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Février 2020

Le niveau record de la dette obligataire des entreprises inquiète l’OCDE

février 2020


Du 21/02/2020 de Guillaume Benoît pour Les Echos

Le montant des obligations émises par les entreprises au niveau mondial atteint 13.500 milliards de dollars. Un niveau inédit qui préoccupe l’OCDE. Car, dans le même temps, la qualité moyenne de crédit des emprunteurs a baissé ce qui pourrait être lourd de conséquence si l’économie se dégrade.

C’est un signal d’alarme à 13.500 milliards de dollars que tire l’OCDE. Soit le montant total du stock d’obligations émises par les entreprises dans le monde à fin 2019. Un record historique dû à la frénésie d’émissions obligataires enregistrées au cours des 12 dernières années. « Depuis 2008, le montant moyen des levées d’obligations d’entreprises s’élève à 1.800 milliards d’euros par an, constate l’Organisation de coopération et de développement économiques dans un rapport publié en milieu de semaine. C’est le double de celui enregistré entre 2000 et 2007. »

Cette dynamique s’explique en grande partie par les coûts extrêmement bas proposés aux emprunteurs par les marchés, grâce à l’action des banques centrales. Un effet qui s’est particulièrement fait sentir l’an dernier, lorsque la Réserve fédérale américaine - qui avait pourtant commencé à remonter ses taux - et la Banque centrale européenne ont accru leur soutien à l’économie . Les emprunteurs ont profité de cet argent parfois quasiment gratuit. « Les volumes d’émissions d’obligations d’entreprises ont bondi pour atteindre 2.100 milliards de dollars, égalant ainsi le record de l’année 2016 », souligne le rapport.

Risque de dégradation

Ce qui inquiète surtout l’OCDE, c’est que cette augmentation rapide de la dette obligataire des entreprises s’est accompagnée d’une dégradation de la qualité de crédit des emprunteurs. Alors qu’entre 2000 et 2007 - avant la crise financière -, seules 39 % des obligations en circulation étaient notées dans la famille BBB, elles sont désormais majoritaires (51 %). Or cette notation est la plus basse de la catégorie d’« investissement », qui regroupe les titres jugés sûrs. En cas de retournement de l’économie, ces obligations pourraient facilement basculer dans la catégorie spéculative, celle des « obligations poubelles ».

Les intérêts étant actuellement très faibles, la charge de la dette payée par les entreprises est bien moindre que par le passé. Cette situation leur a permis d’augmenter leur endettement obligataire sans que cela pèse pour l’instant sur leur notation. Mais, avertit l’OCDE, « si les taux d’intérêt repartent à la hausse ou qu’une dégradation de l’économie vient réduire les rentrées d’argent des entreprises, elles subiront une pression à la baisse sur leur notation ». Avec des conséquences potentiellement lourdes pour les marchés.

Vente massive

Un mouvement de dégradation frappant une bonne partie du segment BBB - l’OCDE estime à 261 milliards de dollars sur un an la valeur des obligations pouvant basculer - pourrait entraîner un mouvement de vente massif. Certains investisseurs ne peuvent en effet détenir des titres n’appartenant pas à la catégorie investissement et devront céder les titres tombés en catégorie spéculative. D’autres, appliquant des stratégies de gestion passive, reproduisent fidèlement la composition des indices de crédit. Si des titres moins bien notés sortent des indices, ils sont tenus de les vendre.

Un risque qu’a également constaté l’Esma, le gendarme européen des marchés financiers. Dans une étude publiée mercredi, il a calculé que l’arrivée massive « d’anges déchus » - les anciennes obligations de la catégorie investissement - pourrait entraîner un bond de plus de 4 points de pourcentage des rendements des obligations spéculatives. Et toucher par ricochet la catégorie investissement. Un vrai problème lorsque les entreprises devront refinancer ces dettes. D’autant que, selon l’OCDE, un tiers des obligations en circulation à fin 2019 arrivera à échéance d’ici à 2022.

à suivre dans Les Echos

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