Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, c’est au quotidien..., la “Lettre” est bimensuelle...

PROPOS DE PRESSE


Au quotidien, un grand nombre d’informations, dans la presse et au travers des médias, peut nous interpeller.

Une actualité "commentée"

Un titre peut être factuel sur un événement, des données, des statistiques ou sur un sondage. Un avis ou une interprétation peut nous inciter à réagir et faire l’objet d’un commentaire de CE21.

Mai 2018


    Les pistes explosives de Bercy pour réduire les aides sociales

    Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.

    Si le gouvernement ne sait pas comment s’y prendre pour réduire les dépenses publiques, il dispose d’une administration, prestigieuse mais crainte – voire honnie, parfois –, qui saura toujours lui souffler des idées : la direction du budget. Celle-ci a récemment formulé de « premières pistes d’économies » portant sur des dispositifs d’aide aux ménages, en général, et aux personnes démunies. Synthétisées dans un document qui s’intitule « Transformer les prestations sociales », que Le Monde s’est procuré, ces propositions seraient susceptibles – pour plusieurs d’entre elles – de provoquer un tollé si elles étaient mises en œuvre. Il ne s’agit que de « travaux techniques », qui ne se situent pas du tout au « niveau politique », fait-on valoir dans l’entourage du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Mais l’inventivité des hauts fonctionnaires de Bercy pour alléger le montant de la facture peut cependant nourrir quelques inquiétudes.

    La direction du budget part du constat que les prestations sociales constituent « un poids croissant », représentant 26 % des dépenses publiques en 2016 (soit près de cinq points supplémentaires en une quinzaine d’années). « Plusieurs approches [sont] possibles pour maîtriser la dynamique », écrit-elle : ne plus indexer (totalement ou partiellement) la progression des aides à l’évolution des prix, « revoir les règles d’éligibilité », mieux prendre en compte le patrimoine des personnes dans le calcul de l’allocation, encourager le retour à l’emploi – par exemple en conditionnant l’octroi de certains minima sociaux « à des démarches actives de recherche » d’un poste, etc.

    Le document ne précise pas le montant d’économies induites par les diverses options esquissées, sauf dans un cas : le gel en 2019 des prestations, dites « légalement indexées » (allocations familiales, retraites…) (...)

    à suivre dans Le Monde

    Zone euro : beaucoup d’idées de "fonds" mais aucune solution aux déséquilibres

    Le projet d’union bancaire piétine. Les déséquilibres atteignent maintenant 900 milliards d’euros en faveur de l’Allemagne qui reste sourde aux idées de « pot commun ».

    Le projet d’union bancaire européenne est dans l’impasse depuis fin 2015. Face à l’opposition catégorique de l’Allemagne à une mutualisation de la garantie des dépôts, la Commission a présenté le 11 octobre un projet d’union bancaire a minima. En cas de crise, la liquidité bancaire serait temporairement assurée au niveau communautaire sous forme de prêts et sous conditions d’éligibilité (nettoyage de bilan). Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter comment les choses ont évolué au sujet de la consolidation financière de la Zone euro depuis l’épisode précédent.

    Fonds européen de garantie des dépôts : la cigale n’a toujours pas convaincu la fourmi

    Le 19 avril 2018, Emmanuel Macron rencontrait Angela Merkel à Berlin. Le président français était venu « réclamer plus de ‘solidarité financière’ en Zone euro à l’Allemagne », expliquait La Tribune. Les supplications de la cigale vis-à-vis de la fourmi ont eu un succès aussi mitigé que d’habitude.

    Pour la chancelière allemande, seul l’achèvement de l’Union bancaire et des marchés de capitaux est légitime. Pour ce qui est d’une garantie européenne des dépôts, Angela Merkel a arrosé le sémillant Emmanuel Macron d’un « en même temps » d’anthologie : « […] nous sommes également disposés à travailler à un système de garantie des dépôts. Mais nous voulons que la responsabilité et les risques soient bien tenus ensemble », a-t-elle déclaré.

    En somme, pour la mutualisation de la gabegie, c’est toujours nein. Pour ceux qui auraient encore le moindre doute, Eckhardt Rehberg, « l’un des experts du dossier au sein de son parti, la CDU », explique La Tribune, a précisé qu’« il ne faut pas que l’épargnant allemand se retrouve garant des banques grecques et italiennes ». Est-ce que c’est plus clair comme ça ?

    Le FMI veut lui aussi que la Zone euro dispose d’un fonds commun « pour les mauvais jours »

    Le 26 mars 2018, Christine Lagarde profitait de son discours à l’Institut économique DIW de… Berlin pour plaider en faveur d’un pot commun aux pays membres de la Zone. Chacun « contribuerait au pot à hauteur de 0,35% de son PIB, et pourrait bénéficier à titre exceptionnel et sous condition de fonds déclenchés d’urgence en cas de coup dur ». Et la directrice générale du FMI de conclure : « pour un coût relativement modeste, une capacité budgétaire centralisée pourrait in fine réduire les effets négatifs de 50% ».

    C’est plutôt bien vendu, vous ne trouvez pas ?

    à suivre dans Economie Matin

    Iran : les entreprises françaises retiennent leur souffle

    Total, Airbus, Renault ou PSA ont rapidement poussé leurs pions en Iran à la suite de l’accord de 2015. Le retrait américain les prend à revers et va pousser tous les acteurs à l’attentisme.

    Lourds investissements pour PSA et Renault

    Les constructeurs automobiles français ont gros à perdre avec la décision de Donald Trump. Historiquement bien implantés au pays des mollahs, ils y sont revenus en force après la signature de l’accord de 2015 et ont misé gros sur ce marché promis à une forte croissance. Aujourd’hui, ils retiennent leur souffle et se font plus que discrets : Renault ne souhaite faire « aucun commentaire » et PSA indique suivre « l’évolution de ce sujet, y compris la position officielle de l’Union Européenne sur ce dossier, que nous espérons singulière ».

    Contraint de plier bagage en 2012 par son actionnaire de l’époque, General Motors, PSA a dû négocier ferme pour y revenir. Il a fini par signer en 2016 des partenariats avec des acteurs locaux afin d’assembler des véhicules sur place et de doper ses ventes, moyennant un investissement dans les usines et la distribution alors estimé à 1 milliard d’euros sur cinq ans. Dès 2017, les ventes ont grimpé à 444.600 unités (+90%), soit environ 30% du marché.

    Quant à Renault, qui a lui aussi vu ses ventes bondir en Iran l’an dernier, à 162.079 véhicules (+49%), il a annoncé en août un nouvel accord de partenariat dans le pays. Objectif, y porter sa capacité de production à 350.000 unités, via un investissement estimé à 660 millions d’euros par les autorités locales.

    Alors que PSA n’est aujourd’hui présent aux Etats-Unis que via une activité de services de mobilité, Renault a davantage à perdre s’il devait se voir interdire l’accès du marché américain : c’est un immense marché pour son partenaire Nissan, dont il détient 43%.

    Les espoirs déçus d’Airbus

    Pour Airbus, le coup porté est rude, car la réouverture du pays permettait d’espérer de forts développements sur ce marché fermé depuis des années. Le 13 janvier, Iran Air avait fêté en grandes pompes la livraison d’un A321, son premier Airbus neuf depuis 23 ans ! Depuis, Airbus affirme n’avoir livré que deux autres avions, car les menaces américaines ont déjà gelé l’essentiel des solutions de financement. Le contrat était pourtant alléchant.

    Début 2016, Téhéran avait commandé 106 Airbus pour une valeur au prix catalogue de 20 milliards de dollars, mais aussi 80 Boeing pour 17 milliards. Si le constructeur américain a immédiatement promis de suivre la politique américaine, Airbus s’est donné un peu de temps pour étudier la situation juridique, tout en promettant de n’agir que « dans le respect total des sanctions et des réglementations en matière de contrôle des exportations ». Autrement dit, le constructeur devrait vite interrompre son contrat, comme le souhaite Washington.

    Un projet gazier géant menacé pour Total

    Total a signé l’été dernier un accord avec la NIOC, le pétrolier national iranien , pour exploiter le champ gazier géant de South Pars, situé dans le golfe Persique le long de de la frontière internationale avec le Qatar. La major française est actionnaire à 50,1% de ce projet qui nécessitera un investissement de 4 milliards de dollars, aux côtés du chinois CNPC (30%) et de la NIOC (19,9%).

    Seule la première phase du projet (2 milliards), a été lancée. L’exposition financière de Total est donc d’un milliard. Le groupe français n’a décaissé, pour l’instant, que 90 millions, pour des études techniques et le lancement d’un appel d’offres.

    Jusqu’à la semaine dernière, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, expliquait qu’il demanderait une dérogation en cas de rétablissement des sanctions, arguant du fait que le contrat avec la NIOC a été signé durant la période où les sanctions étaient levées. Depuis la signature du décret présidentiel, le groupe analyse la situation avant de se prononcer.

    Dans le cas - probable désormais - où Total serait contraint de se retirer d’Iran, l’accord prévoit que le chinois CNPC reprendrait la participation du pétrolier tricolore dans le projet gazier, qui vise à approvisionner le marché iranien en gaz (et non l’exportation). Total estime également « être en mesure de recouvrer auprès de la NIOC les frais engagés », précise-t-il dans son rapport annuel, « sauf si les sanctions interdisent ce recouvrement ».

    Total devrait également cesser d’acheter du brut en Iran une fois les sanctions rétablies. Le pétrolier français en a acheté pour 2,6 milliards d’euros l’an dernier, destiné majoritairement à ses raffineries.

    Essor incertain pour AccorHotels

    Le champion français de l’hôtellerie serait également concerné par d’éventuelles sanctions, même si son exposition est marginale. AccorHotels, qui ne fait pas de commentaire, n’a pas tardé à amorcer un plan de développement en Iran dans la foulée de l’accord international de juillet 2015. Deux mois plus tard, le groupe était le premier opérateur étranger à y implanter des marques en signant, avec la société iranienne Aria Ziggurat, deux contrats de gestion pour des hôtels Ibis et Novotel, situés près de l’aéroport de Téhéran. Sur le papier, l’Iran est un marché prometteur, puisque combinant un fort potentiel de croissance économique et l’absence de grandes chaînes, notamment pour les catégories économiques.

    Par ailleurs, une dégradation de la situation géopolitique pourrait avoir un impact sur l’activité de certains voyagistes français. L’accord de 2015 avait relancé la fréquentation de l’Iran, une « petite » destination en termes de volume de voyageurs mais prometteuse compte tenu de sa richesse culturelle. Selon le syndicat des tour-opérateurs Seto, 6.308 Français étaient partis en Iran en voyage à forfait au cours de l’année commerciale 2016-2017 (+60%).

    à suivre dans Les Echos

    SNCF : après sa rencontre avec les syndicats, Philippe reste ferme

    Pour le premier ministre, la réforme de la SNCF est nécessaire. Le texte de loi ne changera donc pas fondalementalement. Un dialogue qui ne satisfait qu’à moitié les cheminots.

    Le premier ministre Edouard Philippe a rencontré lundi les syndicats de cheminots. Après plusieurs semaines de grève, les deux parties espéraient pouvoir faire avancer le dialogue afin de sortir de cette situation. Soucieux de se montrer ferme, Edouard Philippe a affirmé lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion que "le texte ne changera pas fondamentalement". Il pourra "peut-être encore être finalisé", a-t-il précisé.

    Le Gouvernement a pris trois décisions sur lesquelles il ne reviendra pas :
    - l’ouverture à la concurrence
    - la fin du recrutement au statut au 1er janvier 2020
    - le changement du statut de l’entreprise au 1er janvier 2020

    Edouard Philippe s’est par ailleurs engagé a adopté "des règles strictes, une ’règle d’or’ qui interdise un endettement excessif de la SNCF". Réaffirmant que l’Etat reprendrait la dette du groupe "progressivement à partir de 2020", Edouard Philippe a fixé comme objectif que le groupe public soit "à l’équilibre économique à la fin du quinquennat" en 2022.

    Le premier ministre a ajouté avoir proposé de revoir les syndicats "le 24 ou 25 mai" avant l’examen de la réforme au Sénat en séance publique.

    L’intersyndicale se réunit à 17H00

    Ces annonces n’ont cependant pas convaincu tous les syndicats. Sur France info, Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire a déclaré que cette réunion a permis aux organisations syndicales "d’apprécier le pouvoir du premier ministre à jouer de la montre, à gagner du temps". "A l’heure qu’il est le compte n’y est pas", a-t-il poursuivi.

    Du côté de la CFDT, on se montre plutôt satisfait de cette réunion. Selon le secrétaire général, Laurent Berger, le dialogue a eu lieu lundi. "On ne peut pas dire qu’on a eu fasse à nous un premier ministre qui nous a dit rideau", explique-t-il. Cependant, il attend de voir quelles propositions seront faites. D’ici-là, le syndicat va "continuer à dire aux cheminots qu’il faut continuer de peser pour qu’on soit entendus", précise-t-il.

    Enfin du côté de Force Ouvrière, Pascal Pavageau a estimé que le gouvernement va "déprotéger" les cheminots de la SNCF avec son projet de réforme. Les cheminots "vont se retrouver dans des conditions dégradées, transférés dans des entreprises qui vont appliquer un moindre coût salarial (...) déprotégés avec moins de droits, moins de rémunération", a-t-il déclaré à la presse. "On est bien parti pour le maintien de la grève", a-t-il estimé, soulignant que c’était aux cheminots d’en prendre la décision en assemblée générale.

    L’intersyndicale doit se réunir en fin d’après midi pour décider ou pas du maintien de la grève alors que commence la huitième séquence de grève qui durera jusqu’à jeudi matin.

    Opération coup de poing à Montparnasse

    Lundi après-midi, des cheminots du syndicat Sud-Rail, ont pénétré dans la gare Montparnasse à Paris. Aux alentours de 13H30, quelque 200 personnes ont fait irruption dans la gare avec des fumigènes allumés, créant un léger mouvement de panique.

    D’abord pris de court, les CRS sont intervenus pour repousser les manifestants. Ils se sont ensuite fait face sur le parvis de Montparnasse.

    "C’est une manière de radicaliser le mouvement. On va durcir le ton pour de vrai maintenant. Ceux qui veulent suivre, ils suivent, et ceux qui ne veulent pas suivre et continuer à aller chercher des amendements, qu’ils se fassent plaisir !", a déclaré Anasse Kazib, délégué Sud-Rail Paris-Nord. Peu après 14H30, les manifestants se sont dispersés, mais quelques CRS sont restés postés encore une demi-heure devant la gare, avant de quitter les lieux.

    à suivre dans L’Express

    "S’il y a de la casse, on laisse casser" : les forces de l’ordre divisées sur la gestion du 1er-Mai

    Alors que 1.200 "Black blocs" ont provoqué de nombreuses dégradations lors des défilés du 1er-Mai à Paris, la stratégie d’intervention des forces de l’ordre fait polémique au sein même de celles-ci.

    Annoncés "400 à 800", ils étaient finalement 1.200. Encagoulés, vêtus de noir, munis de masques à gaz, et pour certains de cocktails molotov et de projectiles, les "Black blocs" ont monopolisé les images du défilé traditionnel du 1er-Mai en saccageant un McDonald’s, 31 commerces, une concession immobilière et brûlant plusieurs voitures.

    Il n’y a eu qu’un blessé léger parmi les forces de l’ordre, et 3 parmi les manifestants. Un bilan dont s’est réjoui Michel Delpuech, préfet de police de Paris, en conférence de presse mardi 1er mai en fin de journée. Pourtant, certaines images de colonnes de CRS regardant attentivement les casseurs saccager des commerces ont suscité de vives polémiques sur la stratégie adoptée. Fallait-il intervenir plus tôt ? La question divise la police et les CRS autant que les raisons de cette intervention tardive.

    Sécuriser les manifestants non-violents

    La première raison invoquée est celle de la prudence, face à la potentielle explosion de violence, en cas d’affrontements directs. Le préfet de police de Paris Michel Delpuech s’est justifié au micro de France Inter ce mercredi matin, en ces termes : "Il y avait, autour, 1.000 manifestants pacifiques. Vous imaginez si les forces de l’ordre intervenaient au milieu de ces personnes ?".

    Une explication également relayée par Daniel Chaumette, du SGP Police, qui s’est réjoui du peu de blessés à déplorer. Pour lui, c’est avant tout la sécurité des manifestants et des policiers qui a été préservée : "Quand on intervient au milieu de dizaines de milliers de personnes, s’il y a des gens qui se trouvent au milieu, même de simples passants, ils vont prendre comme les autres, avec les risques que l’on connaît. Il y aurait forcément eu des blessés. Alors, c’était une décision prudente", nous a-t-il affirmé.

    Une polémique qui ne manque pas d’irriter ce syndiqué de toujours, pourtant "très attaché à la liberté de manifester". "De toutes façons, dans ce type de manifestations d’ampleur, quoi qu’il arrive, la police est stigmatisée. Un coup elle a agi trop violemment, un coup pas assez …", s’agace Daniel Chaumette.

    Pour Axel Ronde, secrétaire général du Syndicat Vigi Police en Ile-de-France, "la manif a été très bien gérée par la préfecture de police". Éviter une flambée de violences était alors la priorité : "Ce sont des groupuscules ultra-violents et entraînés, qui s’en prennent systématiquement aux forces de l’ordre. Et leur violence a été relativement bien canalisée". Pourquoi les forces de l’ordre ne sont pas intervenues plus tôt, notamment au restaurant McDonalds, attaqué à coups de cocktails molotov alors qu’une dizaine de clients se trouvaient à l’étage ? Axel Ronde estime que "tout se passe très vite dans ce genre de situation".

    "Nous aurions dû recevoir l’ordre d’intervenir bien avant"

    De nombreux représentants syndicaux policiers se sont pourtant étonnés de ne pas avoir reçu l’ordre de contrôler et interpeller les casseurs en amont. David Michaux, secrétaire national de la section CRS de l’UNSA Police (Fédération autonome des syndicats de police), entend les arguments de la préfecture de police mais émet des réserves quant aux ordres qui ont été donnés : "lls voulaient éviter les affrontements directs entre les forces de l’ordre et les manifestants. Mais il y aurait dû y avoir une intervention en amont". Et pour cause : les membres des "Blacks blocs" se sont équipés au vu et au su de tous les journalistes et forces de l’ordre, placés en tête du cortège. Alors qu’ils n’étaient que de petits groupes épars, ils se sont regroupés en un bloc de 1.200 personnes. "La préfecture de police aurait dû nous donner l’ordre d’intervenir dès ce moment-là", commente David Michaux. Et d’ajouter : "Nous savons qui ils sont, nous savons qu’ils sont armés, nous aurions dû recevoir l’ordre d’intervenir bien avant. C’est incompréhensible".

    Une volonté de discréditer le message social ?

    Certains syndicats de police s’interrogent également sur les avantages que présente la médiatisation de ces dégradations pour le gouvernement, qui tendent à réduire les protestations sociales actuelles à des violences gratuites. Alexandre Langlois, secrétaire générale du Syndicat de police Vigi au niveau national, n’est pas d’accord avec son confrère d’Ile-de-France, Axel Ronde. Ce mardi 1er mai, il a rapporté sur Twitter les témoignages de collègues CRS, qui auraient reçu la consigne suivante : "En cas de casse, on laisse casser".

    Il nous confirme au téléphone avoir reçu ces informations des CRS présents sur place. Des consignes, selon lui, toujours données à l’oral. "Nos collègues CRS nous ont alerté hier. La consigne était la suivante : "s’il y a de la casse on laisse casser". Selon lui, cette stratégie du laisser faire devient classique, et en dit long sur la stratégie politique adoptée par le gouvernement pour traiter la grogne sociale : "L’objectif est de détourner le message social, je n’en vois pas d’autre". Une intervention anticipée aurait-elle pu s’avérer plus dangereuse que l’inaction ? "Les affrontements auront lieu, quoi qu’il arrive. Alors il vaut mieux intervenir en amont quand ils sont en petits groupes, dispersés".

    "C’était pareil au moment de la loi Travail, ils voulaient qu’on laisse faire"

    Un CRS présent sur le boulevard de l’Hôpital a accepté de témoigner anonymement sur le contexte des interventions d’hier et nous a confirmé les informations relayées par Alexandre Langlois. Peu avant l’arrivée des "Blacks blocs" au niveau de la gare d’Austerlitz, son commissaire aurait transmis la consigne : "S’il y a de la casse, on laisse casser". Une décision qui ne l’étonne plus : "C’était pareil au moment des manifestations contre la loi Travail : ils voulaient qu’on laisse faire". Et d’ajouter : "C’est une question politique. Ces règles sont édictées au plus haut niveau de l’exécutif". Tout en se moquant des réactions indignées des différents membres de l’exécutif, il s’insurge : "Ce sont des mensonges, de la communication. Nous ne sommes pas naïfs, c’est la ligne de conduite du ministère !".

    A la lumière des évènements d’hier, une autre question inquiète ce CRS aguerri : l’ampleur que prend le groupe "Black blocs". "Ils étaient 150-200 au moment des manifestations contre la loi Travail. Ils sont 1.200 aujourd’hui. Combien seront-ils demain, si nous laissons faire ?", s’interroge-t-il.

    à suivre dans Marianne

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