Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, c’est au quotidien..., la “Lettre” est bimensuelle...
Accueil du site > ÉDITORIAL> Rôle et influence du G20… ?

ÉDITORIAL

Rôle et influence du G20… ?

mars 2013


Rappelons que le G20 a été créé en 1999, en marge du G7 puis du G8, avec l’arrivée de la Russie. Rejoignent le G20 : l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, la Turquie et l’Union européenne. L’Espagne et les Pays-Bas ont pour leur part un statut de pays invités.

Quelques rappels

Au début le G20 rassemblait les ministres des finances et les gouverneurs ou directeurs des principales banques centrales de 19 pays, ainsi que ceux de la Banque mondiale, du FMI et de la BCE, auxquels s’ajoutaient les représentants des institutions de l’Union européenne. Le G20 vise à favoriser la concertation entre les pays développés et les pays émergents. Il représente les deux tiers de la population mondiale et l’activité commerciale correspond à 90% du PMB (Produit mondial brut égal à la somme totale des PIB).

Devant l’ampleur de la crise, le 15 novembre 2008, il devient nécessaire que les Chefs d’États ou de gouvernements rejoignent le G20. C’est un événement historique qu’il faut souligner. Le Président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique, Gordon Brown, en complicité avec le Président des États-Unis Georges W. Bush, contribuent à cette mutation. Nicolas Sarkozy y participe pour la première fois, à Washington en tant que Président de l’Union européenne.

Désormais le G20 se réunit sous trois formes : Le G20 des Chefs d’État ou de gouvernement, celui des ministres des finances et des gouverneurs de banque centrale, enfin celui des ministres des affaires sociales et de l’emploi. Depuis quelque temps, le G2, une rencontre au plus haut niveau entre la Chine et les États-Unis, sert de préambule aux différents rassemblements officiels. Dérangeant, il confirme une hiérarchie de fait que l’Union Européenne a parfois du mal à accepter.

Quels nouveaux enjeux pour 2013 ?

Le prochain G20 en présence des chefs d’Etat et de gouvernement est censé se tenir les 5 et 6 septembre prochains à Saint Petersbourg. Pour préparer cette rencontre, le G20 Finances doit se réunir pour contribuer à établir l’ordre du jour. Cela a fait l’objet d’une réunion qui a eu lieu à Moscou les 15 et 16 février derniers.

Source : Le Monde

 
Les échanges et les débats entre les différents acteurs présents ont prioritairement porté sur les actions et dispositions à prendre pour relancer la croissance. Les partisans d’un assouplissement des politiques de rigueur se sont opposés aux tenants d’une austérité, synonyme de réduction des déficits et des dettes. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 sont restés partagés.

Les Etats-Unis se sont rapprochés d’une majorité de membres de l’Union européenne qui veulent éviter d’étouffer la croissance. Ce G20 Finances propose de revoir les objectifs du G20 de 2010 qui s’était tenu à Toronto et qui prévoyait une réduction de 50% des déficits publics en 2013 ! L’Allemagne, quitte à s’isoler, continue à s’opposer à cet assouplissement laxiste. Une grande majorité des pays du G20 pointent les excédents commerciaux, jugés abusifs, parce que faciles, de l’Allemagne et de la Chine, réalisés au détriment des économies des pays partenaires.

La guerre des monnaies

Ces excédents ou ces déficits commerciaux, au-delà des situations économiques et politiques, perturbent les échanges internationaux. Le chômage et la récession dans une partie des pays de l’OCDE occupent le haut du pavé. Rigueur et austérité n’apparaissent plus comme la solution pour un retour à la croissance. Préalable ou conséquence, nul ne détient la vérité. Les Etats-Unis et le Japon réagissent en fonction de leur propre stratégie. C’est la « guerre des monnaies ». Ils ont décidé de faire fonctionner leur planche à billets pour abaisser le cours du dollar et du yen, face à un yuan dont le cours est aléatoire. Leur objectif est de créer de l’emploi et de relancer leurs exportations.

Source : AFP

 
Christine Lagarde, directrice générale du FMI est embarrassée. Elle réfute le terme de « guerre des monnaies » pour calmer les critiques de l’UE et plus particulièrement celles des membres de la zone euro.

L’erreur du FMI

Mais Christine Lagarde est-elle revenue sur la faute du FMI et ses conséquences lors de ce G20 Finances ? Personne n’en parle. Pourtant le FMI s’est trompé gravement et l’a reconnu en sous-estimant les effets néfastes des cures d’austérité préconisées. Comme le rappellent Alain Boullin et Laurent Neumann dans un article, l’incroyable erreur des experts du FMI, publié en février dans Marianne :

« Entre 1970 et 2007, les prévisionnistes du FMI avaient constaté que 1% de dépense publique en moins – ou d’impôt en plus – entraînait, en moyenne, 0,5% de croissance en moins dans les pays avancés. Soit un multiplicateur de 0,5, qu’ils ont doctement retenu dans les travaux préparatoires aux plans d’aide à la Grèce ou au Portugal. Mais ça, c’était avant la crise et son lot d’incertitudes qui perturbent le comportement des consommateurs.

Dans son « Panorama de l’économie mondiale » publié en octobre dernier, le FMI a d’abord reconnu, au détour d’une page repérée par les seuls spécialistes, que les multiplicateurs actuels pouvaient être compris « entre 0,9 et 1,7 ». C’est-à-dire entre deux et trois fois plus ! L’étude détaillée d’Olivier Blanchard, que Marianne vous propose de consulter ci-dessous (en anglais), confirme la bévue. Les conséquences sont abyssales : en obligeant les gouvernements d’Europe du Sud à réduire drastiquement les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités, le FMI a fait plonger la demande intérieure deux à trois fois plus vite que prévu. »

Les prémisses d’une évolution ?

De nombreux sujets ont été évoqués. En particulier, suite à la publication d’un rapport de l’OCDE il a été question de l’évasion fiscale des grandes entreprises. Un plan d’action sera proposé pour le G20. Le communiqué du G20 Finances précise la nécessité de poursuivre l’action de normalisation de Bâle III auprès des milieux bancaires pour éviter la manipulation des taux. La réforme du FMI, destinée à donner plus d’importance aux pays dits « émergeants » est bloquée.

La prévision de croissance mondiale du FMI a été relevée à 3,5% pour 2013, même si le doute plane sur cette projection. Tous les pays du G20 sont concernés. La critique est plus générale. Les Etats-Unis et le Japon sont en réserve compte tenu de leur stratégie liée à leur situation budgétaire. L’objectif de ce G20 Finances est de proposer des engagements à court et moyens terme, « plus réalistes et crédibles ». Un souhait est réaffirmé pour éviter les dévaluations dites « compétitives ». Le communiqué veut minimiser les « conséquences négatives sur les autres pays de politiques menées à des fins domestiques ».

L’UE aura sans aucun doute son mot à dire. Mais lequel en tenant compte des « 2500 structures de groupes de pressions et plus de 15 000 lobbyistes. Ce qui fait de Bruxelles le deuxième pôle de lobbying après Washington ! », comme l’a bien montré la chaîne ARTE.TV, lors d’une émission documentaire, intitulée « Bruxelles business ».

La suite au prochain G20 en septembre…

Club Espace 21

Retour
Contact / Plan du site / Mentions légales    © P.RO COM - 2012