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Juillet 2015

Décryptage : le troisième plan d’aide à la Grèce en 5 ans

juillet 2015


du 13/07/2015 par Marc Vignaud (avec Loreline Merelle) - (Le Point)

Les dirigeants de la zone euro ont dit "non" au Grexit. En échange d’un programme ambitieux de réformes, ils délient une nouvelle fois leur bourse.

« Il n’y a ni vainqueur ni perdant. C’est un compromis typiquement européen. » Jean-Claude Juncker veut permettre à tout le monde de sauver la face, lundi matin à l’issue un week-end marathon de sommets. Après 14 heures de discussions laborieuses entre ministres des Finances de la zone euro, puis 17 heures entre les chefs d’État et de gouvernement, le scénario d’une sortie de la Grèce de la zone euro est écarté, au moins pour l’instant. Un troisième plan d’aide devrait être accordé après celui de 2010 puis celui de 2012.

Au terme du compris trouvé par les chefs d’État et de gouvernement, le Premier ministre grec devra imposer à sa majorité un programme de réformes bien plus important que celui qui avait été rejeté par les Grecs lors du référendum du 26 juin. Un premier train de mesures (hausse de la TVA de 10 points, réforme des retraites, etc.) doit être voté le plus vite possible pour restaurer la confiance de ses créanciers sur sa capacité à appliquer le programme. « Il s’agit de mesures qui renforceront sans aucun doute la récession », a reconnu Alexis Tsipras, à la sortie du sommet.

Plus de 80 milliards de nouveaux prêts

Il faut dire les créanciers publics devraient apporter entre 82 et 86 milliards de financements à Athènes d’ici fin 2018 alors que la discussion précédente ne portait que sur un financement de quelques mois. La somme, qui peut encore varier, s’ajoute aux 220 milliards d’euros déjà prêtés lors des deux précédents plans d’aide. Elle passera par le fonds de secours permanent de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES). Le FMI participera à nouveau à ce financement, ce qui implique que la Grèce lui paye son arriéré de paiement de 1,5 milliard d’euros. Pour restaurer la confiance vis-à-vis de ses créanciers, Alexis Tsipras a également dû accepter la création d’un fonds de garantie de privatisation géré en coopération avec la Commission européenne. Finalement basé à Athènes et non pas au Luxembourg comme un temps évoqué ce week-end, ce fonds de 50 milliards ne servira pas uniquement aux Grecs pour rembourser leur dette, mais aussi pour investir dans leur économie à hauteur de 12,5 milliards d’euros. Une part de cette manne devrait aussi être utilisée pour recapitaliser les banques hellènes qui souffrent de l’explosion des non-remboursements de prêts après l’instauration du contrôle des capitaux il y a deux semaines.

« Reprofilage de la dette »

Côté créanciers, la Commission européenne a mis sur la table 35 milliards de financements sur les 315 milliards du plan d’investissement de Jean-Claude Juncker. La Grèce en touchera donc plus de 10 % alors qu’elle ne pèse que 2 % du PIB de la zone euro. Selon François Hollande, les pays de la zone euro se sont également engagés à « reprofiler » la dette grecque. En clair, sans en effacer purement et simplement une partie, ils acceptent d’alléger le fardeau grec étalant encore plus les remboursements dans le temps, voire en accordant une nouvelle remise sur des taux d’intérêt pourtant déjà très bas.

Toutes ces conditions ont aidé Alexis Tsipras a endossé l’accord. Le Premier ministre compte sur les 35 milliards du fonds Juncker, l’argent prêté sur 3 ans par ses homologues et la restructuration de la dette pour restaurer la confiance des investisseurs privés en encourageant le retour des capitaux étrangers dans son pays afin de relancer la croissance. La question du financement d’urgence en suspens

Mais le feuilleton grec est loin d’être réglé pour autant. L’accord trouvé par les dirigeants européens n’est qu’un préalable à l’ouverture formelle des négociations sur les détails du plan de sauvetage. Les ministres des Finances de la zone euro devaient discuter, lundi après-midi, sur le financement dont la Grèce a besoin à très court terme pour ne pas faire faillite, alors que ses banques sont à court d’argent. Ces besoins sont estimés à 12 milliards d’euros d’ici le 20 août, date à laquelle Athènes doit rembourser 3,2 milliards à la BCE, après les 3,5 milliards dus en juillet. Les discussions promettent d’être « très difficiles », selon un fin connaisseur du dossier. La Grèce n’a pas seulement à rembourser sa dette de la BCE le 20 juillet, mais aussi celle du 30 juin de 1,5 milliard, dû au Fonds monétaire internationale. La « timeline est très courte » fait remarquer une source européenne.

A suivre dans Le Point

Commentaire CE21 :

La Grèce, la zone euro et l’UE sauvées ?

De très longues négociations au niveau de la zone euro qui sauvent les apparences ! La Grèce reste dans la zone euro et va bénéficier d’un 3 ème plan d’aide en 5 ans. L’accord obtenu est-il satisfaisant : pour qui, pour quoi et pourquoi ? A priori, il s’agirait d’une entente géopolitique avec une pression extérieure forte.

Et la Grèce dans tout cela ? Des réformes contraignantes qui apparaissent à la limite du possible ? Fallait-il ou pas rester dans la zone euro ? Rien n’était imaginable ou prévu ?

Club Espace 21

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