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ÉDITORIAL

Coronavirus : inquiétude et pessimisme dans le monde

Un rapport de l’OCDE en précise les scénarios…

mars 2020


L’Europe est désormais considérée par l’OMS comme l’épicentre de la pandémie du coronavirus. Celle-ci est très inquiétante. Il est difficile de prévoir aujourd’hui le développement du virus et les réelles conséquences en termes de santé. C’est cette incertitude, principal danger, qui est confirmée par les meilleurs spécialistes dans le monde, mobilisés pour combattre le coronavirus et traiter les maladies engendrées. Les pays européens, sans coordination particulière, se sont sentis chacun à tour de rôle, concernés avec plus au moins de réaction ou d’anticipation. Les différences sont importantes.

Cette pandémie aura un très fort impact sur l’économie mondiale et les marchés financiers. Le pessimisme complète la panoplie et contribue à l’effondrement des cours de bourse et du prix du baril de pétrole. La crise s’annoncerait sans appel pour l’économie et la finance. La déclaration de l’état d’urgence aux les États-Unis complète le tableau et confirme un repli sur soi général de l’ensemble des pays.

La Chine est à l’origine du coronavirus et de l’expansion de l’épidémie – montage : clubespace21.fr


La Chine est à la fois à l’origine du virus et aussi en position de leader enclin à devenir le plus grand laboratoire pharmaceutique du monde, un paradoxe difficile à nier ! Cette ambition a été rendue possible ! Cette ambition a été rendue possible grâce à la complicité de la plupart des pays de l’OCDE dont la France. Les États-Unis pour leur part se sont toujours tenus à l’écart de ces négociations. Mondialisation aidant, ça n’est pas le cas dans les domaines de haute technologie où le rôle de la Chine est essentiel, cette fois-ci pour « tous ». Mondialisation et délocalisation sans compter, toujours au nom du libre-échange, ne seront pas sans conséquences.

L’OCDE dans un rapport récent est très pessimiste. Allant même jusqu’à affirmer que les conséquences potentielles pour l’économie mondiale, accompagnées d’une crise financière, seraient identiques voire supérieures à celle de 2008 ! Toutes les bourses ont plongé et, à ce jour, plus de 16000 milliards de dollars se seraient évaporés à ce jour depuis le début de la crise.

Deux scénarios sont envisagés pour estimer les prévisions

Le premier scénario imagine un pic de l’épidémie qui pourrait être atteint à la fin du premier trimestre et une reprise progressive au second semestre. C’est d’abord le commerce mondial qui serait affecté avec une baisse spectaculaire de 1,4% jusqu’à l’été avec un ralentissement de celle-ci autour de 1%. Dans ce cas, l’ensemble de la croissance ne baisserait que de 0,5% par rapport à celle de 2019. On pourrait compter sur un taux de 2,4%.

Dans le monde entier, les bourses ne cessent de dévisser – montage : clubespace21.fr


Le second scénario est beaucoup moins optimiste si l’épidémie se transformait en véritable pandémie et que le virus se propage sans véritable contrôle. Cette option considère qu’aucune atténuation de transmission du virus n’est envisagée à l’arrivée des premières chaleurs. La croissance en Chine serait la première affectée. La baisse du PIB mondial se situerait autour de 1,4%. La plus grande partie du ralentissement économique serait ressenti en Asie, ne pas oublier que le Japon, la Corée du Sud et l’Australie font partie du lot asiatique. L’Amérique du Nord y serait moins sensible. Qu’adviendra-t-il du rapport sino-américain ? Les conséquences au plan européen seraient lourdes. Bien entendu, les échanges commerciaux pourraient diminuer de 3% au plan mondial.

Conséquences en Europe et en France

L’analyse des retombées en Europe et en France est faite en se basant sur l’hypothèse du premier scénario. C’est lui qui retient l’attention des économistes et des politiques. Les bourses ont dévissé. De leur côté, les Banques centrales affirment veiller au « grain » et pouvoir intervenir à grande échelle. Dans le monde entier des milliers de chercheurs et de spécialistes dans le domaine de la santé, mobilisés contre le coronavirus et contre sa propagation, restent réservés et se gardent d’être affirmatifs quant au choix du scénario, face encore à un certain « inconnu ».

Une mobilisation générale pour combattre le coronavirus – montage : clubespace21.fr


Les répercussions de cette épidémie sont et continueront à être visibles dans le tourisme, les loisirs, le commerce de luxe, les transports maritimes et aériens, le monde automobile, etc. Peu de pays y échapperont. Les conséquences pour la France sont annoncées comme plus tardives mais tout à fait sérieuses. Ce sont les petites et moyennes entreprises qui en souffriront le plus. Si la France voit sa croissance encore diminuer, elle se situera à peu près dans la moyenne européenne à 0,9% au mieux. Il n’est pas exclu que certains pays dans la zone euro entrent en récession. Ce sera le cas de l’Italie qui est très fortement impactée, et de l’Allemagne, déjà en difficulté et privée d’exportations. Les conséquences du Brexit se feront aussi sentir avec un Royaume-Uni en retrait.

Pour l’instant dans l’Union européenne, on compte plutôt les pays qui n’ont pas fermé leur frontière ou installé des contrôles sanitaires à l’entrée. Au-delà des écoles et des universités fermées, la plupart des pays cessent progressivement toute activité non fondamentale. Toute l’Europe, jusqu’en Israël, est désormais confinée au plan sanitaire et économique.

Le coronavirus confirme la passivité endémique de l’Union européenne

Le coronavirus pourrait-il être révélateur dans l’Union européenne d’une situation économique qui ne pourra plus se résumer à des comparatifs technocratiques de chiffres entre États ? Si la crise sanitaire tient les européens en haleine, le réveil sera difficile. Ce retour à l’équilibre sera d’autant plus difficile que cette crise, sanitaire, économique et financière, a souligné la passivité endémique de l’Union européenne.

Avant même de pouvoir tirer les conséquences d’une mondialisation « à tout prix » désormais discutable, l’Union européenne se retrouvera très vite confrontée à un conflit profond à l’Est. il ne faudrait pas oublier que c’est la Grèce, aux frontières de l’Union européenne qui est en première ligne devant une pression migratoire, entretenue par la Turquie d’Erdogan. Bruxelles ne pourra pas pas se contenter de réaffirmer sa solidarité, avec quelques « Frontex » pour calmer le jeu ! La contamination et la dissémination du coronavirus de son côté ne s’arrêteront pas aux confins de la mer Égée...

Jacques Martineau

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