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ÉDITORIAL

Informer, communiquer et expliquer

Un défi impossible ?

juin 2014


En matière d’information et de communication, la confusion prédomine. L’explication est souvent peu claire quant elle n’est pas tout simplement absente. Les hommes politiques, tant en France qu’à l’étranger, ont toujours choisi la solution facile pour s’exprimer devant la complexité des sujets à traiter.

Il leur suffit parfois d’affirmer, de simuler ou d’esquiver le débat si nécessaire, et enfin, de présenter le tout avec les apparats indispensables devant la presse. L’information, souvent vide de contenu, se substitue dans la forme et sur le fond à une véritable communication argumentée suite à une décision, issue d’une consultation, d’un dialogue, d’une concertation, sans parler de consensus. La synthèse n’est pas toujours la meilleure façon de trancher lors d’un conflit. Souvent la communication en pâtit. Au contraire, la décision directe, proprement dite, émanent du pouvoir, garde un caractère officiel, parfois solennel. Mais elle est souvent mal ou pas du tout expliquée par souci de ne pas vouloir se justifier.

A chacun sa pratique

C’est le cas lorsqu’une promesse n’est pas tenue, qu’un objectif est reporté ou qu’il a fallu faire des concessions de politique « politicienne ». La pratique du « couac », plus souvent provoqué qu’accidentel, est d’usage fréquent. Il alimente la confusion et écarte la communication de la vérité et de son objet. Parlementaires de la majorité et de l’opposition se délectent dans tous ces modes de fausse communication, soit disant « informative ». L’usage permanent de ce type de comportement est usant. Favorisant le « parler pour ne rien dire », il décrédibilise le propos.

Source : e-buzing




Chacun sait que la communication est l’outil indispensable de la démocratie. Mais, elle est très mal utilisée et pas assez dans le sens positif. La forme prime sur le reste. Elle devient l’essentiel. Une information habile peut cacher en guise de communication une forme de pré manipulation, directe ou indirecte surtout en période électorale où le « trop » de silence est à proscrire. La langue de bois est pesante, mais elle est devenue une réalité au quotidien. La plupart de nos politiques ne savent plus s’exprimer sans en user en quasi permanence. La notion de discussions en « off » autorise d’autres interprétations. Au-delà de la presse d’opinion sur laquelle il s’appuie, le politique sait comment tirer le meilleur profit de l’information qu’il transmet pour tenter de convaincre et pour mettre en cause ses concurrents, quitte à tromper l’opinion publique. Les réseaux sociaux, facebook et twitter et alii, complètent un pseudo-débat citoyen en coulisses que les médias, radios et TV ne manquent pas de relayer pour faire de l’audience.

La presse et les médias au service de la « non-communication »

Les éditorialistes des quotidiens et des hebdomadaires, partisans ou non, reprennent les slogans et complètent le décor au travers d’une analyse sémantique exacerbée des textes. Inspirés par une « cacophonie » permanente, certains polémistes, planqués derrière un micro en profitent pour manifester leurs égards subjectifs et impulsifs qui alimentent leur « gagne-pain » quotidien. Ces mêmes moyens de communication dont plus personne ne peut plus se passer, enrichissent ou détournent quelque part le débat. Tous ces ingrédients ne remplaceront jamais une communication plus orientée sur le fond (le message) et le contenu (les mots pour le dire), la forme (la façon de le présenter) ayant moins d’importance. Cette communication perturbée et déformée fait partie de ce que d’aucuns appellent la démocratie. Les politiques comme les médias en assument la totale responsabilité.

Source : Owni




Le contexte ne manque pas de sujets d’actualité brûlants où une communication de qualité est essentielle. Mis à part, la politique extérieure et les séances « aller-retour » à Bruxelles, le chômage et l’emploi, comme la sécurité et le vandalisme, tiennent le haut de l’affiche. Ceci ne veut pas dire que les médias ne prêtent pas plus l’oreille et l’attention aux faits divers de toutes natures. Le record d’audience et la vente de papier font partie de leurs priorités. Pendant ce temps là, le moral des français, surtout celui des ménages, ne s’améliore pas, étant alimenté par l’absence de résultats concrets et des propos polémiques anxiogènes. Celui des entrepreneurs n’est pas meilleur aujourd’hui, toujours en quête de réduction de charges et du coût du travail. Même les syndicats ne sont plus mobilisateurs. La pression fiscale et son instabilité agissent aussi sur la gestion des sociétés. Elle conduit à un gel des embauches et des investissements sauf à renouveler les stocks dans certains cas.

Le paradoxe de la « désinformation » permanente

Après une campagne pour les élections européennes qui n’a pas suscité d’intérêt, le paradoxe d’une communication trompeuse est aussi à relever dans le cas des investissements internationaux en France. Certes, ils ont faibli sensiblement en taux d’augmentation. Mais on assiste à une communication essentiellement dirigée vers l’observation maligne d’une fuite masquée et continue des capitaux à l’étranger. Si celle-ci ne date pas d’aujourd’hui, une fuite non négligeable est toute relative. Elle est mise en exergue par les politiques de l’opposition et un certain nombre d’économistes plus ou moins avertis, mais qui appartiennent au « système » s’ils veulent restés à la « Une » des médias qui en ont besoin pour assurer leur audience.

Autre sujet, le pouvoir d’achat stagne pour ne pas dire qu’il recule pour certaines catégories de la population. L’augmentation de l’impôt se traduit par une consommation générale en baisse. Les recettes fiscales correspondantes ne sont pas satisfaites. Ces quelques sujets sont vécus au quotidien. Ils alimentent, au gré des « Une », les chroniques de la presse et des médias. Cet environnement parce qu’il fait partie de la vie, ne doit pas rester sans réaction. Il faut pouvoir agir et ne pas minimiser l’interprétation des faits par une mauvaise, une fausse ou une absence de communication précise. Ce n’est plus acceptable. Attention de ne pas céder au trop facile grief qui consiste à traiter un propos récurrent ciblé de démagogique !

Sur tous les sujets, dignes d’intérêt, s’attacher à informer, à communiquer et surtout à expliquer est un exercice difficile pour un responsable politique au pouvoir et encore plus pour un chef d’Etat. C’est là que doit porter l’effort d’un premier prérequis surtout en veillant pour l’intervenant à tenir ses engagements et à mettre en avant sa vision d’avenir consolidée.

Si le discours et l’explication du politique sont claires, la « meute » d’interprètes, presse et experts, a de sérieuses difficultés pour éviter de se discréditer. Dans le cas contraire, cette même « meute » valorise sa désinformation sur fond d’une illusoire compétence. C’est le président américain Abraham Lincoln qui affirmait : « On peut mentir une fois à tout le monde, on peut mentir tout le temps à une personne, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde ».

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