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Septembre 2019

Affaire Alstom-General Electric : la nouvelle trahison...

septembre 2019


Du 26/09/2019 par Natacha Polony et Etienne Girard pour Marianne

Il y a cinq ans, la vente d’Alstom, fleuron de notre industrie, au géant américain de l’énergie, était déjà un scandale en soi. Aujourd’hui, ce sont les possibles manœuvres de General Electric pour miner sa branche française qui devraient susciter la colère…

L’affaire Alstom, que notre confrère Jean-Michel Quatrepoint avait, dans l’indifférence générale, qualifiée dès 2015 de « scandale d’Etat », ressemble à une déflagration sans fin qui raconte la faillite de l’industrie française avec la bénédiction de ceux qui devraient la défendre et la promouvoir. Dans cette histoire, l’incompétence le dispute à l’hypocrisie, sur fond d’impérialisme économique américain. Une fois de plus, ce sont les salariés, ceux d’Alstom et ceux de General Electric, qui en paient le prix.

En 2014, la vente d’Alstom à General Electric s’est faite dans la plus totale opacité. Il a fallu le livre d’un cadre d’Alstom, Frédéric Pierrucci, littéralement pris en otage par la justice américaine et emprisonné dans des conditions dantesques, pour que le grand public comprenne que le PDG d’Alstom, Patrick Kron, avait bradé un fleuron industriel français pour s’épargner de fâcheux ennuis. Mais il n’était pas seul décisionnaire, et, comme l’a lâché Arnaud Montebourg fin 2017 devant l’Assemblée nationale, « tout Paris était loué ». Le lobbying de General Electric a trouvé des oreilles - et des poches - grandes ouvertes.

Des employés broyés

Les personnages de ce vaudeville pathétique où la France a perdu gros ont tous la caractéristique d’y avoir largement gagné. Et d’avoir pu se féliciter des choix du ministre de l’Economie de l’époque, Emmanuel Macron. Celui qui, aujourd’hui, disserte sur la nécessité de résister à la toute-puissance des grands groupes américains n’a vu aucune objection à ce qu’une industrie stratégique soit abandonnée à General Electric...

La liste de ceux qui ont croqué dans la vente d’Alstom à General Electric

Des sociétés ont empoché plus de 100 millions d’euros dans la vente d’Alstom Energie à General Electric en 2015. La plainte d’Olivier Marleix évoquant un possible "pacte de corruption" pour avoir remarqué des similitudes dans la liste de dîners de levée de fonds d’En marche et des personnes intéressés dans la vente a été saisie par le PNF.

La scène se déroule à l’Assemblée nationale, fin 2017, loin des caméras. Arnaud Montebourg livre aux députés de la commission d’enquête sur la vente d’Alstom, réunis à huis clos, son sentiment sur le deal entre le fleuron français et le géant américain General Electric. « Tout Paris avait été loué », lâche l’ancien ministre de l’Économie.

Si cette opération a déstabilisé l’entreprise leader de la vente de turbines à gaz, au point qu’un plan menace aujourd’hui de supprimer près de 800 emplois à Belfort, une poignée d’intermédiaires ont bel et bien profité de cette vente pour décrocher le gros lot. Il découle de documents exclusifs auxquels Marianne a eu accès qu’une quinzaine de grandes entreprises, conseillères d’Alstom, se sont partagé la bagatelle… de 105 millions d’euros.

Les chiffres ne concernent pas GE, mais Patrick Kron, l’ex-PDG d’Alstom, n’envisage pas qu’ils soient inférieurs. « Étant donné le nombre d’avocats que nous avions face à nous, sauf à avoir très bien négocié avec eux, ils ont payé encore plus cher », a-t-il déclaré devant la commission d’enquête, en avril 2018. Ces sommes-là ont, en tout cas, permis de s’attirer la bienveillance et la diligence d’une partie des réseaux de pouvoir parisiens...

Les suites à suivre dans Marianne

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