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ÉDITORIAL

Europe : des chiffres pour comprendre

Une copie à revoir ?

mai 2014


Le 25 mai prochain, plus de 390 millions de citoyens des 28 pays de l’Union européenne se rendent aux urnes pour élire leurs 751 représentants au Parlement à Strasbourg. Qui a réellement conscience des enjeux ? On s’attend à une forte abstention. L’Europe se cherche.

Le désintérêt d’une majorité de citoyens européens pour l’Union (UE) n’est plus à démontrer. L’interférence permanente de Bruxelles dans la vie courante et la politique des Etats dérange autant qu’elle intéresse les dirigeants politiques et les citoyens. Au delà du courant, les récents évènements en Ukraine finissent par montrer les limites de l’Union à l’international où la politique du « chacun pour soi » est toujours d’actualité.

L’Union européenne

Un ensemble de 28 pays dont 18 sont dans la zone euro. Fin 2013, le PIB de l’UE avec 16360 Md$ est légèrement supérieur à celui des Etats-Unis (15680 Md$) devant la Chine (8227 Md$) et le Japon (5964 Md$).

Source : Francediplo




L’UE est composée d’une mosaïque de pays tous différents, au plan social, économique et fiscal. Mais avec la crise la technocratie bruxelloise en référence à un modèle du passé, dicté par nos amis allemands est basée sur la rigueur et l’austérité. On ne peut pas mettre tous ces pays dans un même « moule ». Leur imposer des consignes et influer sur leurs politiques internes, n’est pas crédible. Le Conseil européen et la Commission de Bruxelles font illusion. Leurs stimulations comparatives négatives entre Etats sont désastreuses. Elles ont des effets contraires aux résultats attendus. Dans la pratique, l’Allemagne veille et impose. La France suit et obéit. Londres ne se sent pas concernée. Quant au Parlement européen, il s’agite sans grand succès.

Le chômage dans l’UE et dans le monde

Les déséquilibres économiques Est-Ouest ou Nord-Sud ont mis en évidence les faiblesses de la maîtrise du système en place. La disparité des chiffres du chômage est éloquente :

Zone euro :
Grèce (27,8%) ; Espagne (25,8%) ; Chypre 17,5%) ; Portugal (15,4%) ; Slovaquie (13,8%) ; Italie (12,7%) ; Irlande (12,1%) ; Lettonie (12,1%) ; France (10,4%) ; Slovénie (10,1%) ; Estonie (9,3%) ; Finlande (8,4%) ; Belgique (8,4%) ; Pays-Bas (7%) ; Malte (6,7%) ; Luxembourg (6,2%) ; Allemagne (5,1%) ; Autriche (4,9%) ;

UE hors zone euro :
Croatie (18,6%) ; Bulgarie (13,1%) ; Lituanie (11,4%) ; Pologne (10,1%) ; Hongrie (9,3%) ; Suède (8%) ; Royaume-Uni (7,2%) ; Roumanie (7,1%) ; Danemark (6,9%) ; Tchéquie (6,7%) ;

Jeunes dans l’UE :
Moins de 25 ans : UE (23,2%) – 5,5 millions de jeunes – Espagne (54,3%) ; Grèce (59,2%) ; France (25%) ; Allemagne (7,4%) grâce à l’apprentissage.

Autres chiffres de chômage dans le monde :
Etats-Unis (6,6%) ; Chine (6,4%) ; Japon (3,7%) ; Brésil (6,2%) ; Russie (6,2%) ; Suisse (3%) ; Norvège (3,6%) ; Corée du Sud (3,2%) ; Canada (7%), etc.

La croissance économique dans l’UE

L’Europe au sens large est a priori un grand marché ouvert à tous vents, peu solidaire entre les pays de la communauté et peu enclin au respect du principe de réciprocité, hors Union européenne. Un protectionnisme intelligent, partiel, choisi et temporaire pourrait-il y voir le jour ? C’est ce que font les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Russie et les pays émergents. Le commerce avec l’Asie en témoigne. Faut-il aujourd’hui revenir à une « Europe sans euro », ou doit-on laisser une monnaie unique surévaluée conditionner l’avenir d’une Union et d’une zone euro sans gouvernance ? Y a-t-il d’autres solutions envisageables ? L’absence de réponse est un obstacle au progrès, permettant à l’euroscepticisme de se développer à grands pas dans les opinions publiques.

Source : FMI - AFP




Taux de croissance :
Fin 2013 : le taux de croissance moyen pour l’UE est de 0,1% du PIB. Dans la zone euro, lègère récession avec un recul de 0,4% du PIB. Parmi les principaux taux relevés, celui de la Grèce (-3,9%) ; de l’Italie (-1,9%) ; du Portugal (-1,4%) ; de l’Espagne (-1,2%) ; des Pays-Bas (-0,8%) ; de la France (0,3%) ; de l’Allemagne (0,4%) ; de la Suède (1,5%) et du Royaume Uni (1,7%),. A comparer avec ceux des Etats-Unis (2,6%) et du Japon (1,6%).

Dumpig fiscal, dumping social, inégalités…

Pour tenter d’y voir clair, plusieurs aspects sont à prendre en compte en terme fiscal : l’exil, l’optimisation, l’évasion et la fraude organisée. Si le Luxembourg, l’Irlande et le Royaume-Uni avec ses îles anglo-normandes sont déjà dans le collimateur, ces pays ont encore de « beaux » jours devant eux, sauf si la vitesse à laquelle se prennent les décisions s’accélère ! C’est un très fort handicap. Cette forme de dumping fiscal, toléré voire même encouragé, fausse la concurrence. Associé au dumping fiscal, la fraude fiscale tient le haut du pavé. On évalue à plus de 1.000 milliards d’euros par an le montant de l’évasion et de la fraude fiscale, dont 60 à 80 pour la France et 240 milliards pour l’Allemagne. Le Luxembourg, la City of London et ses annexes, la Suisse, les Iles anglo-normandes, l’Irlande, la Belgique, les Iles Caïman et Monaco contribuent à perturber sur le fond l’équilibre financier européen, alors que tous profitent du libre échange économique et d’autres avantages avec l’ensemble de l’Union européenne. Ce déséquilibre mondial, entretenu par les grandes banques multinationales, est révélateur d’une Union européenne qui sur ce thème n’en a plus que le nom !

S’ajoute à tout cela un dumping social d’exception entretenu par la Commission et soutenu par le gouvernement allemand. L’économie dans la zone euro et dans l’Union pâtit de ces dumpings de premier plan en particulier avec les travailleurs « détachés ». Le problème est posé depuis longtemps, mais reste sans réponse. L’Union européenne a bien entendu ses « moutons noirs », encourageant les délocalisations. Il ne faut pas oublier que l’écart des salaires « minimum », lorsqu’ils existent, varie de 174 € à 1921 € au Luxembourg ! C’est-à-dire dans un rapport de 1 à 11.

Source : Ouest France




SMIC mensuel brut (par ordre décroissant) :
Zone euro : Luxembourg (1921 €) ; Belgique (1502 €) ; Pays-Bas (1486 €) ; Irlande (1462 €) ; France (1446 €) ; Espagne (753 €) ; Portugal (566 €) ; Slovénie (784 €) ; Grèce (684 €) ; Estonie (355 €) ; Slovaquie (352 €) ; Lettonie (320 €) ;

Hors zone euro UE : Grande-Bretagne (1217 €) ; Croatie (405 €) ; Pologne (387 €) ; Hongrie (344 €) ; Tchéquie (328 €) ; Lituanie (289 €) ; Roumanie (191 €) ; Bulgarie (175 €) ;

Pas de SMIC :
Zone euro : Allemagne ; Autriche ; Chypre ; Finlande ; Italie ; Malte ;
Hors euro UE : Danemark ; Suède ;

Pour plus d’informations, sur le déficit et la dette comme pour les autres données, se référer aux statistiques d’Eurostat.

Imaginer pour l’Europe un nouveau départ ?

Peut-on imaginer une Europe plus dynamique, moins rigide et moins bureaucratique, à plusieurs étages, à géométrie variable, mieux adaptée, plus juste et surtout plus transparente dont la raison d’être est basée sur le développement de l’activité et la solidarité ? Le temps viendra de faire évoluer les structures de l’Union européenne et de les remettre en cause sur le fond.

L’Union européenne a d’abord besoin de cohésion et de solidarité. Ce sont des conditions initiales pour constituer les bases d’un nouveau départ. Un nouvel objectif européen, prenant en compte l’humain et le social, serait déterminant pour l’avenir de l’Union. La confiance ne demeure-t-elle pas le préalable nécessaire à tout espoir de progrès ? Cet objectif pourrait être de rétablir un véritable équilibre économique et financier au sein d’une nouvelle Union européenne, initiative peut-être à la portée de la France. Mais l’Europe devra être avant tout celle des « grands projets » en commun, de la recherche et de l’innovation favorisant les partenariats sur mesure entre pays, en donnant toujours priorité à l’activité et à l’emploi. La volonté ne suffira pas. La provocation fera partie du jeu.

Mais attention, le problème de l’emploi est en priorité de la responsabilité de chaque Etat dans un système européen inhomogène, rempli de contraintes et plein de contradictions. En France, cette responsabilité doit être partagée entre le gouvernement, les parlementaires, de la majorité et de l’opposition, les chefs d’entreprises, les partenaires sociaux, patronat et syndicats de salariés. L’Union européenne, en perspective, a une part de responsabilité dans l’appréhension du problème et pour le choix de solutions. Mais elle n’est et ne sera d’aucun soutien. C’est une fausse illusion. Alors mobilisons-nous et osons. Il existe des solutions. C’est ce que reprend Economiematin.fr dans sa rubrique des « experts » en publiant des extraits (#1, #2 et #3) de L’EMPLOI… C’est tout de suite !

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