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ÉDITORIAL

Les Etats-Unis mènent le bal…

novembre 2013


Première puissance économique mondiale, avec un PIB de 15.000 milliards de dollars, les Etats-Unis représentent un énorme ensemble de ressources énergétiques, industrielles, technologiques et innovantes, avec un marché d’exception à Wall Street qui régule le « monde » de la finance.

Les Etats-Unis sont les plus grands importateurs de biens et le troisième pays exportateur derrière la Chine et l’Allemagne. Les Etats-Unis et le président Barak Obama cherchent avant tout à relancer leur propre économie. Le retour à l’emploi est leur priorité numéro un. Le Congrès américain a défini dans le « Federal Reserve Act » trois objectifs : le plein emploi, la stabilité des prix et des taux d’emprunt modérés. Fin 2013, le taux de croissance de l’activité est attendu autour de 2,3%. Le taux de chômage a déjà baissé de façon sensible. Il se situait fin août à 7,3%, un recul de 0,8% en un an. Pour les Etats-Unis, la dette, la plus importante au monde, est aussi une priorité mais ce n’est pas une obsession. Pour information, sur les 100 plus importantes capitalisations boursières dans le monde, 43 très grands groupes internationaux étaient américains en 2013, contre 35 en 2008, tandis que 14 étaient européens en 2013 contre 26 en 2008 !

Source : AFP

 
La dette colossale des Etats-Unis est associée à un plafond légal d’environ 16.700 milliards de dollars, possédée à près de 50% par la Banque centrale américaine. Pour éviter une mise en défaut, celui-ci se doit d’être relevé. Après avoir votée la loi de santé sur l’assurance-maladie, « Obamacare » validée par la Cour suprême, les républicains n’acceptent pas de la financer ! Le Congrès américain refuse de voter le budget à sa présentation. C’est le « shutdown » avec les énormes risques à encourir pour l’économie américaine et mondiale. Dans l’inconscience totale, les républicains, piégés par leurs élus minoritaires du « Tea Party », s’entêtent, faisant mine d’ignorer le monde financier et de l’économie ! Une mise en défaut provoquerait une crise financière dévastatrice sur toutes les bourses et les marchés. Comme tous les pays la priorité demeure le paiement des intérêts de la dette. Dans l’immédiat la Fed, Réserve fédérale américaine, a décidé de ne pas en rajouter en maintenant sa politique monétaire accommodante de rachat mensuel de plus de 85 milliards de dollars de dette à des taux artificiellement bas. Devant la décision de la Fed, les marchés des pays émergents ont réagi positivement, ayant craint des retraits massifs de fonds au cas où la Banque centrale aurait réduit le montant de ses rachats obligataires. Le résultat est immédiat au niveau de la zone euro, la monnaie unique européenne est au plus haut. Beaucoup s’en réjouissent sans en mesurer les conséquences à l’export.

Resté ferme, Barak Obama a fini par obtenir un accord, avant la date limite du 17 octobre, ce qui a mis un terme à cette incertitude. Pendant les semaines qui ont précédé cette issue favorable, le G20 s’est montré très inquiet. De nombreux avertissements ont été adressés à Washington de la part des pays abondamment dotés en emprunts émis par le Trésor américain. La Chine est le premier créancier étranger des Etats-Unis, avec plus de 1.200 milliards de dollars. Le Japon se situe tout près en seconde position. Après le FMI, l’OCDE, les Banques de Wall Street, et la BCE sont perturbés par cette agitation économique et financière. L’Union européenne subit l’incident sans réaction. Devant cette grosse pagaille, les Etats-Unis auront à revoir en profondeur leur fonctionnement institutionnel, pour éviter à l’avenir qu’un incident de parcours budgétaire, sous la pression d’une minorité de parlementaires, se répète régulièrement et soit interprété comme une menace pour le monde de la finance internationale avec les risques que l’on connaît. Mais encore une fois, le pire a été évité.

Source : AFP

 
Les Etats-Unis, au cœur de l’ALENA [1] et de l’APEC [2], attendent un geste de l’Union européenne pour profiter aussi de la relance de leur économie. L’énorme chantier de libre-échange, envisagé de longue date, vient de s’ouvrir entre l’UE et les Etats-Unis. Il témoigne de leur volonté d’aller à la conquête de nouveaux marchés en régulant l’ensemble de l’économie mondiale. Protectionnistes autant que de besoin, ils dictent leur « loi » à l’UE. Dans l’UE, l’affaire des écoutes de la NSA, révélée par Edouard Snowden rebondit. La France et l’Allemagne s’indignent lors du sommet européen de fin octobre. Angela Merkel et François Hollande proposent la mise en place d’un code de conduite ! Martin Schulz, président du parlement européen réclame pour sa part la suspension des négociations en cours avec les Etats-Unis. Barak Obama tente de calmer le jeu. Dans la pratique, c’est le statuquo. Ce ne sera pas la fin des « grandes oreilles » ! De fait, si ces négociations ont été interrompues pendant le « shutdown », elles ne le seront probablement pas pour ces autres raisons !

Les Etats-Unis reprennent la main. Dans la compétition mondiale à laquelle ils participent, ils gardent leur place de leader, profitant du fait que le dollar reste la monnaie internationale de référence. Ils savent que ce n’est pas demain que le yuan, monnaie non convertible et étatique, pourra le supplanter. Quant à l’euro comme monnaie de référence ? Le sujet n’est pas à l’ordre du jour.

Club Espace 21

Notes

[1] Accord de libre-échange nord-américain, créé en 1994, signé entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.

[2] Forum de coopération économique pour l’Asie-Pacifique, créé en 1989, qui rassemble 21 pays membres.

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