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Janvier 2015

La dette, priorité du nouveau gouvernement grec

janvier 2015


du 26/01/2015 par Marie Charrel

Annulée pour partie ? Restructurée ? Rééchelonnée ? Après la victoire, aux élections législatives dimanche 25 janvier, du parti de gauche Syriza, qu’adviendra-t-il de la dette de l’Etat grec ?

C’est l’un des « gros » sujets qui sera au menu des semaines à venir pour le nouveau gouvernement grec. Et pour ses créanciers, la « troïka », c’est-à-dire le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE).

Sitôt connu le résultat qui le donnait vainqueur, Alexis Tsipras, le dirigeant de Syriza, a déclaré vouloir « collaborer et négocier » avec les créanciers du pays une « nouvelle solution viable, durable qui bénéficie à tous ». Il a précisé être prêt à soumettre « un plan national et un plan sur la dette ».

Quelle est l’ampleur de la dette grecque et qui la détient ?

Malgré sa restructuration en 2012, la dette de l’Etat grec dépasse désormais les 175 % du produit intérieur brut (PIB) et représente un handicap trop lourd pour la croissance.

Les 321,7 milliards d’euros de dette grecque sont détenus à 70,5 % par les créanciers publics internationaux. Le FMI a ainsi prêté 32 milliards d’euros, les autres pays de la zone euro 53 milliards par des prêts bilatéraux, tandis que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a accordé 141,8 milliards.

Une réduction de la dette grecque est-elle possible ?

Dès lundi 26 janvier, la BCE a donné le ton. Dans un entretien publié par le journal allemand Handelsblatt, Benoît Coeuré, membre du directoire de l’institution monétaire, a indiqué que cette dernière ne participera à aucune réduction de la dette grecque.

« Il n’appartient pas à la BCE de décider si la Grèce a besoin d’un allégement de la dette. Mais il est absolument clair que nous ne pouvons pas être d’accord avec l’allégement d’une dette qui comprend des obligations grecques détenues par la BCE », a-t-il indiqué, précisant que cette impossibilité tient à des raisons légales.

Le commissaire européen à l’économie numérique, Günther Oettinger a pour sa part déclaré, au micro de la radio Deutschlandfunk, que le futur gouvernement grec devrait respecter les accords conclus entre Athènes et ses partenaires de la zone euro.

« La “troïka” elle-même sait qu’Athènes peinera à s’en sortir si on ne l’allège pas d’une façon ou d’une autre », explique toutefois Jésus Castillo, analyste économique chez Natixis. Cet allégement pourrait prendre deux formes.

La première, et plus probable, serait de ne pas toucher au montant total de la dette, mais d’allonger la maturité des prêts et réduire les taux d’intérêt, ce qui allégera les remboursements annuels. « Le fardeau serait plus supportable, mais cela pourrait ne pas suffire », juge Eric Dor, économiste à l’Ieseg.

La seconde option serait d’effacer littéralement une partie de la dette. Plusieurs modalités seraient possibles, mais toutes seraient politiquement explosives.

« Si nous réduisions la dette, cela enverrait un mauvais signal au Portugal ou à l’Irlande, à Chypre ou à l’Espagne », a prévenu Günther Oettinger. « Dans la foulée, le Portugal et l’Irlande, dont les dettes dépassent 120 % du PIB, pourraient légitimement réclamer aussi un effacement, souffle un député européen. Impossible. »

Et si les négociations échouaient ?

Le scénario est peu probable, mais pas nul. La Grèce pourrait alors choisir de faire défaut sur sa dette (ne pas la rembourser)

« La zone euro pourrait perdre 256,4 milliards d’euros au maximum », calcule M. Dor. Les pertes du FESF seraient en effet épongées par les États membres.

A suivre sur Le Monde

Commentaire CE21 :

L’arrivée au pouvoir d’une coalition avec Syriza, ayant à sa tête Alexis Tsipras, va interpeller l’Union européenne. D’importantes négociations sur la dette grecque vont s’engager. Elles vont permettre de révéler les réalités d’une gouvernance européenne partagée sous influence. Le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles n’ont d’autre choix que d’aider la Grèce à sortir de cette impasse liée à une politique d’austérité, très mal conduite. Et ce n’est qu’un début…

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