Un espace de communication... Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, l’avis des lecteurs, c’est au quotidien..., la “Lettre” mensuelle...
Accueil du site > ARTICLES DE PRESSE > Novembre 2020> Trump ou Biden ? Trois scénarios possibles pour le sprint final Elections (...)

Novembre 2020

Trump ou Biden ? Trois scénarios possibles pour le sprint final Elections américaines

novembre 2020


Du 04/11/2020 par Louis Nadau pour MARIANNE

Très indécise, l’élection présidentielle américaine pourrait, si elle ne se décide pas dans les derniers instants autour des Etats du Michigan et de la Pennsylvanie, déboucher sur une bataille rangée devant la Cour Suprême entre juristes des camps républicains et démocrates. Voici les différentes issues possibles pour ce scrutin.

De raz-de-marée bleu, il n’y aura pas. Alors que les Etats-Unis s’enfoncent chaque minute un peu plus dans l’incertitude - le dépouillement des urnes resserrant toujours davantage les écarts entre les candidats - il devient de plus en plus difficile de d’estimer le moment où le gagnant officiel sera déclaré. Une chose est certaine : une très large victoire du démocrate Joe Biden, souvent envisagée avant le scrutin de ce 3 novembre, est désormais exclue.

HYPOTHÈSE 1 : LA POSSIBILITÉ TÉNUE DE LA VICTOIRE DU SORTANT

A l’heure nous publions cet article, cette hypothèse se joue dans 8 Etats, distribuant 90 grands électeurs. En incluant l’Etat de l’Arizona, longtemps incertain, Joe Biden compte actuellement 235 grands électeurs, contre 213 pour Donald Trump.

Cette avance pourrait cependant fondre comme neige au soleil. En Caroline du Nord et en Géorgie, où environ 95% et 92% des voix ont été décomptées, Donald Trump mène pour l’instant d’1,4 et de 2,2 points de pourcentage. Une victoire sur le fil de Joe Biden dans ces deux Etats lui permettrait, grâce à leurs 31 grands électeurs, de prendre une sérieuse option pour la victoire finale. La couleur des Etats du Michigan et de la Pennsylvanie, où environ 86% et 75% des voix ont été dépouillées, est bien plus indécise. Des victoires démocrates dans ces deux Etats, qui regroupent 36 grands électeurs, feraient à coup sûr gagner l’élection présidentielle à Joe Biden, avec 271 grands électeurs. Dans l’immédiat, les deux candidats sont au coude à coude dans le Michigan, avec à peine moins de 10.000 voix d’écart pour 89% des bulletins dépouillés. En Pennsylvanie, l’avantage Trump est net, avec une avance est de 11,5 points.

Dans le cas où la tendance oscillerait en faveur du sortant dans les Etats actuellement en balance, le candidat républicain devrait récupérer 70 grands électeurs, portant son total à 283, soit 13 de plus que le seuil de 270 à atteindre pour l’emporter. Dans ce cas de figure, Joe Biden ne remporterait que 255 grands électeurs. Précision d’importance : toutes choses égales par ailleurs, la victoire dans le Michigan ET en Pennsylvanie est obligatoire pour Donald Trump, alors qu’il suffit à Joe Biden de l’emporter dans l’un de ces deux Etats en conservant ceux où il est déjà en tête.

HYPOTHÈSE 2 : UNE ÉGALITÉ PARFAITE ENTRE LES CANDIDATS

Que se passerait-il si Joe Biden et Donald Trump emportaient chacun la moitié des 538 grands électeurs (269 voix pour l’un comme pour l’autre) ? Notons que ce cas de figure est à l’heure actuelle hautement improbable : il faudrait par exemple que Donald Trump remporte le Michigan, la Pennsylvanie, le Nevada, le Maine et le Wisconsin et que Joe Biden gagne en Caroline du Nord, en Alsaka et en Géorgie, ce qui est aussi très improbable.

Selon la Constitution américaine, c’est dans ce cas à la Chambre des représentants d’élire le futur chef d’Etat. Dans ce cas, les représentants sont réunis par Etat, chacun représentant une voix. Il faut réunir 26 voix pour être élu. Notons que, dans la procédure normale de l’élection présidentielle, c’est donc le vote par Etat qui prévaut sur le vote populaire : la victoire ne dépend pas de qui à le plus de représentants en tout, mais de qui contrôle le plus grand nombre d’Etats. Dans l’histoire américaine, une égalité parfaite entre deux candidats à la présidentielle n’est arrivée qu’une seule fois, en 1800. Concernant le vice-président, il est désigné par le vote individuel des 100 sénateurs en cas d’égalité.

HYPOTHÈSE 3 : VICTOIRE SERRÉE D’UN DES CANDIDATS ET BATAILLE JURIDIQUE

Depuis des semaines, Donald Trump affiche sa défiance à l’encontre du vote par correspondance, doutant de la fiabilité de ce mode de scrutin, plus favorable à des démocrates prenant davantage garde au Covid-19. Dans certain swing states décisifs, et notamment la Pennsylvanie et le Michigan, le décompte des voix par correspondance n’a commencé qu’à partir du jour du vote, et devrait donc se terminer plus tard que dans les autres Etats. Or Donald Trump a déjà crié à la fraude dès la nuit de mardi à mercredi aux Etats-Unis. "Un petit groupe de gens très tristes essaie de priver les électeurs américains de leurs voix. Nous ne l’accepterons pas", a lancé le président américain, indiquant son intention de saisir la Cour Suprême.

"Nous souhaitons que les votes soient arrêtés et on ne veut pas qu’ils retrouvent des votes à 4 heures du matin",​​​​​​ a par ailleurs indiqué le président des Etats-Unis. De sorte qu’un bras de fer entre républicains et démocrates est d’ores et déjà engagé sur la question de la comptabilisation des votes par correspondance, les premiers souhaitant remettre en cause la validité de ces bulletins, quand les seconds s’en prendront au déni de démocratie que représenterait l’annulation de ces voix.

La cheffe de campagne de Joe Biden a jugé "scandaleux" et "sans précédent" les propos de Donald Trump. Dans un communiqué, Jen O’Malley Dillon a affirmé que les démocrates étaient prêts à "combattre" en justice si le président républicain saisissait la Cour Suprême. Joe Biden et Kamala Harris, sa colistière en lice pour la vice-présidence, "défendront le droit de tous les Américains de voir leur vote pris en compte, peu importe pour qui ils ont voté", a-t-elle ajouté. "Si le président met sa menace de se tourner vers les tribunaux pour essayer d’empêcher le comptage correct des votes à exécution, nous avons des équipes de juristes prêtes à être déployées pour combattre ces efforts", a promis la démocrate.

à suivre dans MARIANNE

Retour
Contact / Plan du site / Mentions légales    © P.RO COM - 2012