabilité ne déclenche pas l’enthousiasme. Le doute s’installe quant à la pertinence des mesures proposées. La majorité elle-même s’interroge. La pérennité de la couverture sociale, le coût des retraites et l’indemnisation du chômage. Les acquis sociaux seront-ils remis en question ? Oui ? Non ? Officiellement ce sera non. Le débat est trop délicat et trop risqué pour être abordé et tranché aujourd’hui. Aucun cadre n’est défini, à chaque entreprise de négocier en fonction de son rapport de force. Tandis que nos gouvernants nous confirment en ce début d’année que le pire est derrière nous et que la croissance est sensée repartir, c’est maintenant le chômage des jeunes, la formation, l’apprentissage et l’insertion dans la vie active qui sont toujours au centre des préoccupations... Les trains de mesures succèdent aux trains de mesures quand la presse ne les qualifie pas de trains de demi-mesures. L’effet d’annonce bat son plein et chacun, suivant sa sensibilité, y va de son interprétation. La justification plus que l’explication est permanente

A vrai dire, je ne vois aujourd’hui aucune raison d’espérer à une amélioration pérenne de la situation en matière d’emploi. Il ne faut pas oublier que la France n’est pas seule. Austérité et chômage continuent à alimenter progressivement les perspectives de développement de l’Union Européenne et de la zone euro. Avec Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission, aux ordres de l’hégémonie germanique, avec les disparités fiscales, le dumping social et le conservatisme latent, non, il n’ y a aucune chance de retrouver le chemin de la croissance.

Mais comment pourrait-il en être autrement et quels sont les freins ?

Personne ne le sait plus. Près des trois quarts d’entre des Français se déclarent peu satisfaits ou insatisfaits de la façon dont le pays est gouverné. Ils sont pessimistes en matière d’emploi, considérant que les choses ont tendance à aller plus mal. Impôts, taxes et charges sociales sont excessives. Si trop d’impôts tue l’impôt. La course aux économies publiques, tous azimuts, coûte cher. Cette perception d’impuissance ou d’absence de volonté à agir sur le fond n’échappe plus à personne. Pour agir autrement, il faudrait favoriser un retour à l’activité. C’est de cela dont la France a besoin. Je l’ai dit à Matignon avec le gouvernement précédent avant la deuxième conférence sociale à Matignon. L’idée a été retenue. Mais elle est restée sans suite malgré un vif intérêt manifesté. Je l’ai écrit plus tard dans l’EMPLOI… C’est tout de suite ! En effet, c’est l’activité qui génère la croissance et non l’inverse. Malheureusement, le nouveau gouvernement n’en prend pas le chemin.

Source Nouvel Observateur

Certains dans la majorité affirment que le pacte de responsabilité et l’orientation sociale libérale du gouvernement est l’un des principaux freins à l’ouverture sur le fond du dialogue social. Pour ma part, je préfère de beaucoup me référer à un autre cactus incontournable, et celui-là plus factuel quelle que soit la couleur des majorités : le calendrier électoral. Aussi dans la perspective de la préparation des prochaines élections présidentielles en 2017, le premier ministre et le gouvernement, tout en ayant à se préoccuper en priorité des problèmes des Français, se doivent de ne rien faire qui puisse déranger la majorité et par-là même son électorat. La politique politicienne reprend l’avantage, en occupant l’ensemble du devant de la scène par médias interposés. Le climat frondeur dans la majorité et l’opposition, comme le développement des affaires sont venus limiter d’autant l’impact de l’action du gouvernement. Cet attentisme apparent, réel ou supposé, conforté par quelques résultats espérés sur l’emploi et en matière de stabilisation de la courbe du chômage, après deux ans et demi d’exercice du pouvoir, ne le crédibilise pas pour autant dans ses intentions en matière sociale.

Face aux enjeux du dialogue social, quelle est votre appréciation sur l’attitude du patronat ?

Après avoir montré un intérêt marqué pour l’entreprise, les Français ont évolué avec la crise, la multiplication des suppressions d’emplois et l’augmentation du taux de chômage. L’image d’une classe patronale monolithique, repliée sur elle-même, campée sur ses croyances et attachée à ses prérogatives s’est profondément modifiée au niveau des petites et moyennes entreprises, innovantes et performantes. Leurs patrons ont des idées et font des propositions. Ils parviennent malgré tout à faire évoluer leur propre image. Les besoins de financement avec l’appui des banques sont importants. Mais la solution ne doit pas se limiter à une politique de la main « tendue » vers l’Etat, en marginalisant les autres partenaires sociaux, surtout venant de la part des « grands groupes » et du Medef. Certes le poids des charges est là. Cependant chacun doit faire un pas l’un vers l’autre.

Source Les Echos.fr

Le dialogue social s’est enrichi de nouveaux mots. La flexibilité, synonyme de plus de souplesse et d’adaptation, est à l’honneur. La formation professionnelle, l’activité des seniors, les retraites, la pénibilité et le code du travail sont autant de sujets d’importance à revoir. C’est la fin de l’indexation des salaires dans le service public. La parcellisation de la négociation doit remplacer les grands accords interprofessionnels. Les partenaires sociaux seront à nouveau tous présents, quitte à ne pas rester aux tables de négociations. Ces approches ont pour but de favoriser un dialogue plus direct avec les salariés. Si dans l’ensemble le patronat intègre ces thèmes de réflexion dans sa démarche pour alimenter le dialogue social, des patrons de PME-PMI aux dirigeants des grandes entreprises, nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts pas à les appliquer. Le discours change, pas les faits. On peut parler de tout. Il ne faut pas hésiter à aborder l’ensemble des points à l’ordre du jour du moment que l’on ne touche à rien ! Les objectifs, les contraintes et les intérêts des uns et des autres sont trop différents pour constituer un projet social. Ce qui faisait dire, il y a plus de vingt ans, au regretté André Bergeron (FO) « qu’il y avait de moins en moins de grain à moudre ». En apparence, l’opportunité de l’ouverture d’un profond dialogue social sur le fond n’a pas encore été saisie. Mais il aurait d’autant plus lieu et de chance de déboucher sur des accords, que si le syndicat était réellement représentatif du monde salarié [1]…

Interview de Jacques Martineau
Propos recueillis par André Leplus-Habeneck (APROPOS)


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Activité et emploi

Emploi : vérités et contrevérités… il y a 20 ans !

A chacun de se faire son opinion…


Il s’agit d’un extrait d’une interview, réalisée en mars 1994. Elle a très exactement 20 ans. Le chômage était déjà au rendez-vous de nos préoccupations. L’évolution des points de vue, comme leurs similitudes et leurs récurrences sont intéressantes à constater.

Un jeune journaliste, travaillant occasionnellement pour un hebdomadaire bien connu avait souhaité interroger Club Espace 21 sur ce thème. A l’époque, le taux de chômage était déjà supérieur à 10% en métropole. C’est Jacques Martineau qui avait participé à cette interview, accompagné de Robert Guillo. Le journaliste que nous appellerons Patrick L. pour la circonstance pose sa première question :

Patrick L. : Pourquoi tant de convictions et de regrets dans vos propos, quand vous vous expliquez sur les raisons profondes de la situation de l’emploi et sur ses conséquences ?

JM : Parce que je reste convaincu que, si le problème de l’emploi dans sa globalité est très difficile à résoudre, il est néanmoins possible de l’appréhender simplement dans l’énoncé de ses raisons et de ses conséquences pour peu que l’on veuille se donner la peine d’en faire une analyse de bon sens sans complaisance. Tous les facteurs économiques aggravants, les intérêts financiers, les enjeux politiques et électoraux, les particularismes sociaux et les exceptions corporatistes, qui sont bien entendu des réalités, compliquent également la lecture de l’énoncé du problème au point d’en faire perdre le fil au lecteur. Ce chaos de surinformations disparates, d’importances relatives inégales, détourne progressivement l’attention de l’essentiel et en pollue les données.

L’adoption de solutions banales, globales et généralisées est insuffisante. Elles sont développées au détriment de séries de mesures locales et temporelles plus spécifiques, certainement mieux adaptées à traiter les différentes facettes du problème de l’emploi sur le fond. Trop souvent, l’effet d’annonce de telle ou telle mesure suffit à convaincre par avance l’opinion publique de son résultat.

Patrick L. : Pourriez-vous être plus précis ?

JM : Prenons l’exemple d’un projet de loi, avant même que celui-ci ne soit présenté au parlement, débattu et voté, on en perçoit ou on en attend déjà les effets ! Les décrets d’application ne sont pas encore publiés au journal officiel que les critiques ou les louanges vont bon train, jugeant par anticipation des résultats que personne d’ailleurs ne sera jamais en mesure d’apprécier plus tard. L’ironie est à son comble quand on sait que, dans le même temps, le citoyen moyen, non directement concerné par l’objet du projet de loi, sera le premier à défendre ou à critiquer l’efficacité d’une mesure non encore appliquée. Même si quelques uns ne sont plus dupes, cet effet d’annonce que les politiques et les dirigeants possèdent bien, dont ils usent souvent et abusent parfois, est redoutable par son impact sur une grande partie de l’opinion.

Source : © Sipa


RG : Nos croyances se forgent ainsi au gré des informations, des déclarations et des slogans relayés, interprétés et distillés par la presse et les médias, souvent sans grande valeur ajoutée. Cette passivité relative qui nous touche tous s’explique en partie par notre capacité sans limite à finir par accepter ou à rejeter avec certitude un certain nombre de vérités ou de contrevérités dès lors qu’elles satisfont nos attentes et nos idées reçues.

Patrick L. : Sur quels fondements, sur quelles preuves, sur quels résultats tangibles s’appuient ces affirmations que vous dites difficiles à vérifier ?

RG : En général la référence à l’auteur des propos, à sa qualité ou à sa position nous suffit. L’esprit critique et d’analyse se perd, cédant la place à l’esprit partisan enclin à trop de dichotomie et trop de manichéisme. Dans les entreprises, cela arrive à tous les niveaux. L’audace et l’imagination font souvent défaut, occultant de fait les idées innovantes quand elles ne sont pas combattues. Nos certitudes cèdent alors la place au doute, jusqu’à l’appropriation de nouvelles croyances téléguidées. C’est ce processus réducteur d’idées et apathique qui m’inquiète et que je regrette le plus.

Patrick L. : Pouvez-vous me citer quelques exemples concrets de contrevérités que vous dénoncez ?

JM : Sans difficulté. Je peux vous citer dans le désordre, quelques affirmations gratuites qui ont eu leur heure de gloire et qu’il est facile de rendre à leurs auteurs, à propos de l’emploi :

  • « La suppression de l’autorisation administrative préalable de licenciement va permettre à terme de créer des emplois ! »

Arguments à l’appui, le CNPF et son président Yvon Gattaz en avaient fait leur cheval de bataille dans le milieu des années 80. Jamais personne n’a été et ne sera en mesure de fournir les moindres données chiffrées sur l’efficacité et le coût pour la société de cette drôle de médecine pour l’emploi ! Quand on voit l’évolution de l’aggravation du chômage et l’état actuel des prévisions, cela se passe de commentaires...

  • « Le licenciement préventif est le seul moyen, en période de crise, de sauvegarder des emplois ! »

Le développement exclusif d’une politique de productivité et de rentabilité à n’importe quel prix a conduit trop de chefs d’entreprise à un réflexe d’anticipation en matière de suppression d’emplois. Cette déresponsabilisation devient totale quand on sait qu’à force d’anticiper, cela devient une habitude renouvelée chaque année...

  • « Les chefs d’entreprise ne licencient qu’en dernier recours ! »

Mon premier commentaire serait de dire heureusement. Mais cette affirmation reste à vérifier. Rien ne permet de le faire. C’est un problème de confiance partagée entre le chef d’entreprise et ses salariés. C’est là que le bât blesse quand le dialogue n’existe pas. Maintenant si le dernier recours se confond avec l’anticipation préventive, on est ramené au cas précédent.

  • « Les contraintes légales accompagnant les plans sociaux sont une atteinte à la liberté d’entre- prendre ! »

Fin 92, le gouvernement avait pris des mesures pour s’assurer à la fois de la pertinence du contenu des plans sociaux, de la qualité des dispositions sociales et aussi des mesures économiques de redressement qui étaient envisagées. Objectif affiché : éviter les abus. Les réactions d’hostilité de la CGPE ne se sont pas faites attendre. Dans une même entreprise, un nouveau plan social succède toujours au précédent chaque fois annoncé comme le dernier avant la reprise en vue pour l’année suivante.

Patrick L : Oui, mais cela est aussi dû à un coût du travail trop élevé et un manque de compétitivité ?

RG : Autres exemples d’affirmations auxquelles vous faites allusion : « la diminution du coût des charges sociales des entreprises est ou sera directement affectée à la création d’emplois. » Quels engagements contractuels existent ? A quelles échéances ? Dans la situation actuelle de certaines PME et PMI, il est clair que cela ne peut pas être la première priorité. Personne ne peut s’avancer à prouver le contraire. Même problématique quand on entend dire que « le transfert à l’État (c’est-à-dire au contribuable) de la charge des allocations familiales se traduira automatiquement par une augmentation des salaires les moins élevés. » Que l’on traite le problème du coût du travail et des charges afférentes, en utilisant une autre clé de répartition et en ne taxant plus exclusivement la main d’œuvre, est une chose, qu’on laisse croire que cela puisse être une forme de relance de l’emploi, des salaires et de la consommation en est une autre…

Source : Hervé Pinel pour myeurope


JM : Je voudrais aussi vous citer sans les développer d’autres croyances, toutes aussi contradictoires et perverses les unes que les autres, qui ont fini par s’ancrer dans nos esprits et influer sur nos comportements et nos réactions face à la crise :

« Le chômage, régulateur du marché, est une fatalité ; le chômage ne touche que les entreprises privées ; la compétence et l’efficacité sont l’apanage du privé ; le secteur public est avant tout générateur de coûts ; les syndicats sont le principal frein à l’adaptation et à l’anticipation face à la conjoncture ; seuls les chefs d’entreprise sont susceptibles d’apporter des solutions à la crise ; seules les entreprises créent des emplois ; le secteur industriel ne créera plus d’emploi ; l’aide aux entreprises est insuffisante ; les charges sont insupportables ; il faut taxer davantage les profits ; il faut réduire les coûts sociaux ; trop de français sont exonérés d’impôts ; l’impôt sur le revenu doit disparaître ; le tout libéral économique est la solution à la crise ; la sortie de la crise ne viendra que de la reprise de nos partenaires ; la reprise de la croissance sera la seule vraie réponse au problème de l’emploi ; l’Europe c’est l’avenir, la fermeture des frontières de l’hexagone et le repli sur soi sont des réponses efficaces à la crise ; etc... »

Nécessaires au débat, souvent contradictoires, parfois complémentaires, ces affirmations sont prises à la lettre et généralisées. Elles ne sont pas sans effet sur l’opinion et sans conséquence sur le jugement et sur les choix de nos décideurs pour peu qu’elles aient reçues un aval médiatique par sondages interposés. L’effet d’annonce prévaut.

Je m’arrêterai là dans ma démonstration. Les exemples ne manquent pas et il vous sera facile de compléter cette déjà trop longue énumération de vérités pour les uns, de contrevérités pour les autres qui font mal à l’emploi et mal à la France.

Patrick L. : Quels sont le rôle et la responsabilité de l’Etat face à ce que vous n’osez pas encore qualifier de désinformation ?

JM : Le terme de désinformation n’est pas adapté. Je préfère qualifier ces propos et ces informations de croyances, de certitudes, d’erreurs d’interprétation ou de vérités orientées et opportunistes. Pour essayer de comprendre où devrait se situer le rôle et les responsabilités de l’Etat en la matière, je me propose de vous interpeller par une série de clichés et de questions, montrant l’ambiguïté et l’étroitesse de la marge de manoeuvre dans laquelle nos hommes politiques toutes tendances confondues se sont enfermés et continueront à s’enfermer, électoralisme et intérêts particuliers les y contraignant.

Etat pompier-Etat pyromane, où est l’Etat médiateur ? Economie libérale-Economie mixte, où se limite le rôle de l’Etat responsable ? Etat gestionnaire-Etat contrôleur, qu’en est-il de l’Etat décideur ? Etat banquier-Etat emprunteur, quels projets pour l’Etat promoteur ? Etat garant de l’éducation, que propose l’Etat formateur ? Etat solidaire-Etat juste, comment éviter de pérenniser une France à plusieurs vitesses face à la crise de l’emploi ? Pour conclure, je pense que si l’Etat ne doit jouer que son rôle et rien que son rôle, encore faut-il qu’il soit clair et qu’il l’assume pleinement. Face au poujadisme des uns et des autres, la situation de l’emploi s’accommodera de moins en moins de demi-mesures.

Patrick L. : Pourriez-vous me faire part sous forme de messages simples de quelques unes de vos convictions ?

RG : Par définition, l’entreprise ne crée d’emplois qu’en fonction de son besoin. Ce besoin est lié avant tout à son activité et par-là même à la demande qui vient principalement du client et de ses commandes. L’activité commandée ou non crée à terme le besoin et régénère la demande. C’est pour cela qu’il faut préserver toute forme d’activité et la favoriser en encourageant l’innovation et l’anticipation des besoins. Réduire le sous-emploi c’est avant tout préserver les emplois qui existent. Le fait d’adapter, de former, de reconvertir est une forme de création d’emplois. Mobiliser et dynamiser sont deux absolues nécessités pour restaurer la confiance. Il est urgent de retourner aux valeurs de base et aux fondamentaux de la relation de travail. Il importe de parler en termes de buts par rapport aux tâches, de rôles par rapport aux postes, enfin de compétences par rapport aux actions. Il faut restaurer le dialogue social et mieux associer le personnel aux décisions. Valoriser les rôles de chacun, décentraliser les décisions, déléguer autant que possible, responsabiliser les plus aptes comme partager le pouvoir d’agir sont autant d’actions indispensables qui contribuent activement à sauver l’emploi. L’entreprise se doit sans cesse de chercher à optimiser les compétences par rapport aux évolutions de ses activités et de ses métiers. Elle se doit de libérer l’imagination, d’encourager les initiatives, de faire preuve d’une certaine audace et de savoir prendre des risques mesurés. A terme, cet investissement, lourd dans sa mise en place, sera payant et générateur lui-même de nouvelles activités lucratives pour tous.

JM : Les principales difficultés des entreprises sont presque toujours à la fois conjoncturelles, structurelles et culturelles, dues en grande partie au management défaillant des hommes à tous les niveaux. Cette multiplicité des causes est une chance pour l’entreprise et ses salariés. Le champ d’action est vaste et la marge de progrès importante. Il faut savoir saisir ces opportunités. La crise (élément conjoncturel) n’est plus le meilleur (ou le seul) alibi à évoquer pour masquer les erreurs ou les manques. La suppression d’emploi de son côté ne peut plus être présentée comme la seule réponse à la crise. Il est urgent de redonner un sens à l’entreprise et de ne pas limiter son objet au service du seul profit financier. La rentabilité à tout prix a montré ses limites. L’infaillible décideur, le gestionnaire averti, comme le technocrate servile, ont vécu. Ils ne sont plus crédibles dans les faits. Redonner un sens à l’entreprise c’est aussi revaloriser et développer sa dimension sociale. Les suppressions d’emplois et les licenciements sans autre scrupule, quelles que puissent être les mesures d’accompagnement, ne sont pas des méthodes acceptables. L’inadaptation, voire l’inefficacité, des mesures et des décisions copiées est souvent liée aux multiples déphasages, culturels, sociaux, sectoriels et temporels qui se font jour dans leur application locale sur le terrain. Et puis il n’est pas inutile de faire, de temps en temps, le ménage dans l’entreprise. Mais comme dans un escalier, il est peut-être préférable pour être sûr du résultat de commencer par le haut...

Le profit viendra de la performance globale, du climat social et du mieux-être, il prendra enfin tout son sens. Il pourra alors s’apprécier comme un résultat et non plus comme un préalable.

Club Espace 21
Interview réalisée en mars 1994
(Extraits publiés dans le Réveil n’a pas sonné)


Il est triste de constater que 20 ans plus tard, le problème n’a pas évolué… !


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Activité et emploi

La recherche du temps perdu

Au secours de la productivité…


Dans la majeure partie des cas, ce sont les cadres qui sont sur la sellette. A la fois concernés et responsables de l’organisation du travail, on les juge sur leur productivité. Un mot les obsède : la compétitivité et celle-ci passe par une optimisation de la gestion du temps.

Des enquêtes publiées dans des revues spécialisées tant en France qu’aux Etats-Unis confortent ce point de vue. Pour information, un responsable moyen, qualifié en France de cadre intermédiaire, occupe 24% de son temps actif en réunions classiques, 6% en réunions informelles de sur-information, 15% au téléphone, 16% sur internet et à rédiger et 8% à des tâches administratives et de secrétariat. Sans compter près de 20% de dérangements imprévus, le cadre dispose de moins de 10% d’espace de liberté pour se consacrer à ses propres priorités. Ces analyses montrent que moins de 7% sont disponibles pour la lecture, la réflexion et l’écoute du personnel et seulement 2% de son temps à la libre discussion.

La lourdeur de l’inutile…

Dans l’entreprise, telle que la majorité la vit, le trop plein de réunions, de rendez-vous, de visites et de déplacements, n’est plus à démontrer. La quantité d’informations à exploiter ne cesse de croître. Qu’il s’agisse de courriers papiers ou de mails à traiter, de notes à rédiger, de coups de téléphone à gérer, l’abondance devient un excès. Autre source de nuisance, cause de dysfonctionnement, le nombre disproportionné d’interlocuteurs, transformés par une organisation complexe et rigide en une multitude d’intermédiaires inutiles qui nuisent au rendement de l’entreprise. Tous ces éléments sont grands consommateurs de temps et d ‘énergie auxquels s’ajoutent les urgences. Encore qu’il faille être prudent sur ces dernières car il y a moins souvent d’urgences que de négligences !

Source : Fafiec.fr

 
A la recherche du temps perdu, une mauvaise gestion du temps a de lourdes conséquences sur le comportement et l’équilibre individuel. La pression continuelle qui s’exerce sur la plupart des cadres dans l’entreprise entraîne un activisme qui conduit inévitablement à un déséquilibre psychique et physique plus ou moins prononcé que d’aucuns appellent le stress. Un surplus d’activité n’est pas néfaste, bien au contraire. Mais au-delà du raisonnable surtout lorsque la demande est mal fondée, peu motivante, ingrate voir tyrannique, l’effet est dévastateur sur les individus. C’est le surmenage qui peut le conduire à un état de découragement, d’agressivité puis de déprime pouvant conduire au « burnout ».

Il est clair que l’excès perpétuel de demandes d’en haut, souvent adressées aux mêmes personnes est une cause de déstabilisation. Le travail avec des dépassements d’horaires, en dehors d’heures supplémentaires programmées, est devenu habituel. Cette overdose de temps de présence n’est pas pour autant une garantie de résultats. L’activité qui ressemble plus à une gesticulation désordonnée est la traduction d’une agitation fébrile, entretenue par l’illusion du paraître indispensable. Le stress finit par envahir la vie privée des individus qui ne sont plus à même de se détendre et d’oublier ne serait ce qu’un instant leurs soucis quotidiens. Ce mode de comportement est tellement courant que beaucoup finissent par le considérer comme un état normal, en le qualifiant de professionnel !

Source : La Vie-Eco

 
La délégation au secours du temps perdu…

Quant aux managers, où pour le moins ceux qui prétendent l’être, ils feraient bien de se souvenir de quelques fondamentaux. A vouloir être partout, informé de tout, décider de tout, signer tout, le manager finit par être débordé, oublier l’essentiel, perdre son crédit et son autorité, et de ne réussir nulle part. Les authentiques managers sont ceux qui ont su trouver le juste équilibre à respecter. Pour y parvenir, ils ont tout d’abord su mobiliser, en s’entourant de collaborateurs de talent à qui ils ont accepté de déléguer. Utilisée à bon escient, la délégation est l’un des outils les plus efficients de la maîtrise du temps. Enfin se persuader que favoriser la délégation, c’est aussi investir sur l’homme. C’est peut-être là l’un des meilleurs placements pour réussir…

J.M.


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Activité et emploi

Du constat à l’action…

Comment réussir une relance ?


Comment peut-on encore laisser se multiplier les délocalisations, en particulier dans l’Union européenne et la zone euro ? Quelle attitude faut-il adopter devant des vagues de licenciements ? C’est un débat sans fin. Pertes d’emplois et plans sociaux se succèdent. Ils vont s’accélérer. Sur l’ensemble du territoire, les fermetures d’usines pour délocalisations, les faillites et les liquidations se multiplient. Le tissu industriel français s’effrite depuis des années. Ce n’est pas nouveau et ce n’est pas fini. Alors comment réagir et passer du constat à l’action ?

L’effritement du tissu industriel français

En 10 ans, plus de 500.000 emplois ont été détruits. En 2011, le secteur industriel concerne environ 3.200.000 emplois. À noter que sur la même période, l’Allemagne a perdu plus de 450.000 emplois industriels. Mais, pays producteur et exportateur, elle préserve un tissu industriel bien mieux structuré et plus important avec près de 7.500.000 emplois industriels. Face à leur impuissance et à leur manque d’idées, les acteurs sociaux français, syndicats et patronat, comme le pouvoir ont assisté avec plus ou moins de passivité à cette décomposition. Ils ont un défi à relever. Y parviendront-ils ? Des gadgets de dernier recours, plus médiatiques que réalistes, suffiront-ils à convaincre de leur effet salvateur ?

Source : Le Figaro

 
Les fonds utiles manquent. Et en matière de crédit, petites, moyennes et entreprises intermédiaires souffrent d’un soutien insuffisant des banques. Quels seront le rôle et l’efficacité de la Banque Publique d’Investissement (BPI) qui devrait se mettre en place prochainement ? L’ambiance est morose. Les carnets de commande sont en baisse. Les investisseurs sont hésitants quand ils ne se dérobent pas. Les conséquences pour l’emploi intermédiaire sont catastrophiques et irréversibles surtout pour la sous-traitance, les petites et moyennes entreprises, tributaires de la concurrence et de la course au profit. L’inégalité structurelle devant l’impôt et la réduction des charges patronales, sous forme d’aide à l’emploi, d’heures supplémentaires exonérées de charges sociales et non imposables, correspondent depuis des années à des passe-droit et des aides directes ou indirectes aux entreprises. Faudrait-il encore être en mesure d’évaluer la part du coût de l’ensemble des allègements et des cadeaux fiscaux existants, d’en apprécier l’efficacité et de pouvoir les remettre en cause ? Un audit général s’impose ? Une telle approche n’a de sens que dans le cadre d’une totale révision des aides attribuées qui dépassent les 30 Md€ et une profonde réforme fiscale, avec tout le discernement que cela nécessite entre les géants du Cac 40 et les TPE, les PME, les PMI et les ETI (entreprises de taille intermédiaire).

La main mise des multinationales et des fonds de placements étrangers, privés ou souverains, sur le marché français, avec la complicité, passive ou active, de l’État, favorise avant tout le profit financier et la spéculation monétaire au bénéfice de leurs actionnaires au détriment des forts besoins d’investissement privés dans la recherche et l’innovation et de la valorisation du travail et des salaires.

Les clés de la relance et de la croissance

La crise n’arrêtera pas le progrès. La progression scientifique et technologique dans le monde des pays développés est très rapide et influe sur l’évolution de la société. Synonyme d’une politique de l’offre, elle propose d’anticiper à la fois les réactions des pouvoirs publics et des investisseurs privés. Encore faut-il s’en convaincre, s’en donner les moyens et accepter les risques associés. La recherche fondamentale et la recherche appliquée sont les ingrédients nécessaires à un développement et une innovation technologiques à forte valeur ajoutée. Les secteurs de recherche, de haute technologie, et d’activités d’avenir ne manquent pas. On peut citer par exemple : l’aéronautique, l’automobile, l’électronique, l’espace, les énergies nouvelles et renouvelables, l’informatique, les matériaux, le nucléaire, les télécommunications et les transports. Sans oublier des secteurs aussi importants que l’environnement, le développement durable, l’agriculture, l’agroalimentaire, les biotechnologies, la médecine de pointe et la pharmacie.

Ce sont autant de secteurs prometteurs pour une croissance durable. La France a les ressources pour satisfaire les besoins en compétences. Le cas échéant, elle doit faire le nécessaire pour les augmenter. Le rapprochement recherche-industrie est un vieux serpent de mer qui n’a jamais su trouver sa place, faute de volonté politique et d’implication de chacune des parties. Des progrès sont en cours. Il faut les multiplier. Les campus universitaires en liaison avec les industriels et les milieux bancaires sont là pour cela. Les groupes industriels multinationaux privés doivent s’investir encore plus, en aidant les start-up, les TPE, les PME et les PMI, tournées vers la conquête de nouvelles idées et de nouveaux procédés. Chaque année, le nombre de brevets déposés au plan national ou encore à l’international même très important est encore insuffisant. Il faut encourager la créativité et l’invention avec une volonté et une détermination sans faille. Il y va de l’avenir de la France, de sa compétitivité et de son avenir. La part du privé en terme de recherche, comparée à celle du public, est très insuffisante. Elle doit être augmentée. C’est impératif.

Source : Cadres et dirigeants Communication

 
Le Crédit d’impôt recherche demeure un manque à gagner en termes de ressources fiscales pour l’État lorsqu’il est distribué sans discernement. Les réductions qui en découlent, doivent être contrôlées avec soin. La recherche et développement, R&D, est pour moitié financée par le secteur privé. Le reste est financé par l’État à travers les laboratoires publics et aides aux entreprises. La France se retrouve désormais au 14ème rang mondial en termes d’investissement dans la recherche ! Avec seulement 1,9% de son PIB consacré à la recherche civile, la France accumule un retard très important qui touche aussi bien le secteur privé que public, ce qui n’est pas acceptable. Très loin derrière les Etats-Unis et le Japon, en tête, la Suède, la Finlande et l’Allemagne sont les mieux placées dans l’Union européenne. Il ne faut pas s’étonner ensuite d’une fuite définitive des cerveaux à l’étranger et en particulier aux Etats-Unis. C’est à la charge des industriels et des grands groupes de prendre leurs responsabilités d’investir dans la recherche et aux banques de faciliter les crédits aux TPE et PME innovantes. Sous prétexte d’activités à l’étranger, ils ne peuvent pas se contenter de profiter d’avantages fiscaux avec un taux d’imposition sur les sociétés autour de 8% alors que les petites et moyennes entreprises sont taxées à hauteur de 33%. Tous doivent contribuer à l’avenir de la France et de ses citoyens sans tout attendre de l’État.

En France, sur les 25 dernières années, 2.500.000 emplois ont été créés par les petites et moyennes entreprises dont 50% pour celles de moins de 50 salariés, 10% pour celles de plus de 50 salariés. Les grandes entreprises, sur la même période ont supprimé de leur côté plus de 400.000 emplois. Il n’était pas inutile de le souligner. En précisant que la perte de compétitivité de l’activité industrielle s’est accentuée depuis le début des années 2000.

En Allemagne, 60% du taux de croissance sont liés à l’exportation tandis qu’en France les mêmes 60% du taux de croissance sont basés sur la consommation. À l’avenir, la croissance française ne pourra pas être entretenue en majorité par la seule consommation. Le retour a un équilibre du commerce extérieur est indispensable. Cela passe par une réindustrialisation progressive des entreprises intermédiaires et l’encouragement des propositions innovantes et un outil monétaire adapté. La compétitivité doit être favorisée dans des domaines où le savoir faire et la valeur ajoutée de nos entrepreneurs sont reconnus. C’est pourquoi, il faut refuser la cécité croissante entretenue des responsables politiques qui se réfugient derrière des chiffres confus, souvent sans valeur et présentés comme se voulant rassurants pour ne pas inquiéter l’opinion publique et les agences de notation.

Comment inverser les tendances ?

L’idéologie politique et le dogmatisme partisan sont à proscrire en matière économique et sociale, et encore plus dans le domaine de l’emploi. L’évaluation de la situation économique d’un pays procède de l’analyse détaillée de plusieurs données essentielles. Au-delà de son taux d’endettement, de son taux de déficit par rapport au PIB, de ses capacités de crédit, de son inflation et de son taux de croissance, il faut prêter une attention particulière à de multiples indicateurs. En priorité, il importe d’être attentif aux parts publiques et privées du PIB qui sont consacrées à des investissements productifs et destinés à contribuer à l’amélioration de la balance du commerce extérieur.

Le rapprochement de toutes ces données associé à son taux de croissance de l’année en cours permet d’avoir une meilleure lisibilité pour interpréter son taux de chômage. L’évolution et la projection de l’ensemble est à prendre en compte. D’autres informations sont liées à l’évolution de la population : le nombre de jeunes qualifiés ou non, diplômés, sortant du système scolaire, le nombre de disparus à la dérive, l’état de la démographie… Le total de la population active du pays (nombre d’habitants en mesure de travailler) est aussi un facteur important qui caractérise à la fois l’inertie et la capacité de rebond du pays. C’est en prenant en compte toutes ces données, par secteurs d’activité, par région, par bassin d’emploi, par groupe de population active et sur l’ensemble du pays dans le cadre d’une stratégie bien définie qu’un pays peut arriver à inverser les tendances et retrouver le chemin de la croissance. Mais attention, si la maîtrise des coûts et des dépenses fait partie de l’exercice indispensable de l’État, trop de rigueur ou trop d’austérité ne permettront de trouver les ressources nécessaires pour activer une relance intelligente et ciblée.

J.M.


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Activité et emploi

Éducation et sélection…

Pourquoi ne pas inverser la donne ?


Deux systèmes s’affrontent en matière de formation supérieure. L’un sélectif qui alimente les très grandes écoles, les grandes écoles et autres écoles. L’autre non sélectif a priori fournit la masse des rangs universitaires. Le système sélectif a en général la faveur des gros employeurs. En matière d’éducation et de sélection, nos gouvernants, conscients ou non du problème, n’ont jamais osé agir. Ils ont toujours voulu confondre orientation et sélection.

De ce fait, cette sélection après le baccalauréat est beaucoup trop hâtive. Elle se réfère à un nombre de critères trop limités. Ceux-ci ne tiennent absolument pas compte des qualités de la personne, de ses souhaits et de ses capacités, réelles et potentielles, comme d’ailleurs des besoins réels, actuels et à venir, du marché.

Même s’il est discutable, le classement de Shanghai est édifiant : notre meilleure université Paris-Sud (élite) se situe au 37 ème rang. Les universités américaines s’arrogent 17 des 20 premières places. Harvard, Stanford, le MIT et Berkeley constituent le quatuor de tête. Au total, 20 universités françaises se classent dans le "Top 500", qui comprend notamment 150 établissements américains, 42 chinois (aucun dans le "Top 100"), 38 britanniques et 37 allemands. Publié depuis 2003, ce classement mondial est critiqué en Europe et en France car ses critères sont axés essentiellement sur la recherche en sciences exactes, au détriment de l’enseignement. Néanmoins pour contestable qu’il soit, il souligne nos faiblesses, montrant que nos très grandes écoles, ne sont peut-être pas suffisamment associées au milieu de la recherche, du développement et de l’innovation !

Quelques idées de base pourraient permettre de sortir de l’immobilisme et de cette logique de réussite de l’échec, en s’appuyant sur quelques principes simples. Pourquoi ne pas retarder tout simplement la sélection et ne pas se préoccuper d’abord de l’orientation, de la formation et de la découverte, liée aux ambitions et aux capacités individuelles et aux besoins du marché ?

Source : Reuters

 
Le système de formation et d’enseignement supérieur serait basé dans un premier temps sur l’initiative et la confrontation aux réalités des conditions de travail en milieu productif et en relation directe avec l’entreprise (stages et alternance). Ce système serait caractérisé par un tronc commun pour tous, avec pour objectif prioritaire majeur celui de la formation et de l’orientation des études vers des métiers. Un grand nombre d’enseignements dans des filières parasites et sans issue seraient marginalisés par le choix de l’étudiant lui-même. Une sélection plus tardive prendrait sa place tout naturellement.

Orienter et former d’abord, sélectionner ensuite…

Le premier cycle prérequis est constitué d’un tronc commun de trois années correspondant à un cycle d’études supérieures par filière, progressivement sélectif, débouchant, au terme de la formation, sur une variété d’orientations professionnelles donnant un accès direct à des entreprises partenaires, sur la base concrète de contingent d’offres d’emplois.

Dès la fin de la deuxième année, un système de concours permet l’accès aux grandes écoles et écoles d’ingénieur spécialisées pour 3 années d’études supplémentaires. De la même façon le concours pour les études médicales et dérivées aurait lieu aussi en fin de deuxième année. En cas d’échec aux différents concours, l’étudiant continue son cursus universitaire. Psychologiquement, il n’est pas en situation d’échec puisqu’il appartient déjà à l’université.

A noter qu’un système de passerelles avec accès à l’activité ou à l’emploi peut être mis en place pour les étudiants dans l’incapacité de terminer le premier cycle, bien entendu, sanctionné par un diplôme ou des équivalences à la fin de chaque année d’études.

Le second cycle d’une durée de trois ans offre deux possibilités avec deux orientations précises, l’une vers la recherche-développement et l’innovation, l’autre spécialisée, vers le métier choisi, la conduite de projet et la création d’entreprise. Cette formation se fait toujours en étroite relation avec les entreprises, le milieu de la recherche et le monde économique national et international. Ce second cycle est sanctionné par un diplôme d’ingénieur ou équivalent.

Source : Sorbonne junior conseil

 
Le troisième cycle universitaire de trois ans pour les meilleurs et les plus motivés, sélectionnés sur dossier, permet l’accès aux études doctorantes (recherche fondamentale, ingénierie, sciences sociales ou littéraires, commerce ou droit des affaires, etc…), toutes spécialités confondues, faites soit en entreprise, dans des universités, dans des laboratoires privés ou nationaux. Étant entendu que quel que soit le lieu, le monde industriel et économique est à la fois partenaire et tuteur. Les choix des directeurs de thèse demeurent la responsabilité des universités.

L’unicité et l’équivalence des diplômes qui sont universitaires sont un atout de taille pour la totale cohésion d’un ensemble de pôles de compétitivité autonomes. La différence se fera sur la hiérarchie officieuse, mais inévitable de la qualité de l’université, de la qualité et de la réputation de ses professeurs et de ses chercheurs, sans oublier sa capacité à offrir à ses diplômés les emplois qu’ils méritent.

Ce processus progressif de sélection, à orientation continue, à chaque étape, se fait à un âge plus mûr où l’étudiant est lui-même enfin en mesure de choisir. Sa personnalité est plus affirmée. Les conseils d’orientation ont un sens et une chance d’être écoutés Il sort de la logique archaïque du moule préétabli.

L’offre de débouchés, à tous les niveaux de ces études supérieures est d’autant plus crédible que tous les secteurs de la vie économique, universitaire et industrielle sont impliqués dès le départ.

Un débat à ouvrir…

Il s’agit d’un débat qui remet complètement en cause notre système d’enseignement supérieur. D’aucuns l’ont déjà évoqués, politiques ou présidents d’universités. De nombreuses commissions avaient été créées, pour travailler sur le sujet, avec d’excellentes idées, mais toujours sans succès…

Pourtant si la France veut remonter la pente, retrouver son imagination, sa créativité, pallier le problème des jeunes pour accéder à l’emploi, il faut y aller avec détermination.

Cela passe d’abord par une considérable amélioration de l’appréciation des orientations et des programmes, de l’utilisation de tous les moyens modernes de communication, et de l’implication de tous pour adapter les contenus aux réalités du marché de l’emploi, dès l’entrée à l’université.

Le corps enseignant doit être réhabilité et revalorisé. Industriels et enseignants doivent partager une partie de leur temps professionnel à travailler ensemble.

Dans le même temps, il faut procéder à un rassemblement des moyens, diviser par 3 ou 4 le nombre actuel de pôles ayant le statut d’universités, réfléchir pour mieux comprendre comment les rassembler en créant d’importants campus multidisciplinaires et interactifs, proches de technopoles, qui se transforment en lieux de compétitivité et de création de valeur ajoutée.

Au plan local et national, une large négociation entre tous les acteurs, déjà cités, s’impose pour permettre à ses futurs campus universitaires de devenir pleinement et définitivement autonomes. Pour l’instant, malgré les efforts incontestables qui ont été faits, la France est encore au milieu du gué. Les régions, les départements, les communautés urbaines et les villes sont directement concernés. Le monde de l’entreprise doit participer au débat s’impliquer et apporter concrètement sa pierre à l’édifice pour en tirer à terme les fruits. Les banques et organismes financiers doivent remplir un rôle essentiel pour le développement de ces campus.

Source d’emploi et de rayonnement, producteur de savoir et de savoir-faire, ce nouveau type de campus doit être ouvert, en liaison permanente, avec les grandes universités dans le monde. Des échanges permanents doivent être non seulement encouragés mais entretenus.

En conclusion

Le monde économique doit investir dans les recherches dite fondamentale, appliquée et technologique, la part du privé est aujourd’hui beaucoup trop faible, non seulement par rapport à la part du public, mais comparée à l’objectif global européen des 3% du PIB que la France devait atteindre en 2010 et aux 4% actuels des Etats -Unis et du Japon.

Si l’enjeu est de taille, il n’est pas inaccessible. C’est une question de volonté politique, de courage, de négociations avec l’ensemble des acteurs, de décisions, de priorités budgétaires et de choix d’hommes exceptionnels pour relever le défi. L’existence d’une élite et d’une élite de l’élite ne se trouverait en aucun cas pénalisée, bien au contraire.

Sortons le plus vite de ce moule fossilisé qui a fait son temps et qui contribue lentement mais sûrement à la réussite de l’échec...

Think Tank CE 21


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Activité et emploi

Le tissu économique français

Une réalité et des perspectives à méditer


Près des deux tiers de l’activité économique française et de l’emploi salarié sont assurés par 35.000 entreprises de plus de 50 salariés, incluant quelques milliers d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) et un peu moins de 200 très grandes entreprises (TGE). Les géants du CAC 40 et les autres grandes entreprises (GE) ont un tel impact dans l’opinion publique et dans les médias qu’ils occultent le reste du tissu économique français.

Selon les statistiques de l’INSEE, le tiers de l’activité est assuré par environ 2.900.000 entreprises ou assimilées. Cet éventail est constitué de professions libérales, d’entreprises artisanales, de petites entreprises (PE) et de très petites entreprises (TPE), sans parler des associations (AS) et des auto-entreprises (AE). On a toujours une fâcheuse tendance à l’oublier… L’ensemble représente en nombre la quasi-totalité (98,5%) des entreprises déclarées au registre du commerce. Si un peu plus d’un million d’entreprises sont considérées comme artisanales et emploient de 0 à 3 salariés, autant sont qualifiées de TPE ou de PE et emploient moins de 10 salariés. Le nombre d’associations employant des salariés ne cesse d’augmenter. À noter qu’il existe aussi un nombre non négligeable d’entreprises qui sont des sociétés « écrans », sans salarié. Toutes ces sociétés contribuent ensemble à un chiffre d’affaires consolidé qui équivaut pratiquement au tiers du PIB, soit près de 700 Md€.

Source : Chiffres clés - Ministère de l’économie

 
Si la notion d’entreprendre et sa réalité sur le marché ne sont pas de vains mots pour la plupart des entreprises artisanales (EA), des PE et TPE, les difficultés et les problèmes, comme les opportunités et les solutions, sont de natures trop différentes pour être assimilables et comparables à ceux d’entreprises plus importantes. Ces entreprises, créatrices d’emploi, vivent dans un système de contraintes qui leur est propre. Toutes ne sont pas performantes. N’est pas chef d’entreprise qui le veut. Ce qualificatif n’exclut pas leur propre part de responsabilité. Elle ne doit pas être oubliée ou minimisée.

Source : Chiffres clés - Ministère de l’économie

 
Pourtant que de leçons à tirer de la façon dont certaines petites entreprises avec leurs dirigeants mènent leur combat pour surmonter les obstacles qu’elles rencontrent ! Bon nombre de ces patrons, très souvent autodidactes, qui se sont formés sur le tas, ont appris, pour survivre et préserver leur entreprise et l’emploi, à relever de véritables défis. Pour certains, leur courage, leur expérience et leur savoir-faire, comme leurs résultats, sont parfois exemplaires. Sans pour autant les oublier dans l’analyse globale de la situation, compte tenu du rôle important qu’elles jouent sur le marché de l’emploi, il faut éviter de tomber rapidement dans des généralisations et des raccourcis aussi malheureux qu’inopportuns.

Mais ce sont ces TPE et PE qui créent de l’emploi. Ce sont elles qui peuvent apporter des solutions à la crise actuelle. Comparativement le solde de création d’emploi en leur faveur par rapport au déficit des grandes entreprises est éloquent sur les 10 dernières années. Pour rester optimiste, on peut penser que le gisement d’emplois pour les 5 ans à venir peut dépasser en net le million. À charge pour toutes ces TPE et PE de savoir se constituer des réseaux, de travailler en filière, d’accepter de fusionner, de grossir et de se développer auprès des ETI. Si l’État doit prendre les mesures nécessaires pour faciliter cette métamorphose, il appartient à nos grands groupes de les aider et de consolider leurs acquis. Le nombre d’ETI est beaucoup plus important outre-Rhin. C’est un véritable atout. L’Allemagne possède sur ce point une très nette avance sur nous…

R.G. & J.M.


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Activité et emploi

Les forces sociales en présence

À chacun sa part de responsabilité


L’absence d’une politique volontariste en matière d’emploi est-elle liée à la faiblesse ou à l’absence de dialogue avec les partenaires sociaux ? Probablement aux deux. Syndicats et patronat présentent un triste spectacle. Dans un contexte de crise, les grands syndicats sont en situation de repli, avec un faible nombre de syndiqués de l’ordre de 8% du nombre total de salariés dans le public et 5% dans le privé.

Attention à l’interprétation de ce chiffre, il s’agit en fait de militants. Le taux de participation des salariés aux élections syndicales oscille entre 30 à 60%, suivant les branches. Par comparaison, pour remettre les appréciations au juste niveau, il faut rappeler qu’en France, le nombre total d’adhérents (militants), tous partis politiques confondus, tourne autour de 1,5% du corps électoral pour un taux de participation pouvant allant de 45 à plus de 80% ! Personne ne remet en cause la représentativité de ces partis. Alors, fermons la parenthèse…

Source : Emploi et formation

 
Le plus gênant, ce sont les positions chancelantes ou les points de vue trop rigides à défendre qu’affichent les syndicats, sur fond d’unité souvent douteuse. Les préavis de grève intempestifs et les grèves sans objet soulignent l’absence de dialogue social anticipatif et la mauvaise qualité de celui-ci quand il a lieu. Par ailleurs, la représentation active au travail dans les petites et moyennes entreprises est réduite à sa plus simple expression quand elle existe.

L’attitude de la majorité de leurs salariés est plutôt réservée, à l’égard de la représentation syndicale. Elle est surtout conditionnée par la crainte de la perte d’emploi. Être syndiqué est un handicap social pour le salarié français. À la fois on peut comprendre le patron d’une très petite entreprise qui ne souhaite pas d’ingérence extérieure. En revanche, le salarié a néanmoins besoin d’être représenté. Le délégué du personnel est là pour cela. Il n’est pas forcément syndiqué. Ce sont deux fonctions et deux rôles différents, souvent mal comprises. Les représentants syndicaux eux-mêmes, les plus engagés et les mieux protégés, hésitent à communiquer et à trop s’afficher, sauf en cas de conflit sérieux.

Source : 20 minutes

 
Autre partenaire social, le patronat n’est pas beaucoup plus brillant. L’image du Medef est contestée. Le Medef est perçu comme un syndicat patronal, hautain et dogmatique, proche du pouvoir libéral, bien qu’il s’en défende. Personne n’est dupe. Avec à sa tête Laurence Parizot, il tient le haut du pavé, s’appuyant sur les entreprises du Cac 40 qui viennent de réaliser fin 2011 encore d’importants bénéfices. Plus de 37 Md€ de dividendes seront distribués à leurs actionnaires. Si les 200 plus grandes entreprises françaises de plus de 2000 salariés peuvent se retrouver en s’identifiant au Medef, que dire des 33.000 entreprises de plus de 50 salariés, des 2,5 millions de TPE, PE et ME ainsi que du million d’associations avec des salariés qui constituent une grande partie du tissu économique français ? Le Medef revendique 750.000 entreprises adhérentes. Si un dialogue minimum existe entre le Medef et les syndicats, il est artificiellement entretenu pour occuper le terrain et n’a pas nécessairement pour objet d’aboutir. Quant à la CGPME, Confédération générale des petites et moyennes entreprises, alors qu’elle représente l’essentiel du bras créateur d’emplois en France avec 1.500.000 adhérents, elle se trouve sur une sorte de strapontin à effet médiatique limité. Son Président Jean-François Roubaud a du mal à se faire entendre.

Un rapport d’enquête parlementaire affirme qu’un montant de 4 Md€ est dépensé chaque année au bénéfice des syndicats et du patronat pour contribuer à leur fonctionnement. Ce montant, payé par l’État, les services publics et principalement par les grandes entreprises, est d’autant plus contestable qu’il inclut le coût salarial des personnels mis à disposition. Ceci représente plus de 3,6 Md€, ce qui est légal. En revanche, le nombre de personnes, représentants syndicaux, détachés pour exercer leur mandat est certainement trop important et prohibitif. L’usage de l’argent, le gaspillage et l’abus touchent la plupart des syndicats de salariés et du patronat.

Ce qui est le plus inquiétant dans le milieu syndical français, c’est surtout sa faiblesse et ses dérives. Le système structurel se présente sous forme de confédération. Ceci ne permet pas au syndicat fédéral de combattre l’opacité de ses actions locales et de ses comptes. Les entreprises publiques et privées abondent dans le sens d’un maintien de la paix sociale en encourageant ou en fermant les yeux sur certaines pratiques courantes au travers d’actions sociales particulières et de comités d’entreprises surpuissants. L’opacité sur les comptes parasites locaux est une règle du jeu admise. Les syndicats patronaux n’y échappent pas non plus.

Jusqu’à présent l’État a eu les mains libres, d’autant plus qu’il a su profiter de cette léthargie. À grand renfort d’annonces ou de rencontres spectaculaires le pouvoir a détourné l’attention, reprenant à son compte le plus souvent des mesures déjà en place ou abandonnées. L’opinion se laisse abuser quand elle n’est pas concernée, le Patronat est satisfait et les syndicats frustrés, tout en étant divisés. Fort de ces avantages masqués qu’il n’ignore pas, le gouvernement peut à partir de là user et abuser de ces divergences, en influençant les différents partenaires sociaux. Ces interventions permanentes ont lieu dans tous les sens et sont plus ou moins contradictoires. Elles alimentent débats et manifestations. Qu’en sera-t-il désormais ? Comment le nouveau gouvernement réagira-t-il ?

Le patronat, le Medef en particulier, relatif complice de l’État, se complait dans un certain immobilisme diplomatique, apprécié des grands patrons. Pour leur part, les petits entrepreneurs perturbés sont déstabilisés parce qu’ils voient en permanence changer et remettre en cause les règles du jeu sociales et de la fiscalité. Quant aux syndicats, ils ont fini par toucher le fond du baquet au moment de la réforme des retraites. Ils ont eu le sentiment de participer à une parodie de dialogue pour aboutir à une solution bâclée, provisoire avec un goût d’inachevé.

Le système français de représentation des partenaires sociaux en est encore à l’âge de la pierre taillée. Incapables de se fixer des objectifs concrets en matière d’activité et d’emploi, les partenaires sociaux se regardent dans une totale passivité. Les salariés des TPE et PE ne sont pas représentés. L’État et la législation en vigueur sont en grande partie responsable de cette carence. La mentalité du corps social est un obstacle au changement. Le casse-tête pour renouer un véritable dialogue sur le fond entre partenaires sociaux est plutôt de taille et les conditions ne sont pas favorables en temps de crise. Et pourtant…

J.M.


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Comment retrouver le chemin de l’emploi ?

L’inactivité n’est pas une fatalité…


La non-existence d’une solution-miracle pour l’emploi n’est pas une révélation. Mais pour autant, faut-il s’interdire de réfléchir au problème sur le fond, de mieux le comprendre et de proposer quelques voies à explorer ? Le choix de la facilité par le chômage et l’exclusion n’est plus de mise. C’est une voie sans issue où les limites de l’intolérable ont parfois été franchies.

Avec la crise de la dette, les conséquences sont là. La crise de l’emploi et l’aggravation du chômage contribuent à détériorer le climat social, accentuant à terme le caractère dual de notre société. La morosité ambiante persistante, amplifiée par une perte progressive de confiance et d’espoir, masque de fait la désadaptation, voire les risques réels de rupture de notre société. La dimension sociale du travail est en pleine métamorphose. 



Source : Economies et finances

 
Les délocalisations par simple transfert de la production de masse vers les pays émergents en pleine croissance industrielle ou dans certains pays de l’est de l’Union européenne pour des raisons évidentes explosent. Les conséquences sur l’emploi intermédiaire sont catastrophiques et irréversibles. Le tissu industriel français s’est décomposé. Cet élément déclencheur est essentiel dans l’accélération sensible du processus de grande mutation de l’emploi et de ses conséquences. 



On ne bâtit pas l’avenir sur l’inactivité forcée et entretenue, et sur le désespoir. Cet effort d’investissement et de mobilisation pour imaginer et créer de l’activité utile, accessible à tous, quelle qu’en soit sa forme, est tout à fait possible. Des gisements d’activité sont présents partout. Il faut les découvrir et les stimuler.

Les clés de la mobilisation existent. L’entreprise, la formation et l’éducation sont les clés de voûte de ce dispositif, l’Etat et les partenaires sociaux devront être eux les garants de la réalisation de cet objectif, nous en serons tous les acteurs.



Fort élément fédérateur, ce retour accompagné à l’activité par une démarche mobilisatrice qui s’inscrit dans la durée, régénère la dignité, la confiance, la prise en charge de l’individu par lui-même, le goût d’entreprendre, la consommation, et à terme crée de l’emploi. 



L’emploi et le travail seront, soit à forte valeur ajoutée technologique (R & D), économique (biens et services) ou sociale (services de proximité aux entreprises et aux personnes), soit ne seront pas, exception faite des activités industrielles protégées et de toutes celles considérées comme non délocalisables. 



La croissance dépend au moins de quatre facteurs extrinsèques essentiels : le contexte international, nos capacités d’exportation, la consommation et la confiance. Une économie de marché totalement libérée, sans règles, hors normes, ne saurait en aucun cas être une réponse dans ce domaine. Les membres de l’Union européenne et de la zone euro devraient en tirer les leçons.

Mais la croissance ne suffira pas. C’est pourquoi, l’activité et l’emploi au futur nécessiteront des choix difficiles pour chacun, une approche sociale différente, autour d’un nouveau projet de société à la fois plus proche de l’individu mais plus solidaire collectivement. 



Cette profonde mutation de société, lente à l’échelle de nos préoccupations au quotidien, est inéluctable. À nous de savoir y faire face, en y participant. 


J.M.


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