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Une autre façon d’entreprendre

La responsabilité

Une notion souvent mal partagée

juin 2012


Égaux en considération, inégaux devant les responsabilités dans l’entreprise, les individus doivent être égaux en considération, quels que soient leur position, leur origine, leur couleur de peau, leur religion, leur sexe ou leur âge.

De fait, ils se retrouvent, en tant que salariés, à l’intérieur d’une échelle des valeurs qui les rend, par contrat et par définition, inégaux devant les responsabilités. Cette inégalité entre individus est une réalité qui plante le décor et fixe les règles du jeu dans l’entreprise.

Cette donnée incontournable n’a de chance d’être bien vécue, admise et comprise par une majorité que dans la mesure où les éléments qui président au choix des responsables sont basés sur des critères de qualification, de compétence, d’expérience par référence à un passé, mais aussi de justice et de respect des autres.

Source : RSE développement durable

 
L’inégalité objective est à multifacettes. Une première façon d’assumer cette inégalité objective, consiste trop souvent pour les salariés de base à se résigner et à ne considérer l’entreprise que comme un moyen de satisfaire des besoins primaires, ce qui revient à dire que l’individu ne travaille que pour vivre. Pour eux, en l’absence de motivation, l’entreprise n’a pas d’autre finalité.

À tous les niveaux dans l’entreprise, certains responsables vivent cette inégalité, qui leur est favorable, avec une mentalité radicalement opposée et tout aussi excessive. Cette inégalité objective est un moyen, pour eux, de satisfaire leur ambition de "petits chefs" responsables, en accentuant les inégalités de traitement envers les personnes qu’ils dirigent, pour mieux exercer leur autorité. L’entreprise n’est alors qu’un outil, utile à leur besoin d’affirmation de soi et leur souci du paraître.

Pour certains dirigeants et chefs d’entreprise, la notion d’inégalité est une donnée de base hiérarchique. Ils en oublient l’essentiel : l’égalité en considération de tous les individus. Leur premier souci, que l’on peut comprendre, demeure avant tout la rentabilité et le profit. Pour eux, le personnel qu’il dirige travaille au bénéfice exclusif de ses privilégiés et de ses actionnaires. Ils sous-estiment souvent le rôle joué par l’ensemble de leur personnel qui constitue la richesse de leur entreprise.

Qui sont les responsables de cette apathie ? La vision taylorienne s’est fort bien accommodée de ces contradictions. On les retrouve à tous les niveaux, plus dans les grandes que dans les moyennes entreprises publiques et privées, comme dans l’ensemble des administrations. Alors, le dogme s’impose comme mode de fonctionnement avec ses contraintes, ses passe-droits et ses abus. La responsabilité de cet état de fait est autant celle des salariés, des syndicats, des dirigeants et des actionnaires, que celle de l’État, quand il est concerné.

Des devoirs, des droits et... une remise en cause. La responsabilité implique d’abord et avant tout des devoirs, certes des droits mais aussi et surtout une remise en cause permanente. Elle doit s’appuyer sur la qualité, l’expérience et la relation aux autres dans la communication. Elle s’oppose totalement aux images archaïques de privilèges et de prérogatives, ou encore aux étiquettes de compétences par attribution.

En dehors de quelques attributs qui sont d’ordre pratique, souvent inhérents à la fonction, il n’existe aucun droit garantissant l’estime et le respect de ses subordonnés. La rente de situation, le secteur particulier, la responsabilité par tradition ou par habitude sont devenues les véritables fléaux des entreprises au service de leurs élites protégées.

La responsabilité se mérite. La responsabilité n’est pas un état final et absent de toute remise en cause. C’est au contraire un point de départ pour l’action qui implique, à chaque instant choix et décision, en situation complexe, dans un esprit d’honnêteté et de justice dans leur acception la plus large.

J.M.

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