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L’Union européenne et la zone euro

L’UE et l’espace Schengen sont dépassés…

C’est d’un conflit mondial dont il s’agit !

octobre 2015


Les chiffres concernant les prévisions de migration vers l’UE sont discutables, mais l’élan a été enclenché. Il est et sera très important. L’arrivée croissante de migrants et de réfugiés ne va faire que révéler l’incapacité européenne à s’accorder sur le fond. Le problème ne sera pas que passager. L’incohérence dans l’UE est généralisée. Les accords bilatéraux de façade entre la France et l’Allemagne resteront insuffisants. Les autres partenaires européens restent discrets…

Repenser l’Union et les accords de Schengen : une priorité

Déjà un simple rappel : qu’est-ce que l’espace Schengen ? L’UE comprend 28 pays dont 18 sont dans la zone euro, 22 dans l’espace Schengen, 2 bénéficiant d’un « opt-out » (Royaume-Uni, Irlande), 4 en attente (Roumanie, Bulgarie, Chypre, Croatie) et enfin 4 admis dans l’espace Schengen (Islande, Lichtenstein, Norvège et Suisse), mais hors UE.

Source : © Club Espace 21


Frontex a enregistré 710.000 arrivées en Europe, fin septembre depuis le début de l’année. A terme, les mouvements à l’intérieur de l’espace Schengen vont compliquer l’image de ces migrations, « réfugiés » ou non. Pour l’ensemble des citoyens européens, c’est un flou généralisé qui inspire la méfiance. Quant aux chiffres réels, nombre et coûts, à ce jour, nul n’est en mesure de le dire. Ils seront bien entendu, beaucoup plus élevés.

Si l’accueil de « migrants », qualifiés de « réfugiés », qui, sur le plan humain, est reconnu en majorité comme un devoir, le doute s’installe sur les suites à donner et les conséquences sur place. Les économies et les majorités politiques des pays sont des éléments générateurs de divisions qui provoqueront des fractures fondamentales. L’Allemagne, débordée dans sa générosité non contenue, et voulue exemplaire, s’en prend dès les premiers jours à parler d’échec de l’UE dans les frontières de l’espace Schengen en Italie et en Grèce ! Une réunion informelle des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE a confirmé la règle des « quotas » dans le cadre du règlement de Dublin et des acquis de Schengen. Si la surveillance renforcée des frontières de l’UE comme la mise en place progressive de centres d’accueils pour les réfugiés en Grèce, en Italie et en Hongrie, ont retenu l’attention, de nombreux pays, surtout parmi les anciens pays de l’Est, sont en retrait. Ces désaccords feront l’objet de discussions lors d’un prochain Conseil européen. Dans tous les cas l’UE est divisée. La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont tenté de rassurer devant le Parlement européen. Cela n’a pas été convaincant, d’autant que les Allemands sont de plus en plus réticents désormais face aux réalités sur le terrain.

Source : franceinfo.fr


Les premiers obstacles vont très vite apparaître sur la « libre » circulation des « réfugiés », dès lors que ceux-ci auront obtenu officiellement leur statut dans un des pays de l’UE. Pourront-ils se déplacer dans l’espace Schengen comme les autres citoyens européens ? Pourront-ils travailler dans tous les pays de l’UE et de la zone euro ? Les politiques de regroupement familial vont-elles se généraliser ? Jusqu’à quel niveau ?

Il est temps de s’attaquer aux origines des causes de ces migrations

Qu’il s’agisse d’immigration, d’exil, voire d’exode, les données du HCR estiment aujourd’hui à plus de 40 millions le nombre de personnes sur les routes dans le monde. Le HCR n’est plus à la hauteur de traiter seul ces problèmes. Si de nombreux « exilés » sont concernés par des crises politiques, des conflits armés, des guerres, d’autres fuient leur pays et leur zone de vie après de longues périodes de sécheresse ou des catastrophes naturelles.

Source : afrique360.com


La majorité de ces populations « déplacées », en « exil » ou en « exode », préfèrerait peut-être rester ou retourner dans leurs pays d’origine. Pour aller dans leur sens faudrait-il encore vouloir s’attaquer à l’origine des causes qui provoquent ces maux ? Il faut savoir que si les mêmes causes produisent les mêmes effets, les raisons de ces causes ont des origines différentes et leurs effets des conséquences multiples.

ONU : des allocutions qui confirment les positions en Syrie

Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 28 septembre dernier, les principaux dirigeants mondiaux ont eu l’occasion de s’exprimer à propos de la crise en Syrie et en Irak. La France n’a pas changé de position. François Hollande continue de considérer que toute solution politique doit écarter le dirigeant syrien Bachar al Assad. Le président iranien Hassan Rohani a appelé à la constitution d’un « front uni » contre l’extrémisme. De son côté, Vladimir Poutine propose d’associer la Russie à une large coalition antiterroriste internationale, considérant que le terrorisme dépasse l’Islam. La Chine avec son président Xi Jinping voit la résolution des conflits par le dialogue et la négociation. Enfin, Barak Obama affirme que « les Etats-Unis sont prêts à travailler avec toutes les nations, y compris l’Iran et la Russie, pour résoudre le conflit en Syrie », précisant qu’il réclame le départ du dirigeant syrien comme préalable à toute coopération. En coulisses, Angela Merkel laisse entendre qu’elle est prête à ne pas mettre le départ de Bachar El Assad dans la balance…

Source : Nouvel Obs


Négocier une stratégie avant d’agir sur le terrain… C’est trop tard !

Pour le conflit actuel en Syrie et en Irak, il faudrait monter à Genève une conférence internationale, en liaison avec l’ONU et le Conseil de sécurité. Cela nécessiterait la mobilisation de l’ensemble de tous les pays limitrophes (Jordanie, Liban, Israël, Turquie), et des acteurs de la région (Syrie, Irak, Iran, Egypte, Lybie, sans oublier les Kurdes), des pays du Golfe (Qatar, Arabie Saoudite, Emirats), des grandes puissances (Etats-Unis, Russie) et des représentants de l’Union européenne (France et Royaume-Uni en tête). Ce rassemblement permettrait d’entamer des négociations pour définir d’abord et avant tout une stratégie de fin de conflit, avant d’intervenir ensemble sur le terrain pour réduire Daesh et les autres organisations…

C’est en fait l’inverse qui s’est produit. La France, pour faire partie à part entière de la coalition, frappe désormais Daesh en Syrie (officiellement 2 fois en un mois !). Devant une forte inertie occidentale, compte-tenu des positions divergentes par rapport à Damas, les Russes ont décidé de prendre eux-mêmes l’initiative d’intervenir sur le terrain. En liaison avec les forces syriennes et l’Iran, leurs forces aériennes et mobiles interviennent contre Daesh et les « poches rebelles » locales, toutes origines confondues, jetant le trouble dans l’appréhension de sortie de crise à Washington et à Paris…

Source : Le Parisien


La Syrie et l’Irak ne sont pas les seuls sous tension dans la région. La situation entre Palestiniens et Israéliens à Jérusalem et dans la Bande de Gaza témoigne de la tension. Le violent attentat récent non revendiqué à Ankara inquiète. La position de la Turquie dans ce conflit n’est pas nette et son combat contre le PKK plus que confus dans un contexte électoral. Quant aux nombreux attentats en Afrique, cela fait partie des faits divers.

Par principe avant d’agir sur place au bénéfice des pays en difficulté et sur les différents théâtres d’opération, il est temps d’adopter urgence des stratégies adaptées, accompagnées d’engagements fermes avec, à chaque fois, un « morceau choisi » d’alliés reconnus.

Ce n’est pas demain la veille que cela se mettra en place, et pourtant c’est bien d’une crise mondiale en progression dont il s’agit…

Jacques Martineau

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