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Mars 2020

Coronavirus : les inquiétudes pour l’économie grandissent en Europe

mars 2020


Du 05/03/2020 par Guillaume de Calignon pour Les Echos.fr

La crise sanitaire s’étend en Europe et fait craindre de graves répercussions économiques. Devant l’absence de coordination au niveau européen et la flambée de nouveaux cas d’infection, les Bourses ont de nouveau plongé. Des économistes anticipent une récession en Italie et en Allemagne.

Au fur et à mesure que l’épidémie liée au coronavirus s’étend en Europe, les craintes de graves répercussions grandissent. Des décès évidemment mais aussi des conséquences économiques très négatives. Au-delà de l’impact sanitaire , sur le plan de l’activité, l’épidémie de coronavirus constitue en effet un choc d’offre mais aussi un choc de demande.

Le choc d’offre, c’est le potentiel confinement d’une partie de la population qui paralyserait les entreprises, notamment les usines. Ce qui, en retour, affecterait la production et pourrait désorganiser les processus de production, comme dans l’automobile, par exemple, une industrie qui intègre de nombreux composants venant de l’étranger.

Le choc de demande tient lui, au fait que, de peur d’être contaminés, les ménages changent leurs comportements. Il est même possible que la consommation cale. Or, « En Europe, jusqu’à présent, ce sont les consommateurs et la demande interne qui ont évité aux économies de flancher », rappelle Ludovic Subran, chef économiste de l’assureur Allianz.

Plongée des marchés financiers

Les investisseurs ne s’y sont pas trompés : les marchés actions européens ont plongé d’environ 13 % la semaine dernière. « L’absence de réponse paneuropéenne à la propagation de l’épidémie de coronavirus en Italie est inquiétante », considère Ludovic Subran. « C’est d’ailleurs ce manque de coopération et de coordination qui explique la chute des marchés actions cette semaine. Les investisseurs craignent que les gens restent chez eux, consomment moins, , ce qui serait un choc déflationniste majeur ». Pour le chef économiste du groupe allemand, « c’est ce choc de demande qui exige une réponse de politique économique ».

D’autant qu’entreprises et ménages peuvent surréagir, créant ainsi un décalage entre le nombre d’infections, somme toute limité aujourd’hui, et l’impact macroéconomique.

D’autre part, comme l’explique William De Vijlder, chef économiste de BNP Paribas, « si les entreprises sont dans l’incapacité de produire ou d’expédier leur production, ou si elles sont confrontées à une baisse de la demande, des tensions peuvent apparaître en termes de besoin en fonds de roulement ». Les évolutions sur les marchés financiers pourraient alors jouer un rôle d’accélérateur et contribuer à la détérioration des perspectives de croissance. C’est aussi ce cercle vicieux que banque centrale et pouvoirs publics doivent casser.

« Un cas de force majeure »

En fin de semaine, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour aider les entreprises et les salariés. Pour les entreprises, le coronavirus sera « considéré comme un cas de force majeure », a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire. Il promet que, « pour tous les marchés publics de l’Etat, si jamais il y a un retard de livraison de la part des PME ou des entreprises, nous n’appliquerons pas de pénalité ».

Ensuite, le ministre a annoncé des « possibilités de recours à l’activité partielle » et « l’étalement des charges sociales et fiscales pour les entreprises qui en auront besoin ». Certaines entreprises, qui ont subi les grèves et la chute des touristes chinois, sont déjà fragilisées. Quant aux salariés, ils pourront être arrêtés et seront indemnisés par la Sécurité sociale tout comme les parents d’enfants confinés.

Un impact macroéconomique difficile à chiffrer

L’impact macroéconomique reste, lui, difficile à estimer. Pour Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, « l’épidémie a changé de nature en se développant sur le sol européen. Aujourd’hui, personne ne peut avancer de chiffre précis sur l’impact économique du coronavirus en Europe ».

Certains s’y risquent quand même. Par exemple, les économistes de Bank of America ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance mondiale à 2,8 % cette année. Mais ils sont beaucoup plus pessimistes pour la zone euro puisqu’ils tablent sur une progression du PIB de seulement 0,6 % cette année, la plus mauvaise performance depuis 2013. Sur le premier semestre, la croissance serait nulle et l’Allemagne et l’Italie connaîtraient une récession. Le sort de la France n’est pas beaucoup plus enviable. La croissance atteindrait seulement 0,8 % en 2020, alors que le gouvernement anticipe encore une hausse du PIB de 1,2 %.

à suivre dans Les Echos.fr

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