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PROPOS DE PRESSE


Au quotidien, un grand nombre d’informations, dans la presse et au travers des médias, peut nous interpeller.

Une actualité "commentée"

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Juin 2018


    Zone euro : à quoi va servir le nouveau budget commun ?

    Bruno Le Maire et son homologue Olaf Scholz ont détaillé la vision franco-allemande de cette innovation majeure pour renforcer la solidité de la zone euro.

    C’est un succès politique incontestable pour Emmanuel Macron et la France. La chancelière allemande a accepté, mardi, le principe d’un budget dédié à la zone euro, ce qu’elle avait toujours refusé jusqu’à présent. La « feuille de route » pour une réforme de la zone euro, bouclée mardi par le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et son homologue Olaf Scholz (social-démocrate) (…), qui devra être soumis aux 17 autres membres du club de la monnaie unique. Ce budget, qui ne sera pas mis en place avant 2021, sera destiné à renforcer la convergence économique entre les pays de la zone euro et la stabilité de cette dernière en cas de crise (…) Aux Allemands Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont concédé en échange qu’il encourage au renforcement de la compétitivité des pays.

    Encourager les « réformes structurelles »

    Concrètement, le futur budget de la zone euro devra financer des investissements dans « l’innovation et le capital humain ». Des investissements réalisés chers à la France et de la compétitivité chère aux Allemands (…) Une partie des fonds structurels européens seraient réservés aux bons élèves en matière de réformes structurelles. Une concession à la vision allemande.

    Vers un instrument de stabilisation du chômage

    Mais le paragraphe sans doute le plus important consacre la fonction de stabilisation du budget de la zone euro. En clair, il sera destiné à amortir les chocs économiques inattendus qui peuvent frapper un ou plusieurs États sans affecter l’ensemble de la zone. L’Allemagne a obtenu que ce rôle soit assuré « sans transferts » permanents entre États membres, elle qui a peur de devenir la vache à lait des États réputés impécunieux. Sur ce point, le mécanisme concret reste à fixer (…) Ce serait le fonds de secours commun de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité, mettrait la main à la poche. L’État membre qui aura été exempté devra ensuite rembourser le MES au fil du temps (…) Les deux pays promettent, sur ce sujet, des propositions concrètes pour le Conseil européen de décembre 2018.

    Des ressources issues de la taxation des géants du numérique

    Comme le budget de l’Union européenne, celui de la zone euro sera pluriannuel. Ses ressources devraient provenir de contributions nationales, comme c’est le cas aujourd’hui dans l’UE, mais aussi de l’affectation de recettes fiscales et des fonds européens. La taxe sur les transactions financières (TTF), dont les négociations échouent depuis 2011, pourrait ainsi faire partie des ressources du nouveau budget (…) Enfin, une part des revenus liés à l’assiette commune pour l’impôt sur les sociétés au niveau de l’UE pourrait contribuer à abonder le budget.

    Les montants en question

    Toutes les décisions stratégiques seraient prises par les pays de la zone euro, ce à quoi tenait beaucoup la France (…)En revanche, celles concernant les dépenses seraient exécutées par la Commission européenne. Pas question, dans ce schéma, d’un quelconque parlement de la zone euro, ce que certains ne manqueront pas de regretter, au nom du contrôle démocratique. Reste la question du montant qui sera consacré au budget. La taxe sur le chiffre d’affaires des géants du numérique ne rapporterait que de 5 à 8 milliards d’euros pour l’ensemble de l’Union européenne si elle était fixée à 3 % (…) Emmanuel Macron, lui, espère qu’il représentera plusieurs points de PIB, soit plusieurs centaines de milliards. Le débat ne semble pas tranché (…) Ce n’est pas gagné étant donné, notamment, la réticence de nombreux pays du Nord, à commencer par les Pays-Bas.

    à suivre dans le Point

    La BCE confirme son intention de sortir du QE

    La Banque centrale européenne « anticipe » d’arrêter son vaste programme d’achats d’actifs d’ici la fin de l’année « si les données confirment (ses) prévisions d’inflation à moyen terme ».

    La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé, jeudi, son intention d’arrêter son vaste programme d’achat d’actifs d’ici la fin de l’année. Entamée en mars 2015 pour combattre le risque de déflation dans la zone euro, le programme connu sous le nom de « QE » (pour assouplissement monétaire) porte actuellement sur un volume de 30 milliards d’euros par mois.

    « Le conseil des Gouverneurs anticipe que, après septembre 2018, et si les données confirment (ses) prévisions d’inflation à moyen terme, le rythme mensuel des achats d’actifs nets sera réduit à 15 milliards d’euros jusqu’à fin décembre 2018 et que les achats d’actifs nets s’arrêteront ensuite », indique-t-il dans un communiqué.

    Taux à 0% au moins jusqu’à l’été 2019

    La décision, largement attendue s’inscrit dans un processus de normalisation de sa politique monétaire. La banque centrale, dont les gouverneurs se sont réunis jeudi à Riga, a toutefois maintenu le taux d’intérêt attendue par les marchés des opérations principales de refinancement à son niveau historiquement bas de 0%.

    Le conseil des Gouverneurs s’attend à conserver ce niveau « au moins jusqu’à l’été 2019 » et en tous les cas aussi longtemps que nécessaire pour s’assurer que l’évolution de l’inflation reste dans le cadre des anticipations actuelles en ligne avec son objectif inférieur mais proche de 2%.

    Le programme d’achat d’actifs avait été annoncé en janvier 2015 et entamé deux mois plus tard dans un contexte d’inflation négative dans la zone euro. Initialement calibré pour un volume mensuel de 60 milliards d’euros jusque fin septembre 2016, il avait été renforcé en avril 2016 à 80 milliards puis rabaissé progressivement.

    à suivre dans Les Echos

    Singapour : Kim Jong Un s’engage vers une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne"

    Pour sa part, "le président Trump s’est engagé à fournir des garanties de sécurité" à la Corée du Nord.

    SINGAPOUR - Donald Trump et Kim Jong Un ont affiché leur entente pour "tourner la page du passé" mardi 12 juin, lors d’un sommet historique qui a abouti à la signature d’un document commun dans lequel le dirigeant nord-coréen s’engage pour une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

    Interrogé sur cette dénucléarisation, enjeu majeur après des décennies de tensions autour des ambitions atomiques de la Corée du Nord, le président américain a assuré que ce "processus" pourrait désormais commencer "très rapidement". Pour leur part, les États-Unis garantiront la sécurité de la Corée du Nord. "Le président Trump s’est engagé à fournir des garanties de sécurité" à la Corée du Nord, dit le texte.

    Mais la formulation de la déclaration commune reste assez vague en termes de calendrier. La dénucléarisation "prend beaucoup de temps scientifiquement", a expliqué Donald Trump en conférence de presse. "J’ai lu que ça pouvait prendre 15 ans mais celui qui a écrit ça se trompe, c’est plus rapide. Il y a un point de non retour, si on arrive à 20% de dénucléarisation on ne peut pas revenir en arrière", a-t-il ajouté. "Nous allons le faire le plus vite possible". Les sanctions contre la Corée du Nord, toujours en place pour l’instant, "seront levées quand nous seront sûrs que rien ne pourra se passer", a-t-il assuré.

    Surtout, la déclaration ne précise pas que la dénucléarisation doit être "vérifiable et irréversible", comme le réclamaient les États-Unis avant le sommet de Singapour, ce qui risque d’apparaître comme un recul de la part de Donald Trump. Interrogé sur l’absence de cette mention, Donald Trump a expliqué que ce critère n’avait pas été inclus dans le texte "faute de temps". "Je ne suis là qu’un seul jour. Le processus va maintenant se dérouler. Je serais d’ailleurs surpris qu’il n’ait pas déjà commencé".

    Sur la question du financement, Donald Trump a indiqué que les États-Unis n’aideront pas la Corée du Nord dans son processus de dénucléarisation. "Le Japon, la Corée du Sud et leurs voisins le feront", a-t-il dit.

    Un "engagement ferme et inébranlable"

    "Kim Jong Un a réaffirmé son engagement ferme et inébranlable en faveur d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", est-il écrit dans ce texte, que les deux hommes s’engagent à mettre en oeuvre "dans sa totalité" et "très rapidement".

    En conférence de presse, Donald Trump a évoqué des discussions "honnêtes, directes et productives" avec Kim, et affirmé que le leader nord-coréen s’était engagé à détruire un site de tests de missiles. Kim Jong Un "veut faire ce qui est juste", a-t-il dit, précisant avoir abordé la question des droits de l’Homme.

    Donald Trump a par ailleurs déclaré qu’il mettrait fin, à terme, aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, décrits comme "très provocateurs" à l’égard de la Corée du Nord.

    à suivre dans Huffington Post

    Sommet du G7 : Trump retire son soutien au communiqué commun sur le commerce

    Sommet du G7 : Trump retire son soutien au communiqué commun sur le commerce

    L’essentiel

    Contre toute attente, les Etats-Unis ont retiré leur soutien au communiqué final du sommet du G7 (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon), qui s’est tenu au Canada Le président Donald Trump a fait volte-face dans l’avion du retour, dénonçant les « fausses informations » de Justin Trudeau, qui a dénoncé dans la conférence de presse de clôture du sommet les droits de douane américains « presque insultants » sur l’acier et l’aluminium Les dirigeants du G7 étaient parvenus à se mettre d’accord sur une déclaration commune sur le commerce malgré les critiques de Donald Trump contre des pratiques qu’il juge injustes envers les Etats-Unis dans le cadre de son programme « America First »

    Le sommet du G7 s’est achevé, samedi 9 juin, après d’ultimes tractations pour tenter de sauver les apparences. En vain. Après la publication d’un communiqué commun des pays participants malgré les tensions sur le sujet du commerce avec les Etats-Unis, son président, Donald Trump, a changé d’avis sur le chemin du retour, alors qu’il se dirigeait vers le sommet prévu mardi avec la Corée du Nord.

    « En raison des fausses affirmations de Justin [Trudeau, premier ministre canadien] à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs douaniers sur les automobiles qui inondent le marché américain ! », a-t-il menacé sur Twitter. Un secteur qui pèse bien plus que l’acier et l’aluminium, qui constituent l’actuel sujet de discorde.

    Il s’est ensuite fendu d’un second tweet attaquant encore le premier ministre canadien. « Le PM Trudeau du Canada s’est montré docile et modéré pendant nos réunions au G7, tout cela pour donner une conférence de presse après mon départ dans laquelle il déclare que “les droits de douane américains sont presque insultants” et qu’il ne “se laissera pas bousculer” », a réagi Donald Trump sur Twitter. « Très malhonnête et faible », a-t-il ajouté. « Nos tarifs douaniers sont en réponse à ses droits de douane de 270 % sur les produits laitiers ! » a-t-il ajouté.

    Le cabinet de Justin Trudeau a répondu de façon laconique à ce sabordage. « Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet du G7, a indiqué son porte-parole. Le premier ministre n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu’en conversations privées avec le président. »

    Le commerce était évidemment le principal point litigieux lors de cette première réunion du G7, après l’entrée en vigueur de taxes américaines sur l’acier et l’aluminium importés. Mais Emmanuel Macron avait salué une « avancée » qui « néanmoins ne régl[ait] pas tout », après la lecture du communiqué final tandis que la chancelière allemande Angela Merkel avait immédiatement tenu à signaler que cette position commune sur le commerce « ne [résolvait] pas les problèmes dans le détail ». Le président français pensait que cet accord marquait « une volonté collective de stabiliser les choses ».

    Fracture

    L’Iran et l’environnement sont les deux autres grandes lignes de fracture entre le président américain, qui a dénoncé l’accord sur le nucléaire iranien et l’accord de Paris sur le climat, et ses alliés. Emmanuel Macron s’est également félicité que le sommet ait permis de prendre un « engagement collectif sur les océans et le climat » pour « aller vers des plastiques à 100 % recyclables à horizon 2030 » – un objectif sur lequel la France s’est déjà engagée. Il n’a toutefois pas précisé si les Etats-Unis souscriraient à cet engagement.

    Le président français a ajouté qu’il aimerait que Vladimir Poutine vienne au sommet du G7 organisé en France à l’été 2019 mais qu’il faudrait pour cela que le président russe agisse favorablement en Ukraine. « Oui, j’aimerais qu’il vienne », a-t-il répondu à des journalistes qui l’interrogeaient sur son éventuelle volonté que Vladimir Poutine puisse venir à ce sommet. « Il faudrait qu’il fasse un geste », a-t-il précisé, évoquant le conflit dans la région ukrainienne du Donbass.

    Trump impose son rythme

    Le président américain, la tête à sa rencontre mardi 12 juin à Singapour avec le leader nord-coréen, Kim Jong-un, avait jusqu’au bout imposé son rythme à des partenaires à bout de patience. Il était ainsi arrivé avec plus d’un quart d’heure de retard samedi pour un petit-déjeuner de travail consacré à l’égalité entre les sexes. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, hôte cette année du « Groupe des sept », avait déjà ouvert les débats lorsque le milliardaire républicain a fait son entrée.

    Vendredi, le président américain avait déjà été le dernier à rejoindre l’hôtel cossu de La Malbaie, surplombant le majestueux fleuve Saint-Laurent, dans la région du Charlevoix (Québec).

    En revanche, il aura été le premier samedi à quitter les débats, séchant ceux consacrés au changement climatique et des réunions avec divers pays invités. Lors d’une conférence de presse finale avant de quitter la Malbaie, il s’est cependant félicité de débats « extrêmement productifs » sur le commerce avec ses homologues.

    Proposition d’une zone de libre-échange du G7

    Donald Trump a également expliqué avoir proposé à ses partenaires du G7 une zone de libre-échange total, sans tarifs douaniers, sans barrières d’aucune sorte, et sans subventions à l’exportation. Il a enfin attribué une note de 10 sur 10 à la qualité de ses relations avec les autres dirigeants, citant particulièrement Emmanuel Macron, Angela Merkel et... Justin Trudeau.

    Donald Trump n’aura donc passé que vingt-quatre heures avec les alliés historiques des Etats-Unis, rejoints au Canada par les représentants d’un ordre mondial multilatéral que Washington semble décidé à dynamiter : le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, ou la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

    Une confrontation de courte durée, donc, mais largement suffisante pour acter les désaccords criants entre les Etats-Unis et leurs alliés, au moment même où, de l’autre côté du Pacifique, les chefs d’Etats russe, iranien et chinois se réunissent pour le week-end.

    Le calendrier fait en effet coïncider le sommet du G7 avec la réunion annuelle de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), à laquelle l’Iran est cette année invité, dans la grande ville côtière chinoise de Qingdao.

    à suivre dans LE MONDE

    Commerce : Merkel prête à s’opposer frontalement à Trump au G7

    La chancelière allemande juge que le sommet qui s’ouvre vendredi pourrait se passer d’un communiqué commun, et refuse que soit atténué à nouveau l’engagement du G7 en faveur du libre-échange.

    En conflit avec les Etats-Unis , Angela Merkel a déclaré mercredi être prête à ne pas adopter de communiqué commun au G7, qui débute vendredi au Canada, si celui-ci devait acter de nouveaux reculs sur le commerce ou le climat. « Il ne peut y avoir un compromis juste pour le compromis », a déclaré la chancelière allemande.

    S’il s’agit d’atténuer ce qui a été obtenu l’an dernier, comme la déclaration de principe en faveur du commerce multilatéral équitable, « un résumé du président, en l’occurrence de la puissance invitante, est peut-être la solution la plus honnête, a-t-elle ajouté lors d’un exercice inédit de questions réponses au Bundestag. Cela n’a pas de sens de lisser les différences à volonté. »

    Prête à isoler Donald Trump

    En évoquant la possibilité d’une absence de consensus, Angela Merkel signale qu’elle est prête à isoler le président américain Donald Trump. Signe de l’impatience européenne, le ministre des Finances français Bruno Le Maire avait parlé la semaine dernière d’un « G6 + 1, avec des Etats-Unis seuls contre tous qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète ». Les négociations seront « compliquées par la position américaine », a indiqué l’Elysée lundi.

    Impatience européenne

    A l’origine du conflit : la décision par Washington de rehausser les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium et la menace de faire de même sur les voitures. Outre les questions de commerce, l’Europe et les Etats-Unis s’opposent sur le climat et sur l’Iran - deux sujets sur lesquels Washington s’est retiré d’accords internationaux depuis la présidence de Donald Trump. « On voit bien qu’il y a un problème sérieux avec le multilatéralisme, ce qui mènera à des discussions controversées », a observé la chancelière, qui se dit toutefois de « bonne volonté » pour arriver à un accord.

    Tensions avec le nouvel ambassadeur

    Sa position tranchée contraste avec le pragmatisme qui d’habitude la caractérise et souligne les tensions avec le président américain. Cette semaine, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, Richard Grenell , a suscité la polémique en Allemagne en déclarant vouloir soutenir les « conservateurs » partout en Europe à l’image du chancelier autrichien Sebastian Kurz, très critique de la politique d’asile de la chancelière.

    Une ingérence peu diplomatique dans les affaires locales, qui a été interprétée comme la volonté de soutenir les rivaux d’Angela Merkel au sein de la droite allemande. Richard Grenell devait être reçu mercredi par le ministère des Affaires étrangères allemand, qui lui a demandé une « clarification ».

    à suivre dans Les Echos

    Protectionnisme américain : et le G7 devint... G6 contre 1

    Les ministres des Finances du G7 exhortent Washington à abandonner ses surtaxes douanières.

    Le lisier et le fumier sont interdits d’épandage à Charlevoix (Canada), pour protéger les délicates narines des dirigeants du G7 qui vont s’y réunir les 8 et 9 juin prochains, mais les boules puantes seront nombreuses. Préambule au sommet des sept puissances, le G7 Finances s’est achevé samedi sur une protestation unanime contre la politique commerciale américaine. « Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales ont demandé au secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin de faire part (à la Maison Blanche) de leur inquiétude unanime et de leur déception » après la décision de Donald Trump de taxer les importations d’acier et d’aluminium, a déclaré le ministre canadien des Finances Bill Morneau à l’issue de trois jours de réunion à Whistler, une station de ski de l’ouest du Canada.

    Signe de la grande discorde qui s’est exprimée à Whistler, le G7 Finances n’a pas donné lieu à une déclaration commune mais à une succession de conférences de presse séparées. Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a même qualifié le rendez-vous de « tendu et difficile », le résumant à un « G 6 + 1 » avec des États-Unis « seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète ». « Nous sommes prêts à répondre » aux nouvelles taxes douanières entrées en vigueur vendredi « mais nous préférerions ne pas le faire », a-t-il averti. L’Union européenne et le Canada ont d’ores et déjà saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) tandis que le Mexique a adopté des représailles sur des produits américains.

    « Les ministres et les gouverneurs se sont mis d’accord sur le fait que les discussions (sur le commerce) devaient se poursuivre au sommet à Charlevoix où une décision doit être prise », a également indiqué Bill Morneau. Ces taxes, a estimé le ministre canadien, « compromettent un commerce ouvert et sapent la confiance en l’économie mondiale ». Le Canada est le premier fournisseur d’acier aux Américains.

    Steven Mnuchin s’est, lui, efforcé de minimiser le rôle que jouerait le commerce au sommet des chefs d’Etat, relevant d’autres problématiques importantes comme les sanctions sur l’Iran ou le sommet prévu avec la Corée du Nord.

    Mais, alors que les discussions s’achevaient à Whistler, Donald Trump s’est fendu de nouveaux tweets fustigeant le libre-échange. « Si nous taxons à hauteur de 0 un pays pour qu’il nous vende ses marchandises et qu’en retour, il taxe à 25, 50 ou 100 % les nôtres […] ce n’est pas un commerce libre et équitable, c’est du commerce stupide ! », a-t-il d’abord écrit.

    Dans un second tweet, il a même accusé : « les Etats-Unis ont été arnaqués par les autres pays depuis des années », « il est temps d’être intelligent ».

    Le G7 réunit les dirigeants des Etats-Unis, de la France, du Japon, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie et du Canada. Preuve de l’isolement croissant des Américains, Pékin a également mis en garde Washington ce dimanche : les discussions actuelles entre les deux puissances, menées actuellement par le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross, « deviendront sans effet » si les Etats-Unis adoptent des sanctions et droits de douane punitifs à l’encontre de la Chine.

    à suivre dans le Parisien

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