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Décembre 2015

La Turquie face à ses ambitions et ses contradictions

décembre 2015


Du 10/12/2015 par Jacques MARTINEAU avec CE21 pour Economie Matin

Au plan géographique, la Turquie se situe entre la Syrie, l’Iran et l’Irak, sans parler de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. 7ème économie à l’échelle européenne, en termes de PIB, cette république de 78 millions d’habitants est membre de l’OTAN, de l’OCDE, du Conseil de l’Europe et du G20.

A majorité sunnite, son président, proche des « frères musulmans » participe à sa façon au conflit sunnite-chiite avec un positionnement équivoque dans le conflit actuel. Son influence en local est discutable. L’Egypte se tient sur ses gardes.

Une position ambiguë dans ce conflit

Pour lutter contre Daesh, la Turquie intervient modérément. Elle le justifie par l’ambiguïté de son contexte local. Les frappes aériennes effectuées par la Turquie, membre frais émoulu de la coalition anti-Daesh, visent à 80% les positions du Parti des travailleurs du Kurdistan en Irak et en Syrie, faisant ainsi voler en éclats la seule force capable de faire face aux djihadistes au sol. Quoiqu’il fasse maintenant, la position d’Erdogan au profit de la coalition est trop tardive.

Même si la Turquie qui prétend ne pas avoir su qu’il s’agissait d’un avion russe a fini par exprimer « ses condoléances » à la Russie pour la mort d’un de ses pilotes, la tension entre Moscou et Ankara n’est pas prête de retomber. S’adressant clairement aux Occidentaux, le chef de l’Etat russe, Vladimir Poutine a précisé dans son discours annuel sur l’état de la nation qu’aucun pays « ne devait appliquer un système à deux poids deux mesures concernant le terrorisme » et « utiliser des organisations terroristes à leurs propres fins ». La présence et l’action de la Russie contre les opposants au gouvernement syrien et contre Daesh seront déterminantes. Devant les réactions russes, la Turquie a intérêt à se tenir à l’écart économiquement et militairement.

Une frontière transparente qui dérange tout le monde !

Le journal autrichien « Die Presse », indique que « la coopération entre la Turquie et les terroristes du groupe Daesh est beaucoup plus large que la perception qu’en a la communauté mondiale… » Les djihadistes auraient mis la main sur une vaste zone longue d’au moins 100 kilomètres, située à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Il précise que « c’est une véritable tête de pont, favorisant la contrebande, le trafic de pétrole, l’afflux d’argent liquide ainsi que le trafic d’armes, d’antiquités et d’aliments. » Sans contrôle, cette zone facilite les déplacements des djihadistes entre les deux pays. Ajouter à cela, la minorité turkmène en opposition au régime syrien, la tension est importante !

Pour sa part, l’Irak a appelé samedi 5 décembre la Turquie à retirer "immédiatement" ses troupes de son territoire après le déploiement de soldats turcs dans les environs de Mossoul (nord), selon un communiqué officiel. La Turquie nie cette affirmation…

Après l’accord signé avec l’UE le 29 novembre dernier, la Turquie annonce officiellement qu’elle aurait empêché plus d’un millier de migrants à se rendre en Grèce.

On peut se poser la question qui vient sans cesse à l’esprit : Quel sens donner à l’OTAN dans ce conflit avec un « allié » aussi complexe et dont on doute de la solidarité ? Comment réagiront les Etats-Unis ?

A suivre dans Economie Matin

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