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Janvier 2015

« La baisse de l’euro, c’est surtout une hausse du dollar »

janvier 2015


du 17/01/2015 Propos recueillis par Antoine Reverchon

L’euro a poursuivi sa baisse face au dollar, vendredi 16 janvier. Vers 23 heures (heure de Paris), la monnaie unique européenne valait 1,1566 dollar, contre 1,1623 dollar jeudi à la même heure.

Jérôme Héricourt, professeur de sciences économiques à l’université de Brest et économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), décrypte ce recul de la monnaie européenne.

La baisse de l’euro est-elle un phénomène durable ?

Par rapport à son point haut en mai 2014, l’euro a baissé d’un peu plus de 16 % par rapport au dollar, et de près de 5 % en « taux de change effectif réel » (…) Même si 5 %, cela commence à faire beaucoup, la « chute » de l’euro est donc surtout une hausse du dollar. Mais cette chute devrait se poursuivre sur la longue durée (…) Les États-Unis connaissent un bon rythme de croissance (3,1 % prévus pour 2015), et pas la zone euro (1,3 %). On sait que la Fed s’approche inéluctablement de la remontée des taux d’intérêt. Au même moment, la Banque centrale européenne (BCE) semble de plus en plus vouloir s’engager franchement dans des rachats d’actifs, notamment de titres de dette souveraine (…)

Le cas du franc suisse est assez similaire : la croissance en Suisse est supérieure à celle de la zone euro (+2,1 % attendus en 2015). La Banque nationale suisse, anticipant le fait que la politique de la BCE ne peut que renforcer la tendance à la dépréciation de l’euro, et sachant qu’elle ne pourra poursuivre sa propre politique de limitation du prix du franc suisse, a préféré laisser sa monnaie s’envoler.

La chute de l’euro est-elle une bonne nouvelle pour l’économie de la zone ?

Les effets positifs sont indiscutables (…) Une dépréciation du taux de change réel de 10 % de l’euro par rapport à un pays partenaire se traduit par 6 % de croissance des exportations en moyenne. Certes, elle renchérirait aussi les prix des biens importés, mais de 2 % à 3 % seulement.

Les Allemands, attachés au principe d’un euro fort, ne semblent pas s’en réjouir. Pourquoi ?

Si Berlin continue pourtant à défendre, officiellement, l’euro fort, c’est pour des raisons essentiellement politiques et idéologiques, qui n’ont rien à voir avec l’économie (…) Aujourd’hui, pour des raisons essentiellement politiques, Berlin estime que ce que les Allemands ont consenti comme sacrifices doit être consenti par les autres. Mais dans la situation économique et sociale actuelle de pays comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie ou même la France, ces sacrifices sont tout simplement impossibles à demander (…)

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Commentaire CE21 :

La fin du mois de janvier sera particulièrement chargée et animée pour l’UE et surtout pour la zone euro qui entre en déflation. La politique de la BCE est prête. Mario Draghi est décidé à aider à la relance de l’activité en renforçant la baisse de l’euro et en aidant au rachat partiel de dettes souveraines. Les marchés sont à l’affût des décisions de la BCE. Quelle sera sa réelle marge de manoeuvre ?

La Suisse décide de laisser flotter sa monnaie et renonce à un cours plancher. Le franc suisse s’est envolé de plus de 14% ! Il s’est stabilisé avant le week-end à 1,04 FS pour un 1,00 €. L’Allemagne s’interroge. Mais que font le Conseil européen et l’Euro Group ? Les Etats–Unis et la Fed observent…

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