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Juillet 2016

Barroso chez Goldman Sachs : indignation au Portugal et en France

juillet 2016


Du 10/07/2016 par AFP pour Le Point.fr

L’ex-président de la Commission européenne a rejoint la banque d’affaires Goldman Sachs. Des eurodéputés et des membres du gouvernement s’insurgent.

Sans honte", « indécent », un « bras d’honneur » : une pluie de critiques s’est abattue samedi en France et au Portugal sur l’ex-président de la Commission européenne, José Manuel Barroso qui va rejoindre la banque d’affaires américaine Goldman Sachs. En France, plusieurs voix de gauche, jusqu’au sein du gouvernement, ont protesté contre son embauche par une banque à la réputation sulfureuse, notamment en raison de son rôle dans la crise des subprimes en 2008 et parce qu’elle avait aidé, au début des années 2000, l’État grec à masquer ses déficits pour rester dans l’euro.

« Desservir les citoyens, se servir chez Goldman Sachs : #Barroso, représentant indécent d’une vieille Europe que notre génération va changer », a tweeté le secrétaire d’État français au Commerce extérieur, le socialiste Matthias Fekl. Les eurodéputés PS français ont eux jugé « scandaleux » ce « nouveau pantouflage, qui ressemble fort à un conflit d’intérêts ». « Nous exigeons une révision des règles pour empêcher de tels recrutements d’anciens Commissaires européens », ont-ils écrit dans un communiqué.

Même indignation à Lisbonne, dans les rangs du Parti socialiste au pouvoir et de ses alliés de la gauche radicale. « Cette nomination montre que l’élite européenne dont fait partie Barroso n’a aucune honte », a ainsi réagi Pedro Felipe Soares, chef de file parlementaire du Bloc de gauche. Premier ministre du Portugal de 2002 à 2004, José Manuel Barroso a occupé la présidence de la Commission européenne de 2004 à 2014, période durant laquelle l’Europe, secouée par la crise financière de 2008, a été perçue comme libérale et sans grand dessein.

La banque Goldman Sachs a annoncé vendredi l’avoir engagé pour la conseiller, alors que la sortie du Royaume-Uni de l’UE devrait avoir des impacts sur le monde financier. « Après avoir passé plus de trente ans dans la politique et le service public, c’est un défi intéressant et stimulant qui me permet d’utiliser mes compétences dans une institution financière mondiale », a expliqué José Manuel Barroso à l’hebdomadaire portugais Expresso.

Une nouvelle qui n’a « rien d’étonnant »

« Si l’on reste dans la vie politique, on est critiqué pour vivre aux crochets de l’État, si l’on va dans le privé, on est critiqué pour tirer profit de l’expérience acquise dans la politique », a-t-il ajouté, balayant tous les reproches. Mais la presse française estime que cette nomination tombe au plus mal. « L’image de l’Union européenne qui n’est pas folichonne en ce moment, n’avait pas besoin de cela », écrit samedi l’hebdomadaire français L’Obs. « C’est, au pire moment, un symbole désastreux pour l’Union et une aubaine pour les europhobes », renchérit le quotidien de gauche Libération, qui dénonce sur son site internet un « bras d’honneur à l’Europe ».

La présidente du parti d’extrême droite Front national, Marine Le Pen, a d’ailleurs estimé sur Twitter que la nouvelle n’avait « rien d’étonnant pour ceux qui savent que l’UE ne sert pas les peuples, mais la grande finance ». José Manuel Barroso n’a enfreint aucune règle, puisqu’au-delà de 18 mois après la fin de leur mandat, rien n’oblige les anciens membres de la Commission à rendre des comptes, a pour sa part souligné cette institution.

à suivre dans Le Point.fr

Commentaire de CE21 :

Goldman Sachs, toujours à la « Une »...

La nomination de José Manuel Barroso comme président non exécutif de la Goldman Sachs n’a pas cessé d’interpeller et de choquer le monde politique et celui des finances. Ce travail de superlobbyiste au profit de ce géant financier ne peut qu’inquiéter et déranger surtout avec le Brexit qui vient d’être voté.

Si l’inquiétude se manifeste dans certains milieux qui ne manquent pas de rappeler les aventures de Romano Prodi, ancien premier ministre italien de courte durée, et les difficultés rencontrées au départ par Mario Draghi, patron de la BCE, tous deux anciens de Goldman Sachs, officiellement les politiques européens au pouvoir ne se manifestent pas. Déontologie oblige. Mais l’inquiétude existe...

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