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Août 2015

Macron et les 35 heures : la polémique en quatre actes

août 2015


du 28/08/2015 par L’Express

Face au tollé suscité par sa remarque sur les "idées fausses" de la gauche à propos du temps de travail, le ministre de l’Economie a fini par se justifier. Jean-Christophe Cambadélis veut calmer le jeu, pendant que la droite se régale.

Sans invitation, il a tout de même électrisé La Rochelle. En évoquant les idées fausses de la gauche sur le temps de travail, Emmanuel Macron a relancé l’éternel débat sur les 35 heures. Sortie préméditée ou non, ce n’est pas la première fois que le ministre de l’Économie braque la gauche du Parti socialiste sur ce thème. L’Express revient étape par étape sur la polémique.

Acte 1 : Macron allume la mèche aux côtés de Gattaz

Jeudi, le ministre de l’Économie monte à la tribune de l’Université d’été du Medef. Face aux patrons, Emmanuel Macron fait un tabac avec une pique que la frange gauche du PS a encore bien du mal à digérer. S’il a appelé les patrons à prendre leurs responsabilités en termes d’emploi, il a aussi déclaré que "la gauche (n’était) pas exempte de critiques particulières. Elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises, ou au moins sans elle. (...) Que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins. C’était des fausses idées."

Travailler moins, une référence directe aux 35 heures pour ses détracteurs. Ce n’est pas la première fois que le ministre de l’Économie critique ainsi la réforme du temps de travail, mise en oeuvre par le gouvernement Jospin. L’an dernier, il avait fait de même dans une interview accordée au Point.

Acte 2 : la gauche du PS s’indigne

Après ces déclarations, Plusieurs membres du PS sont sortis de leur silence. Le plus véhément ? Yann Galut, sans grand doute. Le député du Cher n’y voit ni plus ni moins qu’une forme d’insulte envers "Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et Martine Aubry".

Christian Paul, meneur des frondeurs, n’y est pas non plus allé de main morte. "Je croyais que Nicolas Sarkozy était de retour mais je n’avais pas compris qu’il était de retour au gouvernement".

Acte 3 : Valls calme le jeu, Macron recule

Le gouvernement aurait sans doute préféré s’épargner une nouvelle polémique sur les 35 heures. A la Rochelle, l’heure est en effet au débat politique dans les rangs socialistes. Ce vendredi, Manuel Valls a donc fini par couper l’herbe sous le pied de son ministre du Travail en excluant toute réforme du temps de travail. Un recadrage en bonne et due forme. "Les Français n’ont rien à faire avec les polémiques qui tirent vers le passé. Il n’y aura pas de remise en cause du temps de travail et des 35 heures. (...) Les vrais sujets sont l’emploi et la croissance. Les petites phrases font mal à la vie publique". Reste à savoir si le Premier ministre est réellement en désaccord avec son ministre. En 2011, il évoquait la nécessité de déverrouiller les 35 heures...

Le message est visiblement passé à Bercy. Dans la foulée, le ministre de l’Economie a en effet assuré qu’il ne voulait pas remettre en cause les 35 heures devant les patrons venus l’écouter à Jouy-en-Josas. Dans une déclaration transmise à l’AFP, il a ainsi déclaré qu’il parlait plutôt du "rapport au travail". Il en faut plus, pas moins. C’est le plus beau combat de la gauche, car le travail, c’est le moteur de l’émancipation individuelle"

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a lui promis d’avoir une discussion " une explication amicale, franche et déterminante sur un certain nombre de sujets". Pour lui, "l’incident est clos". Il appelle au contraire ses camarades à rester "calmes, sereins" et à ne pas tomber "dans tous les pièges". "Je dis à l’ensemble des socialistes qu’ils ne sont pas obligés de tomber dans tous les pièges, provocations surtout qu’ils sont parfois à répétition. Evidemment si, à chaque fois que quelqu’un émet dans un lieu une position contre son propre parti ou son gouvernement, nous surréagissons, nous participons de la fragmentation (de la gauche, NDLR)".

Acte 4 : la droite se régale

Forcément, ces divergences de fond ont fait le bonheur des élus de l’opposition. Les uns dénoncent la cacophonie régnant dans les rangs socialistes. Les autres félicitent le ministre de l’Économie, l’invitent à aller jusqu’au bout de sa logique. Ou lui propose même "l’asile politique".

A suivre dans L’Express/L’Expansion

Commentaire CE21 :

Le temps de travail : faut-il encore savoir de quoi on parle !

Devant les "patrons" réunis en "Université d’été", Emmanuel Macron s’est exprimé sur le temps de travail. A part un propos destiné à se faire applaudir, devant un parterre qui n’en attendait pas tant, ce raccourci est superficiel. Il n’a servi qu’à soulever à nouveau des polémiques.

Chacun peut, à partir de ce genre de propos, prouver tout et son contraire. Avec un chômage élevé qui ne baisse pas, faute d’un solde positif d’emplois créés, le patron du Medef, Pierre Gattaz, et le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, ont fini par donner l’impression au public présent déjà acquis de se retrouver sur le terrain du temps de travail !

Nous aurons l’occasion ce mois-ci de revenir sur cette notion.

Club Espace 21

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