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Octobre 2015

Frappes russes en Syrie : la presse internationale divisée sur les objectifs

octobre 2015


Du 02/10/2015 par Victoria KOUSSA (Libération)

Moscou a bombardé vendredi les positions de l’Etat islamique. En Iran et en Russie, les journaux soutiennent coûte que coûte les frappes. Outre-Atlantique, ils critiquent Obama sans approuver Poutine.

Depuis la première intervention aérienne mercredi de la Russie aux côtés du gouvernement syrien, le monde se demande quel est réellement le parti pris par Moscou : anéantir Daech ou uniquement garantir les intérêts de son allié ? Même si Vladimir Poutine a frappé des positions de l’Etat islamique vendredi, la presse internationale reste divisée sur ses réelles intentions.

Au Moyen-Orient

L’Arabie Saoudite, déjà en conflit avec la République islamique d’Iran sur le sol yéménite, ne voit pas d’un bon œil l’engagement de la Russie en Syrie. « Il n’y a pas de preuves qui attestent de la présence de Daech dans les zones bombardées par la Russie et ce sont des civils innocents qui ont été tués », soutient encore vendredi le quotidien Arab News. Le journal, qui relaie l’actualité du royaume wahhabite, rapporte aussi les propos du représentant saoudien à l’ONU, qui souligne le paradoxe russe de vouloir éradiquer le terrorisme en Syrie tout en soutenant d’autres groupes terroristes comme le Hezbollah libanais.

Dans la presse libanaise, l’Orient – le Jour insiste sur l’importance de la puissance iranienne dans le conflit syrien. Un rôle placé au second plan depuis le début des frappes russes, estime le journal. « Malgré l’intensité de l’engagement de Moscou et sa capacité à modifier les rapports de force en faveur du régime, Téhéran reste en première ligne de ce conflit », affirme le quotidien francophone.

Le Royaume-Uni soutient-il le régime de Bachar al-Assad ? C’est ce qu’affirme l’Iran News daily, le journal en langues perse et anglaise de Téhéran. « Le Premier ministre, David Cameron, a été cité dans les médias après avoir dit qu’Assad pouvait faire partie d’un gouvernement de transition en Syrie », explique le quotidien, qui laisse entendre qu’à défaut de s’engager en terre syrienne, le gouvernement britannique encourage la Russie à le faire.

La Russie s’embarque dans une ambitieuse campagne militaire, la plus importante hors de ses frontières depuis trente ans, affirme le quotidien pro-occidental Gulf News. « Capturer un pilote russe et poster une vidéo de son exécution, par exemple, pourrait enflammer l’opinion russe et pousser Poutine à perpétrer des actions encore plus agressives », souligne un expert du journal.

Côté russe

Le couple russo-iranien est compliqué. Certes, la lutte contre Daech constitue le cœur de leur alliance. « Cependant, la coopération de Moscou avec Téhéran semble étrange tant les intérêts politiques russes sont en désaccord avec ses intérêts économiques », selon le Moscow Times. Le véritable objectif de cette alliance se trouve ailleurs. Dans le bras de fer avec Obama ? Entre l’attaque et la défense, Poutine choisit les deux. Le Courrier de Russie, quotidien franco-russe publié à Moscou, énumère les intérêts de Moscou à s’engager aux côtés de Bachar al-Assad. « Les autorités syriennes, qui ont essuyé ces derniers mois une série d’échecs, pourront garder le contrôle de la "Syrie utile" », ajoute le quotidien. Au profit de la Russie, donc.

Outre-Atlantique

Officiellement, les Etats-Unis et la Russie sont d’accord. Mais seulement pour éradiquer Daech. « Les Etats-Unis et ses alliés ont peur » que la Russie profite de la situation et se serve des frappes aériennes « pour combattre les anti-Assad », résume le Seattle Times. Poutine enfonce une porte ouverte et a raison : c’est ce qu’affirme Charles Krauthammer, chroniqueur au Washington Post. « La Russie, malgré son infériorité militaire et l’hémorragie de son économie […] profite de l’occasion pour exposer l’impuissance des Américains », analyse-t-il.

En Europe

« Poutine vole au secours de Damas » : le quotidien belge La libre Belgique ne peut être plus clair. La Russie joue un jeu politique dangereux dans une région déjà enlisée dans un conflit qui s’internationalise. Aujourd’hui, Paris reçoit Vladimir Poutine. Sans hésiter, la Syrie sera au cœur des discussions d’après El Pais, le quotidien espagnol. Poutine, qui a prévu des entrevues bilatérales avec Hollande et Merkel, s’est « converti en protagoniste et interlocuteur indispensable », affirme le journal de centre gauche.

A suivre dans Libération

Commentaire CE21 :

Que faut-il comprendre ? Il serait temps de choisir !

La situation au Proche et Moyen Orient n’a cessé de se dégrader depuis plus de 18 mois. A l’échelle internationale, l’analyse du conflit est restée opaque. Au delà des grandes puissances militaires, la coalition "occidentale" sur le terrain contre Daesh n’a pas apporté les résultats escomptés. L’intervention militaire des Russes depuis quelques jours, contre Daesh et d’autres terroristes, suite au discours de Vladimir Poutine à l’ONU, a pris Barack Obama à revers. L’Occident s’interroge. Cette revue de presse "internationale" souligne l’importance des écarts entre les points de vue...

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