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Novembre 2015

Sévère cure de minceur pour la Deutsche Bank

novembre 2015


Du 29/10/2015 par Cécile Boutelet (Le Monde)

La Deutsche Bank, première banque allemande, s’apprête à opérer l’une des plus grosses restructurations de son histoire. Selon un communiqué paru jeudi 29 octobre, l’établissement a annoncé une suppression de 9 000 emplois, soit près de 10 % de ses effectifs, ainsi qu’une forte réduction des activités dans des secteurs non prioritaires. La banque va ainsi se retirer de dix pays.

L’objectif pour la Deutsche Bank est d’économiser 3,8 milliards d’euros, dont les deux tiers d’ici à la fin 2016. Plus tôt dans la matinée, jeudi, la banque avait rendu publique une perte de 6 milliards d’euros pour le troisième trimestre 2015, la plus lourde de son histoire. Ces résultats étaient attendus : début octobre, le PDG de la banque, John Cryan, avait annoncé une très forte dépréciation d’actifs et une possible suppression des dividendes, ce qui a été confirmé jeudi. Les actionnaires ne seront rémunérés ni en 2015 ni en 2016, a annoncé la DB.

Pourquoi la Deutsche Bank opère-t-elle une restructuration si massive ?

La Deutsche Bank est, depuis la fin de la crise financière de 2008-2009, en proie à de graves difficultés. Il y a d’abord le changement du paysage bancaire mondial, soumis à davantage de régulation, notamment sur les activités de banque d’investissement, ce qui réduit les possibilités de gain pour tous les établissements bancaires.

Il y a ensuite le comportement de la DB elle-même. La banque allemande a fortement développé sa banque d’investissement dans les années 2000, jusqu’à se hisser au niveau des plus grandes américaines. Mais la crise financière a montré le revers de cette ascension : de nombreuses activités de banque d’investissement ont été réalisées au mépris des lois. La banque est aujourd’hui impliquée dans plus de 6 000 litiges. Elle s’est acquittée au printemps d’une amende record de 2,5 milliards d’euros auprès des autorités américaines dans le scandale du Libor, et a provisionné début octobre 1,2 milliard d’euros pour faire face aux risques judiciaires à venir.

Pourquoi la banque a-t-elle tant tardé à se restructurer ?

Josef Ackermann, l’artisan de la croissance internationale de la DB, a quitté son poste en 2012 au terme de son mandat. Il a été remplacé au poste de PDG par un duo de dirigeants : Anshu Jain, ancien directeur du département d’investissement à Londres, et Jürgen Fitschen, garant de l’ancrage allemand de l’établissement. Les deux dirigeants ont promis un changement culturel et une série de restructurations de la banque. Mais ces annonces ont été peu efficaces. Faible rentabilité, cours de l’action au plus bas, avis défavorable des autorités de régulation bancaire : autant de griefs qui ont provoqué la colère des actionnaires, qui ont sanctionné les deux dirigeants par un vote très défavorable lors de l’assemblée générale de mai 2015.

Que penser de la restructuration en cours ?

John Cryan a été appelé à la tête de l’établissement cet été, à la suite de la démission d’Anshu Jain. C’est quelqu’un qui vient de l’exérieur, sans aucun réseau dans la banque. Le banquier britannique a passé de longues années chez UBS, dont il a apuré le bilan après la crise financière. Il doit faire la même chose à la tête de la banque allemande. Il a engagé une série de réformes massives : après avoir opéré, début octobre, une dépréciation massive de 5,8 milliards d’euros, il a annoncé, le 18 octobre, un vaste programme de réorganisation du haut management. Plusieurs têtes sont tombées, dont quelques-uns des fidèles d’Anshu Jain. Jeudi, il a fait connaître le troisième volet de réformes, la réduction des coûts. Il dispose pour cela du soutien des actionnaires. Selon la presse allemande, il envisage de quitter la banque une fois sa mission achevée, ce qui laisse penser qu’il ne reculera devant aucune réforme, fût-elle douloureuse.

A suivre dans Le Monde

Commentaire CE21 :

La Deutsche Bank privée en grosse difficulté...

Après le constructeur automobile Volkswagen, au coeur d’un scandale mondial important, la Deutsche Bank, fleuron germanique est en difficulté. Depuis plusieurs mois, la situation est délicate. On parle de manque d’anticipation et d’implications dans divers scandales financiers.

Ce grand organisme européen a fait savoir qu’il prévoyait une très lourde perte pour les mois de juillet à septembre. Résultat : le dividende de l’année dû aux actionnaires pourrait être supprimé...

Club Espace 21

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