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Avril 2020

Coronavirus : les Européens s’entendent sur une réponse à 500 milliards d’euros

avril 2020


Du 10/04/2020 par Gabriel Grésillon pour Les ECHOS

Jeudi, les ministres des Finances de la zone euro sont finalement parvenus à un accord sur une réponse économique commune face au coronavirus. Un terrain d’entente a notamment été trouvé avec les Pays-Bas, qui bloquaient les discussions mardi. Bruno Le Maire a salué un « excellent accord », incluant « 500 milliards d’euros disponibles immédiatement » et « un fonds de relance à venir ».

Après une première réunion infructueuse mardi et mercredi, puis des échanges tendus, les ministres européens des Finances sont finalement parvenus à s’entendre jeudi sur une réponse économique commune face au coronavirus. Un terrain d’entente a été trouvé avec les Pays-Bas notamment , longtemps inflexibles.

« La réunion s’est achevée sous les applaudissements des ministres », a annoncé sur Twitter le porte-parole de Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a, lui, salué un « excellent accord », incluant « 500 milliards d’euros disponibles immédiatement » et « un fonds de relance à venir ». Cet accord « marque un jour important pour l’UE », a-t-il estimé.

Ce sont finalement de multiples échanges bilatéraux, tout au long de la journée de jeudi, qui auront débloqué le jeu - la vidéoconférence des ministres, elle, n’a duré que 45 minutes. Face à la pandémie de Covid-19 , la réponse européenne s’oriente sur trois axes principaux : jusqu’à 240 milliards d’euros de prêts du fonds de secours de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES), un fonds de garantie permettant à la Banque européenne d’investissement (BEI) de déployer jusqu’à 200 milliards pour les entreprises, et jusqu’à 100 milliards pour soutenir le chômage partiel. Les chefs d’Etat et de gouvernement, qui n’étaient eux-mêmes pas parvenus à s’entendre lors d’un sommet le 26 mars, devront encore valider ces propositions.

Flou délibéré

La France peut se satisfaire d’avoir obtenu gain de cause sur son principal cheval de bataille : le projet de créer, à l’avenir, un fonds destiné à soutenir le financement de la relance économique. Un fonds que Bruno Le Maire veut croire d’un volume de 500 milliards d’euros environ, mais dont les contours restent délibérément flous.

Paris se targue toutefois d’avoir obtenu le principe d’un mécanisme dont le financement sera étalé dans le temps - une façon d’installer dans les esprits l’idée d’un endettement commun. Mais le diable sera dans les détails, et Mario Centeno a prévenu, à la fin de la réunion : « Certains Etats-membres ont estimé que cela devrait se faire par des instruments de dette commune. D’autres ont affirmé que des mécanismes alternatifs devraient être trouvés. » La question, cruciale sur ce point, reste à trancher.

Pression sur les Pays-Bas

C’est sur l’utilisation du MES que la bataille avait été la plus âpre, mardi et mercredi. Quelles conditions fallait-il associer au principe d’une aide du MES accordée à un pays ? Alors que La Haye exigeait des règles strictes, elle a finalement accepté de se rallier à une formule qu’un observateur juge d’une « ambiguïté constructive ». Les fonds débloqués par le MES devront en effet être utilisés pour les coûts « de santé et de prévention » - une expression qui, si on la comprend dans son sens le plus large, peut inclure des dépenses de soutien à l’économie.

Avant la réunion, la pression était forte sur les Pays-Bas. Assumant de bloquer tout accord dans la nuit de mardi à mercredi, La Haye était la cible de critiques nombreuses, en particulier de la part de Jean-Claude Juncker. Dans un entretien à « Libération », l’ancien président de la Commission européenne fustigeait l’attitude des Pays-Bas, la jugeant « irresponsable ». Il ciblait notamment le refus de Wopke Hoekstra, le ministre des Finances néerlandais , de laisser le MES débloquer des fonds à des pays européens sans que des conditions strictes y soient associées.

Obstination idéologique

Assumer ce blocage « parce qu’on tient obstinément, idéologiquement, religieusement à la mise en place d’une conditionnalité sévère est irresponsable », avait mis en garde le Luxembourgeois. Celui-ci ciblait plus largement les réticences de plusieurs pays (Allemagne et Pays-Bas notamment) au sujet des « coronabonds », ce projet consistant à émettre de la dette collectivement pour aider au financement de la relance en Europe . « Il ne s’agit pas de payer les dettes du passé, mais d’organiser le financement futur des coûts de la crise », avait-il plaidé.

à suivre dans les ECHOS

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