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ÉDITORIAL

L’Europe : une histoire à ne pas oublier…

Mais quelle suite à moyen terme ?

août 2014


Depuis plus d’un demi-siècle, l’Europe tente de se construire. La déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman, alors ministre français des affaires étrangères, est considérée comme l’acte fondateur. De fortes personnalités européennes, l’Allemand Konrad Adenauer, le Français Jean Monnet et l’Italien Alcide De Gasperi, surnommés les Pères de l’Europe, vont créer en 1951 la Communauté européenne du charbon et de l’acier.

Quelques années plus tard, en 1957, le traité de Rome va instaurer une Communauté économique européenne. L’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signent le traité et deviennent les pays fondateurs. En 1973, le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni adhèrent à la CEE. En 1981, la Grèce, puis l’Espagne et le Portugal en 1986 composent l’Europe des 12. L’Acte unique européen, adopté la même année, est le dernier geste de consolidation de cette coopération économique, avant la création d’une union politique qui donnera naissance à l’Union européenne.

Source : Blogorama.fr




Une progression étape par étape

L’Europe est parvenue par étapes à d’importants progrès. L’idée européenne ne dérange pas les opinions publiques sur le fond. Après près d’un siècle de conflits, c’est un message de qualité, synonyme de paix et d’espoir d’abord pour les pays fondateurs, ensuite pour ceux qui ont rejoint progressivement ce concept. En priorité, cet espace d’une Europe pacifique a toujours été perçu par une grande majorité de pays comme un simple marché économique de libre-échange. Ce fut le cas du Royaume-Uni qui a toujours cherché à profiter avant tout de ces avantages. D’autres pays étaient dans le même état d’esprit, mais se sont bien gardés de le manifester.

Source : La Dépêche.fr




Comme toute organisation, au fur et à mesure de son élargissement et des nouvelles ambitions, l’Europe a eu besoin de mettre en place des structures fonctionnelles et politiques. L’ensemble évoluait avec trop de lenteur. L’adoption du traité de Maastricht, fondateur de l’Union européenne avait pour objectif de franchir une étape supplémentaire, avec de nouvelles règles de fonctionnement et la volonté de la mise en place d’une monnaie commune. C’était la volonté du Président François Mitterrand et de Jacques Delors, à la tête de la Commission de Bruxelles. Tandis que l’un et l’autre étaient favorables à une monnaie unique, le Chancelier Helmut Kohl était lui partisan de l’aligner sur le Mark. C’est cette proposition qui a été retenue pour avaliser le traité et qui a été soumise à référendum en septembre 1992. Au moment de cette adoption, l’Union européenne était composée de 12 pays. Dans l’esprit de tous, l’Europe venait de faire un pas important vers une meilleure intégration financière et économique et une coopération en matière de recherche et de développement. L’ambition était à la taille de l’Union.

Un euro inadapté pour une Union surdimensionnée ?

Pour les politiques, le passage à l’euro ne devait pas poser de problème particulier dans la mesure où les grands pays de l’Union se trouvaient sur une même ligne économique et financière. Rien n’a été fait pour réfléchir avec sérieux aux conséquences du passage à l’euro. Entre-temps en 1995, l’Union européenne a grossi en passant de 12 à 15 membres avec l’arrivée de l’Autriche de la Finlande et de la Suède. Le traité d’Amsterdam en 1999 modifie quelques points du traité de Maastricht, mais n’aborde pas sur le fond les problèmes du passage à l’euro. À la création de la zone euro en 1999, 11 pays sur 15 acceptent d’en faire partie. Le passage à l’euro intervient en janvier 2002. La Grèce rejoindra peu avant le peloton en 2001, aidée par Goldman Sachs, avec des comptes, jugés plus tard comme largement discutables.

Chronologiquement, dans le cadre de modification des traités, élargissant certaines prérogatives, il faut rappeler le traité de Nice de 2003. Dès l’année suivante, l’Union européenne passera de 15 à 25 pays. L’arrivée de 10 nouveaux membres est subite. Il s’agit de Chypre, de l’Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de Malte, de la Pologne, de la République Tchèque, de la Slovaquie et de la Slovénie. La volonté politique d’insérer une grande partie des anciens pays de l’Est se réalise. C’est une Europe à 25. En 2004, le projet de traité, établissant une constitution pour l’Union européenne, n’est pas ratifié. La France l’avait refusé par référendum. Le traité de Nice a continué à faire force de loi. Son efficacité a toujours été mise en doute.

Source : Wikipédia.fr




Un nouveau traité était en préparation pour conserver les traités précédents tout en les modifiant en profondeur. C’est le traité de Lisbonne actuel dont la complexité est reconnue par tous. Il est opérationnel depuis la fin 2009. Deux autres pays ont rejoint l’Union en 2007, la Bulgarie et la Roumanie. Avec l’arrivée de la Croatie, l’Union européenne à 28 est née. La zone euro s’est accrue avec la Slovénie, Chypre, Malte et la Slovaquie. 16 pays membres y adhèrent. Après l’Estonie qui rejoint la zone en 2011, c’est au tour de la Lettonie en 2014 d’être le 18ème pays à profiter de la monnaie unique. C’est la Lituanie qui espère être le 19ème pays en 2015 !

Un imbroglio toujours aussi confus en quête de solution…

Aujourd’hui, l’Union européenne est vécue un système confus sur le plan politique, déséquilibré sur le plan économique et social. Les institutions sont considérées comme une immense usine à gaz à tiroirs multiples d’une complexité remarquable. Il s’agit d’une union politique et économique de pays qui adhèrent à un certain nombre de valeurs et de règles communes, plus ou moins respectées. Les situations financières, économiques et sociales ne sont guère brillantes à quelques exceptions près. Les prévisions ne sont pas meilleures en termes d’activité, de croissance et d’emploi. Le nombre de pays en difficulté n’a cessé de croître, surtout dans la zone euro. Trop de questions restent en suspens sur le rôle de la BCE, le maintien d’un euro fort, des taux d’emprunt prohibitifs, tout comme sur l’efficacité de la Commission ou du Parlement. Par la faute de la plupart des dirigeants européens, ces institutions ont perdu petit à petit la confiance des marchés et des pays concurrents émergents. Ce qui est beaucoup plus grave surtout, c’est que l’ensemble des opinions publiques doute désormais de leur capacité à proposer des solutions viables. Une grande partie d’entre elles ne croit plus à l’Europe.

L’Union européenne n’est pas un pays ! C’est un leurre qui se voudrait un objectif, mais ce n’est pas une réalité. Les pays qui la composent tiennent à préserver leur souveraineté. Une révision générale de l’ensemble des institutions européennes n’est plus à exclure. L’Union ne peut pas être dirigée politiquement de cette façon. Le couple franco-allemand se présente comme constituant la base du leadership européen. Cette affirmation n’est pas pour autant une garantie de succès. Nul ne doute du déséquilibre franco-allemand en faveur de nos voisins d’Outre-Rhin. L’illusion ne trompe personne. Il suffit de voir par ailleurs les difficultés rencontrées par la plupart des pays les plus importants de la zone euro, qui n’arrivent plus à relever la tête, pour comprendre que ce système politique et économique est à bout de souffle. L’image souhaitée ne correspond pas à l’image perçue, aussi bien par les partenaires de la zone euro ou par ceux de l’Union. Quant aux opinions publiques, elles s’interrogent et sont de plus en plus dubitatives. Les marchés financiers, banques et investisseurs, sont à l’affût de cet imbroglio, tout comme les agences de notation dont l’appréciation peut être discutée, mais pas l’influence. La fin de l’année 2014 sera encore riche en rebondissements et pleines de surprises, avec l’arrivée de Jean-Claude Juncker qui parle d’activité et d’emploi et une BCE qui veut favoriser la reprise. Attention, le FMI s’inquiète d’une inflation obstinément faible qui peut être un fort obstacle au développement…

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