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Octobre 2016

Brexit : la livre plonge et ravive les craintes de "turbulences"

octobre 2016


Du 03/10/2016 avec AFP pour le Point

L’annonce de Theresa May qui compte entamer la sortie de l’UE avant mars 2017 a déstabilisé les marchés, même si l’économie britannique se porte bien.

L’annonce par la Premier ministre britannique Theresa May de l’ouverture des discussions sur le Brexit d’ici à la fin du mois de mars a fait plonger la monnaie britannique. Véritable baromètre de l’humeur du marché, la livre a décroché fortement face au dollar et à l’euro après l’annonce de la dirigeante. Cela ravive les craintes d’un divorce douloureux sur le plan économique.

La décision de Theresa May d’activer « avant fin mars » l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui déclenchera les discussions de sortie de l’Union européenne, a ravivé les incertitudes liées à la complexité des négociations à venir et à leur issue. Résultat, la livre a chuté à 87,46 pence pour un euro, son niveau le plus faible depuis début août 2013, tout en tombant à 1,2846 dollar pour une livre, son niveau le plus faible depuis début juillet dernier, quand elle avait atteint un plus bas depuis juin 1985.

Tous les observateurs s’affolent

Les propos de Mme May, qui a notamment signifié que son pays comptait bien répondre à la demande des Britanniques de contrôler l’afflux de migrants européens, suggèrent que « le Royaume-Uni pourrait être tenté par ce que l’on appelle un Brexit dur », c’est-à-dire une séparation sans compromis, qui priverait les milieux d’affaires de toute flexibilité et visibilité, soulignait Ipek Ozkardeskaya, analyste chez London Capital Group. « Il est généralement admis que, plus May insiste sur le contrôle de l’immigration, plus l’UE est encline à fermer l’accès au marché unique », assuraient de leur côté les analystes chez Rabobank.

Et pour Holger Schmieding, chef économiste au sein de la banque allemande Berenberg, un « Brexit dur », qui passerait par une forte restriction de l’immigration économique, « risque d’être le plus dommageable pour l’économie britannique sur le long terme ». Parmi les dirigeants politiques, Tim Farron, le leader du Parti libéral-démocrate, estime, lui, que l’annonce de Theresa May est un « désastre ». Car il a peur que cela entraîne la perte de l’accès au marché unique pour le Royaume-Uni, qui est vitale en particulier pour le secteur financier.

Jusqu’ici l’économie britannique se porte bien

Chez les soutiens de Theresa May, on ne semble pas s’inquiéter outre mesure, même si on est conscient d’entamer une période difficile. Interrogé lundi matin par la BBC en marge du congrès du Parti conservateur à Birmingham, le ministre britannique des Finances Philip Hammond a ainsi admis que l’économie du Royaume-Uni allait affronter des « turbulences » et des « montagnes russes » lors des négociations à venir. « Il y aura une période de deux ans, voire peut-être même davantage, où les entreprises seront confrontées à l’incertitude sur la nature finale de notre relation avec l’Union européenne », a-t-il souligné. Pour l’heure cependant, malgré les scénarios catastrophes dessinés par les partisans du maintien dans l’UE avant le référendum du 23 juin, l’économie britannique semble faire preuve d’une grande résistance. « Il y a encore de l’incertitude, mais le ciel n’est pas tombé sur nos têtes, contrairement à certaines prédictions », a d’ailleurs observé dans son discours de Birmingham, Theresa May, citant un certain nombre d’indicateurs encourageants. La consommation des ménages n’a pas faibli, le chômage n’a pas progressé, au contraire, et le secteur de la construction se porte plutôt bien. Philip Hammond a annoncé lundi un plan de 5 milliards de livres pour ce dernier secteur lors de son discours devant les militants conservateurs à Birmingham, tandis qu’il a décidé d’abandonner l’objectif de son prédécesseur d’équilibrer les comptes du pays d’ici 2019-2020.

Dernier indicateur en date publié lundi matin par Markit, l’indice PMI mesurant l’activité dans le secteur manufacturier a atteint en septembre un plus haut depuis mi-2014, tirant profit de la baisse de la livre. Car le repli de la monnaie britannique ne représente pas qu’une mauvaise nouvelle en renchérissant le prix des produits importés pour les consommateurs. Outre qu’il gonfle le pouvoir d’achat des touristes munis d’autres devises, il donne une bouffée d’air frais aux nombreuses multinationales britanniques exportatrices qui réalisent une grande part de leur activité à l’étranger. C’est la raison pour laquelle la Bourse de Londres ne tremblait pas lundi matin et s’affichait même en nette hausse de plus de 1 % à la mi-journée.

à suivre dans Le Point

Commentaire de CE21 :

Theresa May sort de son silence !

Après des mois de silence, la premier ministre finit par prendre l’initiative et par s’adresser devant ses militants à propos du Brexit. La date limite de la décision du début des négociations est connue : avant la fin mars 2017 !

Cela est d’autant plus sensible que personne n’est dupe, les négociations dureront plusieurs années. Les "aller-retour" seront incessants, accords et désaccords à la clé. Et finalement, le Royaume-Uni qui était un "pied dedans", un "pied dehors" espère bien se retrouver "un pied dehors" et un pied "dedans" !

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