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Juin 2020

Qui sont les 5 millions de riches en France ?

juin 2020


Du 15 juin 2020 par Sophie Amsili pour Les Echos

Dans un vaste rapport, l’Observatoire des inégalités veut ouvrir le débat sur la définition de la richesse, dont il propose un seuil de référence englobant plus de 8 % des Français. Il brosse le portrait-robot d’une catégorie de la population qui reste peu étudiée.

Les données sur la pauvreté en France ne manquent pas : on connaît la proportion de la population sous le seuil de pauvreté défini par l’Insee et son évolution, l’ampleur du sentiment de pauvreté mesuré par le ministère des Solidarités ou encore le profil des personnes aidées par les associations. Mais quid des riches, s’est demandé l’Observatoire des inégalités dans un vaste rapport publié mardi. Que sait-on d’eux ? La littérature sur le sujet est, limitée, regrette l’association, qui souligne qu’on s’intéresse, en toute logique, davantage à ceux qui vivent mal, que les plus aisés se livrent moins, et que les réalités entre eux sont très différentes. Mais surtout comment définir ce qu’est « être riche », alors qu’il n’existe pas en France de seuil de richesse comme il existe de seuil de pauvreté ?

Partant de ce constat, l’Observatoire, présente de nombreuses définitions potentielles de la richesse : appartenir au 10 % qui gagnent le plus, gagner trop pour pouvoir bénéficier d’une niche fiscale, détenir un patrimoine qui rapporte en dormant, ou même posséder un certain nombre de mètres carrés par personne ou bénéficier des meilleurs équipements. Il en retient une : est riche celui qui jouit du double du revenu médian dans le pays.

Un seuil à 3.470 euros par mois

Cela représente 3.470 euros mensuels après impôts et prestations sociales pour une personne seule (5.205 euros pour un couple avec seul, 7.287 euros avec 2 enfants et 8.328 euros avec 3 enfants). Une définition large, qui concerne 5,1 millions de personnes en France, soit près de 8,2 % de la population.

En termes de patrimoine, le rapport fixe la limite à 490.000 euros, soit le triple du patrimoine médian. La définition, là encore, est large puisqu’elle englobe 16 % des ménages.

L’Observatoire des inégalités l’assume : s’en tenir aux stars des classements des plus grandes fortunes serait réducteur. « Contre les ultra-riches, nous pouvons être tous unis : nous sommes à 99 % contre un. Il y a là une dose de démagogie », écrivent deux de ses auteurs. « Le risque est grand de rendre invisible une catégorie de la population un peu moins aisée, qui disparaît du radar et peut ainsi se dédouaner de la solidarité. »

Pour mettre le projecteur sur cette catégorie de la population, l’Observatoire s’est appuyé notamment sur les données de 2015 publiées par l’Insee sur les 10 % (les « riches ») et 1 % des plus aisés (les « super-riches »). Il en ressort le portrait-robot de Français plutôt âgés (45 % des riches et 40 % des super-riches ont plus de 60 ans), qui vivent en grande majorité en Île-de-France (un tiers des riches et 42 % des super-riches) et même en grande partie à Paris (un riche sur dix et un super-riche sur cinq).

Deux décennies favorables

Du côté des catégories socioprofessionnelles, un peu plus de la moitié sont des cadres supérieurs (51 % des riches). « Il faut y ajouter les mieux rémunérés des travailleurs indépendants que l’on trouve chez les juristes, médecins, pharmaciens, conseillers financiers, agents immobiliers, etc. », soulignent les auteurs.

Les deux dernières décennies leur ont été favorables, surtout les années 2000, tant en termes de revenus que de patrimoine, souligne le rapport, s’appuyant sur des données de l’Insee et de Bercy (augmentation du nombre de redevables de l’ISF, écart grandissant entre le niveau de vie médian de la population et le niveau de vie moyen des 10 % les plus riches ou encore hausse du patrimoine détenu par les 10 % les plus fortunés).

Avec ce rapport, l’Observatoire des inégalités espère « ouvrir le débat ». « On ne peut pas à la fois déplorer le dénuement des uns sans mettre en cause les privilèges dont jouissent les autres », écrivent ses auteurs. Tout en appelant chacun à l’humilité : « En matière de privilèges, chacun doit balayer devant sa porte plutôt que de pointer du doigt ceux qui sont encore plus riches que lui ».

à suivre dans Les Echos

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