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Décembre 2019

Retraites : les timides concessions d’Édouard Philippe

décembre 2019


Du 21/12/2019 par Marc Vignaud pour l’Express.fr

Le Premier ministre se dit prêt à discuter de l’âge pivot à 64 ans, tout en excluant d’augmenter les cotisations ou de baisser les pensions.

C’était une réunion très attendue pour sortir du conflit sur la réforme des retraites. Jeudi, Édouard Philippe a réuni pendant deux heures les organisations syndicales et patronales à Matignon, pour leur exposer les gestes que le pouvoir était prêt à concéder aux opposants à son projet, à la veille des départs en vacances de Noël.

Le recul espéré par la CFDT sur l’âge pivot à 64 ans dès 2027 pour équilibrer le système de retraite n’a pas eu lieu, même si Édouard Philippe s’est montré ouvert sur les modalités d’application de cette mesure « paramétrique ». Le Premier ministre a bien réaffirmé qu’il s’opposait à toute hausse de cotisations et aux baisses de pension. Dans ces conditions, le syndicat réformiste n’est pas satisfait, même si Laurent Berger, son secrétaire général, a salué un « climat constructif » et une « volonté de dialogue ».

Quatre inflexions

Édouard Philippe s’est en effet montré ouvert à des assouplissements au projet sur le décompte de la pénibilité qui permet aux personnes concernées par des métiers éprouvants de partir plus tôt à la retraite. Le travail de nuit devrait être davantage pris en compte que dans le système actuel, ainsi que le travail en équipe alternée ou les « trois-huit ». Le seuil d’exposition baissera de 120 nuits par an à 110 nuits et de 50 à 30 rotations par an. Cela devrait permettre à 300 000 personnes supplémentaires de bénéficier de points de pénibilité (contre 860 000 actuellement), selon Édouard Philippe, en comptant l’extension à la fonction publique. Un droit à la reconversion pour les personnes exposées au travail pénible pourrait être créé. Mais ce n’est pas suffisant aux yeux de la CFDT, qui réclamait la prise en compte de quatre facteurs d’exposition supprimés en 2017.

Par ailleurs, le minimum de pension à 1 000 euros (85 % du smic) pourrait être augmenté un peu pour ceux qui ont travaillé continûment toute leur vie, même si la somme n’a pas été précisée. Cette protection pourrait aussi être ouverte aux travailleurs à temps partiel subi. Le nouveau secrétaire d’État aux Retraites, Laurent Pietraszewski, devrait mener des discussions sur ce sujet. Une concertation spécifique sera également menée au début de l’année 2020 pour garantir aux fonctionnaires dont la retraite est aujourd’hui calculée sur les six derniers mois qu’ils ne perdront rien à la retraite dans le nouveau système.

Les dispositifs de retraite progressive pourraient être facilités et étendus aux cadres au forfait jour, comme cela avait déjà été évoqué la semaine dernière. L’employeur pourra moins facilement refuser le passage au temps partiel. Cette retraite progressive pourrait être étendue aux enseignants et au personnel hospitalier. Le secrétaire d’État à la Fonction publique mènera une concertation sur le sujet à partir de janvier.

Des « dispositifs concrets » pour améliorer l’aménagement des emplois des séniors (temps partiels, etc.) devraient par ailleurs être mis sur la table par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Une discussion spécifique sera menée à l’hôpital sur ce sujet. Tous les points abordés ainsi par le Premier ministre faisaient partie des revendications des syndicats réformistes.

FO et la CGT droites dans leurs bottes

À la sortie de Matignon, le secrétaire général de l’Unsa, Laurent Escure, a annoncé une pause dans la mobilisation dans les transports, les agents de la SNCF et de la RATP ayant a priori obtenu des assurances pour que ceux qui sont nés après 1985 – et donc concernés par la réforme — ne perdent pas d’argent une fois à la retraite par rapport à la situation actuelle. L’Unsa-Ferroviaire, deuxième syndicat à la SNCF, a confirmé cette pause du mouvement de grève pour la période des vacances de Noël. Le syndicat décidera le 6 janvier de reprendre ou non le mouvement de grève après avoir expertisé les concessions du Premier ministre au personnel concerné par la réforme car né après 1980 et 1985. « Ce jour, nous constatons une position d’ouverture de la part du gouvernement qui propose, pour la première fois, des avancées notables. Toutes nos revendications n’ont pas été entendues, en fonction de l’issue des prochaines négociations, l’Unsa-Ferroviaire n’hésitera pas à remobiliser », explique le syndicat dans un communiqué. En revanche, la CFDT-Cheminots n’a pas encore pris sa décision, jeudi soir.

Pour le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, opposé au système universel par points, ces concessions de Matignon restent toutefois insignifiantes. « Nous sommes quasiment au point où nous étions au mois de juillet quand le haut-commissaire a rendu son rapport », a-t-il déclaré dans la cour de Matignon, rue de Varenne, dans le 7e arrondissement à Paris. La CGT reste sur la même position d’opposition totale au projet du gouvernement. Leur intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de manifestation le 9 janvier 2020.

à suivre dans L’Express.fr

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