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ÉDITORIAL

Défense : il est temps d’expliquer et de réagir…

Le budget de notre défense ne dépend pas de Bruxelles !

novembre 2014


La Commission de Bruxelles, préoccupée par le budget de la France, avec le déficit et la dette, influe indirectement sur les choix impératifs qui conditionnent notre défense. Nos Chefs militaires doivent parler, à l’occasion de leur audition par les commissions parlementaires de la Défense.

Seront-ils écoutés ? Il est temps pour eux d’expliquer la situation et de réagir en faisant des propositions. Les médias ont le devoir de les inviter à s’exprimer sans « langue de bois » sur les missions que remplissent nos forces en opération, leurs capacités, leurs insuffisances et leur moral. Les chefs d’état-major en ont la légitimité, la compétence et aujourd’hui le devoir, tant la situation de nos unités est critique. Ils en ont aussi le droit. Club Espace 21 a décidé ce mois-ci, avec leur courtoisie et sous leur responsabilité, de publier la dernière lettre du 14 octobre de la rédaction de l’Association de soutien à l’Armée française (ASAF). En effet, après la monnaie unique et le TSCG (traité budgétaire pour les europhiles) qui peut prétendre que nous sommes encore maîtres de notre avenir, surtout dans le domaine de la défense, alors que l’Europe compte sur nous pour intervenir !

Club Espace 21

Reproduit avec la courtoisie de l’ASAF

Pourquoi parler aujourd’hui ?

« L’armée, bien que très appréciée, est méconnue de la Nation et la suspension du service national est loin d’en être la seule cause. 
Depuis 30 ans, l’armée n’a cessé de se contracter comme peau de chagrin au point, qu’aujourd’hui, plus d’un tiers des départements n’a plus de garnison ! En 10 ans, entre 2009 et 2019, terme de la loi de programmation militaire en cours, l’armée professionnelle aura perdu 80 000 personnes soit le quart de ses effectifs. 
Simultanément les multiples engagements opérationnels contribuent à accentuer les méfaits de cette désertification militaire par l’absentéisme qu’ils induisent dans les garnisons.
Enfin, les restrictions financières se traduisent par une paupérisation des unités telle que, pour la plupart d’entre elles, les colonels n’ont plus les moyens d’accueillir les groupes scolaires ou de cadres civils qui désirent connaître et comprendre le fonctionnement de leur régiment ou de leur base. 
Dans ces conditions, ne soyons pas surpris que les échanges avec la population et la connaissance réciproque civilo-militaire soient hélas parfois réduits à néant. Cette situation est renforcée par le silence médiatique qui entoure le volet militaire de nos engagements extérieurs au nom d’un pseudo « secret défense ».

Source : clanfsf.fr




Comment les Français peuvent-ils comprendre ces opérations et leur justification en une minute au journal de 20 heures, au cours duquel leur est présentée la vidéo d’un tir guidé laser en Irak, ou l’explosion d’une roquette tirée par un hélicoptère d’attaque Tigre au Mali ? Et s’ils ne comprennent pas ce qui se joue « là-bas », comment peuvent-ils soutenir leur armée ?
Pourquoi n’y a-t-il plus aucun reportage sur la RCA où la France engage plus de 2 000 de ses soldats dans des conditions souvent « acrobatiques » ? Pourquoi ne pas annoncer et commenter davantage les succès de nos forces au Mali ? »

Les chefs militaires doivent parler car ils en ont la légitimité !

Ce sont eux qui commandent les soldats dans les opérations et engagent éventuellement leur vie. Ils connaissent les réalités opérationnelles, les forces et les faiblesses de notre armée mieux que quiconque. Ils connaissent bien les hommes et les femmes qui sont sous leurs ordres car, au cours de leur carrière, ils ont tous partagé pendant plusieurs années leur quotidien, leurs souffrances et leurs sacrifices.
Par ailleurs, les hauts responsables militaires ont une vision à long terme de leur action ; ils ne sont pas soumis à des échéances électorales à très court terme… Ils savent aussi qu’avec la conduite d’opérations qui s’inscrivent dans la durée, la préparation du futur à horizon de 20 ou 30 ans est une préoccupation majeure. C’est d’autant plus vrai que leur formation est nourrie par une expérience de trois décennies de service, et que la vie des matériels majeurs s’étend sur près d’un demi-siècle.

Source : 1jour1actu.com




Les chefs doivent parler car il y a urgence…

Une armée est d’abord un corps hiérarchique dans lequel chacun remplit sa tâche en toute confiance. Cette dernière s’acquière, se développe et se renforce, dès le temps de paix, dans la vie quotidienne, lors de l’instruction et l’entraînement. Le subordonné doit avoir toute confiance dans son chef et réciproquement. C’est à l’aune de cette confiance réciproque que se mesure la valeur d’une troupe ou d’un équipage.
Or, la situation est aujourd’hui si critique que la confiance est menacée.
L’armée, que les réorganisations successives et incessantes ont tronçonnée, complexifiée et affaiblie, doute d’elle-même. Méconnue de l’opinion, sans cesse pressurée sur le plan des effectifs, contrainte excessivement sur le plan financier et pourtant employée à 120%, comme l’a rappelé récemment le chef d’état-major des Armées, elle perd confiance dans ses chefs qui souvent, avec les nouvelles structures et contraintes, ne peuvent plus résoudre les problèmes de leurs subordonnés qui relèvent en principe de leur responsabilité.
Le commandement pourrait se trouver ainsi rapidement contesté et voir s’estomper la confiance de la troupe s’il n’obtient pas des améliorations rapides dans les domaines des conditions de vie et de travail.

Source : actu-defense.nouvelobs.com




La situation est bien plus grave qu’il n’y paraît

L’état des armées présente à court terme un tel risque d’implosion qu’il est urgent d’arrêter la spirale infernale qui menace leur cohésion.
Parce que la classe politique continue d’ignorer les besoins réels de son armée, il appartient aux chefs militaires de l’expliquer à l’opinion. Cela n’effacera en rien la responsabilité personnelle des dirigeants politiques.
Le haut commandement se doit donc d’intervenir avec force et clarté pour que les Français prennent conscience de la gravité de la situation, faute de quoi ceux-ci la découvriront lors d’évènements graves, dont la résolution nécessitera alors, une armée robuste et disciplinée qu’ils n’auront plus !

La Rédaction de l’ASAF

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