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ÉDITORIAL

Repenser l’Union autrement…

septembre 2013


Avec le temps et l’expérience, l’Union européenne, telle qu’elle est, présente dans son fonctionnement beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages. De nombreux hommes politiques en soulignent les travers, insistent pour repenser une Europe différente à géométrie variable.

Parler d’une totale refondation ne dérange plus. Beaucoup d’experts économiques et financiers, d’hommes politiques et de chroniqueurs partagent des points de vue plus ou moins similaires sur cette question. Les institutions européennes ont vieilli, ce qui n’a rien de surprenant. Amender les traités ne suffit plus. L’ensemble doit être revu et repensé dans sa conception.

Repenser l’Union européenne autrement

Au sommet de la dernière chance, en décembre 2011, c’est l’Union et l’ensemble de la zone euro qui sont en difficulté, à la recherche d’une attitude partagée face à la crise de la dette. À une réponse financière, un besoin de liquidités et un retour de la confiance, c’est plutôt une ébauche d’accord devant aboutir à une réforme des traités, une règle d’or et des sanctions qui sont proposées. Les marchés prêteurs ne s’y trompent pas. Le doute persiste et la méfiance aussi. Quant à l’idée même de relance ou de croissance, il ne faut pas en parler. Austérité et rigueur sont toujours de mise. Faire face au problème de la dette n’exclue pas d’apporter aussi des réponses économiques. Même les donneurs de leçons vont finir par trouver leurs maîtres. Les agences de notation ne s’arrêtent pas à quelques réformes gadgets prévisionnelles qui s’appuient sur des annonces théâtrales destinées aux opinions publiques, elles dégradent en série. Même si leur crédibilité est discutable, elles font désormais partie du scénario.

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Source : Parlement européen

 
L’accord proposé a peu de chance d’être adopté tel quel, sauf à mettre une forte pression sur les États en laissant supposer que la BCE pourra indirectement les aider s’ils finissent par en accepter les règles et les contraintes. Cet accord insiste trop sur la rigueur et l’austérité. Imposé, il ne met pas en valeur les possibilités de relance de l’activité et de l’économie. Dans sa première présentation rigide, il conforte dans leur jugement les agences de notations et interpelle les marchés en les maintenant dans le doute. Quant aux gros investisseurs, ils renâclent devant tant d’hésitations et d’excès de prudence. Ce sont autant de points sensibles que les promoteurs de cet accord ne pouvaient ignorer, à moins que seul un intérêt égoïste réciproque n’ait été à l’origine de ces initiatives. Dans tous les cas, les opinions publiques auront leur mot à dire. Consultées volontairement ou non, elles le feront, d’une manière ou d’une autre, à l’occasion d’élections nationales, avant les prochaines européennes. Un souci principal demeure, le rejet pur et simple d’Union en l’état, absente des réalités.

L’Europe de Bruxelles doit faire attention. Elle peut se disqualifier avec ses abus, son ingérence permanente dans la vie des États. Sa politique trop libérale, parfois ultralibérale, n’est plus une référence. Elle n’est pas adaptée à la résolution des problèmes de l’Union sur le fond. Autant l’axe économique franco-allemand a un sens, autant l’axe politique entre les deux pays s’apparente à une duperie. Le véritable leadership européen se résume à l’hégémonie de la Chancelière Angela Merkel, elle-même tenue par la politique de sa majorité. Cette façon d’agir n’est pas satisfaisante. Une Europe à 28 ou plutôt à 27 pays est déjà difficile à gérer, sans parler de la zone euro qui concerne 17 bientôt 18 d’entre eux soumis au régime de la monnaie unique. À la fois, accepter la prédominance permanente d’un ou deux pays n’est plus supportable, de même, toutes les décisions ne peuvent plus être prises essentiellement à l’unanimité. Rappelons que des pays comme Chypre, l’Estonie et Malte et depuis peu la Croatie ont aujourd’hui le même poids que les membres fondateurs de l’Union !

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Source : Commision européenne

 
Une unanimité de façade

Mais il ne faut pas s’y tromper, l’unanimité n’est que de façade. Toutes les décisions approuvées font l’objet de nombreux consensus, préalablement négociés en coulisses, avec quelques passe-droits compensatoires. Personne ne peut nier que l’existence de l’euro en l’état est discutable. À tort ou à raison, la crise de l’euro est de plus en plus considérée comme la cause principale de la situation économique actuelle. Pourquoi pas une sortie de l’euro avec ses conséquences ? Cette hypothèse est encore en réserve. En revanche, l’enchevêtrement de l’Union et de la zone euro contribue à bloquer la recherche de solutions pour la monnaie unique.

Faut-il croire à une prochaine dévaluation de l’euro, à l’émission d’argent frais, en s’appuyant sur une BCE reconvertie dans un autre rôle, autorisée officiellement à prêter de l’argent à faible taux ou à racheter de la dette souveraine des pays de l’Union ? Certainement pas. L’Allemagne n’y a pas intérêt. La mutualisation de l’ensemble de ces dettes, comme l’émission d’eurobonds est à l’étude par la Commission, sous condition d’un contrôle absolu des budgets nationaux. Encore une fois, le gouvernement allemand n’y est pas favorable. Ce serait un pas vers un fédéralisme. Mal conçu, il est perçu comme une forme de supranationalité et le début de transferts de souveraineté. Que se cache-t-il derrière ces mots de fédéralisme européen, de fédération de nations, etc… ? Nul ne le sait. Chacun y voit midi à sa porte. Pour les citoyens, c’est ce flou qui inspire la méfiance. Repenser l’Union autrement devient une priorité, d’autant que l’idée d’un gouvernement économique est repoussé à plus tard…

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