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Mars 2020

Dans les pays du G7, les citoyens approuvent largement les mesures de lutte contre l’épidémie

mars 2020


Du 25/03/2020 par Cyrille Louis pour Le Figaro

« Distanciation sociale », fermeture des commerces, des écoles et confinement sont jugés efficaces contre le Covid-19.

Les opinions des grandes puissances du G7, touchées à des stades divers par la pandémie de coronavirus, font jusqu’à présent preuve d’une certaine résilience. Un sondage Kantar (*), réalisé entre le 19 et le 21 mars au Canada, en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, au Royaume-Uni et aux États-Unis montre que les mesures prises pour endiguer le virus y sont bien ou assez bien comprises par 90 % de la population.

Ce résultat est d’autant plus remarquable qu’une partie de ces démocraties a institué des mesures de confinement impliquant de renoncer temporairement à certaines libertés fondamentales. C’est le cas de l’Italie depuis le 11 mars, de la France depuis le 17, du Royaume-Uni depuis ce lundi et de 17 des 50 États américains. « Ces résultats montrent à quel point les opinions ont intégré la menace à la fois sanitaire et économique qui pèse sur elles - au point de consentir des sacrifices qui, en temps normal, leur sembleraient inenvisageables », observe Emmanuel Rivière, directeur de la division Public à l’institut Kantar.

Relative cohésion

Les sondés, logiquement inquiets pour leur santé (73 %) et celle de leurs concitoyens (86 %), ainsi que pour l’évolution de leurs revenus (71 %) ou la scolarité de leurs enfants (64 % et jusqu’à 72 % en France), disent faire confiance aux autorités de leur pays pour traverser la crise. À l’exception du Japon, qui ne déplore « que » 1 128 cas et 42 décès, mais où 35 % seulement des personnes interrogées se déclarent satisfaites, ils approuvent majoritairement la réponse des pouvoirs publics. C’est le cas de 61 % des Français - pas tout à fait un plébiscite en temps de guerre - et de 76 % des Italiens, malgré le lourd bilan dans la péninsule.

Plus de neuf Italiens sur dix considèrent que les mesures de « distanciation sociale  », la fermeture des commerces, des écoles et l’interdiction de se déplacer sont efficaces.

Avec 63.000 cas recensés et plus de 6000 morts, l’Italie est le pays le plus durement frappé par le Covid-19. Plus de neuf Italiens sur dix considèrent que les mesures de « distanciation sociale », la fermeture des commerces, des écoles et l’interdiction de se déplacer sont efficaces pour enrayer l’épidémie. Aux États-Unis, où Donald Trump a d’abord sous-estimé la gravité de la situation, l’indice d’approbation envers la réponse des autorités est de 53 %. Au Canada, elle culmine à 66 %.

Cette relative cohésion face à la pandémie n’exclut pas, ici ou là, des critiques. En France, où la rhétorique martiale d’Emmanuel Macron au soir du 16 mars visait à l’évidence à provoquer une forme d’union sacrée, seuls 33 % des sondés considèrent que les services publics sont très ou assez bien préparés pour faire face. C’est 9 % de moins qu’en Italie, et deux fois moins qu’au Canada.

Les Français considèrent avec une sévérité particulière l’attitude de leurs concitoyens. Seuls 36 % d’entre eux la jugent très ou assez bonne

La pénurie de masques dans les hôpitaux, de même que le manque de réactifs pour pratiquer des tests à grande échelle, expliquent sans doute cette appréciation. Tout comme les revirements des experts et de certains représentants du gouvernement, qui ont commencé par relativiser la dangerosité du virus avant de revoir leur analyse face à l’aggravation prévisible du bilan. « D’une manière plus générale, contextualise Emmanuel Rivière, on constate depuis plusieurs mois que les Français s‘inquiètent face à ce qu’ils perçoivent comme un sous-financement du secteur hospitalier. »

Dans certains pays, une majorité relative des personnes interrogées ajoute que les mesures prises ne vont pas assez loin. C’est le cas en Allemagne (47 %), où les autorités refusent jusqu’à présent d’envisager le confinement de leur population, mais aussi dans l’Hexagone (49 %). Les Français considèrent avec une sévérité particulière l’attitude de leurs concitoyens. Seuls 36 % d’entre eux la jugent très ou assez bonne.

Peut-être les images diffusées au soir du dimanche 15 mars, sur lesquelles on a découvert que des milliers de Parisiens avaient profité de la journée ensoleillée pour investir les marchés, les parcs et les quais du canal Saint-Martin malgré les appels à la « distanciation sociale », expliquent-elles ce chiffre. À moins qu’il ne s’agisse des vols de masques constatés dans certains hôpitaux…

Assaut de générosité

Signe des temps, un tiers des personnes interrogées indiquent se fier d’abord à la télévision lorsqu’ils veulent s’informer sur le coronavirus. Les médecins et professionnels de santé n’arrivent qu’en seconde position, loin devant les hommes politiques.

Un tiers des Français, interrogés sur la gestion de la crise par le gouvernement, estime que celle-ci met trop l’accent sur l’économie et par assez sur la protection sanitaire - tandis que 45 % jugent cette politique équilibrée. Cette inquiétude s’exprime dans des proportions voisines au Royaume-Uni et aux États-Unis, où la restriction des déplacements ne semblait encore qu’une hypothèse lointaine lorsque le sondage a été réalisé.

60 % des Italiens jugent assez mauvaise la coopération internationale dans la lutte contre l’épidémie et 67 % se disent insatisfaits de l’entraide européenne La France (91 %) et l’Italie (94 %), où la vie s’est figée, sont les pays qui adhèrent le plus volontiers aux mesures de confinement. Ces données font écho au succès des appels « restez chez vous », ainsi qu’à applaudir les médecins chaque soir depuis son balcon, lancés sur les réseaux sociaux. « Ni l’impossibilité de se rencontrer, ni l’interdiction d’organiser l’enterrement d’un proche emporté par le coronavirus ne semblent menacer l’adhésion aux mesures imposées, analyse Emmanuel Rivière. Comme si les sondés avaient choisi de mettre temporairement leurs désaccords en sourdine - ce qui ne les empêchera sans doute pas de ressurgir lorsqu’on sera sorti de la crise. »

Dès à présent, 60 % des Italiens jugent assez mauvaise la coopération internationale dans la lutte contre l’épidémie et 67 % se disent insatisfaits de l’entraide européenne. Lundi, pour la première fois depuis le début de la crise, l’Allemagne s’est engagée à accueillir dans ses hôpitaux 8 patients italiens atteints du Covid-19. Partis de Bergame, deux d’entre eux ont déjà été acheminés vers Dresde et Leipzig. « C’est un signal très important qui montre que nous pouvons aussi aider les autres », a déclaré le ministre-président (CDU) de la Saxe, Michael Kretschmer.

Mais ce geste symbolique ne suffira sans doute pas à faire oublier que l’UE, mal préparée et peu équipée, n’a jusqu’à présent guère été capable d’aider l’Italie. La semaine dernière, pour ne rien arranger, on a appris qu’une cargaison de 110.000 masques et de respirateurs destinés à des hôpitaux de Lombardie avait été dérobée en République tchèque. La Chine, par contraste, mais aussi la Russie et Cuba, ont fait assaut de générosité…

à suivre dans le Figaro

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