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Juillet 2020

Emmanuel Macron : « La rentrée sera difficile »

juillet 2020


Du 03/07/2020 par Le Point

Le président de la République a accordé un entretien à la presse régionale française. Il revient notamment sur la crise liée au Covid-19 et sur le nouveau cap qu’il se donne.

Depuis plusieurs semaines, les interrogations fusent. Emmanuel Macron va-t-il changer d’équipe gouvernementale ? Dans quel état d’esprit se trouve-t-il alors que la France vit une de ses crises les plus dures ? Jeudi 2 juillet, le président de la République a accordé un entretien à plusieurs titres de la presse régionale française, dont La Montagne. Et il est catégorique d’entrée de jeu et sait ce qu’il veut : « La rentrée sera difficile, il faut nous y préparer. Il nous faut donc dessiner un nouveau chemin. Je le vois autour de la reconstruction économique, sociale, environnementale et culturelle du pays. »

Emmanuel Macron précise d’ailleurs que cette reconstruction a déjà commencé par le Ségur de la santé. « Elle se poursuivra par un chantier sur le grand âge, puis sur l’accompagnement de notre jeunesse, qui a le plus souffert de la crise. C’est à elle que nous avons demandé le plus de sacrifices. 700 000 ou 900 000 jeunes qui entreront sur le marché du travail à la rentrée. Ce sont ceux qui verront des guichets fermés. » Le président de la République souhaite donc remanier son cap, bien qu’il croie en sa politique. « Je crois que le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai. Mais il ne peut pas non plus faire fi des bouleversements internationaux et de la crise économique dans laquelle nous sommes entrés », estime-t-il ainsi.

Un reconfinement général ? « Il ne faut rien exclure »

D’autant qu’il le martèle : la France n’est pas sortie d’affaire. « Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire, mais de sa phase la plus aiguë », insiste ainsi le chef de l’État. « Nous entrons désormais dans une phase de surveillance », explique-t-il dans les colonnes de la presse régionale. Il a ainsi demandé à son équipe gouvernementale de préparer une « campagne de prévention durant l’été », notamment au regard de la situation en Guyane et à Mayotte, où le virus continue de circuler activement. Quant à la question d’un nouveau reconfinement général, le président de la République est là aussi clair : « Il ne faut rien exclure. L’objectif est de tout faire pour l’éviter. Quant à savoir s’il faut s’attendre à une réaccélération de la circulation du virus, je ne sais pas. Nous ne savons pas tout, mais nous nous préparons à tout. »

La réforme des retraites ne sera pas abandonnée

Dans ce long entretien, Emmanuel Macron aborde également les mesures qu’envisage le gouvernement pour garder la tête hors de l’eau et redresser le pays. Il l’assure, sur le court terme, la priorité reste de « sauver les emplois, y compris avec l’activité partielle de longue durée ». Quitte à ce que cela amène la France à se poser de vraies questions. Ainsi, selon le chef de l’État, « le débat – que nous avions connu avant la crise – autour de la durée du nombre d’années de cotisations continue à se poser. Nous ne pouvons pas être un pays qui veut son indépendance, la reconquête sociale, économique et environnementale et être un des pays où on travaille le moins tout au long de la vie en Europe. Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes. »

Emmanuel Macron pose par ailleurs un constat nécessaire, selon lui, comme le relaie Ouest-France. « Nous devons collectivement rompre avec ce qui est la maladie française : la préférence pour le chômage. Le modèle français classique, c’est d’accepter des plans sociaux massifs, ensuite d’avoir un système très généreux qui les indemnise. Au fond, un modèle qui fait que nous n’avons jamais réglé le problème du chômage de masse », analyse le chef de l’État. Des plans sociaux qu’il veut éviter à tout prix « par le dialogue social et la mobilisation de tous ».

Cette « honnêteté » évoquée par le chef de l’État passe également par le maintien de certaines réformes engagées avant que la pandémie de coronavirus ne vienne tout faire dérailler. Ainsi, dans les colonnes de la presse régionale, Emmanuel Macron affirme que la réforme très polémique des retraites ne sera pas mise « à la poubelle ». « Ce serait une erreur », estime-t-il ainsi, soulignant que la France des « petits emplois précaires », la fameuse « deuxième ligne » sur le front lors du plus fort du confinement, « cette France-là est perdante dans le système actuel ». « Je demanderai au gouvernement de réengager rapidement une concertation en profondeur, dans un dialogue de responsabilité associant les partenaires sociaux dès l’été sur le volet des équilibres financiers. Il faut que tout cela soit mis sur la table. Il n’y aura pas d’abandon d’une réforme des retraites. Je suis ouvert à ce qu’elle soit transformée », détaille-t-il par ailleurs.

Quitte à mettre en colère les Français ? Avant l’arrivée de la crise du coronavirus, le chef de l’État et son gouvernement avaient essuyé de sérieuses critiques et oppositions de la part de la rue, notamment sur la réforme des retraites, mais pas uniquement. Malgré un nouveau chemin, ces colères peuvent encore ressurgir. De quoi faire culpabiliser Emmanuel Macron ? « J’ai ma part de maladresse », reconnaît le chef de l’État dans les colonnes de Ouest-France. « J’ai parfois considéré qu’il fallait aller vite sur certaines réformes. Cela ne peut marcher que par le dialogue. J’ai beaucoup d’ambition pour notre pays. J’ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens. »

à suivre dans Le Point Politique

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