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ÉDITORIAL

Une trêve de Noël très particulière...

Avec une France en état d’urgence

décembre 2015


Comme c’est souvent le cas, les politiques, toutes tendances confondues, veillent avant les fêtes de fin d’année, à parler de « trêve de Noël ». Un propos coutumier qui tend à rassurer pour faire une pause. C’est aussi l’occasion pour eux de faire un bilan en mettant en exergue, les résultats, les acquis et les améliorations en cours ou à venir pour les représentants de la majorité. Ces derniers évitent d’insister sur les manques, les points « laisser pour compte » et les « évitements volontaires » qu’ils laissent volontiers développer à l’opposition. Attentats, état d’urgence, « guerre », COP 21 et régionales, une trêve de Noël très particulière…

Un encouragement avec un espoir pour la planète

La COP 21 vient de se terminer ce samedi 12 décembre avec un résultat très satisfaisant, qualifié d’« historique » par les participants, par les politiques et par la presse. Laurent Fabius a réussi sa performance. Préparée et organisée par la France au Bourget, elle a été menée magistralement pour aboutir à un accord diplomatique difficile et juridiquement contraignant approuvé par 195 pays, révisable tous les 5 ans. Cet accord a pour objectif de contenir le réchauffement de la planète bien en-deçà des 2°C, et si possible de 1,5°C, à la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels. La France présidera encore cette conférence onusienne pour un an, jusqu’à la prochaine qui se tiendra à Marrakech.

L’accord proposé est adopté - source : Le Huffington Post


Dans ce genre de réunion mondiale, il est quasi impossible d’avoir le résultat que l’on attend. Mais si rien n’est parfait et définitif le résultat qui a été obtenu est toutefois très satisfaisant. Les plus gros producteurs d’énergie fossile n’ont pas été les plus complaisants. Selon Greenpeace, l’accord final adopté marque un « tournant » en leur défaveur. A l’aune de cette conférence, l’attente des pays pauvres ne trouve cependant pas écoute en matière de financement. Les contributions prévus à hauteur de 100 Md$ resteront en deçà de leurs espoirs. Mais il s’agit d’un apport plancher, révisable dès 2025. La France espère remobiliser avant 2020 un certain nombre de pays pour aller vers des objectifs plus ambitieux.

Et pourtant la France est en « guerre » ?

Avant de parler de la situation économique et sociale, il faut rappeler que 2015 a été particulièrement marquée par des évènements imprévus graves qui ont mis le pays sous le choc et dans la douleur. Des attentats terroristes en janvier, en cours d’année et courant novembre ont marqué les Français. La présence française dans l’action se retrouve sur bien des fronts, en particulier en Afrique et au Proche-Orient. C’est en termes de « guerre » que le chef de l’Etat confirme cet engagement militaire.

Rafale sur le pont du Charles de Gaulle - source : L’Express


Comment va évoluer le conflit sur le terrain en Syrie et en Irak, avec les nouveaux partenaires face enjeux diplomatiques et militaires (Russie et Etats-Unis) ? Si la Grande Bretagne a réagi vivement, le reste de l’Europe reste timide. L’Allemagne a fini par accepter d’apporter son soutien logistique en se gardant bien officiellement d’être impliquée dans un conflit armé. De son côté, la Turquie est ambiguë. C’est l’OTAN. Et que faut-il penser d’une extension du conflit en Lybie ?

Un contexte économique, social et fiscal toujours discutable ?

Il n’est pas facile de parler de progrès en matière économique. Pourtant depuis le début de l’année, des indices ont laissé penser que des progrès étaient possible. Avec un taux de croissance annuel prévu supérieur à 1%, d’aucuns espèrent une progression encore plus importante. Après 0,65% au premier trimestre, 0,0 % au second et 0,3% au troisième. La production totale et la consommation se redressent. Qu’en sera-t-il exactement en fin d’année ?

Le chômage en septembre : variation sur un an - source : Dares


La courbe de chômage n’est pas prête à s’inverser. Au mois d’octobre, elle a connu une très forte croissance. Le taux de chômage est aujourd’hui à 10,7%. A en croire les résultats de l’Insee, l’emploi « marchand » avait continué à augmenter au 3ème trimestre. D’ici la fin de l’année après ce mois d’octobre pénalisant et les « graves » attentats de la mi-novembre, comment évoluera le retour à l’emploi ?

En ce qui concerne les prélèvements obligatoires, la France ne fléchit pas. Ils concernent au minimum les charges sociales, l’impôt sur le revenu et la TVA. Leur total excède 57% des ressources salariales. Même si les couvertures sociales ne sont pas équivalentes dans l’Union européenne, ces prélèvements sont très élevés. Ils ne diminuent pas et font l’objet de transferts. Les entreprises commencent à l’inverse à bénéficier de réduction d’impôts et charges, sans oublier le Cice.

Et le reste de l’actualité qu’il ne faut pas oublier…

Le flux migratoire n’a pas réellement diminué et le million de « réfugiés » a été franchi en Allemagne. L’accueil dans l’UE devient délicat. La mise en place d’une politique des « quotas » n’est pas évidente. L’accord Turquie-UE signé fin novembre à Bruxelles, qui est évoqué dans l’article à la « Une » de la mi-décembre, voudrait limité les arrivées sur les côtes grecques.

Pour l’essentiel dans l’Union européenne, chacun s’accordera pour penser qu’à Bruxelles c’est la trêve depuis longtemps !

Quant aux élections régionales ?

Chacun sera à même de se faire sa propre opinion, étant entendu que l’image de la démocratie française a encore une fois était bien mal traitée par ceux qui prétendent en détenir le monopole...

Bonnes fêtes de fin d’année

Jacques Martineau

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