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Février 2015

Les éleveurs français au défi des gains de productivité

février 2015


du 22/02/2015 par Eric de La Chesnais et Keren Lentschner

Les professionnels français ont du mal à être compétitifs par rapport à leurs concurrents étrangers sur les produits à faible marge.

Depuis des années, les éleveurs savent que les quotas vont disparaître. Pas certain pour autant qu’ils soient prêts à y faire face. « Si l’on considère que la diversité des exploitations laitières et leur nombre sont une richesse, nous serons prêts, assure Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait. Par contre, si l’on prend en compte le modèle de l’Europe du Nord, avec de grandes fermes dont les débouchés sont des produits standardisés sans goût ni saveur, nous ne sommes pas prêts pour répondre à ce marché-là. »

De fait, les éleveurs français ont du mal à être compétitifs par rapport à leurs concurrents étrangers sur les produits à faible marge comme l’emmental. « Nous nous situons dans la moyenne basse européenne », reconnaît Thierry Roquefeuil. En revanche sur les marchés mieux valorisés, comme les fromages plus haut de gamme (comté, munster...), les éleveurs de l’Hexagone sont en bonne position dans la course pour les marchés à l’export. « Nous avons de nombreux atouts comme la qualité et la traçabilité du lait qui nous ont permis de gagner des marchés à l’international », assure Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL).

L’ouest de la France s’inscrit dans une dynamique laitière forte avec trois projets de construction de grande tour de séchage pour acheminer du lait à l’étranger, notamment en Chine pour les enfants. « Cela nous assure de gros débouchés, explique Yannick Bouillis, agriculteur en Bretagne. Il y a de l’avenir pour celui qui croit dans le lait. Je rencontre de nombreux voisins qui abandonnent le lait au profit des céréales à cause de toutes les contraintes. Nous sommes prêts à produire plus si on nous le demande. »

Doubler la taille moyenne des exploitations

En 1984, la France comptait trois fois plus de producteurs de lait (230.000 contre moins de 70.000 aujourd’hui) et produisait la même quantité, soit environ 24 milliards de litres. « Nous avons la capacité de faire 30 milliards de litres de lait dans les dix ans à venir, même si pendant la même période la moitié des chefs d’exploitation partiront à la retraite », ajoute Thierry Roquefeuil.

Pour atteindre cet objectif, la taille moyenne d’une exploitation devra passer de 53 à 100 vaches d’ici à la prochaine décennie. Cette taille reste encore 4 fois moins importante que la moyenne des troupeaux du nord de l’Europe. Certains éleveurs comme ceux de la Confédération paysanne s’insurgent contre « cette industrialisation rampante de l’agriculture française qui n’est qu’une dérive destructrice pour les paysans », en pointant du doigt la ferme des 1000 vaches.

A suivre sur Le Figaro.fr/économie

Commentaire CE21 :

La Politique agricole commune a fêté en 2012 ses 50 ans d’existence. Elle va connaître une réforme en profondeur suite à l’accord européen de juin 2013. Après une année de transition en 2014 qui a consisté pour l’essentiel à prolonger les dispositifs existants, la nouvelle programmation de développement rural débute en 2015 avec notamment la « mise en place d’un nouvel ensemble de mesures agro-environnementales et climatiques ». C’est la fin de la PAC. Comment réagiront nos agriculteurs et en particulier les éleveurs ? Le Salon de l’Agriculture témoigne de leur inquiétude..

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