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Avril 2015

L’Allemagne passe sous la barre des 3 millions de chômeurs

avril 2015


Du 02/04/2015 par Frédéric Thérin, à Munich (Le Point)

Berlin récolte les fruits de ses réformes qui ont libéralisé le marché du travail. Mais les travailleurs pauvres sont de plus en plus précaires...

L’Allemagne est passée le mois dernier sous la barre des 3 millions de chômeurs. Avec 2,932 millions de demandeurs d’emploi en février (soit 85 500 inscrits de moins que le mois précédent), la République fédérale affiche un taux de chômage de 6,8 %. Jamais depuis la chute du mur de Berlin en 1989, la plus puissante économie de la zone euro n’avait permis à autant de ses concitoyens de travailler pour boucler leurs fins de mois. Le fossé entre la France et son voisin continue ainsi de se creuser d’année en année.

L’Allemagne récolte les fruits de la libéralisation de son marché du travail. Le taux de chômage des jeunes est actuellement trois fois inférieur chez notre voisin. Le pourcentage de femmes qui travaillent est également supérieur au nôtre. La flexibilisation de l’emploi lancée sous Gerhard Schröder via notamment les réformes Hartz IV qui ont permis la création de mini-jobs payés 450 euros par mois a toutefois creusé les inégalités.

Les erreurs de Berlin

En 1998, la moitié la plus pauvre de la population possédait 4 % de l’ensemble des richesses détenues dans le pays. Ce taux atteint aujourd’hui tout juste... 1 %. Le pourcentage de travailleurs pauvres est, quant à lui, passé de 4,8 % à 8,6 % de la population active entre 2005 et 2013, selon Eurostat. En France, ce taux a augmenté un peu moins rapidement (de 6,1 % à 7,9 %). L’introduction, le 1er janvier dernier, d’un salaire minimum de 8,50 euros de l’heure aurait, quant à elle, dû profiter à 3,7 millions de salariés, mais de nombreux employeurs sont parvenus à contourner cette loi en réduisant notamment les horaires de leur personnel ou en augmentant leur charge de travail.

Un rapport du ministère fédéral du Travail dévoilé par le quotidien populaire Bild a également calculé que les lois Hartz avaient coûté... 355,6 milliards d’euros aux caisses de l’État en une décennie. Les "mini-jobers" continuent en effet de recevoir des subventions pour compléter leurs trop maigres revenus. Le modèle allemand ne manque donc pas de vices cachés.

Le gouvernement de Manuel Valls souhaite aujourd’hui rendre plus flexible le marché du travail et réfléchit à l’instauration d’un contrat unique et à faciliter le licenciement économique. Mais Paris devrait bien prendre garde de ne pas répéter les erreurs commises par Berlin.

A suivre sur Le Point.fr

Commentaire CE21 :

Enfin un article de Frédéric Thérin qui ose dire quelques vérités indispensables pour pointer du doigt les carences du modèle allemand. Avec près de 12 millions de citoyens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, notre voisin occupe la première place en Europe. Quant au smic outre-Rhin, c’est un leurre. Les travailleurs détachés restent les privilégiés...

Pour autant, ne faisons pas de comparaisons inutiles. La situation du chômage en France est inquiétante. Les effets d’annonce n’apportent rien. Encore une fois, quand nos politiques et nos experts, dits "économiques", comprendront-ils qu’on n’attend pas la croissance, mais qu’on la stimule ?

Club Espace 21

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