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Novembre 2020

Covid : deux vagues épidémiques, deux visages très différents en France

novembre 2020


Du 14/11/2020 par Florian Maussion pour LES ECHOS

La France fait face à une deuxième vague épidémique forte, sept mois après la première de mars-avril. Ces deux événements, s’ils ont la même cause - le virus du SARS-CoV-2 - n’ont pas les mêmes caractéristiques. Plus lente, la seconde vague est également plus étendue.

C’est un cap symbolique, qui témoigne de la violence de cette seconde vague épidémique. Depuis jeudi soir, la France compte plus de patients hospitalisés que le 14 avril, pic de la première vague dans les hôpitaux français. Au soir du 12 novembre, 32.654 malades du Covid-19 étaient pris en charge, contre 32.131 sept mois plus tôt. Mais ces deux vagues n’ont pas le même visage. Nous les avons comparées pour voir en quoi elles diffèrent.

Comparer ce qui est comparable

Il est avant tout indispensable de souligner qu’il est impossible de comparer exactement la diffusion de l’épidémie telle qu’elle a eu lieu en mars-avril puis en octobre-novembre. Au cours de la première vague, le manque de tests avait conduit à une stratégie de dépistage extrêmement ciblée et ne concernait que les cas symptomatiques.

La France est depuis passée à une stratégie de dépistage massive. Jeudi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a souligné qu’environ 2 millions de tests étaient désormais réalisés chaque semaine, avec des laboratoires ouverts à tous, avec ou sans symptômes.

Deux vagues d’intensités diverses

Pour mesurer la différence entre les deux vagues épidémiques, une méthode pertinente consiste donc à comparer la situation dans les hôpitaux du territoire. Premier constat, la deuxième vague s’est installée plus lentement que la première.

A compter du passage du cap des 5.000 malades hospitalisés, il n’a fallu que 26 jours, entre le 20 mars et le 14 avril, pour atteindre le pic de 32.131 patients pris en charge. Au cours de cette seconde vague, ce même cap des 5.000 hospitalisés a été franchi le 10 septembre et il a fallu 64 jours, plus de deux mois, pour dépasser le précédent pic.

Hospitalisations : progression des deux vagues épidémiques

A partir du passage du cap des 5.000 patients hospitalisés. Le cap des 5.000 patients Covid admis à l’hôpital a été franchi le 20 mars au cours de la première vague, puis le 10 septembre au cours de la seconde.

Cette progression ralentie se retrouve encore plus nettement au sein des services de réanimation. Nous avons cette fois retenu le cap des 1.000 patients admis pour harmoniser la mesure. Au cours de la première vague, il a fallu 21 jours, du 19 mars au 8 avril, pour atteindre le pic de 7.019.

Retombé à 351 au cours de l’été, le nombre de malades gravement atteints a repassé le cap des 1.000 le 24 septembre. Au soir du 12 novembre, 50 jours plus tard, il était de 4.884, moins important d’un tiers qu’au 8 avril. Une différence qui s’explique essentiellement par des protocoles de soin plus efficaces, permettant de limiter le nombre de malades nécessitant un passage en réanimation.

Réanimations : progression des deux vagues épidémiques

A partir du passage du cap des 1.000 patients admis en réanimation Le cap des 1.000 patients Covid admis en réanimation a été franchi le 19 mars au cours de la première vague, puis le 24 septembre au cours de la seconde.

Cette seconde vague n’a cependant pas atteint son plus haut et ces chiffres - hospitalisations et admissions en réanimation - vont encore augmenter au cours des prochains jours. Les autorités sanitaires espèrent que le pic aura lieu au cours des prochains jours, alors que les indicateurs de propagation de l’épidémie commencent à reculer.

Une répartition géographique plus importante

Plus lente à s’installer, cette seconde vague est aussi plus répartie sur le territoire. En mars-avril, les hospitalisations avaient été maximales dans le quart nord-est de la France, et plus particulièrement dans les régions Grand Est et Île-de-France, avec quelques exceptions centrées sur les grandes métropoles (Lyon, Marseille, Nantes et Bordeaux).

Depuis septembre, l’épicentre de l’épidémie s’est déplacé. Si l’Île-de-France et le département du Nord restent très concernés, ce sont les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’azur qui connaissent la situation la plus critique.

Ce constat se retrouve logiquement dans les services de réanimation. Pour disposer d’un indicateur unique, non perturbé par l’ajout en urgence de nouveaux lits de réanimation, nous avons établi nos calculs à partir des capacités existantes en 2018. La France comptabilisait alors un peu plus de 5.400 lits de réanimation. Une proportion équivalente à celle du début de l’épidémie.

Au cours de la première vague, les services les plus débordés - avec des taux d’occupation dépassant les 100 %, voire les 150 % des capacités initiales - se trouvaient là aussi quasi exclusivement dans le quart nord-est du pays, à l’exception du Morbihan et d’un arc allant de l’Ain à l’Ardèche.

La seconde vague est quant à elle plus étendue. Au soir du 12 novembre, dix-huit départements dépassaient ce cap des 150 % des capacités initiales occupées dans les services de réanimation. Parmi eux, treize étaient situés dans le quart sud-est du pays.

Taux d’occupation en réanimation : détail par départements

L’épidémie de Covid-19 s’est bel et bien déplacée en France. Et c’est aussi en cela qu’elle pourrait être « plus dure et plus meurtrière » que la première, comme l’a déclaré Emmanuel Macron, en touchant des zones moins bien dotées pour prendre en charge les malades les plus gravement touchée.

à suivre dans LES ECHOS

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