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Mars 2020

Coronavirus : l’Etat tente d’éteindre la colère et l’inquiétude des chauffeurs routiers

mars 2020


Du 20/03/2020 par Eric Béziat pour Le Monde

Les professionnels du transport routier s’indignent des conditions dans lesquelles ils doivent travailler depuis le week-end dernier et des décisions mettant en place le confinement du pays.

« Génial, la station Shell de Sommesous [dans la Marne] ! Pas d’accès aux sanitaires. Bel exemple de solidarité ! Depuis lundi [16 mars], je me sens comme un pestiféré. » « Cette nuit, j’ai été jeté d’une aire de service comme un chien. J’ai voulu aller aux toilettes, on m’a dit texto : “Sortez de là, vous avez qu’à aller dans la nature.” »

Des messages comme ceux de Julien E. ou de Mathieu S., chauffeurs routiers, Laurent de Saulieu, directeur de la rédaction du journal professionnel Les Routiers, dit en recevoir des centaines depuis cinq jours sur Facebook. Ils sont le signe d’un courroux grandissant contre les conditions dans lesquelles les employés du transport font leur travail. « Quand les chauffeurs arrivent pour livrer, le client leur interdit l’accès aux locaux, aux W.-C., à la machine à café. Les employés refusent de toucher le bulletin de livraison, explique M. de Saulieu. De nombreuses aires d’autoroute et de relais routiers sont fermés, et il est impossible d’y faire sa pause. »

Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports confirme : « Pas d’accès aux toilettes, pas d’accès à l’eau, des petites pièces où les livreurs attendent les uns sur les autres, des plates-formes alimentaires où il n’y a plus personne sur le quai pour aider au déchargement. Nous remontons ces informations depuis mardi au ministère des transports. »

« Garantir la continuité des opérations de transport »

L’Etat semble avoir pris au sérieux cette colère et cette inquiétude. Un arrêté a été publié jeudi 19 mars visant à « garantir la continuité des opérations de transport dans les meilleures conditions sanitaires possible », déclarent dans un communiqué la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, et le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari. Le texte rend obligatoire l’accès des chauffeurs à un point d’eau ou à du gel hydroalcoolique lorsqu’ils arrivent à une zone de livraison.

« L’Etat s’emploie également à maintenir l’ouverture des stations-service, aires de repos, toilettes et restaurants routiers en vente à emporter, ajoute le communiqué. Ces services sont en effet indispensables aux conducteurs. Une carte de tous les sites ouverts sera bientôt disponible sur Bison futé. ». Le gouvernement prévoit également un maintien des activités de réparation et un assouplissement des obligations administratives et réglementaires. Dimanche 22 mars, par exemple, la circulation des poids lourds sera autorisée par un autre décret qui devrait paraître samedi.

Cela suffira-t-il à éteindre le début d’incendie ? « Les paroles, c’est bien, les faits, c’est mieux, répond Patrice Clos. Pour le moment, il n’y a pas grand-chose qui se passe. Ce serait même plutôt l’inverse. Hier soir, par exemple, la station Shell de Mâcon [Saône-et-Loire] a fermé à 20 heures. Clairement, nous nous posons la question de savoir si on va continuer lundi. Une réunion est prévue ce vendredi en fin d’après-midi pour en décider. »

Les chauffeurs pourraient-ils choisir d’arrêter de travailler la semaine prochaine ? « En tout cas, en ce qui concerne le transport non essentiel, ça suffit. Il va falloir arrêter les frais, déclare le dirigeant de FO Transports. Il y a suffisamment de travail sur les biens de première nécessité, d’autant plus que nous allons rouler tout le week-end. »

Autre revendication syndicale : un blocage relatif des frontières qui laisserait passer les remorques, mais empêcherait les chauffeurs étrangers d’entrer sur le territoire. « On dit : “Restez chez vous pour ne pas répandre le virus” et on laisse 1,5 million de chauffeurs routiers se déplacer à travers l’Europe. Ce n’est pas logique, souligne Patrice Clos. D’ailleurs, beaucoup de routiers français refusent maintenant de se rendre en Grande-Bretagne, où les mesures sanitaires sont moins sévères qu’en France. »

à suivre dans Le Monde

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