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ÉDITORIAL

Les attentats de Paris : un triste révélateur des manques européens et nationaux

Le point de vue de François G. RIBAUD

novembre 2015


A l’occasion de tous les évènements dramatiques en cours en France et de la situation vécue par tous, à des degrés divers, Club Espace 21 a jugé qu’il était important de publier cette "tribune libre". Elle est proposée par l’un de nos experts de l’international. Cette réflexion est intéressante et mérite toute attention.

Club Espace 21

Un point de vue qui interpelle...


La liste des attentats s’allonge avec ceux, terribles du vendredi 13 novembre et la lourde intervention à Saint-Denis qui s’est achevée par un brillant succès. Devant ces drames nous avons d’abord une pensée pour les victimes et leurs familles. Si l’heure n’est pas aux polémiques, cela n’interdit pas de réfléchir. La France est en « état d’urgence ».

Chacun a toujours présent à l’esprit, les attentats de janvier 2015, l’attaque de Charlie et la prise d’otages du marché « Hyper Cacher », la tentative à Villejuif (octobre 2015), l’opération échouée dans le Thalys (août 2015). La série d’attentats et la traque de Mohamed Merah (mars 2012) marquent le départ de ce cycle d’attaques sur fond d’islamisme radical pour ne citer que ces prétextes. En France, tous ces évènements mettent en lumière les « manques » tant au niveau national qu’européen qui ont conduit à ces séries de tragédies réelles ou déjouées…

Des questions sans réponses ?

Au niveau européen, que penser de la Politique Etrangère et de Sécurité Commune (PESC), réaffirmée dans le cadre du traité de Lisbonne (2009) et de la Stratégie de la Sécurité Intérieure, renouvelée pour la période 2015-2020 par le Parlement européen ? En quoi ces accords visent-ils à renforcer la collaboration des états européens pour vaincre le terrorisme ? Comment interpréter l’attitude de l’Allemagne, son « degré d’implication » sur le terrain et dans l’action contre le terrorisme ? Quel « double ou triple jeu » joue la Turquie (un pied dedans, un pied dehors) ? Sans évoquer ceux « indéfinis » de nos autres partenaires européens ou le « jeu trouble » des pays du Golfe ? Déjà présents, les Etats-Unis sont engagés, mais « avec beaucoup de réserves », opposition au congrès oblige ? Les Russes ont joué « cartes sur tables », avec pour objectif de s’afficher comme un « nouvel allié » de la coalition occidentale ?

Comment apprécier la collaboration et à quel degré d’engagement entre les services de renseignement européens, les polices européennes (EUROPOL) ou les instances judiciaires ?

L’Europe aux abonnés absents ?

Au niveau européen, il y a de quoi s’interroger sur ce qui apparaît comme une forme de laxisme et de complaisance pour ne pas dire de retrait des autorités au nom du politiquement correct et du respect mal compris des cultures et des religions étrangères vis-à-vis de la multiplication en Europe des zones de non droit. En Belgique, Molenbeek en est un exemple. Au-delà des messages de soutien après les attentats, l’Union européenne se devra de passer à l’action dans l’opérationnel. Le renseignement est indispensable. La tolérance est insupportable. L’Europe est très en retard. Le déplorer ne suffit pas. La France à Bruxelles aura du mal à convaincre devant l’inertie de ses partenaires. Et pourtant, c’est bien de la sécurité de tous dont il s’agit.

Le mal est en France, nous le savons !

La France n’échappe pas à la règle et les zones de non-droit ne manquent pas que les pouvoirs publics ont laissé se développer depuis de nombreuses années. Beaucoup d’indices sont révélateurs du développement de milieux d’influence. Dans ces cités autour des grandes agglomérations, les trafics de drogue et leurs corollaires (armes, argent, propagandes, etc.) occupent une population de jeunes sortis du système scolaire. Quelques condamnations, un court séjour en prison et certains d’entre eux sont endoctrinés par des prédicateurs islamistes radicaux qui prêchent la haine et des valeurs incompatibles avec celle de la République Française. Ils sont radicalisés et prêts à être utilisés !

Tous ces faits connus et reconnus mettent en lumière l’absence de réaction et d’action contre les défauts d’une « société », défauts dont il ne fallait surtout pas parler jusqu’à présent. Il aura fallu quelques 130 morts, à ce jour, sans compter ceux qui ont précédés pour que les « langues » se délient et que les « cerveaux » se réveillent. Rien n’avait été fait sur le fond depuis 2012 et l’affaire Merah. Les politiques et les gouvernants, mais pas tous, semblent avoir enfin pris conscience de l’abîme vers lequel cette situation conduisait le pays.

L’« état d’urgence » a été décrété et vient d’être prolongé pour 3 mois.

Puisse cette détermination rester ferme et s’appuyer sur une union nationale sans faille et sur le travail remarquable des forces de police et de sécurité intérieures, tout comme sur celui d’unités civiles de secours, de pompiers et de services hospitaliers qui ont été exemplaires. Cette détermination dans l’action est d’autant plus nécessaire que les mesures de redressement seront douloureuses et demanderont pour certains un vrai « Canossa » idéologique.

Fermes, nos gouvernants devront l’être car l’épreuve n’est probablement pas finie. Il y a probablement d’autres cellules de terroristes islamistes qui projettent depuis la Syrie ou l’Irak ou certainement plus prés de nous, d’autres actions avec des moyens encore plus inhumains.

François G. RIBAUD (Club Espace 21)

La prise d’otages (130) au Mali à Bamako est terminée. On compte 21 victimes (Officiel). Les 2 terroristes appartenant à un groupe proche d’Al Qaïda ont été tués. L’attentat a été revendiqué. Serait-ce un nouveau prolongement des actions menées par Daesh en France… ?

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