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Juin 2016

Doc en toc : la France démonétise son doctorat !

juin 2016


Du 20/06/2016 par Idriss J. Aberkane pour Le Point.fr

Attention, danger : en réformant le doctorat, le gouvernement risque de dévaloriser l’un de nos diplômes les plus reconnus à l’international.

La réforme du doctorat va permettre à des gens qui n’en ont ni le mérite, ni les dispositions, ni la rigueur, de se prévaloir du titre de docteur, le plus élevé et le plus exigeant des diplômes universitaires. Ainsi l’arrêté du 25 mai 2016 donne le droit aux étudiants français sortis de grandes écoles d’obtenir un Ph.D par "validation des acquis par l’expérience" ou VAE. Cette VAE concernait jusqu’à présent le niveau master, désormais, l’expérience professionnelle vaudra doctorat. Les élites françaises pourront faire tourner la planche à diplômes à leur seul profit, dévaluant le fruit du travail acharné de milliers de docteurs sincères, et ridiculisant un peu plus, s’il en était encore besoin, l’enseignement supérieur de notre pays.

On se souvient du “doctorat” de Jean-Christophe Cambadélis, obtenu par une succession de passe-droits politiques auxquels les étudiants les plus brillants n’auront jamais accès dans leur vie. L’affaire, révélée par Mediapart, avait valu cette heureuse expression à Libération : un “doc en toc”. Mais le cas Cambadélis relève encore de l’artisanat à côté de l’usine à doctorats en plastique que vient de valider notre classe dirigeante. Sans avoir produit la moindre idée originale, sans avoir fait aucunement progresser l’état de l’art ou la connaissance mondiale, ce qui est le seul et unique but d’une recherche doctorale, un apparatchik pourra se faire imprimer un colifichet doctoral pour briller en société, avec la même facilité que le commerce des indulgences. L’élite française, décidément, est bien décadente, et n’a plus aucune honte à détourner l’intérêt général à son profit.

Une ineptie économique

Il y avait déjà le doctorat honoris causa... Demain, sans avoir aucunement repoussé les limites du savoir existant, n’importe quel membre d’une caste républicaine dominante pourra usurper ce qui revient de droit aux petites mains laborieuses de la recherche scientifique. C’est un précédent qui en dit long sur l’état de l’économie de la connaissance en République française. A-t-on vu un seul pays démocratique légaliser ainsi, avec un tel cynisme, ces vrais faux diplômes ? L’arrêté du 25 mai est comme une soudaine et foudroyante dévaluation du papier universitaire français, quatre années de travail acharné viennent d’être ramenées à une formalité administrative entre copains. Non content d’avoir volatilisé le pouvoir d’achat des Français et de les endetter massivement, la gouvernement – socialiste – vient de pulvériser les espoirs de ceux qui avaient cru bon placer leur épargne de temps et d’intellect dans un diplôme acquis de haute lutte.

Ce grand trafic de docs en toc est une ineptie économique. Aux autres nations, il montre que notre classe politique est irresponsable, prête à détourner chaque aspect de l’appareil d’État pour servir son ego et capable de mépriser l’avenir de sa jeunesse pour entretenir des castes d’un autre temps. Il y avait déjà cette Légion d’honneur remise à un dictateur, soutien de Daech, et qui méprise le droit des femmes... Notre République, décidément, à quelque chose de l’île des Pingouins d’Anatole France, mâtinée de Louis XIV. Et pendant qu’elle fait du doctorat une brioche de cours pour régaler des gourmands sans compétences, le monde se pose déjà la question fatidique : un diplôme français, est-ce bien sérieux ?

à suivre dans Le Point

Commentaire de CE21 :

Excellence et élitisme aliment la confusion à propos d’un « équivalent Doctorat » !

Club Espace 21 a déjà eu l’occasion de se prononcer sur cette confusion des qualificatifs. Attention de ne pas galvauder le titre de "Docteur", équivalent "PhD", pour satisfaire notre "élite de l’élite" au service de son « ego », par « validation des acquis par expérience » (VAE).

Tout tourne autour des mêmes mots clés : excellence et élitisme. La confusion s’instaure très vite autour de ces deux mots. L’excellence est un terme qualitatif qui mesure le degré de perfection obtenu à un niveau considéré, et ce, quel que soit le diplôme (ou non) ou encore l’acquis d’expérience.

Stricto sensu, l’élitisme est un système établi qui favorise artificiellement une « élite de l’élite » au détriment de la masse, alors que cette « élite de l’élite » devrait en être l’émanation...

Club Espace 21

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