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ÉDITORIAL

Attaquer l’inactivité pour réduire les dépenses passives !

Un des seuls vrais combats pour réussir

mars 2015


Faute d’imagination, la solution vient d’elle-même pour tous les « pseudo-spécialistes d’exception » qui ne cessent d’inonder la presse et les médias. Ils ont adopté le modèle « unique », celui de la rigueur et de l’austérité, calqué sur l’expérience allemande.

Un simple regard comparatif sur quelques indicateurs leur suffit et c’est parti pour prescrire le remède sans s’assurer du diagnostic et surtout sans se préoccuper des effets secondaires. Les conclusions se multiplient à cor et à cri tout en s’acharnant à comparer l’incomparable. En fonction des circonstances et de leur propre intérêt, les politiques de tous bords et leurs économistes associés n’hésitent pas non plus à développer autour de cela la mise en scène de différents scénarios « catastrophes ».

Source : Les Echos


L’austérité comme solution, ça suffit...

L’image perçue, synonyme d’une politique d’austérité et de rigueur est colportée en continu par les médias, comme la seule solution pour sortir de la crise. Le moyen et le long terme sont deux notions qui échappent à un grand nombre d’experts du « futur immédiat », plus médiatiques et plus politiques qu’économistes.

Après avoir pris conscience de l’importance de l’inactivité dans l’UE et en France, il faut choisir et répondre à cette question : l’austérité est-elle une solution ? Ce qui a été vrai à un moment pour nos amis allemands, ne l’est peut-être plus maintenant. Il faut avoir le courage de le dire si ce n’est pas le « bon » remède. Arrêtons de nous gargariser dans des stimulations comparatives sans fondements. Trop de paramètres interviennent pour que celles-ci aient un sens.

Pour tenter d’y voir clair, il est utile de faire le point sur l’ensemble des coûts liés à la politique d’aides aux personnes sans travail et de soutien aux entreprises en matière d’emploi. En France, depuis bientôt plus de 10 ans, les différents gouvernements ont tenté sans succès de pallier ce mal « structurel » et, après la crise en 2008, plus qualifié de « conjoncturel », sachant que l’un n’exclut pas l’autre. Avec une inactivité croissante, le coût social de ce mal d’emploi n’a cessé d’augmenter. C’est ce que certains qualifient désormais de « dépenses passives » ou de « manques à gagner ».

Investir pour créer de l’activité et pouvoir retrouver le chemin de l’emploi est loin d’être sans intérêt. En allant dans ce sens, les retombées et les conséquences sont surprenantes. C’est ce que j’ai proposé dans mon livre "l’EMPLOI… C’est tout de suite". Les premières discussions au plus haut niveau (Matignon) sont "elles" restées sans suite, faute de temps de mes interlocuteurs !

Les risques cachés de l’inactivité permanente et croissante

Les effets induits de cette inactivité permanente et croissante sont très importants pour de multiples raisons, autant sur le plan économique que social. Au total l’ensemble des personnes sans activité a un effet négatif sur le PIB. C’est une perte de productivité de l’économie qui peut dépasser quelques points. La balance communiquée chaque mois nous donne une évolution statistique du chômage en France, estimée par l’INSEE. Le taux de chômage n’a cessé de croître. Il atteint désormais plus de 10,4%. ET il continuera d’augmenter en 2015, avec un taux de croissance encore faible autour de 1%. Une lecture rapide des chiffres du chômage ne permet pas de se rendre compte que chaque jour plus de 10.000 emplois sont détruits et à peu près le même nombre d’emplois créés ! Ce ne sont pas les mêmes individus qui sont concernés.

Source : Gouvernement


100.000 à 200.000 personnes sont affectées. Ils s’ajoutent aux plusieurs millions déjà en mal d’emploi. Autre chiffre qui concrétise ce découragement le nombre moyen de jours qui sont nécessaires pour retrouver un emploi. Il était de 390 jours en 2009, il est désormais de plus de 500 en 2015 ! Il en résulte une baisse progressive de la confiance dans le devenir. Un effet d’entraînement collectif dans la morosité habite ces sans emploi. Plus de 60% des salariés en situation précaire ont aujourd’hui le sentiment qu’ils seront de futurs SDF !

Sur le banc depuis des années, les chômeurs sont de plus en plus marginalisés. Ils sont assimilés à une population à part du reste de la population dans la mesure où ils sont indemnisés et se suffisent à eux-mêmes. Pour la plupart de ces assistés ou en inactivité forcée, le décor n’a cessé de se décomposer et il apparaît comme désespérant. L’angoisse ou la peur dicte chez certains la conduite à suivre. La majorité des Français n’intègrent pas suffisamment l’aspect moral et psychologique et les conséquences latentes d’une situation explosive.

Ce retard de prise de conscience est regrettable, assimilant trop souvent, ces « marginaux » à un « monde d’assistés » en retrait de la société. La plupart des sondages d’opinion, parus dans la presse, montrent que tous nos compatriotes sont prêts à comprendre quelques sacrifices dans la mesure où ils ne sont pas concernés. Il ne faut pas oublier que la baisse d’effectifs dans une entreprise, sans aller jusqu’au dépôt de bilan, est synonyme d’une baisse d’activité, de production et de profits. Du côté des entreprises, seule la reconstitution des stocks peut permettre de maintenir un faible taux de croissance positif dans cette conjoncture. Il faut constater que l’investissement n’est pas encore à un niveau suffisant pour pouvoir parler de reprise.

JM

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