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Février 2015

Obama : "On ne peut pas continuer à pressurer" la Grèce

février 2015


du 02/02/2015 par L’Obs avec AFP

"A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes", assure le président américain, expliquant toutefois que la Grèce avait "un terrible besoin" de réforme.

"On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression", a déclaré le président Obama alors que le nouveau gouvernement grec inquiète ses créanciers en affirmant vouloir renégocier sa dette. "A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes", a-t-il poursuivi.

Le président américain a reconnu que la Grèce avait "un terrible besoin" de réformes mais qu’"il est très difficile d’initier ces changements si le niveau de vie des gens a chuté de 25%. A la longue, le système politique, la société ne peut pas le supporter".

Le PIB en Grèce a reculé d’environ 25% entre 2009 et début 2014, avant de renouer avec la croissance au deuxième et troisième trimestre 2014 après des années de récession.

"Il faut une stratégie de croissance"

La formation de gauche radicale Syrisa, vainqueur des élections dimanche dernier, veut renégocier la dette de 300 milliards d’euros (près de 175% du PIB). Samedi, la chancelière allemande Angela Merkel a écarté toute idée d’effacement pur et simple de la dette, largement détenue par les Etats européens, à commencer par l’Allemagne (40 milliards d’euros) et la France (31 milliards).

Le président américain a ajouté qu’il espérait que la Grèce resterait dans la zone euro, mais que cela demanderait "des compromis de tous les côtés". Barack Obama s’est de manière générale montré inquiet du faible taux de croissance en Europe.

"La prudence fiscale est nécessaire, les réformes structurelles sont nécessaires dans beaucoup de ces pays, mais ce que nous avons appris de notre expérience aux Etats-Unis... c’est que la meilleure façon de réduire les déficits et de restaurer la solidité fiscale, c’est de faire de la croissance", a-t-il déclaré.

"Quand vous avez une économie qui est en chute libre, il faut qu’il y ait une stratégie de croissance, et pas seulement des efforts pour pressurer de plus en plus une population qui souffre de plus en plus", selon le président américain.

A lire sur L’OBS/Monde

Commentaire CE21 :

Encore une fois, la recommandation vient d’outre-Atlantique. C’est ce que dit Barak Obama dans un message clair : l’austérité n’est pas une fin en soi dans un pays en grande difficulté ! Les Etats-Unis ont favorisé l’activité et la croissance pour commencer à relancer l’emploi.

Aucun dirigeant dans l’UE et encore moins dans la zone euro n’a osé s’exprimer pour aider la Grèce à s’en sortir. Il faut que ce soit la Grèce elle-même, au bord du « défaut », qui réagisse fermement avec un nouveau gouvernement. Sa priorité est de renégocier sa dette pour pouvoir relancer l’activité, se réformer en profondeur et pouvoir récupérer les ressources nécessaires pour commencer enfin à la rembourser !

Madame Merkel, à Washington ces jours prochains, en profitera-t-elle pour retenir la leçon ? Elle, qui est en général à l’écoute de la Maison Blanche, devrait faire l’effort sur ce sujet, avant qu’il ne soit trop tard…

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