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ÉDITORIAL

50ème anniversaire du « principe de Peter », toujours plus présent dans l’actualité !

De la « base au sommet » de la hiérarchie, « l’incompétence » tient toujours sa place !

octobre 2020


Il y a désormais cinquante ans que « tout le monde » a pris connaissance avec délectation du « principe de Peter ». C’est ce 50ème anniversaire que nous nous sommes proposés de fêter. « Pouvoir de position » et « compétence par attribution » confirment sans équivoque ce principe.

Quelques rappels historiques

Laurence J. Peter, canadien d’origine, était professeur à l’Université de Californie du Sud. Il a écrit de nombreux articles sur le management dans des revues professionnelles et un livre, « Prescriptive Teaching » avant de se consacrer aux origines de l’incompétence à tous les niveaux et dans tous les domaines. Il avait 49 ans lorsqu’il a publié avec Peter Hull, son proche collaborateur, le fameux « principe de Peter », traduit dans toutes les langues dans le monde entier l’année suivante en 1970.

De la base au sommet de la hiérarchie, l’incompétence est toujours là ! – Club Espace 21


Un constat qui se résume à un simple énoncé : « dans une hiérarchie, tout employé doit forcément atteindre son niveau d’incompétence » Laurence J. Peter (traduction officielle adoptée dans le « principe de Peter »).

Personne d’entre nous ne peut y échapper…

Et pourtant ? On a tous tendance à l’oublier. Pourtant, il suffit d’ouvrir les yeux pour être convaincu de la place tenue par l’incompétence. Ce mal profond pollue tous les systèmes : multinationales, grands groupes, sociétés, entreprises publiques et privées, milieux bancaires, forum économistes, de la presse et de l’audiovisuel. Haute administration, assemblées parlementaires, ministères et cercles du pouvoir, pour ne citer qu’eux, foisonnent d’incompétence à tous niveaux de responsabilité. Des femmes et des hommes, qualifiés d’exceptionnels sont aussi en grande partie impactés par ce syndrome qui étouffe le talent de certains. Attention, cela peut aussi nous concerner.

Mêmes origines et mêmes profils, ils sont déjà dans le « système » – Club Espace 21


Le mal est d’autant plus profond que la question de l’incompétence ne se pose plus en public, rarement mise en exergue dans la presse et sur les plateaux de l’audiovisuel. On parle plus de mauvaise décision, d’avis contraires et d’arguments partisans différents, de mauvaise foi ou de mensonges. Mais on ne met plus en cause l’incompétence de l’interlocuteur ou du décideur. La position, le titre, le diplôme continuent à prendre le pas sur le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. C’est pourtant, en considération de ses collaborateurs, que l’expérience génère la confiance et qui sert de garantie.

« Pouvoir de position » et « Compétence par attribution »...

Peu préparés, avec ou sans formation, nombreux sont ceux qui accèdent à des fonctions dont ils ignorent l’essentiel. Ce qui prime aux yeux des futurs interlocuteurs, ce sont avant tout le « pouvoir de position » et la « compétence par attribution » du nouveau promu dans ses nouvelles fonctions avant d’apprécier son propre niveau d’expérience et de compétence. Les plus flattés en oublient même qu’ils partageront leur quotidien avec des femmes et des hommes différents qui ne manqueront pas de les juger dans l’action.

Direction Générale ! Il y a de la place pour l’incompétence– Club Espace 21


Trop d’engagements, de projets, de réalisations ne parviennent pas à leur terme, ne répondent pas aux objectifs fixés, s’avèrent inutiles ou encore dépassent allègrement les coûts prévisionnels. Au quotidien, en société, au travail dans la vie active, publique, privée et politique, des échecs caractérisés, pas toujours acceptés comme tels et reconnus, apparaissent dans tous les domaines et dans tous les secteurs.

Une incompétence entretenue par une multitude de circuits décisionnels imposés

Devant le nombre invraisemblable de participants, d’interlocuteurs, d’interférents, il est évident que l’incompétence règne forcément à tous les échelons de responsabilité. Les annonces et la communication des « annonceurs » et des « porte-parole » ne sont pas exemptes d’incompétence. L’influence des médias et des partisans révèle et accentue l’incohérence et l’improvisation des décisions jugées la plupart du temps hâtives. En dernier recours, la hiérarchie dans son acception la plus large s’en défend, parlant d’une même voix, surtout si elle-même n’est pas à la hauteur.

« En jouant avec les chiffres vous devriez trouver un résultat présentable ! »– source : OPI


Ces échecs sont la plupart du temps la conséquence de nombreuses décisions prises à chaque niveau par des responsables intermédiaires qui souffrent d’inexpérience et qui ne sont pas à leur place. L’incompétence pour les actions à entreprendre ou déjà entreprises est flagrante. Mais elle n’est pas reconnue pour les promus, nommés ou parfois élus. Souvent des intérêts cachés et des régimes de faveurs participent à la confusion. L’incompétence est masquée par le souci permanent du responsable ou de l’élu de ménager le « pour » et le « contre ». Cela développe le doute, la défiance et la non-adhésion à la décision.

Le leadership n’est pas compatible avec un autoritarisme imposé

En cas de conflits sociaux, manifestations et grèves obligent à des choix importants pour diminuer les risques d’arrêt des activités et les licenciements. En matière d’échec lié à une succession de mauvaises décisions, le recul et la reconnaissance de l’erreur sont nécessaires. Elles sont d’autant plus difficiles à admettre que le décideur, sous influence de ses proches élites, confirme son incompétence. Reconnaître n’est pas de mise. L’appel à l’intelligence n’est pas monnaie-courante. Aussi l’entêtement du décideur dans ses positions alimente les critiques (éditorialistes, experts économistes, financiers, scientifiques, politiques - majorité ou opposition-, etc.). Le « pouvoir de position » et la « compétence par attribution » deviennent très vite les derniers arguments, certes nécessaires parfois, mais pas toujours les plus opportuns. Autorité naturelle et leadership ne sont pas compatibles avec un autoritarisme imposé.

A force de tergiverser on finit par oublier que du « N-…, au N+…, sans omettre le N », le « principe de Peter » est toujours d’actualité. Nul ne peut s’en affranchir dès lors qu’i a franchi son seuil de compétence.

« The right woman or the right man in the right place »

A chaque étape chacun doit prendre conscience de son niveau réel de compétence. Les atouts du progrès et de la promotion passent d’abord par l’ancienneté, les résultats obtenus par le passé dans l’action avant d’être promu. A partir de l’intelligence, essentielle mais insuffisante, sont considérés comme de forts atouts, la formation, l’augmentation de la connaissance sur le « terrain » et de la compétence, liée à l’ensemble des expériences acquises. L’ambition doit être risquée mais soutenue par une vraie motivation, un réel esprit d’entreprendre toujours dans le respect des autres avec des objectifs clairs, tout en acceptant la remise en cause. Oui la compétence et l’excellence ça existe. Elle se forge dans le respect des autres.

Jacques Martineau

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