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Août 2015

Grèce : le FMI se fait de plus en plus menaçant

août 2015


du 31/07/2015 par Hayat Gazzane (Le Figaro)

En pleine négociations entre Athènes et la Troïka, le Fonds monétaire international a réitéré sa menace de ne pas participer au sauvetage du pays sans engagement concret des Européens sur l’allègement de la dette. Il réclame également plus de réformes.

Le FMI a jeté un froid sur les discussions entamées lundi à Athènes entre la Troïka et le gouvernement grec. Alors que les représentants des créanciers de la Grèce tentent laborieusement de faire avancer les négociations sur le plan d’aide promis au pays le 13 juillet dernier, le Fonds a renouvelé ses menaces de ne pas participer à ce troisième plan de sauvetage.

Sa participation restera en suspens tant que deux conditions ne seront pas respectées. La première, répétée depuis plusieurs semaines, est celle d’un allègement drastique de la dette grecque qui flirte avec les 170% de son PIB. Le FMI réclame des engagements « concrets » en ce sens de la part des Européens. Il s’agirait d’« allonger considérablement les échéances, allonger également la période de grâce pendant laquelle aucun remboursement n’est effectué et réduire les intérêts au maximum », détaillait il y a quelques jours la directrice du Fonds, Christine Lagarde. L’idée d’une décote semble écartée : « Nous pensons que l’utilisation de ces trois modalités de manière vraiment significative peut suffire à rendre la dette soutenable (…) On peut tout à fait y parvenir par d’autres modalités qu’une coupe franche sur le montant », précise la patronne du FMI.

Autre condition imposée : l’adoption par Athènes d’un paquet « complet » de réformes. Christine Lagarde souhaite un changement « en profondeur » de l’économie grecque avec « une ligne budgétaire saine qui donne une solidité au pays sans être excessive ».

Athènes pressée par le temps

Selon un haut responsable, « le FMI ne participera qu’une fois que ces deux conditions seront remplies ». D’après lui, cela « prendra du temps » et, sans doute, plusieurs mois. Or Athènes n’a plus de temps à perdre. Le pays doit finaliser avec ses créanciers, avant le 20 août, cet accord portant sur le versement de 82 à 86 milliards d’euros. À cette date, il devra honorer un remboursement de 3,2 milliards d’euros à la BCE.

Cette nouvelle sortie du FMI accentue l’incertitude entourant la mise en place de ce plan d’aide. Les discussions avancent lentement, malgré les efforts fournis par le gouvernement d’Alexis Tsipras. Ce dernier a par deux fois en juillet fait voter les premières réformes demandées par les créanciers, perdant au passage sa majorité parlementaire. Il a également fait une demande officielle pour un nouveau prêt au FMI, après lui avoir réglé ses arriérés.

Les conditions imposées par le FMI posent également de sérieux problèmes à certains dirigeants européens qui ont fait de la présence du Fonds, honnis par les Grecs, l’une des conditions à un troisième plan d’aide. Jeudi soir, un responsable européen a tenté de minimiser la portée de ces menaces. « Tout cela semble tout à fait dans la ligne du sommet (du 13 juillet, ndlr) et compatible avec le calendrier européen », a-t-il estimé. Mais Christine Lagarde a prévenu : « Il faut des actes, pas des mots ».

Pour Yanis Varoufakis, l’ex-ministre des Finances grec, qui a réagi sur son blog, « la question n’est pas tant de savoir si le FMI fera oui ou non parti de l’accord mais si la restructuration de la dette - qui de manière surprenante ne sera discutée qu’après la signature de l’accord - sera adéquate, en admettant qu’elle soit menée à bien. Ou si, comme je le crains, elle sera faible par rapport à l’ampleur catastrophique de l’austérité imposée ». Et d’ajouter : « Le docteur Schäuble (ministre des Finances allemand, ndlr) et le FMI ont un intérêt commun : ils ne souhaitent pas la finalisation de cet accord ».

A suivre dans le Figaro

Commentaire CE21 :

Mais de qui se moque-t-on ?

De quel côté se trouve la crédibilité ? On finit par ne plus rien y comprendre, ou, au contraire à comprendre qu’il n’y a jamais eu quoi que ce soit à comprendre. Lorsque les "Institutions" (FMI, BCE, Commission et Eurogroup) se mêlent d’intervenir, alors qu’elles ne sont déjà pas d’accord entre elles, elles interfèrent sur tous les plans. Et au milieu de tout cela, l’avis de Wolfgang Schaüble, ministre des finances allemand, est "la" référence. On ne rêve pas : c’est ce que d’aucuns osent encore appeler l’approche "solidaire" intéressante à propos du plan d’aide pour la Grèce...

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