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Février 2016

Brexit : l’Europe va-t-elle (encore) céder au chantage de David Cameron ?

février 2016


DU 02/02/2016 note de Fabien CAZENAVE pour L’Express

L’Union européenne dévoilait ce mardi ses propositions pour que le Royaume-Uni reste dans l’Union. Arrêt des aides sociales aux migrants, dispositions prises pour que la City ne souffre pas du renforcement de l’euro...

David Cameron a rencontré la semaine dernière Jean-Claude Juncker et Donald Tusk pour négocier de nouvelles exceptions avant de soumettre la sortie du Royaume-Uni aux sujets britanniques par référendum. On se demande bien du reste pourquoi il y a des négociations.

Le Premier ministre britannique joue sur un fil en faisant miroiter qu’il soutiendra le camp du "in" plutôt que celui du "out" lors du référendum, en fonction de ce qu’il obtiendra comme nouvelle exception aux règles communes européennes pour son pays. Et les dirigeants nationaux et européens se laissent faire (...) David Cameron aurait en effet beau jeu, lors du prochain sommet décisif de février, de dire que ses "partenaires" européens sont obtus et que, dans ces conditions, il ne peut pas accepter leurs conditions pour son pays.

"Pourquoi céder ?"

Cependant, les demandes britanniques sont très compliquées à accepter politiquement. En effet, supprimer la mention "d’union toujours plus étroite" des traités serait par trop coûteuse symboliquement, alors que la construction européenne est déjà au ralenti depuis plusieurs années. Juridiquement aussi, une de ses revendications pose problème. David Cameron joue en effet sur la vague de peur liée à l’immigration économique (...) il souhaiterait suspendre les aides sociales jusqu’à quatre ans pour les Européens non-britanniques se retrouvant sans ressource (...)

La Commission européenne et les services de Donald Tusk essaient de trouver une solution à cette demande : ce serait la mise en place d’un "frein de secours", s’il parvient à prouver que ses services sociaux sont incapables de faire face à un afflux de migrants intra-européens (...) Mais le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, sait pertinemment que cela ne sera jamais une mesure prise pour seulement quelques mois.

De plus, cette exigence est contraire à la libre circulation des biens et des personnes, un principe fondateur de l’Union européenne. Le fait de simplement en discuter montre le manque de hauteur de vue sur l’Europe de nos dirigeants. Au nom de quoi devrions-nous à nouveau céder aux Britanniques ? Ils sont déjà en dehors de l’Euro, de l’application de la Charte des Droits fondamentaux et de Schengen (...)

UKIP fait pression et accuse les migrants

Si les citoyens d’Outre-Manche votent pour la sortie de l’Union, ce sera un coup dur pour la construction européenne. Mais cela lèvera aussi l’hypothèque britannique sur toute velléité de faire avancer l’Europe. Ce sera par conséquent un coup dur aussi pour tous les dirigeants nationaux soi-disant pro-européens, utilisant l’épouvantail britannique pour repousser des avancées qu’ils ne souhaitent pas en réalité.

Céder sur le prétendu tourisme social des migrants économiques intra-européens, c’est faire surtout le jeu des populistes. Personne n’est capable de chiffrer combien coûtent les Européens non-nationaux au système social. Tout d’abord, la plupart travaillent et payent donc mécaniquement les cotisations pour ceux ayant besoin de l’aide sociale (...)

Enfin, rappelons-nous les prédictions fin 2013 du leader anti-européen Nigel Farage (UKIP) à propos de la fin des barrières administratives contre les migrants roumains et bulgares au Royaume-Uni. Il prédisait très sérieusement que nous verrions 400 000 migrants de plus sur le territoire britannique. Bizarrement, il n’y en a eu que 50 000. Et sur les 190 000 "migrants" présents là-bas fin 2014, 80% avaient un emploi (...)

Il faudrait donc qu’on arrête de supposer qu’un citoyen européen non-national est un "migrant" et un "fraudeur". Cela permettrait de se poser les vraies questions sur les racines du chômage dans nos pays respectifs.

A suivre dans L’Express

Commentaire CE21 :

Un "Extra-européen confirmé"

Le Royaume-Uni est déjà depuis la signature de Maastricht le "pays des passe-droits" dans l’Union européenne. Il serait trop long de les développer. Mais quelques rappels ne seront pas sans interpeller le lecteur qui comme nous a tendance à vite oublier l’essentiel.

Une liste partielle des principaux avantages cédés aux britanniques est déjà édifiante. Il en ressort pour le Royaume-Uni : égalité dans la contribution budgétaire ; coopération administrative policière et judiciaire partielle ; exemption du respect de la charte des droits fondamentaux (individuels) ; nombreuses dérogations aux lois sociales ; en dehors de l’Espace Schengen et dès 1992 à la signature du traité de Maastricht une clause pour ne pas faire partie de l’Eurogroupe.

Un pied dedans, un pied dehors... C’est aussi à ce qu’il reste de l’Union européenne de prendre ses responsabilités : une forme de souverainisme qui porte à réflexion...

Club Espace 21

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